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PAGE CHUCHOTEMENTS : À l'est, rien de nouveau

Publié dans le panorama le Lundi 13 janvier 2020 à 05:43:50

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PAGE CHUCHOTEMENTS : À l'est, rien de nouveau
 

 
Dessin Région DNL Chuchotements (Y.Lefrançois) - Sondage IFOP
Selon un nouveau sondage IFOP, 55 % des Alsaciens sont favorables à la création d'un nouveau parti politique alsacien revendiquant la sortie du Grand Est. Reste à savoir quels sont les responsables politiques prêts à se lancer. (Dessin Yannick Lefrançois)

 

 
 

 

HAUT-RHIN  Affaire Sarah Halimi Les cartes postales de l'indignation

Publié dans le panorama le Lundi 13 janvier 2020 à 05:51:45

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HAUT-RHIN  Affaire Sarah Halimi
Les cartes postales de l'indignation
À l'initiative des communautés israélites de Colmar et Mulhouse et du consistoire du Haut-Rhin, des centaines de cartes postales ont été signées ce dimanche afin de « réclamer justice pour Sarah Halimi ».
 

 
Quelque 300 personnes sont venues signer les cartes à Colmar ce dimanche matin.
« Tuer est illégal, se droguer est illégal, mais tuer drogué est légal ! », ou encore « La République par sa justice cautionne l'antisémitisme », écrivent certains à côté de leur nom et de leur signature, au dos de la carte postale à l'effigie de Sarah Halimi, créée et imprimée spécialement dans le Haut-Rhin à des centaines d'exemplaires « afin de réclamer justice ».
300 personnes en deux heures

Le consistoire israélite du Haut-Rhin, avec les communautés de Colmar et Mulhouse, ont appelé « tous ceux qui s'indignent de la récente décision de justice dans cette affaire, qu'ils soient ou non de confession juive », à envoyer une carte au président de la République (lire notre édition de vendredi). Estimant que ce consommateur de cannabis était en proie à « une bouffée délirante », la cour d'appel de Paris a déclaré pénalement irresponsable Kobili Traoré, mis en examen pour le meurtre par défenestration de sa voisine dans le quartier parisien de Belleville. Il ne sera donc pas jugé.

En deux heures ce dimanche matin, à la communauté israélite près de la synagogue de Colmar, « quelque 300 personnes, de la communauté juive surtout, mais aussi chrétiens ou athées pour une cinquantaine d'entre eux, sont venues signer ces cartes. Une initiative locale inspirée d'un appel - sur les réseaux sociaux - à envoyer des courriels ou des pétitions. Environ 200 cartes supplémentaires ont été signées par procuration », soulignent Hervé Levy, vice-président du consistoire, et Yvan Geismar, aujourd'hui président d'honneur.

Tandis que l'épouse d'Yvan Geismar évoque à quel point sa fille, qui a travaillé trois ans avec Sarah Halimi en tant qu'auxiliaire de puériculture, a été affectée par son décès, un Colmarien raconte que sa fille a quant à elle été « victime d'une quenelle » dans la rue voilà quelques années, de la part d'un ancien camarade de classe.

« Cette affaire pose de nombreuses questions graves, on craint que cette décision judiciaire fasse jurisprudence et protège les personnes sous l'emprise de stupéfiants. Une chose est sûre, on aurait signé ces cartes quelles que soient les croyances de la victime », insiste un couple de la région mulhousienne « mi-catholique, mi-athée, mais laïc et républicain ».

Au-delà du symbole, les signataires attendent la décision de la cour de cassation dans cette affaire, d'autre part une modification de la loi sur l'irresponsabilité pénale. Plusieurs font un parallèle avec l'affaire Chalom Levy à Strasbourg, décédé fin décembre à 65 ans. En 2016, ce retraité portant une kippa avait été grièvement blessé avenue des Vosges.

Son agresseur, qui s'en était déjà pris à un membre de la communauté juive en 2010, a été déclaré irresponsable pénalement.

Ces dernières semaines, plusieurs sénateurs, dont le Haut-Rhinois Jean-Marie Bockel, ont interpellé le gouvernement sur la décision d'irresponsabilité pénale dans l'affaire Sarah Halimi, et sont montés au créneau pour modifier le code pénal.
Jean-Frédéric SURDEY

 

 
 

 

Sarah Halimi Les cartes postales de l'indignation

Publié dans le panorama le Lundi 13 janvier 2020 à 06:23:00

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Sarah Halimi Les cartes postales de l'indignation
 

 
Quelque 300 personnes sont venues signer les cartes à Colmar ce dimanche matin. Photo L'Alsace
« Tuer est illégal, se droguer est illégal, mais tuer drogué est légal ! », ou encore « La République par sa justice cautionne l'antisémitisme », écrivent certains à côté de leur nom et de leur signature, au dos de la carte postale à l'effigie de Sarah Halimi, créée et imprimée spécialement dans le Haut-Rhin à des centaines d'exemplaires « afin de réclamer justice ».
300 personnes en deux heures

Le consistoire israélite du Haut-Rhin, avec les communautés de Colmar et Mulhouse, ont appelé « tous ceux qui s'indignent de la récente décision de justice dans cette affaire, qu'ils soient ou non de confession juive », à envoyer une carte au président de la République (lire notre édition de vendredi). Estimant que ce consommateur de cannabis était en proie à « une bouffée délirante », la cour d'appel de Paris a déclaré pénalement irresponsable Kobili Traoré, mis en examen pour le meurtre par défenestration de sa voisine dans le quartier parisien de Belleville. Il ne sera donc pas jugé.

En deux heures ce dimanche matin, à la communauté israélite près de la synagogue de Colmar, « quelque 300 personnes, de la communauté juive surtout, mais aussi chrétiens ou athées pour une cinquantaine d'entre eux, sont venues signer ces cartes. Une initiative locale inspirée d'un appel - sur les réseaux sociaux - à envoyer des courriels ou des pétitions. Environ 200 cartes supplémentaires ont été signées par procuration », soulignent Hervé Levy, vice-président du consistoire, et Yvan Geismar, aujourd'hui président d'honneur.

Tandis que l'épouse d'Yvan Geismar évoque à quel point sa fille, qui a travaillé trois ans avec Sarah Halimi en tant qu'auxiliaire de puériculture, a été affectée par son décès, un Colmarien raconte que sa fille a quant à elle été « victime d'une quenelle » dans la rue voilà quelques années, de la part d'un ancien camarade de classe.

« Cette affaire pose de nombreuses questions graves, on craint que cette décision judiciaire fasse jurisprudence et protège les personnes sous l'emprise de stupéfiants. Une chose est sûre, on aurait signé ces cartes quelles que soient les croyances de la victime », insiste un couple de la région mulhousienne « mi-catholique, mi-athée, mais laïc et républicain ».

Au-delà du symbole, les signataires attendent la décision de la cour de cassation dans cette affaire, d'autre part une modification de la loi sur l'irresponsabilité pénale. Plusieurs font un parallèle avec l'affaire Chalom Levy à Strasbourg, décédé fin décembre à 65 ans. En 2016, ce retraité portant une kippa avait été grièvement blessé avenue des Vosges.

Son agresseur, qui s'en était déjà pris à un membre de la communauté juive en 2010, a été déclaré irresponsable pénalement.

Ces dernières semaines, plusieurs sénateurs, dont le Haut-Rhinois Jean-Marie Bockel, ont interpellé le gouvernement sur la décision d'irresponsabilité pénale dans l'affaire Sarah Halimi, et sont montés au créneau pour modifier le code pénal.
Jean-Frédéric SURDEY

 

 
 

Le devenir de blocs de granit prévus pour glorifier Hitler

Publié dans le panorama le Lundi 13 janvier 2020 à 06:25:06

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Le devenir de blocs de granit prévus pour glorifier Hitler
 

 
Un nouveau projet est en train de voir le jour sur la friche de l'ex-Divinal, la cave coopérative d'Obernai. Photo DNA
Des milliers d'automobilistes passent devant chaque jour, entre Obernai et Bischoffsheim. Mais peu connaissent l'histoire du massif bloc de granit qui trône au bord de la route, encore flanqué de l'inscription « Cave vinicole d'Obernai », plusieurs années après la fermeture du site.
Un autre bloc sous la statue de Mgr Freppel

Derrière ce bloc encore debout se trouvent en fait plusieurs blocs disséminés sur le site. Le géologue du CNRS Jean-Paul von Eller, établi à Rosheim et décédé en 2014, avait entrepris des recherches pour en connaître l'origine. Il avait établi qu'il s'agit de « pièces destinées à l'élévation du mémorial de la Siegeshalle à Berlin, monument à la victoire du IIIe Reich, dessiné par (l'architecte et ministre) Albert Speer, et voulu par Hitler ».

Monseigneur Freppel sur son piédestal Photo a rchives DNA

« Le socle de la statue de Mgr Freppel à Obernai est de la même veine, car tous les blocs exploités n'ont pas gagné l'Allemagne et, demeurés sur certains quais, ont été réutilisés çà et là à Obernai et Barr ».
Des prisonniers russes pour ces travaux ?

