Boom de la construction au sud de Colmar

Publié dans le panorama le Jeudi 18 juillet 2019 à 06:16:41

© L'alsace, Jeudi le 18 Juillet 2019
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Boom de la construction au sud de Colmar
 

 
Rue du 1er-Cuirassiers, Vinci Immobilier réalise L'Évidence, un ensemble de trois bâtiments collectifs comprenant 34 logements du deux au cinq pièces. Le chantier devrait s'achever au deuxième trimestre 2020. Photo DNA /Nicolas PINOT
Ce renouveau urbain s'explique. « C'est logique parce qu'il s'agit de la seule zone où on a pu ouvrir à l'urbanisation ». Dans le plan local d'urbanisme (PLU) voté en 2017 (celui de 2007 avait été annulé), les zones constructibles sont passées de 320 à 200 hectares dont 130 sont réservés à l'habitat. La loi Grenelle 2 sur l'environnement est passée par là. « Nous sommes aussi conscients qu'il faut économiser le plus de terrains possible pour maintenir une zone maraîchère ». Yves Hemedinger a rencontré tous les propriétaires et locataires de terrains maraîchers, une quinzaine, afin de connaître leurs projets.

La municipalité n'a pas envie de voir sa population grimper de façon démesurée. « Colmar a aujourd'hui 71 000 habitants. À hauteur des années 2030-2035, il n'est pas question de la faire grossir au-delà de 75 000-76 000 personnes ». Ce qui fait la force de la ville, c'est sa démographie positive. « Elle est la seule du Grand Est. Si les gens s'y installent, c'est parce qu'ils y trouvent du travail ». La densité du territoire a dû être renforcée pour éviter de consommer davantage de terres agricoles. « Mais, cette densité reste raisonnable : elle est entre 45 et 50 logements à l'hectare. C'est à la fois une obligation légale, du bon sens et un facteur essentiel pour l'économie ».
« C'est bon signe, cela prouve que la ville vit »

Un autre grand atout de la cité Bartholdi, c'est son air de ville à la campagne. « Ce qui fait son ADN, c'est qu'on est à la campagne à vingt minutes à pied du centre-ville ». La commune doit cependant pouvoir répondre à la demande : « Ces dernières années, les jeunes couples devaient s'installer en dehors de Colmar. Comme il y avait peu de terrains, ils étaient chers ». Le phénomène n'est pas sans conséquences sur la circulation : « Ils sont obligés de se déplacer car 70 % des emplois se trouvent à Colmar. D'où les bouchons récurrents rue de la Semm et route de Neuf-Brisach ».

Une estimation des besoins en construction a été réalisée en prévision du PLU, notamment avec l'aide de promoteurs, de notaires. Elle a abouti à la conclusion qu'il fallait prévoir la construction de 400 logements par an. Parmi eux, environ 150 doivent servir à loger des personnes en situation de « décohabitation », autrement dit des personnes divorcées. D'autres accueillent des habitants désireux de passer de l'ancien au neuf, moins énergivore, plus confortable.

Yves Hemedinger estime normal l'essor des constructions un an et demi après l'adoption du PLU. « Plein de projets attendaient depuis longtemps ». Parmi les espaces dévolus à l'habitat, il s'en trouve dix-sept hectares au centre-ville. Dont le projet des Jardins République et ses soixante-dix-sept logements entre l'avenue de la République et la rue de la Gare. Les autres sont majoritairement situées au sud/sud-est. « Pour avoir un urbanisme pas trop hétérogène, il faut réunir au moins un hectare pour pouvoir construire ». La Ville impose des espaces verts, des aires de jeux et de tri. « Cela fait partie d'un projet d'aménagement préalable au dépôt du permis de construire. Les promoteurs doivent proposer leur plan à la mairie ».

Le premier adjoint voit d'un bon oeil cette expansion immobilière. « C'est bien pour l'emploi local, pour l'impact économique. C'est bon signe, cela prouve que la ville vit. Et cela va sans doute créer des besoins, en écoles, en particulier ».
Michelle FREUDENREICH