commémoration Devant la synagogue : Cette blessure qui ne cicatrisera jamais

Publié dans le panorama le Jeudi 18 juillet 2019 à 05:38:08

© Dna, Jeudi le 18 Juillet 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

commémoration  Devant la synagogue
commémoration Devant la synagogue : Cette blessure qui ne cicatrisera jamais
La cérémonie commémorative de la journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes antisémites de l'Etat français et d'hommage aux justes de France s'est déroulée, mardi soir, devant la synagogue de Colmar.

 
Pendant l'allocution d'Elie Cohen, président du consistoire israélite du Haut-Rhin.
Parmi les personnalités civiles et militaires présentes, le préfet du Haut-Rhin Laurent Touvet et le maire de Colmar Gilbert Meyer, accompagné d'une forte délégation municipale. La conseillère régionale Claudine Ganter et la conseillère départementale Martine Dietrich ont également honoré cette manifestation de leur présence. La cérémonie était rehaussée par une vingtaine de porte-drapeaux et un piquet d'honneur du 152e régiment d'infanterie de Colmar.

C'est devant un public venu en nombre, dont plusieurs membres de la communauté israélite de Colmar, que le président du consistoire israélite du Haut-Rhin Elie Cohen, a rappelé : « Le 4 octobre 1940, Vichy publie une loi autorisant l'internement des ressortissants de race juive dans des camps spéciaux ; la police française et la gendarmerie exécutent les ordres d'arrestation des Juifs, enfants et adultes, dont 40 000 seront internés en février 1941, puis ce sera Drancy et les camps de la mort.
« La société françaiseest en crise, le terreauest là pour que la flambéede l'antisémitismese poursuive »

Sur les 80 000 victimes de la Shoah en France, 55 000 étaient des Juifs étrangers, 25 000 de nationalité française ; 76 000 dont environ 11 400 enfants, 2 000 de moins de 6 ans, ont été déportés, 69 000 à Auschwitz ; seuls 2 500 ont survécu, 3 000 sont morts dans les camps d'internement français ; c'est l'effroyable bilan humain de cette période sombre de notre Histoire que nous ne devons jamais oublier.

C'est pourquoi les témoignages des rescapés de ces camps de la mort sont essentiels dans notre pays, 74 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les actes antisémites sont en hausse de 74 %, la société française est en crise, le terreau est là pour que la flambée de l'antisémitisme se poursuive ; à cela s'ajoute la profanation d'églises et le saccage de l'Arc de triomphe ».

Il a poursuivi par un hommage aux justes parmi les nations, à des hommes et des femmes de toutes origines et confessions qui ont entretenu une flamme d'humanité et de dignité humaine en accueillant des Juifs dont beaucoup d'enfants.

La lecture du psaume 130 en français et en hébreu par Amar Mardochée, rabbin de Mulhouse, a précédé la prière des morts (Kaddisch) par René Banner, président honoraire du consistoire israélite du département. Le préfet a procédé à la lecture du message de la secrétaire d'État chargée des anciens combattants et de la mémoire, ce texte a rappelé que la rafle des 16 et 17 juillet 1942, sous l'autorité du gouvernement de Vichy, auxiliaire zélé de l'occupant, est une blessure qui ne cicatrisera jamais.

Le dépôt d'une gerbe a été suivi de la sonnerie aux morts, d'une minute de silence et de l'hymne national. Le salut aux emblèmes par les autorités a mis un terme à cette émouvante cérémonie de transmission de l'Histoire aux jeunes générations.
JR.H