Au départ, les nazis auraient ciblé du granit autour de Natzwiller, extrait par les prisonniers du camp du Struthof, mais la roche s'était révélée trop friable. Ils s'étaient alors tournés vers le granit d'Andlau, sans doute extrait par des prisonniers russes, dont certains demeurent enterrés à Obernai, au cimetière juif, selon Guy Lienhard, conseiller municipal d'opposition. Lundi soir dernier, au conseil municipal, il a justement interrogé le maire sur le devenir de ces blocs de granit. Bernard Fischer a précisé que ces blocs avaient dans un premier temps servi de barrages antichars dans les combats de la Libération, que certains ont été réutilisés à la piscine de plein air d'Obernai et que d'autres dorment dans les locaux du pôle logistique et technique de la cité.

Le maire a assuré Guy Lienhard que sa volonté est aussi de conserver les blocs de granit présents sur la friche Divinal, et qu'il dispose déjà d'un accord à ce sujet avec les repreneurs du site. Ceux-ci veulent y implanter des bâtiments pour des entreprises.

Rien n'a été précisé en revanche sur le devenir de ces blocs, une fois sauvés.
Guillaume MULLER

 

 
 

politique  Municipales Marine Le Pen en précampagne

Publié dans le panorama le Lundi 13 janvier 2020 à 05:48:43

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politique  Municipales
Marine Le Pen en précampagne
Marine Le Pen a invité dimanche les électeurs des Républicains à « ouvrir les yeux » sur « la trahison dont ils sont victimes » en s'alliant avec le parti d'Emmanuel Macron et à la rejoindre pour les municipales de mars en pensant déjà très fort à la présidentielle de 2022.
 

 
La présidente du Rassemblement a officiellement lancé dimanche à Paris la campagne de son parti pour les élections municipales.
La route est encore très longue mais la présidente du Rassemblement national semble avoir les yeux rivés sur 2022. En lançant ce dimanche, à Paris, la campagne pour les municipales de son parti, Marine Le Pen a fixé le cap. « Le combat municipal n'est pas une corvée » mais « une séquence territoriale qui va durer un an » avec les départementales et les régionales en 2021, et qui doit « conduire le peuple au pouvoir », a-t-elle martelé.

La finaliste de la présidentielle en 2017 a dénoncé « le macronisme » « toujours semeur de désordre, cynique, arrogant, souvent blessant, et de plus en plus violent », tout « en étant parfaitement et méticuleusement inefficace ». Comme avec la réforme des retraites où, selon elle, « il n'y a rien à garder » et dont l'annonce du retrait de l'âge pivot est « un écran de fumée, un élément de négociation grossier ». Pour les municipales, Marine Le Pen promet des listes « localistes », met en avant son concept de « démétropolisation » visant à un rééquilibrage entre les campagnes et les villes. Sans surprise, elle mise sur la sécurité comme « axe fort » de la campagne.

 

 
 

 

Social  Réforme Retraites : les syndicats encore plus divisés

Publié dans le panorama le Lundi 13 janvier 2020 à 05:49:04

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Social  Réforme
Retraites : les syndicats encore plus divisés
Il n'y a jamais eu de front uni des syndicats contre la réforme des retraites mais l'offre du gouvernement de négocier une alternative à l'âge pivot a entériné la division entre ceux qui privilégient la « logique de dialogue » et ceux qui « organisent la bataille ».
 

 
La proposition du gouvernement, saluée par les syndicats réformistes, a creusé un fossé encore plus grand entre Laurent Berger (CFDT) et Philippe Martinez (CGT).
À droite du ring, les syndicats réformistes (CFDT, UNSA et CFTC) ont les bras en l'air. Pour eux, le retrait - même provisoire - de l'âge pivot à 64 ans est une victoire dans le combat qu'est devenue la réforme des retraites. À gauche, un peu dans les cordes après un bras de fer qui entre ce lundi dans son 40e « round », les contestataires, CGT et FO en tête, refusent de jeter les gants. Pour eux, la proposition faite samedi par le gouvernement est considérée comme une tentative d'enfumage. Et au centre du ring, Édouard Philippe semble compter les « poings ». Car dans sa lettre envoyée aux organisations syndicales, le Premier ministre ne s'est finalement guère éloigné du cadre qu'il avait posé lors de son discours devant le Conseil économique, social et environnemental, le 11 décembre dernier.
« Une opération de promotion mutuelle »

Ce qui a fait dire à Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots, dimanche sur BFMTV, que ce compromis est « une opération de promotion mutuelle entre le gouvernement et la CFDT pour mettre en scène une pseudo-concession qui en réalité n'en est pas une ». Force Ouvrière va même plus loin : « Je ne suis pas complotiste, mais il y a des moments où je pourrais presque le devenir », a déclaré Yves Verrier sur France Info. Le leader de FO souligne que « beaucoup de communication était prête » dès samedi après-midi « pour saluer le compromis » et qualifie les syndicats réformistes « d'acteurs de second rôle » dans la mobilisation. Dimanche sur le plateau du Grand Jury de LCI, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud et le secrétaire général de l'UNSA, Laurent Escure, ne se sont pas beaucoup portés la contradiction. « Nous sommes passés d'une logique d'affrontement à une logique de dialogue », abonde le numéro un de la CFDT, Laurent Berger. Dans le JDD, il a salué une « victoire » de son syndicat « mais aussi de l'UNSA et de la CFTC ».
La grève continue

La ministre des Transports, Elisabeth Borne, en a profité pour demander un arrêt des combats en jugeant « qu'il n'y avait plus aucune raison que ce mouvement de grève se poursuive », particulièrement à la SNCF et à la RATP. Pas sûr qu'elle soit entendue par les grévistes qui annoncent déjà des journées de mobilisation les 14, 15 et 16 janvier. D'ailleurs, malgré les déclarations de son secrétaire général, la branche RATP de l'UNSA, premier syndicat dans les transports parisiens, a annoncé vouloir continuer le mouvement.
O.M. (avec AFP)

 

 
 

 

Philippe : « Déterminé sur l'équilibre financier »
Interrogé sur le plateau du 20 heures de France 2, Edouard Philippe s'est dit dimanche soir « déterminé et ferme sur l'équilibre financier du système des retraites ». Et que cela serait « totalement irresponsable » de proposer une réforme qui ne permettrait pas cet équilibre. « A titre personnel », le Premier ministre juge que la meilleure façon pour y parvenir reste « l'âge pivot ». Mais il tempère : « Ce qui compte, ce n'est pas l'instrument mais l'objectif : celui de revenir à l'équilibre ». C'est-à-dire 12 milliards d'euros que la conférence sur le financement a 3 mois pour trouver. Le chef du gouvernement a d'ailleurs affirmé « faire confiance » aux syndicats réformistes pour y parvenir en rappelant la célèbre phrase de Maurice Thorez : « Il faut savoir terminer une grève ». Avant de préciser : « On n'en est pas loin ».

 

International G5 Sahel Macron : ambition, rares réussites

Publié dans le panorama le Lundi 13 janvier 2020 à 05:49:47

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International G5 Sahel
Macron : ambition, rares réussites
Pau accueille ce lundi le sommet du G5 Sahel, destiné à clarifier les contours de l'engagement militaire français. Retour à mi-mandat sur le bilan à l'international de la politique d'Emmanuel Macron.
 

 
Mai 2017. Emmanuel Macron, sur la base de Gao, au Mali, lors de son premier déplacement en Afrique.
Il dit ne croire qu'à une chose : « La stratégie de l'audace, de la prise de risque ». Emmanuel Macron a rappelé cette ligne fin août 2019 à deux cents ambassadeurs, réunis à l'Élysée, quelques heures après la clôture du G7 à Biarritz.

L'espace d'un week-end estival, la France d'un président quadragénaire et plein d'enthousiasme se retrouvait au centre de l'attention mondiale. Avec l'envie de marquer les esprits et de résoudre des crises internationales (Syrie, Libye, Ukraine, Sahel, environnement...). Mais l'euphorie d'un sommet à domicile passée, la politique internationale ambitieuse et démonstrative de la France s'est heurtée au principe de réalité.

« Il y avait, au départ, cette envie de faire bouger les choses, ce désir de renouvellement à travers le multilatéralisme », constate Bertrand Badie (1), professeur à Sciences-Po, spécialiste des relations internationales. « Il y a eu beaucoup de projets, mais la pratique, elle, est restée étonnamment stagnante. » En Europe, comme sur l'Otan, un « défaut de partenariats » a plombé l'enthousiasme. Plus grave : la promesse d'« innover » en matière diplomatique a été balayée, selon Bertrand Badie, par « la confirmation d'un ordre passé ».
« Une incapacité à transformer l'essai »

Tout bouge pour que rien ne bouge ? Thomas Gomart (2), directeur de l'Institut français des relations internationales (Ifri) retient, lui, comme « réussite » ce G7, et au rang des échecs « le projet européen ». Selon l'historien, la France représenterait aujourd'hui « une puissance d'équilibre », comme sur le dossier Russie/Ukraine.

Dans un monde plus globalisé, la voix de la France a désormais du mal à porter. « Il y a plus d'horizontalité, moins de verticalité, le monde est social et intersocial avant d'être géopolitique », juge Bertrand Badie. Depuis 2017, la France, en tant que puissance moyenne, « perd quand elle joue, il y a une incapacité à transformer l'essai ».

