stocamine « La sécurité d'abord »

Publié dans le panorama le Dimanche 21 juillet 2019 à 06:11:08

© L'alsace, Dimanche le 21 Juillet 2019 
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« La sécurité d'abord »
 

 
L'effondrement du toit d'une galerie de Stocamine dans les Mines de Potasse d'Alsace (MDPA) où sont entreposés des déchets ultimes. Photo L'Alsace /Thierry GACHON
Suite à l'article du 26 mars et des réactions qui en ont découlé, Jean-Claude Lostuzzo, ancien délégué mineur des MDPA, tient à rappeler sa position sur le dossier Stocamine de Wittelsheim : « Depuis le début de l'incendie, le 10 septembre 2002, je demande la réversibilité des produits stockés au fond. Notamment lors de la réunion de la Commission locale d'information et de surveillance (Clis) du 18 septembre 2002 présidé par le sous-préfet de Thann, ainsi que dans mon rapport annuel de l'époque envoyé au directeur de l'industrie, de la recherche et de l'environnement à Strasbourg. Je demandais, au nom des mineurs et de toute la population, l'application du cahier des charges. Celui-ci n'a pas été respecté. En effet, dans l'arrêté portant autorisation d'exploiter, l'article 7 prévoyait la réversibilité du stockage et l'obligation de déstockage. Cet article stipulait que « l'exploitation du stockage sera conduite de façon à assurer, à tout moment, la possibilité de retrait de tout ou partie des déchets... »
Trop risqué

Malheureusement, aucun parlementaire alsacien de l'époque n'a appuyé ma demande, prétextant le coût trop élevé de la réversibilité, alors qu'une provision de 250 francs par tonne était versée, à l'origine. Soit plus d'un million d'euros. Où est passé cet argent ?

Il faut dire qu'en juillet 2001 déjà, 200 tonnes de produits à base de pyralène avaient été descendues au fond par la société Stocamine. À mon appel, les mineurs avaient débrayé. Cette action imposa la sortie d'un arrêté préfectoral le 10 juillet 2001 ordonnant à Stocamine la remontée de 200 tonnes de produits non autorisés. Depuis l'incendie, il y a eu quatre présidents de la République, six Premiers ministres. À part les 2500 tonnes de produits mercuriels remontés sur décision de Ségolène Royal, rien n'a été fait. Et ceci malgré de multiples expertises.

Aujourd'hui, ma position n'a pas changé mais la situation minière a évolué. En effet, dans certaines parties du stockage, la pression est telle que faire déstocker avec les techniques d'aujourd'hui ferait prendre un très grand risque au personnel qui y serait affecté.Alors, il ne faut pas attendre un an comme le dit le ministre (pour peut-être laisser passer les élections ?) mais ce qui peut être déstocké dans des conditions normales pour le personnel doit être fait sans attendre.Pour cela, je soutiens le délégué mineur Francis Hamerla et son suppléant Thierry Lapp qui sont dans leur rôle en faisant passer la sécurité du personnel en premier. »