Recherche en vain apprentis en viticulture

Publié dans le panorama le Vendredi 19 juillet 2019 à 06:09:20

© L'alsace, Vendredi le 19 Juillet 2019
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Recherche en vain apprentis en viticulture
 

 
L'une des raisons qui freine les candidats à l'apprentissage : la méconnaissance du travail du viticulteur. Photo DNA /David GEISS
« Non, il ne faut pas obligatoirement être fils ou fille de vigneron pour travailler dans la viticulture », lâche tout de go Pauline Amet pour mettre fin à une première idée reçue à laquelle elle est souvent confrontée. La jeune femme est chargée du développement de l'apprentissage au CFA agricole du Haut-Rhin, établissement qui dispense, à Rouffach, plusieurs formations en alternance spécialisées, à l'instar d'un Capa Viticulture et d'un bac professionnel Conduite et gestion de l'entreprise vitivinicole.

« La filière vitivinicole est encore trop méconnue des jeunes, déplore-t-elle. Quand je vais dans les collèges pour présenter nos formations, beaucoup d'élèves ne savent pas ce que fait un viticulteur. Ils pensent, par exemple, qu'il n'a du travail que durant les vendanges. » Conséquence de cette méconnaissance : les entreprises du secteur peinent à trouver des apprentis.
Le frein de la mobilité

Sur le site internet du CFAA haut-rhinois, des offres d'apprentissage émanent actuellement de professionnels installés, notamment, à Ammerschwihr, Rodern, Eguisheim, Mittelbergheim et Dorlisheim. « Il me reste encore 30 à 35 places disponibles pour la rentrée », précisait Pauline Amet il y a quelques jours. C'est dommage que les jeunes ne s'intéressent pas plus à la viticulture car elle manque de main-d'oeuvre dans la région alors qu'elle offre de vrais débouchés. Qu'il ait en poche un Capa ou un bac pro, un apprenti peut donc facilement trouver un emploi. »

Outre cette méconnaissance, un autre point freine les candidats à l'apprentissage. « Un jeune en sortie de 3e n'est pas toujours mobile, souligne Pauline Amet. Le problème est que la plupart des exploitations ne sont pas proches d'une gare. Il faut donc que le jeune ne réside pas trop loin du domaine dans lequel il veut faire son apprentissage pour être pleinement opérationnel. »

En raison de ce paramètre, les apprentis issus d'une reconversion - à l'instar d'anciens étudiants - sont appréciés, précise la représentante du CFAA, car du fait d'être plus âgés, ils ont généralement le permis. En fonction de leur niveau d'études, ils peuvent même bénéficier de cours aménagés pour obtenir plus rapidement un diplôme. Pour rappel : l'apprentissage est ouvert à toutes les personnes âgées de 15 à 29 ans.
Philippe WENDLING