Au Moyen-Orient, « la voix de la France a été inaudible et il y a même eu une persistance dans l'erreur », analyse encore Bertrand Badie,.

Néophyte en relations internationales à son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron a vite appris. Mais il n'a pas été aussi « disruptif » en deux ans et demi qu'il l'avait promis. « Il fait preuve de classicisme agile, d'activisme, presque de trop d'agitation », décrit Thomas Gomart. « Il y a eu un effet Macron, l'image de la France s'est améliorée par rapport au quinquennat précédent, mais, il y a beaucoup de déceptions sur les réalisations, la maîtrise du dossier est une chose, la pratique du jeu diplomatique en est une autre. » Surtout au milieu des « grands fauves » actuels (Trump, Poutine, Xi, Erdogan).

Sur le continent européen, la France reste l'un des rares pays à porter une réflexion globale sur les relations internationales. L'Allemagne ne bouge plus, la Grande-Bretagne se brexitise, l'Espagne et l'Italie se concentrent avant tout sur leurs problèmes intérieurs. Ces nations sont d'ailleurs aux abonnés absents au Sahel, au coeur des préoccupations ce lundi à Pau avec les membres du G5.

La France, ancienne puissance coloniale dans la région, reste esseulée pour combattre l'expansion djihadiste. Thomas Gomart évoque « une déception française, avec des pertes assumées » quand Bertrand Badie parle de « triple échec : politique, social, économique ».

La politique de la « canonnière » dans la bande sahélo-saharienne ne résout rien, estime le professeur, au contraire « elle aggrave la bellicisation ». L'« audace » française ne peut pas amener à elle seule des résultats.
Xavier FRERE (1) L'hégémonie contestée (éd. Odile Jacob) (2) L'affolement du monde (éd. Tallandier)

(1) L'hégémonie contestée (éd. Odile Jacob)

 
 

 

Repères
Un G5 Sahel, pour quoi faire ?

Le G5 Sahel réunit cinq pays (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad). Emmanuel Macron a souhaité rencontrer leurs dirigeants ce lundi pour « clarifier les contours de l'engagement français » contre les djihadistes au Sahel, où la situation sécuritaire est toujours plus dégradée et le contexte politique tendu après des prises de position ambiguës vis-à-vis de l'intervention de Paris.

Emmanuel Macron pourrait-il annoncer le retrait des troupes engagées dans l'opération Barkhane ? Il n'est pas encore à l'ordre du jour, avait précisé dernièrement le général Lecointre, chef d'état-major des armées. Le politologue de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), Bruno Tertrais, estime que ce sommet est d'abord l'occasion d'une « remobilisation générale ».

 

Macron : ambition, rares réussites

Publié dans le panorama le Lundi 13 janvier 2020 à 06:10:04

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Macron : ambition, rares réussites
 

 
Mai 2017. Emmanuel Macron, sur la base de Gao, au Mali, lors de son premier déplacement en Afrique. Photo d'archives Xavier FRERE
Il dit ne croire qu'à une chose : « La stratégie de l'audace, de la prise de risque ». Emmanuel Macron a rappelé cette ligne fin août 2019 à deux cents ambassadeurs, réunis à l'Élysée, quelques heures après la clôture du G7 à Biarritz.

L'espace d'un week-end estival, la France d'un président quadragénaire et plein d'enthousiasme se retrouvait au centre de l'attention mondiale. Avec l'envie de marquer les esprits et de résoudre des crises internationales (Syrie, Libye, Ukraine, Sahel, environnement...). Mais l'euphorie d'un sommet à domicile passée, la politique internationale ambitieuse et démonstrative de la France s'est heurtée au principe de réalité.

« Il y avait, au départ, cette envie de faire bouger les choses, ce désir de renouvellement à travers le multilatéralisme », constate Bertrand Badie (1), professeur à Sciences-Po, spécialiste des relations internationales. « Il y a eu beaucoup de projets, mais la pratique, elle, est restée étonnamment stagnante. » En Europe, comme sur l'Otan, un « défaut de partenariats » a plombé l'enthousiasme. Plus grave : la promesse d'« innover » en matière diplomatique a été balayée, selon Bertrand Badie, par « la confirmation d'un ordre passé ».
« Une incapacité à transformer l'essai »

Tout bouge pour que rien ne bouge ? Thomas Gomart (2), directeur de l'Institut français des relations internationales (Ifri) retient, lui, comme « réussite » ce G7, et au rang des échecs « le projet européen ». Selon l'historien, la France représenterait aujourd'hui « une puissance d'équilibre », comme sur le dossier Russie/Ukraine.

Dans un monde plus globalisé, la voix de la France a désormais du mal à porter. « Il y a plus d'horizontalité, moins de verticalité, le monde est social et intersocial avant d'être géopolitique », juge Bertrand Badie. Depuis 2017, la France, en tant que puissance moyenne, « perd quand elle joue, il y a une incapacité à transformer l'essai ».

Au Moyen-Orient, « la voix de la France a été inaudible et il y a même eu une persistance dans l'erreur », analyse encore Bertrand Badie,.

Néophyte en relations internationales à son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron a vite appris. Mais il n'a pas été aussi « disruptif » en deux ans et demi qu'il l'avait promis. « Il fait preuve de classicisme agile, d'activisme, presque de trop d'agitation », décrit Thomas Gomart. « Il y a eu un effet Macron, l'image de la France s'est améliorée par rapport au quinquennat précédent, mais, il y a beaucoup de déceptions sur les réalisations, la maîtrise du dossier est une chose, la pratique du jeu diplomatique en est une autre. » Surtout au milieu des « grands fauves » actuels (Trump, Poutine, Xi, Erdogan).

Sur le continent européen, la France reste l'un des rares pays à porter une réflexion globale sur les relations internationales. L'Allemagne ne bouge plus, la Grande-Bretagne se brexitise, l'Espagne et l'Italie se concentrent avant tout sur leurs problèmes intérieurs. Ces nations sont d'ailleurs aux abonnés absents au Sahel, au coeur des préoccupations ce lundi à Pau avec les membres du G5.

La France, ancienne puissance coloniale dans la région, reste esseulée pour combattre l'expansion djihadiste. Thomas Gomart évoque « une déception française, avec des pertes assumées » quand Bertrand Badie parle de « triple échec : politique, social, économique ».

La politique de la « canonnière » dans la bande sahélo-saharienne ne résout rien, estime le professeur, au contraire « elle aggrave la bellicisation ». L'« audace » française ne peut pas amener à elle seule des résultats.
Xavier FRERE (1) L'hégémonie contestée (éd. Odile Jacob) (2) L'affolement du monde (éd. Tallandier)

 

 
 

L'édito de l'Alsace Volontarisme impuissant

Publié dans le panorama le Lundi 13 janvier 2020 à 06:11:21

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L'édito de l'ALsace      Volontarisme impuissant
 

 
Photo L'Alsace /Thierry GACHON
Laurent Bodin

Si les succès diplomatiques tenaient aux symboles, la France serait l'une des puissances les plus influentes de la planète. Après un G7 en août à Biarritz avec Trump en tête d'affiche, Emmanuel Macron préside, à partir de ce lundi à Pau, un G5 Sahel. Voici donc les présidents du Tchad, du Niger, du Burkina Faso, du Mali et de Mauritanie réunis pour discuter des conditions de l'opération Barkhane dans la ville du 5e Régiment d'hélicoptères de combat. Celui-là même où étaient basés le lieutenant Pierre-Emmanuel Bockel et six de ses frères d'armes, morts dans l'opération anti-djihadiste qui a coûté la vie à treize militaires français début décembre au Mali.

Le choix de Pau est un symbole fort. Mais ce sommet G5 Sahel a d'abord pour but d'obtenir des chefs d'État africains une déclaration sans ambiguïté. Parce que Barkhane est un engagement contre le djihadisme pour lequel 31 soldats français, et bien plus encore de militaires africains, ont péri, il serait vain de continuer si, dans les pays concernés, devait se développer un relent de colonialisme. Sans soutien des populations concernées, l'opération est vouée à l'échec.

Plus globalement, la visite à Pau du secrétaire général de l'Onu et des présidents de la Commission de l'Union africaine et du Conseil européen ne saurait occulter l'isolement de la France, dans ce dossier au Sahel comme dans toute son action diplomatique. L'engouement suscité par le dynamisme du président français au lendemain de son élection s'est, depuis, heurté à un principe de réalité. La voix d'Emmanuel Macron porte plus que l'efficacité de son action diplomatique. Le chef de l'État a des circonstances atténuantes. Ses interlocuteurs américains, russes ou chinois croient d'abord dans la stratégie du bras de fer face à laquelle la France ne peut lutter. Quant à l'Europe, à l'heure du Brexit, Emmanuel Macron ne peut espérer que des jours meilleurs alors qu'Angela Merkel finit son mandat en roue libre et que les populismes prospèrent. Car à l'heure d'un multilatéralisme contesté partout dans le monde, il n'y a plus guère qu'en Europe que la France peut espérer se faire entendre efficacement. Et encore...

