Comment restaurer Notre-Dame de Paris

Publié dans le panorama le Mercredi 17 juillet 2019 à 06:34:50

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Patrimoine Parlement
Comment restaurer Notre-Dame de Paris
Trois mois après l'incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris, le Parlement français a donné mardi son feu vert au projet de loi pour lancer la restauration de la cathédrale.
 

 
Notre-Dame de Paris, le 13 juillet 2019.
« Nous ne confondons pas vitesse et précipitation ». En défendant Emmanuel Macron, qui a promis de restaurer Notre-Dame de Paris en cinq ans, le ministre de la Culture Franck Riester a voulu rappeler que la cathédrale n'est pas encore « totalement sauvée ».
Une ambition controversée

Mais ce délai de cinq ans fixé par le président divise puristes et modernistes. Trois mois après l'incendie qui a ravagé le monument, le 15 avril, cette ambition controversée s'efforce de servir un projet de loi qui a été approuvé mardi après-midi par le Parlement français. « Un délai ambitieux, volontariste qui permet de mobiliser l'ensemble des équipes concernées », a avancé Franck Riester, tandis que l'opposition dénonce un objectif irréaliste motivé par les jeux olympiques de Paris en 2024.

L'objectif « est d'offrir à Notre-Dame une restauration à la hauteur de la place qu'elle occupe dans le coeur des Français et dans le monde entier », a-t-il plaidé.

Le projet de loi entend pour cela organiser et contrôler la collecte et l'utilisation des dons qui ont afflué et coordonner les travaux délicats à mener sur un joyau du patrimoine. Le texte entérine donc l'ouverture au 16 avril d'une souscription nationale pour recevoir les dons promis par les particuliers, des entreprises et des collectivités, dont le montant annoncé dépasserait les 850 millions d'euros. Le ministre a cependant appelé à la prudence ceux qui évoquaient déjà des excédents : « Seules un peu plus de 10 % des promesses de dons ont été concrétisées » et « le coût des travaux n'est pas encore chiffré », a-t-il souligné. Au regard de l'ampleur des sommes en jeu, des mécanismes de contrôle ont été prévus pour s'assurer de la bonne gestion des dons.
Des « dérogations inadmissibles »

Un établissement public, placé sous la tutelle du ministre de la Culture, sera chargé d'assurer la conduite et la coordination des études et des travaux avec l'aide d'un Conseil scientifique. Mais la principale pomme de discorde entre majorité et opposition a porté sur les dérogations aux règles d'urbanisme et de protection de l'environnement prévues dans le texte pour accélérer les travaux, nombreux étant ceux qui ont dénoncé une « loi d'exception inutile » instaurant des « dérogations inadmissibles » aux règles du patrimoine.

En réponse aux critiques, le gouvernement a accepté de figer dans la loi certaines d'entre elles, concernant « l'architecture préventive », « la durée d'instruction des autorisations temporaires » ou encore « l'autorisation de certaines publicités sur des bâches ou des palissades de chantier ».

La question architecturale a également été discutée, même si elle n'est pas abordée directement dans le texte. Ainsi, certains parlementaires, inquiets de l'expression « geste architectural contemporain » utilisée par Emmanuel Macron à propos de la future flèche, ont exigé sans succès l'engagement « d'une reconstruction à l'identique » ou fidèle à son « dernier état visuel connu ».