Ceta : les craintes de la filière volaille alsacienne

Publié dans le panorama le Dimanche 21 juillet 2019 à 06:34:04

© Dna, Dimanche le 21 Juillet 2019 
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Ceta : les craintes de la filière volaille alsacienne
Le traité de libre-échange entre l'UE et le Canada (Ceta) en cours de ratification à l'Assemblée inquiète moins la filière Alsace Volaille que les importations de poulets brésiliens et ukrainiens en Europe. 
 

 
Jean-Michel Schaeffer, président de l'Association Alsace-Volailles et de la Confédération française de l'aviculture.
« Le Canada n'est pas un gros acteur sur le marché de la volaille, mais sur celui de la viande bovine et du lait », indique Jean-Michel Schaeffer, président de l'association Alsace Volaille (*), l'organisme gestionnaire de la marque « Label Rouge Alsace », signe de qualité européen.
4 500 emplois en France seraient menacés

La profession redoute plus les conséquences du Mercosur, l'accord de libre-échange avec les pays d'Amérique Latine. « La volaille est la viande la plus importée en Europe, avec pas loin d'un million de tonnes par an. Le poulet vient pour 50 % du Brésil et pour le reste d'Ukraine et de Thaïlande. Il approvisionne la restauration hors foyers (cantine, fast-food) et le marché industriel de la transformation. Avec le Mercosur, ces volumes vont encore augmenter », prévient M. Schaeffer. « Les filets de poulets importés sont vendus deux fois moins cher par des pays où les normes sanitaires sont beaucoup moins strictes. On est dans un jeu de dupes ».

« L'Ukraine me fait plus peur que le Canada », dit Bruno, Siebert patron de l'abattoir d'Ergersheim, acteur majeur de la filière régionale. « Depuis un an, elle inonde le marché via l'Allemagne à des prix défiant toute concurrence. Ce qui va changer avec le Ceta, ajoute-t-il, c'est la javellisation des poulets ».

L'effet combiné des deux accords de libre-échange menacerait 4 500 emplois et un millier d'éleveurs en France, selon Thomas Kelhetter, responsable de l'organisme de gestion et de défense Alsace-Volaille. La filière demande que l'UE mette en oeuvre de « vrais contrôles sanitaires », qu'il y ait « un étiquetage » en France et en Europe sur l'origine des produits utilisés en restauration hors foyer.
I.N. (*) Alsace Volaille fédère une quarantaine d'éleveurs, un accouveur, deux fabricants d'aliments et deux abattoirs, pour une production annuelle de 1,3 million de volailles Label Rouge Alsace vendues à 60 % en grande distribution.

(*) Alsace Volaille fédère une quarantaine d'éleveurs, un accouveur, deux fabricants d'aliments et deux abattoirs, pour une production annuelle de 1,3 million de volailles Label Rouge Alsace vendues à 60 % en grande distribution.