 

 
 

Carlos Ghosn poursuit Renault aux Prud'hommes

Publié dans le panorama le Lundi 13 janvier 2020 à 06:49:38

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Carlos Ghosn poursuit Renault aux Prud'hommes
 

 
L'ex-patron de l'Alliance Renault-Nissan Carlos Ghosn, en fuite au Liban après avoir été emprisonné au Japon où il est accusé de malversations financières, attaque aux Prud'hommes la marque au losange. Le magnat déchu de l'automobile, âgé de 65 ans, réclame le versement de son indemnité retraite, d'une valeur de 250 000 euros. Une audience doit se tenir d'ici le mois de février. Carlos Ghosn soutient qu'il a été victime d'un « complot » ourdi par Nissan, avec la complicité de responsables japonais, pour l'écarter de son poste.

 

 
 

SOCIÉTÉ  Un rapport de Terra Nova propose des pistes pour réussir la transition écologique à l'école Pas si facile, le bio à la cantine

Publié dans le panorama le Lundi 13 janvier 2020 à 05:48:04

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SOCIÉTÉ  Un rapport de Terra Nova propose des pistes pour réussir la transition écologique à l'école
Pas si facile, le bio à la cantine
La loi Egalim fixe un seuil de 20 % de produits bio dans les cantines en 2022. Un objectif salué par les parents et les ONG, mais pas toujours simple à atteindre par les élus locaux. Un rapport détaille les obstacles... et les moyens de les dépasser.
 

 
Convertir les cantines au bio a un coût.
Une belle idée... pas toujours facile à mettre en oeuvre. Le bio dans les cantines est une forte demande des parents et des associations environnementales. La loi fixe un objectif de 20 % de produits bio dans les cantines en 2022. Comment y parvenir ?
Un objectif encore lointain

Un chiffre mesure l'écart entre les bonnes intentions... et la réalité. Aujourd'hui, les structures collectives achètent 4,5 % de produits bio, selon la dernière enquête de l'Agence Bio. « Si on se concentre sur la restauration scolaire, on doit être plutôt autour de 6 % », estime Florent Guhl, son directeur. Plus de 85 % des cantines ont commencé à introduire des produits bio dans leurs menus (surtout des fruits et légumes frais et des yaourts).

C'est mieux que les autres structures comme l'hôpital ou les établissements pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), notamment en raison de la pression des parents d'élèves sur les élus locaux, mais la marge de progression reste importante. Dans le rapport « Accélérer la transition alimentaire dans les cantines scolaires » du laboratoire d'idées Terra Nova publié ce lundi, Alizée Ostrowski et Elyne Etienne listent les obstacles auxquels se heurtent les élus locaux pour convertir les cantines au bio. Tout en donnant des pistes pour les contourner.
Le coût

Le premier obstacle, pour les communes, est financier. Passer au bio a un prix : « entre 15 % et 20 % de surcoût » par rapport à l'achat de la matière première pour un repas non bio, calcule Florent Guhl.

Pour compenser, le rapport propose plusieurs pistes : la lutte contre le gaspillage alimentaire, l'achat de plus de produits bruts (ce qui implique de recuisiner davantage) et le développement des repas végétariens.
Difficultés pour se fournir

Un autre problème, quand on veut passer au bio, c'est de trouver suffisamment de produits. Le rapport pointe « les difficultés d'approvisionnement - la quantité de bio disponible sur le marché est encore insuffisante et la restauration scolaire n'y est pas toujours prioritaire. » Pour Terra Nova, il faut augmenter la production, en aidant les agriculteurs à se convertir. Les cantines doivent devenir le moteur de la transition écologique. Et les élus locaux ont une carte à jouer pour encourager la conversion des agriculteurs et lutter contre l'artificialisation des sols autour de leurs communes.
Bio contre local ?

C'est un des écueils qui revient régulièrement : pourquoi faire du bio plutôt que du local ? « Opposer les deux est une erreur de raisonnement. L'objectif au final, c'est de combiner les deux », plaide Florent Guhl.
Risque de favoritisme ?

Comment faire pour se fournir localement tout en étant dans les clous des marchés publics ?

Pour éviter les accusations de favoritisme, certains élus ont ajouté des critères en annexe des marchés publics. Le rapport, lui, demande de « réfléchir à une exception alimentaire de 30 % de produits régionaux dans les cahiers des charges ».
E.B.

 

 
 

 

Inondations  En décembre 1919 et janvier 1920 Il y a 100 ans, l'Alsace sous les eaux

Publié dans le panorama le Lundi 13 janvier 2020 à 05:50:28

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Inondations  En décembre 1919 et janvier 1920
Il y a 100 ans, l'Alsace sous les eaux
Il est des événements qui marquent toute une génération, mais que la mémoire collective a parfois tendance à effacer. C'est notamment le cas des inondations qui ont frappé l'Alsace il y a un siècle, une première fois en décembre 1919 et une seconde deux semaines plus tard en janvier 1920.
 

 
Lors des inondations historiques de décembre 1919 et janvier 1920, seize maisons ont été emportées à Sainte-Croix-aux-Mines.
Dès le 22 décembre 1919, une tempête fait rage dans toute l'Alsace. « Depuis deux jours tempête et pluies sévissent, se muant la nuit dernière en un véritable ouragan », écrit l'Écho de Mulhouse le 24 décembre 1919.

« Ruisseaux et rivières sont en crue, les rives de la Doller ont débordé. Dans la vallée de Saint-Amarin, les désordres météorologiques ont pris une telle ampleur que les prés sont partiellement inondés en raison de l'impressionnante montée des eaux de la Thur et de la Doller. À maints endroits l'eau pénètre dans les habitations et la tempête a endommagé les toitures. »

Selon Brice Martin, maître de conférences en géographie à l'université de Haute-Alsace, la météo de 1919 avait été particulièrement pluvieuse les mois précédents, ce qui n'a pas arrangé la situation. « Déjà, en 1919, l'été a été mauvais, frais et humide. Idem à l'automne : au mois de novembre, par exemple, les précipitations sont quatre fois supérieures aux normales de saison dans les Vosges. Il neige tôt dans l'année. »

À cela s'ajoute un mois de décembre également très pluvieux. Il neige les 12 et 13. À partir du 23 décembre, un important redoux arrive, accompagné de fortes précipitations.
Pluie et fonte des neiges

Aux pluies abondantes s'ajoute la fonte rapide des neiges, provoquée par un vent chaud (foehn). Une trentaine de centimètres se transforme ainsi en eau au Grand Ballon, sur un manteau neigeux de plus de 80 cm.

« La réponse des cours d'eaux est très violente, raconte Brice Martin. Dans la vallée, l'eau monte de 20 à 30 cm par heure. On se retrouve vite à un, deux ou trois mètres au-dessus du niveau habituel. » En montagne les pentes sont très fortes, l'eau ruisselle très vite.

Dans des villes et villages déjà très abîmés par la guerre, la tempête puis les inondations font des ravages : les toitures s'envolent, les cheminées s'effondrent, les lignes téléphoniques sont coupées tout comme les lignes ferroviaires, plus d'électricité ni de chauffage...

À Noël, une grande partie de l'Alsace est sous les eaux. Des villes voisines sont touchées : Épinal, Metz, Nancy, Thionville, Belfort ou encore Montbéliard.

D'importants dégâts sont également constatés en Allemagne, dans la Forêt-Noire. Dans la cité du Bollwerk, à Noël, « la gare de Dornach est menacée d'inondation, le terrain au Steinbaechlein et à la Mer Rouge est devenu un grand lac », écrit l'Écho de Mulhouse le 27 décembre 1919.

À Thann, toujours selon le journal mulhousien, « les crues ont atteint des sommets, laissant certaines rues situées en dessous du niveau du lit de la Thur totalement inondées, stoppant toute circulation. [...] Nombreuses sont les familles en grande détresse et une aide d'urgence est impérative. »

À Guebwiller, « la Lauch charrie quantité d'eaux torrentielles et avec elles des planches, des poutres et des débris d'arbres. D'énormes pierres bougent dans leur cavité et beaucoup de chemins en campagne et en ville sont envahis par les eaux et impraticables pour les passants, sans parler des caves inondées le long de ces artères. »

Côté Bas-Rhin, Bruche, Ill et Giessen font également d'énormes dégâts. À Strasbourg, les dommages sont « relativement importants : des habits et de la nourriture ont été gâtés. Particulièrement mise à mal : la centrale économique et la salle des machines à l'hôpital civil, dont les salles souterraines se trouvaient sous l'eau. La lumière et le chauffage ont été coupés un certain temps », rapportent les Dernières Nouvelles de Strasbourg. Elles indiquent également qu'à Sélestat, « le Giessen a atteint le même niveau qu'il y a cent ans, le 23 décembre 1819, avec 4,85 m. La filature et les bâtiments situés dans l'environnement furent inondés, les habitants évacués par les militaires et les sapeurs-pompiers en lieu sûr. »
Treize victimes en 1919, quinze en 1920

