Site acteurspublics.fr : Brigitte Klinkert : « Nous voulons faire de l’Alsace un territoire modèle des politiques publiques de proximité »

Publié dans le panorama le Jeudi 18 juillet 2019 à 03:52:08

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Brigitte Klinkert : « Nous voulons faire de l’Alsace un territoire modèle des politiques publiques de proximité »

Présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin, Brigitte Klinkert revient sur le projet de
collectivité européenne d’Alsace qui va regrouper à l’horizon 2021 son département et celui
du Bas-Rhin au sein d’une seule structure dotée de compétences nouvelles. Le projet de loi
actant ces nouvelles compétences doit être adopté d’ici à la trêve estivale.

Députés et sénateurs sont tombés d’accord en commission mixte paritaire (CMP), le
11 juillet dernier, sur le projet de loi relatif aux compétences de la future « Collectivité
européenne d’Alsace ». Le texte va être définitivement voté d’ici la fin du mois. Une
issue attendue sans aucun doute ?

Bien évidemment. Ce projet souhaité par une majorité d’alsaciens est désormais inscrit dans
le marbre. Un an tout juste après la remise par le préfet de la région Grand-Est de son rapport
au Premier ministre sur l’évolution institutionnelle de l’Alsace, cette étape marque la création
des compétences de la future collectivité européenne d’Alsace. C’est à nous désormais de
réussir l’Alsace de demain par la convergence des politiques des deux départements actuels et
par l’intégration d’ici le 1er janvier 2021 des nouvelles compétences que va nous offrir la loi
en matière de coopération transfrontalière, de tourisme, de gestion des fonds européens,
d’attractivité, de bilinguisme, de mobilité ou d’organisation des structures professionnelles,
sportives et culturelles. Comme un laboratoire, l’Alsace ouvre la voie en termes de politiques
territoriales et de différenciation.

Qu’est-ce que ce projet va changer pour les départements du Haut-Rhin et du Bas-
Rhin ?

C’est pour nous une opportunité de faire de l’Alsace un territoire modèle des politiques
publiques de proximité en France et en Europe. Au-delà du retour à une Alsace politique et
institutionnelle, ce projet coconstruit entre les territoires, l’Etat et le gouvernement va
permettre à l’Alsace de retrouver une réelle capacité à agir sur son territoire dans des
domaines très variés. L’octroi de nouvelles compétences à notre collectivité impactera
positivement, concrètement et durablement le quotidien des alsaciens puisqu’elles sont
notamment adaptées à nos particularités.

Certains estiment que le développement du droit à la différenciation (qui doit être
développé dans le cadre de la future réforme constitutionnelle, ndlr) risque de fracturer
l’unité nationale. Qu’en pensez-vous ?

C’est un faux-procès. Ce droit à la différenciation donné à nos deux départements est une
réponse concrète au besoin ambiant de proximité de notre pays qui souffre aujourd’hui de
centralisme. Elle permettra de favoriser le principe de subsidiarité au profit de notre future
collectivité et ainsi de privilégier l’échelon territorial le plus pertinent pour mener des
politiques publiques. Chaque territoire doit disposer d’une capacité à agir renforcée pour
répondre plus efficacement aux enjeux locaux. Le droit à la différenciation n’affecte donc en
rien l’unité du pays. La différenciation doit vraiment reposer sur des particularités réelles et
des motifs d’intérêt général pour permettre à chaque territoire de livrer tout son potentiel au
service du pays.

L’une des particularités de votre territoire est notamment son caractère transfrontalier…

Il y avait une vraie volonté de nos partenaires allemands et suisses de travailler de manière
beaucoup plus proche avec nous. Ils attendaient avec impatience de retrouver un partenaire
français à la bonne échelle et surtout qui ait une vraie capacité à agir, à impulser des projets et
à coordonner des acteurs. Nous pourrons désormais aller plus loin en matière de stratégie et
de coopération transfrontalière.

Quelles seront les conséquences de la fusion de vos deux départements ?

Nous avons rencontré l’ensemble des agents des deux départements pour leur expliquer les
ressorts du projet. Nous travaillons désormais à la convergence de nos politiques en matière
de gestion des ressources humaines. Le fait de récupérer de nouvelles compétences, de l’Etat
ou de la région, constituera aussi une opportunité pour nos équipes : le développement de
nouveaux métiers.