agglomération de Mulhouse Forêt du Sifam : Après les épicéas, les hêtres sont les nouvelles victimes de la sécheresse

Publié dans le panorama le Jeudi 18 juillet 2019 à 05:53:56

© Dna, Jeudi le 18 Juillet 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

agglomération de Mulhouse Forêt du Sifam
agglomération de Mulhouse Forêt du Sifam : Après les épicéas, les hêtres sont les nouvelles victimes de la sécheresse
Sans surprise, la sécheresse était la thématique principale de la tournée du Sifam (Syndicat intercommunal forestier de l'agglomération mulhousienne) dans son massif forestier de 300 hectares, ce mardi 16 juillet. Avec un constat décourageant : désormais, les hêtres sont aussi impactés par la sécheresse.

 
Même sur le terrain limono-argileux du massif du Sifam (Syndicat intercommunal forestier de l'agglomération mulhousienne), favorable à la rétention d'eau, les lits des petits ruisseaux de forêt (comme ici) sont à secs. C'est un des signes de la sécheresse qui s'accentue et fait de nouvelles victimes : après les épicéas, les hêtres sont également en train de mourir.
Ils étaient venus pour prendre la température de l'état de santé des arbres du massif du Sifam (Syndicat intercommunal forestier de l'agglomération mulhousienne). Ils ont d'abord pris celle d'une des sources emblématiques de ce secteur boisé de quelque 300 hectares. Ils, ce sont les élus des communes membres du Sifam - Bruebach, Brunstatt, Mulhouse, Riedisheim et Rixheim - qui ont effectué, ce mardi 16 juillet, une tournée estivale dans le massif, accompagnés par le directeur du Sifam et des agents de l'ONF (Office national des forêts). La source, c'est celle du Ziehlbrunnen située sur le ban de Rixheim. Elle est à sec « depuis deux ans », indique Bruno Gaston, de l'ONF. Le constat interroge d'autant plus qu'ici, en pleine forêt, même le petit ruisseau qui coulait à proximité a disparu. Son lit est recouvert d'un tapis de feuilles mortes alors même que le terrain, « limono-argileux », précise Bruno Gaston, est favorable à la rétention d'eau.

Les conséquences de la sécheresse sont visibles au sol, mais aussi au ciel. En plus des épicéas, déjà impactés depuis un an, les hêtres - première essence du massif (22 %) - sont les nouvelles victimes des sécheresses successives et « de la période de canicule qui est arrivée tôt dans la saison (fin juin) », explique Jérôme Fournier, technicien forestier de l'ONF, en charge de la forêt du Sifam.

Le Sifam (Syndicat intercommunal forestier de l'agglomération mulhousienne) a effectué sa tournée estivale dans les forêts de l'agglo le mardi 16 juillet 2019. Parmi les points abordés, la problématique de la sécheresse et celle de la chalarose du frêne (champignon). Un point a également été fait sur les futures coupes de sécurisation. Photo L'Alsace /Cécile FELLMANN

Après les épicéas, les hêtres sont les nouvelles victimes de la sécheresse dans le massif du Sifam (Syndicat intercommunal forestier de l'agglomération mulhousienne). Les arbres malades qui présentent des risques pour la sécurité des promeneurs seront abattus. Photo L'Alsace /DR/Sifam
Des coupes de sécurisation

Pour l'heure, une centaine d'arbres - dont des centenaires - aux feuilles brunies et recroquevillées, quand ils ne sont pas encore nus, a été recensée, principalement en bordure de chemin. Ils ont été marqués d'une croix rouge et seront abattus entre l'automne et l'hiver prochain « par mesure de sécurité ». « Les branches de ces arbres fragilisés risquent de céder », argumente Jérôme Fournier. Les périodes de sécheresse et canicule étant souvent suivies d'orages violents, c'est « même l'arbre en entier qui pourrait tomber ». S'il est urgent d'abattre les arbres fragilisés pour des questions de sécurité, cela l'est aussi pour des questions économiques. « À l'heure actuelle, ce bois est encore commercialisable, parce que les arbres commencent seulement à mourir », explique l'agent forestier.

Des frênes seront, eux aussi, abattus. Là, ce n'est pas la sécheresse qui est en cause, mais la chalarose. Une maladie causée par un champignon, qui sévit depuis deux. « Cette année, l'essence (la deuxième du massif : 20 %) est un peu moins impactée, du fait de conditions non favorables au développement du champignon au printemps. » Une bonne nouvelle qui est, en fait, l'arbre qui cache la forêt. Puisqu'à terme, le Sifam et l'ONF évaluent que « seuls 5 % des frênes du massif survivront ».
Le chêne résiste pour l'instant aux sécheresses

En plus de ces coupes de « sécurisation », qui sont des mesures « d'urgence », c'est à long terme que le Sifam et l'ONF repensent aujourd'hui la gestion du massif. Les travaux actuellement entrepris se portent surtout sur la régénération naturelle du chêne, une essence « qui, pour l'instant, résiste aux sécheresses, car elle est moins exigeante en eau que le hêtre, par exemple », indique Jérôme Fournier. C'est pourquoi les techniciens forestiers effectuent des « travaux de dégagement » pour permettre aux semis naturels de chêne, « concurrencés par d'autres essences, comme le frêne et le hêtre, qui poussent plus vite » de se développer. Résilient, le chêne est également apprécié d'un point de vue commercial, du fait des différents domaines dans lesquels il peut être valorisé. « On peut l'utiliser pour faire des charpentes, des meubles, des parquets, dans la tonnellerie, etc. », expose Jérôme Fournier.
Cécile FELLMANN