Les événements de 1919 causent la mort de treize personnes dans le Grand Est. Ainsi, par exemple, « à Ribeauvillé, la crue du Strenbach fit une victime en la personne d'un employé de la Ville âgé de 52 ans sur sa route vers son domicile, laissant une épouse et quatre enfants », écrit l'Écho de Mulhouse. À Sainte-Croix-aux-Mines, particulièrement touchée, « un jeune homme âgé de 19 ans a péri, enseveli sous les décombres d'une maison ». Selon les Dernières Nouvelles de Strasbourg, une autre victime est à déplorer à Orbey : « Une jeune fille de 15 ans, Angélique Klée, s'est noyée près du pont, sur le chemin du retour de l'usine, inondé. »

Compte tenu de l'ampleur des dégâts, l'administration peine à apporter une réponse rapide. « Les gens sont indisponibles pendant les fêtes, et la difficulté des transmissions est un facteur aggravant, indique Brice Martin. D'autant que tout ceci arrive dans une période où l'on est en train de reconstruire les maisons détruites par la guerre. »

À Ernolsheim, face à la montée des eaux, « un habitant s'était réfugié avec sa famille sur le toit de sa maison au beau milieu des flots pour alerter à l'aide de coups de feu et de signaux de feu sur leur situation dramatique. L'intervention extrêmement périlleuse des sauveteurs sauva la vie de cette famille en péril », racontent les Dernières Nouvelles de Strasbourg.
Nouvelle tempête

Quinze jours plus tard, tout recommence. La configuration météorologique est globalement la même qu'au mois de décembre. « Une nouvelle tempête arrive, qui culmine le 12 janvier, explique Brice Martin. Le vent est encore plus fort qu'en 1919. Au niveau de la Doller, la Thur, la Lauch et la Haute-Moselle, les inondations sont plus importantes qu'en décembre 1919. »

Thann subit de nouveau de plein fouet les conséquences de la météo. L'Écho de Mulhouse relate les événements : « La Thur charrie d'effroyables quantités d'eau, emportant avec elle le pont supérieur. Trains supprimés, voies ferrées inondées, communications téléphoniques coupées : les habitants sont coupés du monde. Déjà gravement endommagée auparavant par la guerre, la ville se retrouve à nouveau dans une situation effrayante. [...] L'eau ayant pénétré de partout dans les habitations, du bétail a dû être sacrifié en urgence. Les plus belles plantations viticoles près du Stauffen sont totalement dévastées, la station de pompage de la ville complètement inondée, également des entreprises, des fabriques et aussi la cave de l'hôpital, où les vivres étaient entreposés. Une catastrophe d'une ampleur telle que la ville de Thann n'en a jamais connue. [...] Plus d'eau potable en raison des conduites hors d'état. »

Lors de cette seconde tragédie en deux semaines, quinze personnes trouvent la mort dans l'Est. En Alsace, comme deux semaines plus tôt, le niveau d'eau baisse très rapidement dans les vallées. L'eau ruisselle vers l'aval et termine dans le Rhin. Seul point positif, énoncé par le Nouveau journal de Strasbourg : « Le Rhin a ramené notre nappe phréatique à bon niveau ! »
Pablo GUIMBRETIÈRE Voir notre grand format sur www.dna.fr

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Weil am Rhein  Voeux Wolfgang Dietz : agir aujourd'hui pour l'environnement de demain

Publié dans le panorama le Lundi 13 janvier 2020 à 05:55:27

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Weil am Rhein  Voeux
Wolfgang Dietz : agir aujourd'hui pour l'environnement de demain
Vendredi, devant un parterre de 650 invités, Wolfgang Dietz, Oberbürgermeister de Weil am Rhein, a dressé le bilan de l'année écoulée. Sa ville se porte bien mais doit se préparer à la transition écologique pour affronter les années à venir.
 

 
Wolfgang Dietz, Oberb
Pas que des discours, mais des actions concrètes : c'est ainsi que l'on peut résumer les propos de l'Oberbürgermeister de Weil am Rhein, Wolfgang Dietz. Pour ses voeux, présentés vendredi soir, il a délibérément orienté son propos vers l'écologie, l'environnement et le climat, démontrant qu'il y a urgence à agir, et soulignant que sa ville est prête à s'y engager. Les préoccupations sont les mêmes des deux côtés du Rhin...

Wolfgang Dietz n'a pas manqué de citer des exemples précis : isolation des bâtiments communaux, installation sur ces derniers de panneaux photovoltaïques... Écoles, bibliothèque, mairie : « Toute nouvelle construction en sera dotée. »
Transports en communet vélos

La réduction des émissions de gaz à effet de serre est un enjeu majeur pour la planète. Et il est possible d'agir localement, comme l'a démontré Wolfgang Dietz. « Je sais que c'est difficile », a-t-il concédé, au vu de la densité du trafic, local ou de transit, dans sa ville. « Mais privilégions les transports doux, notamment les bus, et pourquoi pas les vélos. » D'autant que Weil, pourtant loin d'être en retard si on devait comparer Bade et Alsace, investit toujours davantage pour les pistes cyclables.
Poursuivre l'accueildes investisseurs

Et Wolfgang Dietz de sourire : oui au vélo, sans oublier que c'est bon pour la santé de se mettre à la bicyclette !

La ville agit aussi en plantant un maximum d'arbres.

Passé le vaste chapitre consacré à écologie, le maire a aussi rappelé que sa ville se portait bien, financièrement, et donc qu'elle investit pour l'entretien des bâtiments publics, les écoles au premier chef.

Par ailleurs, il a rappelé l'implantation de nouvelles entreprises, le dynamisme du commerce local avec la construction d'une troisième grande galerie commerciale, la Dreiländergalerie, tout près de la gare... Un chantier qui a pris un retard important « mais la Ville ne peut pas intervenir, sachant qu'il s'agit d'un investisseur privé ».
Combattre les incivilités

Il a conclu son discours sur une note un peu plus négative sur les incivilités. « Il y a des situations que nous ne pouvons pas tolérer. Ce phénomène prend de l'ampleur avec des violences, des dégradations, sachons en être conscients. Que chaque habitant puisse nous aider à la combattre ! »

L'orchestre de la Ville a suivi, apportant des notes plus joyeuses et rythmées.
Jean-Luc KOCH

 

 
 

 

Baldersheim  Cérémonie des voeux Respect, solidarité et tolérance

Publié dans le panorama le Lundi 13 janvier 2020 à 05:44:41

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Baldersheim  Cérémonie des voeux
Respect, solidarité et tolérance
Pierre Logel, maire de Baldersheim a présenté ses voeux 2020 dans une salle polyvalente comble et en présence de nombreux élus.
 

 
Pierre Logel a réaffirmé ses valeurs de respect, de solidarité et de tolérance.
Pierre Logel, maire de Baldersheim a ouvert la traditionnelle cérémonie des voeux en réaffirmant ses valeurs de « respect, de solidarité et surtout de tolérance ».

Il est revenu sur « un an d'actions ensemble », rappelant les « trois fleurs » et les « trois libellules », « distinctions obtenues grâce à nos services techniques et avec l'aide d'un fleurissement privé ». Il a souligné que la halte-garderie accueille chaque jour 40 jeunes enfants et que le périscolaire est fréquenté par 29 enfants à midi, 49 le soir et 25 le mercredi. La cantine scolaire nourrit journellement 65 enfants.

L'année dernière a vu le début des travaux d'aménagement du bâtiment qui abritait le Crédit mutuel afin de le transformer en pôle de santé : « Deux infirmières, deux orthophonistes et deux hypnothérapeutes vont s'installer au courant de ce premier trimestre. » Il a aussi évoqué les travaux de renouvellement du réseau d'eau effectués dans la rue de Provence. Parmi les autres travaux de 2019, on retiendra la rénovation de la charpente de l'église. Concernant l'urbanisme, la deuxième tranche du lotissement « Les jardins des poètes » a démarré.
Un quatrième mandat

Les temps forts associatifs, « une des richesses de Baldersheim grâce aux bénévoles », ont été rappelés (fête de la bière, marché de Noël, carnaval des enfants, expositions des artistes locaux, du Groupe histoire, des aviculteurs, etc.). En 2019, le corps des sapeurs-pompiers a célébré son 70e anniversaire et la chorale « Que ma joie demeure » a soufflé ses 50 bougies.

Pour finir maire a porté un regard sur l'avenir : « Les travaux de réfection de la voirie et de l'éclairage public des rues de Provence et Dahlias auront lieu au cours du premier trimestre. Au niveau des travaux de bâtiments, il sera procédé au remplacement de l'ensemble des fenêtres de l'école maternelle. »
Trente années d'engagement

En ouverture de la cérémonie, Brigitte Klinkert, présidente du Conseil départemental, a remis la médaille d'honneur départementale et communale à Pierre Logel en reconnaissance de son « engagement d'élu depuis 30 ans ». Un engagement que ce dernier compte bien poursuivre ; le premier magistrat a en effet confirmé à la fin de ses propos qu'il briguera un quatrième mandat.
Distinctions et mises à l'honneur

Le maire a ensuite remis la médaille régionale, départementale et communale « vermeil » à Blandine Adam, agent communal pour 30 années de service. Véronique Schneider, également agent communal, a été honorée à l'occasion de son départ en retraite. Françoise et André Hartmann ont été décorés de médaille d'honneur communale « pour leur investissement sans limite à la préparation des offices religieux et l'entretien de l'église ». Enfin, diverses personnes ont été remerciées pour leur implication dans la vie associative ou pour leurs résultats sportifs.
M.H.

