Sassoli et de Montchalin au secours de Strasbourg

Publié dans le panorama le Jeudi 18 juillet 2019 à 05:44:53

© Dna, Jeudi le 18 Juillet 2019
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Strasbourg Parlement européen
Sassoli et de Montchalin au secours de Strasbourg
Lors d'une réception donnée à l'hôtel de ville en l'honneur des eurodéputés, le nouveau président du Parlement européen, David Sassoli, et la secrétaire d'État aux affaires européennes Amélie de Montchalin ont défendu le siège strasbourgeois.
 

 
David Sassoli : « La vie du Parlement européen et celle de la ville peuvent marcher ensemble ».
Ils ont revêtu leur plus beau poncho, un voile à sequins ou un turban de Sikh pour chanter « Bienvenue à Strasbourg » et l'hymne européen dans la cour de l'hôtel de ville. La touche multiculturelle, c'était eux : 39 étudiant(e) s de 33 nationalités dirigés par Christian Gaillac, du Lions Club du Grand Est.
Opération de charme

Le choeur a ouvert la réception donnée par la municipalité de Strasbourg en l'honneur des anciens et nouveaux eurodéputés, après une journée mouvementée : Ursula von der Leyen venait d'être élue de justesse présidente de la Commission européenne. Une opération de charme pour vanter ceux d'une ville « où [vous] serez toujours accueillis avec égard », promet Roland Ries qui se lance dans sa marotte, l'histoire. Le maire de Strasbourg fait défiler la réunion fondatrice des ministres du Conseil de l'Europe dans le même hôtel de ville, en août 1949, les « serments de Strasbourg » de Charles le Chauve et Louis le Germanique en... 842 et les mânes de Louise Weiss, ancienne doyenne des députés européens. Le chef du protocole vient l'interrompre pour laisser l'interprète traduire en anglais. « Je me croyais au 18e siècle, où la langue française était universelle », s'excuse un Roland Ries un peu marri. Plus concret, il évoque la « task force » pour le siège strasbourgeois « animée par un lobbyiste bruxellois », les lignes aériennes OSP (sous obligation de service public) pour faciliter l'accès de la ville et la construction de 15 000 m² de bureaux en face du Parlement européen. « C'est vrai que Strasbourg n'est pas capitale européenne par hasard. Une de nos vice-présidentes habite Strasbourg [l'eurodéputée tchèque Dita Charanzova, NDLR]. La vie de notre institution et celle de la ville peuvent marcher ensemble », approuve David Maria Sassoli, le nouveau président du Parlement européen, dans un français coloré d'accent transalpin. « Mais on doit faire encore quelques efforts pour améliorer nos conditions de travail... » L'ancien présentateur du JT italien était la coqueluche de la soirée, se prêtant gentiment aux selfies en sa compagnie.
« Le présent et le futur de notre Union »

« C'est à Strasbourg que le Parlement a son siège », insiste Amélie de Montchalin, la jeune secrétaire d'État aux affaires européennes, s'exprimant alternativement en français, anglais, espagnol et portugais. « Ce choix n'est pas seulement inscrit dans les traités. Il représente le présent et le futur de notre Union. Les gens qui vivent ici ou que vous allez croiser dans le tram vivent bien plus que d'autres l'Europe comme une réalité quotidienne ». Une réalité qui se reflète dans « le pont de l'Europe entre Kehl et Strasbourg » ou la toute nouvelle collectivité européenne d'Alsace, taillée sur mesure pour « ce petit coin de France à l'âme si particulière ». Plus matériellement, elle s'est « engagée à suivre personnellement » le contrat triennal 2 018/2 020 voué à asseoir la dimension européenne de Strasbourg. Soit 185 000 millions d'euros versés par l'État, la région ou l'Eurométropole pour développer l'accessibilité de Strasbourg ou l'aménagement d'un pavillon d'honneur à l'aéroport d'Entzheim, histoire d'accueillir les parlementaires en VIP.

Après une heure de discours, traductions comprises, les parlementaires affamés ont pu faire honneur au buffet, ne boudant que le munster. Il y a des choses qui ne feront jamais l'unanimité en Europe.
Catherine PIETTRE