Gilets jaunes : la facture va encore s'alourdir

Publié dans le panorama le Mercredi 17 juillet 2019 à 06:32:35

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Économie Bilan
Gilets jaunes : la facture va encore s'alourdir
Dans un rapport présenté ce mercredi, les députés ont estimé les coûts représentés par le mouvement des gilets jaunes. Le commerce paie le prix fort avec une note de 2,5 milliards d'euros mais les effets à plus long terme ne sont pas mesurés.
 

 
De nombreuses dégradations ont été commises en marge des manifestations.
Il n'y aura pas de chiffrage définitif. Il est impossible à établir tant l'onde de choc de ce mouvement social inédit se répercutera sur le moyen terme.

Mais les sommes comptabilisées par la mission parlementaire chargée d'évaluer ce coût sont déjà colossales.
Le coût économique et social

Les assurances ont versé 217 millions d'euros d'indemnisation au 31 mai dernier pour les vols, les incendies, les dégradations et les pillages. Pour les députés de la mission parlementaires, ce n'est que la partie immergée de l'iceberg.

Les commerces de centre-ville ont en effet beaucoup souffert des manifestations du samedi : les pertes de chiffre d'affaires oscillent entre 20 et 30 %, parfois davantage. Ces manques à gagner sont principalement intervenus durant la période des fêtes et des soldes et ils n'ont pas été compensés par les autres jours de la semaine.

« Ce qui est perdu ne se rattrape pas », indique Damien Abad, député LR de l'Ain et président de la mission. Les commerçants vont devoir, à la rentrée, reconstituer leurs stocks et certains craignent de manquer de trésorerie.
Commerces : une facturede 2,5 milliards

Le coût pour les commerçants est en effet évalué à 2,5 milliards d'euros. Un chiffre exorbitant qui cache des réalités très différentes.

Certaines grandes enseignes de prêt-à-porter ont perdu 200 000 euros de chiffre d'affaires, notamment à Toulouse, ville très impactée : « C'est un grand groupe qui peut encaisser la perte. Les commerçants indépendants, eux, ne peuvent pas », insiste Roland Lescure, député des Français de l'étranger (LREM), corapporteur de la mission. Il a rencontré des commerçants « qui ont fermé le rideau ».

Le rapport parlementaire, qui sera rendu public ce mercredi, mentionne que les violences ont abouti à des effets inverses aux aspirations des gilets jaunes.
Des centres-villes désertésà long terme ?

« Ils dénonçaient la marginalisation économique de certains territoires et leur abandon par les services publics. Or les dégradations en marge du mouvement ont conduit à fragiliser les centre-villes, et en premier lieu les commerces de proximité désertés par les consommateurs », est-il écrit dans le rapport.

« À moyen terme on ne connaît pas l'impact de cette crise : les consommateurs vont-ils revenir en centre-ville, après s'être reportés sur le commerce en ligne ou sur les zones en périphérie ? », questionne Jean-René Cazeneuve, député LREM du Gers, corapporteur de la mission parlementaire.

Le travail des députés salue aussi les décisions prises par le gouvernement et les mesures mises en oeuvre au niveau local pour soutenir les commerçants. C'est l'exact contraire de la mission parlementaire des sénateurs qui, fin juin, pointait les insuffisances de l'État et qui demandait de mieux protéger les entreprises en cas de manifestation.
Nathalie MAURET