 

 
 

 

Saint-Amarin  Cérémonie des voeux Charles Wehrlen brigue un nouveau mandat

Publié dans le panorama le Lundi 13 janvier 2020 à 05:46:39

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Saint-Amarin  Cérémonie des voeux
Charles Wehrlen brigue un nouveau mandat
Lors des traditionnels voeux de Nouvel An de Saint-Amarin, Charles Wehrlen a annoncé qu'il briguera un 4e mandat de maire. Parmi les nombreux invités, les deux conseillers départementaux, Annick Luttenbacher et Pascal Ferrari.
 

 
De nombreux citoyens de Saint-Amarin ont été mis à l'honneur.
Cyrille Ast, premier adjoint au maire de Saint-Amarin, s'est servi avec finesse de la beauté de la langue française pour présenter les voeux de l'équipe municipale au maire Charles Wehrlen. Il a utilisé l'art de l'implicite qu'offre la langue de Bossuet pour évoquer les problèmes qui agitent tant le monde que la vallée de la Thur : « Plutôt que la défiance, associons nos compétences ».
« Il faut toujours viserla lune, car mêmeen cas d'échec,on atteint les étoiles »

Le maire, Charles Wehrlen, a avoué sa frustration face aux règles imposées par la loi en période électorale. « J'adopterai un discours neutre, informatif et factuel.» Dix messages ont composé ses voeux. La crise est bien présente dans les propos, mais l'espoir d'une année de reprise est là : « Oui 2020 sera une année sûrement difficile, dure et compliquée, mais si la France décidait de renoncer, si nous décidions cela, si nous choisissions cette fatalité, quel message, quel avenir donnerions-nous à nos enfants ? Si nous n'avons plus de rêves, eux ils en ont encore tellement », a déclaré le maire avant d'évoquer le fait que « la gestion d'une commune aujourd'hui se professionnalise et elle ne peut plus se satisfaire des techniques du passé. »

Et de souligner la cohésion qui a animé son équipe lors de la mandature qui se termine. Il a tenu à remercier ceux qui « n'ont, en six ans, jamais choisi l'intérêt particulier au détriment de l'intérêt général. » Il n'a pas manqué l'occasion d'évoquer, comme bien souvent ses autres collègues maires, la poursuite des baisses de dotations de l'État : « Une baisse de 70 % de 2011 à 2019 et sans compensation, tout en ayant l'obligation de mettre en application de nouvelles normes. »

Le ton est incisif. Une façon de faire part des difficultés que doivent et que devront affronter les prochaines équipes municipales et cela bien au-delà de Saint-Amarin. Charles Wehrlen, amateur de citations, dans son 7e message a fait la liste de celles qu'il a utilisées depuis 2001 avec une évidente préférence pour celle d'Oscar Wilde : « Il faut toujours viser la lune, car même en cas d'échec, on atteint les étoiles.» Il fallut attendre le 10e message pour entendre ce qui n'était en fait pas une surprise : « Oui, je vous annonce aujourd'hui que je brigue un nouveau mandat de maire. » Puis, un film d'Active Media a résumé, en images, le dynamisme de la cité du coq. Les nombreux invités furent ensuite conviés à un buffet qui a permis d'évoquer les nombreuses rumeurs bruissant dans la vallée, qui va vivre un profond remaniement au niveau des équipes municipales.
Jean-Marie ZIPPER

 

 
 

 

Université européenne Une alliance pour multiplier les échanges

Publié dans le panorama le Lundi 13 janvier 2020 à 05:52:33

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Université européenne
Une alliance pour multiplier les échanges
Les huit partenaires de l'Alliance EPICUR (European partnership for an innovative campus unifying regions) ont tenu, vendredi à Strasbourg, leur premier comité de pilotage, pour organiser leur coopération.
 

 
Venant de France, Allemagne, Pays-Bas, Pologne, Autriche et Grèce, les présidents et recteurs des huit universités de l'Alliance EPICUR se sont retrouvés, vendredi à Strasbourg, pour signer, lors de leur premier comité de pilotage, l'accord de partenariat qui répartit les fonds de la Commission européenne et structure leur coopération.

La Commission européenne soutient ce projet d'université européenne à hauteur de cinq millions d'euros sur trois ans. Les recteurs et présidents de cette Alliance, portée par l'Université de Strasbourg, doivent trouver des fonds supplémentaires pour développer les activités de recherche et d'innovations.

Cette université « offrira des mobilités physiques, virtuelles et mixtes, encourageant la libre circulation des étudiants et du personnel grâce à des modèles d'enseignement et d'apprentissage innovants sur nos campus connectés », ambitionne l'Alliance EPICUR, qui souhaite devenir une université multilingue, avec une forte fibre interculturelle.

Parmi ses projets, l'Alliance entend consolider et connecter les programmes d'études dans le domaine des langues européennes pour des universités multilingues. Mais aussi créer un European bachelor of liberal arts and sciences qui sera enseigné dans plusieurs universités.

Autre objectif : créer un campus interuniversitaire virtuel pour élargir les opportunités de mobilité virtuelle et le développement de nouveaux cours, en testant une plateforme d'apprentissage. Il s'agira également de renforcer les réseaux interrégionaux, développer des stages de recherche pour les étudiants diplômés dans le public comme dans le privé. Enfin, il sera question de favoriser la participation de la communauté universitaire à EPICUR à travers des forums annuels, des défis, des festivals...

 

 
 

 

Vivre son homosexualité dans nos campagnes

Publié dans le panorama le Lundi 13 janvier 2020 à 06:21:07

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Vivre son homosexualité

dans nos campagnes  témoignage
 

 
« La jeunesse rurale est un sujet sur lequel il y a beaucoup à dire mais dont on parle peu », assure Virginie Le Corre. Dessin DNA /Juliette MARIAGE

Qu'est-ce qui vous a poussée à vous intéresser à ce sujet ?

Il y a plusieurs impulsions. La première est d'ordre personnel, car j'ai été amenée à rencontrer (et à être amie avec) pas mal de mecs gays venant de petits villages quand j'ai commencé à travailler en licence à la fac de sociologie. Parmi eux, il y avait un bon ami à moi qui prenait pas mal de risques vis-à-vis de lui-même et de son corps, sous prétexte qu'il avait été stigmatisé étant jeune en tant qu'homosexuel. Il avait cette idée : puisqu'on m'a catalogué comme déviant, autant l'être à fond. Il avait connu des expériences très brutales durant son adolescence : des insultes, un enseignant qui l'avait même obligé à se déclarer homosexuel en public. C'est la venue en ville qui a tout changé en lui et l'a radicalisé. Son récit m'inquiétait en tant qu'amie et, à la fois, ça m'intéressait sur le plan de la sociologie. Cette thèse était aussi une manière de me réconcilier avec le monde de la ruralité. Mon expérience personnelle à Herrlisheim, où je suis arrivée à l'âge de 10 ans, était plutôt désastreuse. J'ai été harcelée scolairement pendant quelques années, car je n'étais pas née sur place.

« Dans les campagnes,la perception de ce que doit être un homme est souvent plus radicale »

La seconde impulsion est que, sur le plan sociologique, la jeunesse rurale est un sujet sur lequel il y a beaucoup à dire, mais dont on parle peu. Quand je contractais cela avec le thème de l'homosexualité, j'obtenais une spécificité très intéressante en substance. Trois mois après que j'ai défini mon sujet, sortait En finir avec Eddy Bellegueule d'Édouard Louis, qui est complètement dans ma thématique. J'ai rencontré l'écrivain pour discuter de mon sujet de thèse et il m'a encouragée dans cette voie, très content qu'il y ait un sujet de recherche et d'analyse scientifique qui se fasse sur un phénomène qui, jusque-là, n'avait été traité que par le biais de biographies romancées.

Quel est le profil des personnes qui ont témoigné dans votre thèse ?

Je n'ai pas réutilisé les quatre entretiens pré-exploratoires, car ce n'étaient pas des récits de vie, ni les témoignages de deux amis, le manque de distance s'avérant problématique. Je me suis également vite restreinte aux seuls hommes car, l'éducation genrée étant ce qu'elle est, il aurait fallu constituer deux blocs distincts dans une même thèse, ce qui est un peu réducteur. Au total, j'ai exploité les témoignages de six personnes, sur la base du volontariat. Ce sont des personnes qui assument leur homosexualité. La moitié sont d'ailleurs mariés aujourd'hui. Ils ont grandi à la campagne, dans le Haut-Rhin et le Bas-Rhin principalement, plus une personne en Moselle, et ont entre 20 et 47 ans. À un moment ou un autre, tous se sont rendus en ville pour leurs études. Certains sont retournés vivre à la campagne après ça, et y vivent aujourd'hui encore. »

Virginie Le Corre, 34 ans, a validé sa thèse avec les félicitations du jury en septembre dernier. Elle envisage la publication d'un ouvrage à destination du grand public. Photo DNA /JEAN CHRISTOPHE DORN

Quel est l'objet de la thèse ?

