Ungersheim-Pulversheim Écomusée d'Alsace : Un ancien rucher pour la biodiversité

Publié dans le panorama le Vendredi 19 juillet 2019 à 05:51:46

© Dna, Vendredi le 19 Juillet 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Ungersheim-Pulversheim  Écomusée d'Alsace
Ungersheim-Pulversheim Écomusée d'Alsace : Un ancien rucher pour la biodiversité
Un ancien rucher est en cours de remontage à L'Écomusée d'Alsace. Une exposition consacrée à la biodiversité des milieux ouverts agricoles y sera installée la saison prochaine.

 
L'ancien rucher accueillera, lorsqu'il aura été entièrement remonté et aménagé, une exposition sur la biodiversité des milieux ouverts agricoles.
Le 84e bâtiment récupéré par l'Écomusée est en cours de remontage à la lisière de la forêt, non loin de la chapelle. Il s'agit d'un ancien rucher provenant de Westhalten, un village du vignoble haut-rhinois, situé à l'entrée de la « Vallée noble », près de Rouffach.

C'est le quatrième bâtiment de ce type entrant au musée, après ceux originaires de Hausgauen, Sundhouse et Réguisheim. Le premier, reconnaissable par ses planches d'envol de toutes les couleurs, est installé en bordure de la mare de la ferme de Sternenberg, non loin de la place des Charpentiers. On y découvre, en pénétrant dans sa partie arrière, une ruche avec une paroi transparente permettant d'observer les ouvrières au travail et une petite exposition permanente sur les abeilles et l'apiculture.

Le second rucher provenant de Sundhouse n'est pas accessible aux visiteurs. Là aussi les apiculteurs bénévoles du musée récoltent le miel qu'ils conditionnent ensuite dans la miellerie attenante. Ce miel est vendu à la boutique du musée. Le rucher de Réguisheim n'a pour sa part pas été remonté et fait partie des stocks du musée.

Ce rucher (« Emmahissla » en alsacien) de Westhalten a été donné au musée par Sébastien Diringer, viticulteur. Ses dimensions au sol sont de 3,15 m sur 6,45 m. Il comporte un étage avec un escalier intérieur ainsi qu'un petit balcon protégé par une avancée de toit.

Son ossature en bois et sa charpente sont maintenant en place. Il reste à habiller le toit et les murs. Sa couverture sera composée de bardeaux de bois et les murs seront constitués d'un bardage de planches. Le chantier devrait prendre fin en septembre.

Mais ce petit chalet n'aura plus vocation à être un rucher. À partir de la saison 2020 il accueillera une exposition et sera un lieu de médiation consacré à la biodiversité des milieux ouverts agricoles, tant pour les espèces que pour les habitats. « Les espaces agricoles post-remembrement de la fin du XXe siècle paraissent monotones, vides et pauvres en biodiversité. A contrario les paysages de l'agriculture ancienne sont variés et riches de biodiversité » souligne François Kiesler, membre de la corporation des naturalistes de l'Écomusée qui porte le projet. Depuis l'étage on pourra apprécier l'étendue des cinq hectares du « théâtre d'agriculture » (voir encadré), comme on peut déjà le faire en grimpant au sommet de l'« Obervédère » qui se dresse environ deux cents mètres plus loin, en face de l'ancien rucher.
« La reconquête d'une nouvelle biodiversité »

Il y sera aussi question des nouvelles agricultures en synergie avec cette biodiversité. « L'esprit de cette installation est de servir à la reconquête d'une nouvelle biodiversité dans le cadre des transitions et mutations vers de nouveaux systèmes agricoles permettant l'émergence de nouveaux paysages » ajoute François Kiesler.

« Westhalten » accompagnera les événements du « théâtre d'agriculture » : les labours, la taille de la vigne, des arbres et des arbustes, les fagots, les floraisons, les foins et plantes de la Saint-Jean, la moisson... Cette dernière se déroulera d'ailleurs cette année les dimanches 21 et 28 juillet. Le battage des céréales avec les anciennes machines aura pour sa part lieu au mois d'août.

Le chalet permettra également de mettre en exergue des espèces emblématiques comme le lombric, le coquelicot et le bleuet, l'alouette des champs, les abeilles, la chouette chevêche, le chevreuil ou encore le rat des moissons.

L'ancien rucher de Westhalten deviendra donc en 2020 le quatrième lieu de médiation des naturalistes qui disposent déjà de trois autres petites maisons. Celle de Ribeauvillé est consacrée à la biodiversité dans le village, celle de Guebwiller, au bord du plan d'eau, présente la biodiversité des milieux humides et celle de Mauchen permet de parler de la biodiversité en général.
M.H.

L'Écomusée dispose d'une facette muséographique agricole installée sur près de cinq hectares, où depuis 2016, est élaboré un « théâtre d'agriculture ». Ce parcours de plein air montre de façon synthétique ce qui pouvait exister dans la région dans ce domaine pendant l'entre-deux-guerres et propose, grâce à des panneaux explicatifs et illustrés, des pistes de réflexions quant aux agricultures et aux pratiques de sociétés. Un lieu hors du village à découvrir absolument durant la belle saison.