Nucléaire Centrale de Fessenheim Risque incendie : l'ASN pointe des insuffisances

Publié dans le panorama le Mercredi 17 juillet 2019 à 05:56:51

© Dna, Mercredi le 17 Juillet 2019
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Nucléaire  Centrale de Fessenheim
Nucléaire Centrale de Fessenheim Risque incendie : l'ASN pointe des insuffisances

 
La centrale nucléaire EDF de Fessenheim vue depuis le canal d'Alsace.
"Cette situation n'est pas acceptable": dans un courrier daté du 4 juillet, l'Autorité de Sûreté nucléaire (ASN) demande au directeur de la centrale de Fessenheim une « action rapide » afin d'améliorer les moyens de prévention incendie du site.
Moyens insuffisants

Cette préconisation fait suite à une inspection inopinée organisée le 20 juin. Ce jour-là, l'ASN a voulu éprouver la réaction des moyens de secours internes du Centre nucléaire de production d'électricité (CNPE) en déployant un scénario particulièrement exigeant : un incendie sur un réservoir de fuel de 500 m³.

Si la réactivité et la disponibilité du personnel ont été jugées « excellentes », le gendarme du nucléaire signale que la simulation ne s'est pas passée comme prévu.

« L'exploitant n'a pas été en mesure de déployer des moyens matériels suffisants », résume la synthèse de l'inspection, pointant notamment l'absence de mousse, qui aurait été nécessaire pour garder le sinistre sous contrôle durant une heure jusqu'à l'arrivée de renforts extérieurs, comme l'exige la réglementation.
« L'eau est à proscrire »

Le personnel a pris, lors de la simulation, une décision contraire aux consignes de la « fiche d'action incendie » qui stipule, comme d'autres notes dédiées à la gestion des incendies sur le site, que l'eau seule ne doit pas être utilisée pour temporiser un feu sur ce réservoir.

« L'eau en tant qu'agent d'extinction est inefficace dans ce type de scénario et est au contraire à proscrire pour éviter l'extension de ce type de feu d'hydrocarbures », s'inquiète l'ASN.

Pire pour le gendarme du nucléaire, les documents d'EDF précisent bien que l'utilisation de mousse n'est pas possible pour le réservoir en question et qu'il est donc impossible de temporiser un feu qui s'y déclencherait. « Le site ne dispose pas d'autre solution que de laisser l'incendie se développer dans l'attente de l'intervention des secours extérieurs », écrit l'ASN.

Rappelant que l'installation, installée hors zone nucléaire, « n'affecte pas directement la sûreté des réacteurs », le chef de la division de Strasbourg de l'Autorité souligne néanmoins la présence dans la « zone des effets domino » d'autres réservoirs, destinés à l'alimentation de groupes électrogènes de secours, et demande des actions immédiates et à moyen terme.

Notamment la mise en oeuvre des moyens nécessaires à la temporisation d'un feu sur le réservoir de 500 m³ (donc avec mousse), et la mise à jour des fiches d'action incendie à destination du personnel. « Vous veillerez à faire explicitement mention de l'interdiction d'arrosage à l'eau d'un feu d'hydrocarbures [...] », tacle l'ASN.
Des moyens complémentaires mis en place

Dans sa lettre d'information datée du 11 juillet, EDF considère que cet événement est « sans conséquence pour la sûreté, la sécurité des intervenants et l'environnement ». L'exploitant signale avoir émis le 9 juillet un signalement classé « au niveau 0 de l'échelle INES qui en compte 7 », et avoir aussitôt procédé à la « mise en place de moyens complémentaires ».