Je fais de la socioanthropologie, on ne cherche pas à répondre à des problématiques et des hypothèses, mais juste à montrer ce qui existe. Chacun des récits comporte beaucoup de détails et je ne peux pas dire qu'il y ait des résultats globaux. À la base, ce qui avait été écrit sur l'homosexualité en sociologie fonctionnait avec des régimes identitaires, c'est-à-dire des phases par lesquelles les homosexuels étaient censés passer dans leur découverte. Ce que je trouvais assez violent en fait parce qu'on est des êtres humains, pas des chiffres mathématiques. Qui plus est, grandir dans un environnement hostile peut retarder les phases que le sociologue percevait comme obligatoires. Mon propos est de parler de cet avant et de comment les gens font pour survivre à travers l'oppression du système.

Qu'est-ce que ces témoignages disent de la perception de l'homosexualité dans les villages ?

Malgré le conditionnement communautaire qui peut être un peu dur par rapport à l'homosexualité dans les villages, ma thèse parle en vérité plus d'éducation masculine et de masculinité. Dans les campagnes, la perception de ce que doit être un homme est souvent plus radicale. La hiérarchie de l'âge, du sexe, du genre, est exacerbée parce que c'est plus petit, tout simplement. Plus généralement, cela montre que c'est difficile d'être un homme, et ce au-delà de sa préférence sexuelle. Je parle ici de tout ce qui a trait au formatage masculin, par exemple par le sport. Dans mes témoignages, il est souvent question du football, une pratique récurrente dans les villages, qui inclut tout autant qu'elle exclut. Il y en a donc qui vont se détacher complètement du sport et le détester parce qu'il représente un univers trop normatif. Au-delà de l'homosexualité, c'est l'éducation genrée qui est plus radicale dans cet environnement. Il faut toutefois la nuancer aujourd'hui, car cela varie d'une génération à l'autre.

En quoi les milieux ruraux sont-ils différents des villes pour ce qui est de l'approche de l'homosexualité ?

Les études réalisées jusque-là étaient surtout axées sur l'homosexualité en milieu urbain. La ville est le lieu du coming out, de l'affirmation. La thématique de fuite vers la ville est d'ailleurs un sujet très étudié. À l'inverse, le village ne permet pas de s'épanouir identitairement. Tous ceux que j'ai interrogés ont dû attendre d'être en ville pour pouvoir en parler.

L'homosexualité est absente des discours et ne peut être posée qu'à partir du moment où on en parle. On le voit au niveau des jouets, de Disney, dans la publicité, les films : partout, l'hétérosexualité est la norme. Sauf qu'à la campagne, il n'y a en plus pas de visibilité, parce qu'il n'y a pas de centre LGBT, pas de Gay pride, etc. Et moins il y a de visibilité, moins il y a d'ouverture.

« L'Alsacien ne comporte pas de terme neutre, mais seulement des insultes, pour parler de l'homosexualité »

Ce n'est pas pour ça qu'il n'y a pas de couples d'homosexuels à la campagne. La moitié de ceux que j'ai interrogés y vit et s'y est très bien insérée. Ce sont des gens du cru pour la plupart, qui parlent l'alsacien et passent souvent mieux que des personnes issues de l'immigration. Mais il reste des villages où les gens incendient des maisons parce que c'est la maison du "pédé du village", ça existe encore.

Y a-t-il une particularité alsacienne ?

La spécificité de l'Alsace, c'est que c'est un terrain où le dialecte est plus présent qu'ailleurs. L'alsacien apporte une dimension supplémentaire par rapport à l'encaissement de l'identité homosexuelle car il ne comporte pas de terme neutre, mais seulement des insultes, pour parler de l'homosexualité. C'est également vrai pour d'autres langues : l'un de mes interlocuteurs, qui a grandi au sein d'une communauté turque, m'a expliqué qu'on n'employait également pas de mot neutre pour parler de ça durant son enfance. Or, on se fait éduquer par des gestes mais aussi par un discours. Et les personnes que j'ai interrogées ont grandi avec. C'est aussi plus prégnant pour les générations plus anciennes qui, la plupart du temps, n'apprenaient le français qu'en arrivant à l'école.

Les témoignages de personnes issues de différentes générations permettent-ils de rendre compte d'une évolution dans l'acceptation de l'homosexualité par la société ?

Les vécus entre le plus vieux, âgé de 47 ans, et le plus jeune, 20 ans, sont par exemple sensiblement différents. Le premier a grandi à une époque où l'homosexualité était encore une maladie en France. En connaissant ses premiers émois vers 14 ans, il les a cachés. Il s'est menti pendant longtemps, est sorti avec des filles, se mettant en quelque sorte à l'hétérosexualité obligatoire à l'époque du lycée, ne serait-ce que pour ne plus avoir de questions. Puis il a fini par partir à l'étranger pour pouvoir vivre ça de manière apaisée. C'est une tout autre ambiance dans le cas du second, l'homophobie étant désormais un délit. Il s'est d'ailleurs fait coacher sur Internet, sur des forums, où il a rencontré des gens qui l'ont aidé à prendre en charge ces tourments qu'il avait au début de l'adolescence. Et ça lui a permis de vivre son homosexualité, d'avoir des petits amis et d'en parler à sa famille. De tous ceux que j'ai interrogés, c'est celui qui est le plus à l'aise.

Propos recueillispar Eddie RABEYRIN

Qu'est-ce qui vous a poussée à vous intéresser à ce sujet ?

Il y a plusieurs impulsions. La première est d'ordre personnel, car j'ai été amenée à rencontrer (et à être amie avec) pas mal de mecs gays venant de petits villages quand j'ai commencé à travailler en licence à la fac de sociologie. Parmi eux, il y avait un bon ami à moi qui prenait pas mal de risques vis-à-vis de lui-même et de son corps, sous prétexte qu'il avait été stigmatisé étant jeune en tant qu'homosexuel. Il avait cette idée : puisqu'on m'a catalogué comme déviant, autant l'être à fond. Il avait connu des expériences très brutales durant son adolescence : des insultes, un enseignant qui l'avait même obligé à se déclarer homosexuel en public. C'est la venue en ville qui a tout changé en lui et l'a radicalisé. Son récit m'inquiétait en tant qu'amie et, à la fois, ça m'intéressait sur le plan de la sociologie. Cette thèse était aussi une manière de me réconcilier avec le monde de la ruralité. Mon expérience personnelle à Herrlisheim, où je suis arrivée à l'âge de 10 ans, était plutôt désastreuse. J'ai été harcelée scolairement pendant quelques années, car je n'étais pas née sur place.

« Dans les campagnes,la perception de ce que doit être un homme est souvent plus radicale »

La seconde impulsion est que, sur le plan sociologique, la jeunesse rurale est un sujet sur lequel il y a beaucoup à dire, mais dont on parle peu. Quand je contractais cela avec le thème de l'homosexualité, j'obtenais une spécificité très intéressante en substance. Trois mois après que j'ai défini mon sujet, sortait En finir avec Eddy Bellegueule d'Édouard Louis, qui est complètement dans ma thématique. J'ai rencontré l'écrivain pour discuter de mon sujet de thèse et il m'a encouragée dans cette voie, très content qu'il y ait un sujet de recherche et d'analyse scientifique qui se fasse sur un phénomène qui, jusque-là, n'avait été traité que par le biais de biographies romancées.

Quel est le profil des personnes qui ont témoigné dans votre thèse ?

Je n'ai pas réutilisé les quatre entretiens pré-exploratoires, car ce n'étaient pas des récits de vie, ni les témoignages de deux amis, le manque de distance s'avérant problématique. Je me suis également vite restreinte aux seuls hommes car, l'éducation genrée étant ce qu'elle est, il aurait fallu constituer deux blocs distincts dans une même thèse, ce qui est un peu réducteur. Au total, j'ai exploité les témoignages de six personnes, sur la base du volontariat. Ce sont des personnes qui assument leur homosexualité. La moitié sont d'ailleurs mariés aujourd'hui. Ils ont grandi à la campagne, dans le Haut-Rhin et le Bas-Rhin principalement, plus une personne en Moselle, et ont entre 20 et 47 ans. À un moment ou un autre, tous se sont rendus en ville pour leurs études. Certains sont retournés vivre à la campagne après ça, et y vivent aujourd'hui encore. »

Virginie Le Corre, 34 ans, a validé sa thèse avec les félicitations du jury en septembre dernier. Elle envisage la publication d'un ouvrage à destination du grand public. Photo DNA /JEAN CHRISTOPHE DORN

Quel est l'objet de la thèse ?

Je fais de la socioanthropologie, on ne cherche pas à répondre à des problématiques et des hypothèses, mais juste à montrer ce qui existe. Chacun des récits comporte beaucoup de détails et je ne peux pas dire qu'il y ait des résultats globaux. À la base, ce qui avait été écrit sur l'homosexualité en sociologie fonctionnait avec des régimes identitaires, c'est-à-dire des phases par lesquelles les homosexuels étaient censés passer dans leur découverte. Ce que je trouvais assez violent en fait parce qu'on est des êtres humains, pas des chiffres mathématiques. Qui plus est, grandir dans un environnement hostile peut retarder les phases que le sociologue percevait comme obligatoires. Mon propos est de parler de cet avant et de comment les gens font pour survivre à travers l'oppression du système.

