Jumelage Une amitié scellée dans le marbre et sous un arbre

Publié dans le panorama le Jeudi 18 juillet 2019 à 06:04:39

© L'alsace, Jeudi le 18 Juillet 2019
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Jumelage Une amitié scellée dans le marbre et sous un arbre
 

 
 
La distance et le poids des années n'ont jamais entamé les liens d'amitié qui unissent les communes de Bartenheim et de Bascons. Dimanche, une vingtaine de représentants de la commune landaise ont retrouvé des amis alsaciens afin de fêter la signature, en 1983, du serment de jumelage. Une histoire d'amitié officialisée par les deux maires, René Kannengeiser pour Bartenheim et Claude Cazalis pour Bascons, il y a maintenant 36 ans.

Si au fil du temps les deux municipalités ont multiplié les échanges, s'affranchissant des mille kilomètres qui les séparent, dimanche les Bartenheimois ont mis les petits plats dans les grands. Toujours festif, cette année, le programme concocté par la commune s'est aussi distingué par une forte portée symbolique. Deux grandes dates de l'histoire régionale et locale ont été commémorées : le 80e anniversaire de l'évacuation des Alsaciens dans les Landes et le 36e anniversaire du jumelage.

Drapeaux en tête, un défilé a conduit l'ensemble des participants et la population, du monument aux morts jusqu'à l'école de musique. Photo DNA /Ghislaine MOUGEL

A l'arrière de la nouvelle plaque, un arbre-mémoire, un Ginko Biloba, traduira l'amitié et les liens fraternels qui unissent les communes de Bartenheim et Bascons. Photo DNA /Ghislaine MOUGEL

Sur la place de l'école de musique de Bartenheim, les habitants et les représentants des associations ont applaudi un répertoire mêlant partitions alsaciennes et landaises. Photo DNA /Ghislaine MOUGEL
Un joyeux cortège

En début de journée, les paroissiens ont assisté à la messe dominicale célébrée à l'église Saint-Georges par l'abbé François Grienenberger. L'office a été rehaussé par les choristes de la Sainte-Cécile et magnifié par la soliste Élisabeth Nass. À quelques pas de l'église, le monument aux morts a réuni l'ensemble des invités, élus, sapeurs-pompiers, acteurs du comité des fêtes, ainsi qu'une représentation des officiers et sous-officiers de réserve de Saint-Louis et des environs, présidée par le sergent José-Pierre Fernandez.

Jacques Ginther et Jean-Luc Sanchez, respectivement maires actuels de Bartenheim et Bascons, ont déposé une gerbe au pied du monument. D'autres élus, dont le député Bruno Fuchs, la vice-présidente du conseil départemental Bernadette Groff et le conseiller Daniel Adrian, ainsi que les deux maires honoraires, ont participé à ce temps de recueillement.

Un défilé s'est alors mis en route en direction de la place de l'École de musique. Sous le regard bienveillant de la population, porte-drapeaux en tête, la Musique Union dirigée par Hubert Schur a donné du rythme au cortège et les premiers signes d'une joyeuse marche groupée.
Un arbre porteur d'espoir

Sur la petite place de l'école de musique, une fois la brochette d'élus mis en ordre, Jacques Ginther a dévoilé une plaque en souvenir de l'évacuation de 1939. Quelques pas en arrière, il a proposé aux deux adjointes, Rachel Kohler de Bartenheim et Pascale Lacassagne, son homologue basconnaise, de finaliser la plantation d'un ginkgo biloba : un arbre porteur d'espoir et synonyme de longévité. « Nous plantons aujourd'hui ce ginkgo, dont le feuillage dense abritera sous son ombre nos habitants jeunes et moins jeunes, c'est la belle volonté exprimée par deux villages de conserver de solides liens fraternels... », a souligné plus tard le maire Jacques Ginther.

Après un vin d'honneur ouvert à toute la population, les représentants de la commune ont invité leurs amis landais à l'Espace 2000.
De nouvelles formesde rencontres

Durant le repas, le maire est revenu, une dernière fois avant la fin de son mandat, sur l'histoire et les acteurs principaux du jumelage. S'appuyant sur le vécu de René Kannengieser (encadré ci dessous), maire honoraire évacué à l'âge de huit ans, avec une partie de la population de Bartenheim, l'édile a une nouvelle fois remercié la population landaise « émue et enthousiaste » au moment d'accueillir les Alsaciens. Revenant sur les nombreuses occasions qui, au fil des années, ont favorisé des retrouvailles entre les deux communes, le maire a toutefois émis quelques réserves sur l'avenir du jumelage : « Aujourd'hui, les familles qui ont accueilli des correspondants ont vieilli et ne seront plus en mesure de renouveler l'expérience. » Les jeunes générations n'étant, selon lui, pas assez impliquées, Jacques Ginther a souhaité que de nouvelles formes de rencontres se mettent en place : « Il faudra intéresser suffisamment de familles pour créer de nouvelles synergies. »
Ghislaine MOUGEL