Écologie : les chantiers qui attendent Élisabeth Borne

Publié dans le panorama le Jeudi 18 juillet 2019 à 06:21:35

© L'alsace, Jeudi le 18 Juillet 2019
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Écologie : les chantiers qui attendent Élisabeth Borne
 

 
Élisabeth Borne, nouvelle ministre de la Transition écologique, hier, lors de la passation de pouvoir avec son prédécesseur démissionnaire François de Rugy. Photo/AFP ALAIN JOCARD
Défendre une « écologie du réel », « au contact des territoires », qui implique, « au quotidien, de savoir rapprocher les points de vue sans perdre l'ambition ». C'est la feuille de route que s'est tracée hier Élisabeth Borne, nouvelle ministre de la Transition écologique et solidaire, lors de sa passation de pouvoir avec François de Rugy.

La nouvelle ministre est une novice dans la lumière politique. Elle a fait ses premiers pas comme ministre des Transports en 2017. Mais elle a une connaissance fine et technique des politiques publiques côtés coulisses opérationnelles.

Ancienne préfète de Poitou-Charentes et de la Vienne, elle maîtrise l'enjeu des relations avec les collectivités, acteurs clés de la transition écologique au niveau local. Ex-directrice de cabinet de Ségolène Royal, elle connaît parfaitement les arcanes du portefeuille complexe de l'écologie. Celle qui a dirigé la RATP a aussi une vision opérationnelle des transports, qu'elle promet de « verdir ».

Une compétence technique, à défaut d'une vision sur l'écologie et d'un poids politique important. Mais ses connaissances seront autant d'atouts nécessaires dans la poursuite de chantiers lourds.

Élisabeth Borne s'inscrit dans la continuité de la feuille de route gouvernementale, alors que le Haut conseil pour le climat vient d'appeler la France à revoir ses politiques publiques à la hausse si elle veut réellement limiter le réchauffement climatique.

Élisabeth Borne garde le portefeuille des transports dans ses nouvelles attributions mais perd le titre de ministre d'État. Un point que n'a pas manqué de souligner l'opposition pour dénoncer l'absence d'ambition écologique du gouvernement.
Neutralité carbone

La ministre va devoir s'employer à prouver le contraire. Elle va être directement dans le bain avec la loi énergie climat. L'examen de ce texte qui déclare « l'urgence climatique » vient de démarrer au Sénat. Il prévoit d'atteindre la « neutralité carbone » à l'horizon 2050, une baisse de 40 % de la consommation d'énergies fossiles d'ici à 2030 et la fermeture des dernières centrales à charbon en 2022.

Il entérine le report de 2025 à 2035 de l'objectif de ramener à 50 % la part du nucléaire dans la production d'électricité (qui représente plus de 70 % aujourd'hui). Autres éléments de cette loi : la rénovation énergétique des logements, un article permettant de faire évoluer le mode de calcul des tarifs régulés de l'électricité, la fin d'ici à 2023 des tarifs réglementés de vente du gaz.

L'adoption de ce projet de loi énergie est indispensable pour pouvoir entériner la feuille de route énergétique de la France à l'horizon 2028, qui prévoit la fermeture de 14 réacteurs nucléaires sur 58 d'ici à 2035. Elle fixe également des trajectoires de développement des énergies renouvelables.

Élisabeth Borne devra aussi suivre la « convention citoyenne », voulue par Emmanuel Macron comme une réponse au grand débat. Ces 150 particuliers tirés au sort devront commencer leurs travaux en septembre et conclure début 2020. Charge à cette convention de remettre - ou pas - sur la table un débat explosif : le retour de la hausse de la taxe carbone, qui avait servi d'étincelle au mouvement des gilets jaunes.
E.B.