Qu'est-ce que ces témoignages disent de la perception de l'homosexualité dans les villages ?

Malgré le conditionnement communautaire qui peut être un peu dur par rapport à l'homosexualité dans les villages, ma thèse parle en vérité plus d'éducation masculine et de masculinité. Dans les campagnes, la perception de ce que doit être un homme est souvent plus radicale. La hiérarchie de l'âge, du sexe, du genre, est exacerbée parce que c'est plus petit, tout simplement. Plus généralement, cela montre que c'est difficile d'être un homme, et ce au-delà de sa préférence sexuelle. Je parle ici de tout ce qui a trait au formatage masculin, par exemple par le sport. Dans mes témoignages, il est souvent question du football, une pratique récurrente dans les villages, qui inclut tout autant qu'elle exclut. Il y en a donc qui vont se détacher complètement du sport et le détester parce qu'il représente un univers trop normatif. Au-delà de l'homosexualité, c'est l'éducation genrée qui est plus radicale dans cet environnement. Il faut toutefois la nuancer aujourd'hui, car cela varie d'une génération à l'autre.

En quoi les milieux ruraux sont-ils différents des villes pour ce qui est de l'approche de l'homosexualité ?

Les études réalisées jusque-là étaient surtout axées sur l'homosexualité en milieu urbain. La ville est le lieu du coming out, de l'affirmation. La thématique de fuite vers la ville est d'ailleurs un sujet très étudié. À l'inverse, le village ne permet pas de s'épanouir identitairement. Tous ceux que j'ai interrogés ont dû attendre d'être en ville pour pouvoir en parler.

L'homosexualité est absente des discours et ne peut être posée qu'à partir du moment où on en parle. On le voit au niveau des jouets, de Disney, dans la publicité, les films : partout, l'hétérosexualité est la norme. Sauf qu'à la campagne, il n'y a en plus pas de visibilité, parce qu'il n'y a pas de centre LGBT, pas de Gay pride, etc. Et moins il y a de visibilité, moins il y a d'ouverture.

« L'Alsacien ne comporte pas de terme neutre, mais seulement des insultes, pour parler de l'homosexualité »

Ce n'est pas pour ça qu'il n'y a pas de couples d'homosexuels à la campagne. La moitié de ceux que j'ai interrogés y vit et s'y est très bien insérée. Ce sont des gens du cru pour la plupart, qui parlent l'alsacien et passent souvent mieux que des personnes issues de l'immigration. Mais il reste des villages où les gens incendient des maisons parce que c'est la maison du "pédé du village", ça existe encore.

Y a-t-il une particularité alsacienne ?

La spécificité de l'Alsace, c'est que c'est un terrain où le dialecte est plus présent qu'ailleurs. L'alsacien apporte une dimension supplémentaire par rapport à l'encaissement de l'identité homosexuelle car il ne comporte pas de terme neutre, mais seulement des insultes, pour parler de l'homosexualité. C'est également vrai pour d'autres langues : l'un de mes interlocuteurs, qui a grandi au sein d'une communauté turque, m'a expliqué qu'on n'employait également pas de mot neutre pour parler de ça durant son enfance. Or, on se fait éduquer par des gestes mais aussi par un discours. Et les personnes que j'ai interrogées ont grandi avec. C'est aussi plus prégnant pour les générations plus anciennes qui, la plupart du temps, n'apprenaient le français qu'en arrivant à l'école.

Les témoignages de personnes issues de différentes générations permettent-ils de rendre compte d'une évolution dans l'acceptation de l'homosexualité par la société ?

Les vécus entre le plus vieux, âgé de 47 ans, et le plus jeune, 20 ans, sont par exemple sensiblement différents. Le premier a grandi à une époque où l'homosexualité était encore une maladie en France. En connaissant ses premiers émois vers 14 ans, il les a cachés. Il s'est menti pendant longtemps, est sorti avec des filles, se mettant en quelque sorte à l'hétérosexualité obligatoire à l'époque du lycée, ne serait-ce que pour ne plus avoir de questions. Puis il a fini par partir à l'étranger pour pouvoir vivre ça de manière apaisée. C'est une tout autre ambiance dans le cas du second, l'homophobie étant désormais un délit. Il s'est d'ailleurs fait coacher sur Internet, sur des forums, où il a rencontré des gens qui l'ont aidé à prendre en charge ces tourments qu'il avait au début de l'adolescence. Et ça lui a permis de vivre son homosexualité, d'avoir des petits amis et d'en parler à sa famille. De tous ceux que j'ai interrogés, c'est celui qui est le plus à l'aise.

Propos recueillis par Eddie RABEYRIN

Mulhouse Pour les animaux du zoo

Publié dans le panorama le Lundi 13 janvier 2020 à 06:46:42

© L'alsace, Lundi le 13 Janvier 2020
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Mulhouse  Pour les animaux du zoo
 

 
Une bonne centaine de sapins ont été récupérés, hier, au zoo. Photo L'Alsace /Hélène POIZAT
Pour la première fois cette année, le Parc zoologique et botanique de Mulhouse invitait les visiteurs à venir déposer leurs sapins de Noël au parc. Objectif : les recycler pour l'enrichissement des animaux, notamment les ongulés et les félins.

Vicks, l'ours polaire, s'amuse à les déchiqueter, les félins jouent avec, les boeufs musqués se frottent dessus avec volupté... Bref, chacun peut s'éclater avec son sapin. Et les animaux auront de quoi faire, puisque l'opération récupération a été un franc succès avec, vers 15 h, une bonne centaine de sapins récupérés dans un petit enclos monté devant l'entrée du parc.

 

 
 

Maisons cambriolées selon le même mode

Publié dans le panorama le Lundi 13 janvier 2020 à 06:41:39

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Maisons cambriolées selon le même mode
 

 
Vague de cambriolages à élucider pour les gendarmes à Illfurth. Archive L'Alsace
À la brigade de gendarmerie d'Altkirch, les premiers appels datent de samedi, 18 h 45, après qu'une alarme s'est déclenchée dans une maison d'habitation de la rue des Mérovingiens à Illfurth : la porte-fenêtre donnant sur un balcon venait d'être fracturée. Le ou les cambrioleurs ont eu le temps de faire main basse sur des bijoux avant de disparaître. À 20 h 42, appel du même ordre : l'alarme d'une maison rue du Berg s'était déclenchée à 20 h, même mode opératoire, même type de lieu, même préjudice.

La soirée n'a pas été de tout repos pour les gendarmes : à 22 h, ils ont été appelés, toujours à Illfurth, rue des Acacias, après que la fenêtre en bois de la cuisine, à l'arrière d'une demeure, a été forcée. Là, pas d'alarme. La maison a eu le temps d'être totalement visitée, les habitants étaient absents depuis le milieu de l'après-midi.

Enfin, à 0 h 15, les habitants d'une maison rue du Katzenberg ont alerté les gendarmes après avoir retrouvé leur maison totalement fouillée par un ou des cambrioleurs. Là encore, la fenêtre de la cuisine donnant sur une cour, à l'arrière de la maison, avait été fracturée.
Rester vigilant à la tombée de la nuit

Dans les deux derniers cas, le préjudice est en cours de chiffrement.

Que faire ? « Rester vigilant, même avec une alarme, et notamment à la tombée de la nuit », rappelle les gendarmes.
K.F.

Braquage et violente agression au tabac-presse

Publié dans le panorama le Lundi 13 janvier 2020 à 06:36:50

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Braquage et violente agression au tabac-presse
 

 
Un précédent vol à main armée avait eu lieu sur place fin décembre. Photo L'Alsace/Thierry Gachon
Jeudi soir, vers 18 h 05, un braquage s'est déroulé au tabac presse Le Royal d'Issenheim. Un homme cagoulé est entré dans la boutique et a immédiatement menacé le propriétaire des lieux avec une arme.

Ce dernier a tenté de se défendre à l'aide d'une bombe lacrymogène. Le braqueur, qui s'est protégé avec un sac, a alors fait le tour du comptoir et a agressé très violemment le propriétaire, le frappant avec la crosse de son arme et lui marchant dessus. La victime, qui a été vue par un médecin légiste, souffre de multiples fractures à la face ; ses blessures entraînent 45 jours d'ITT.

L'agression a duré quelques minutes, le braqueur réussissant malgré tout à ouvrir la caisse, à subtiliser un peu d'argent et quelques paquets de tabac avant de prendre la fuite. Ce sont des clients qui ont trouvé le propriétaire du tabac. Ils lui ont prodigué les premiers soins avant d'appeler les pompiers et les gendarmes.

Un précédent vol à main armée avait été commis dans ce tabac-presse fin décembre, à l'ouverture à six heures du matin, pour laquelle le braqueur a été interpellé (notre édition du 3 janvier). C'est la vendeuse qui avait été menacée. Il y deux ans, quasiment jour pour jour, le propriétaire du tabac avait déjà été agressé dans sa voiture, juste après la fermeture de son commerce.
É.G.