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« Le climat va devenir de plus en plus instable »

Publié dans le panorama le Dimanche 12 janvier 2020 à 08:26:32

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« Le climat va devenir de plus en plus instable »
 

 
D'après les dernières cartes réalisées par une équipe de chercheurs des universités du Rhin supérieur (Bâle, Fribourg, Mulhouse, Strasbourg...) et les services météorologiques suisses, allemands et français, les précipitations hivernales en Alsace vont augmenter de 7 à 9 % en plaine et de 17 à 20 % en montagne d'ici à la deuxième moitié du siècle. « Parallèlement, le climat va aussi devenir de plus en plus instable, ajoute Brice Martin. C'est-à-dire que des périodes froides vont succéder à des périodes chaudes de façon de plus en plus brutale. Les précipitations se feront donc sur des sols complètement saturés ou complètement secs et vont directement ruisseler. » Si bien qu'en un siècle, le risque inondation a « aussi changé de nature ». Aujourd'hui, il vient moins du débordement des cours d'eau que du ruissellement.

 

 
 

 

Climat : De nouvelles menaces pèsent sur la région

Publié dans le panorama le Dimanche 12 janvier 2020 à 08:30:58

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De nouvelles menaces pèsent sur la région
 

 
C'est notamment parce que la prise en compte du risque d'inondation est « très imparfaite » dans les vallées vosgiennes que le risque reste important aujourd'hui. Archives L'Alsace/Vincent VOEGTLIN
Barrage de Kruth-Wildenstein sur la Thur, ouvrages de rétention de Brunstatt-Didenheim sur l'Ill et du Birkenwald sur la Bruche, digue de protection de Sélestat sur le Giessen, canal de dérivation de la Fecht à Illhaeusern... En Alsace, la liste des aménagements édifiés ou rectifiés par l'État, au travers des conseils généraux puis départementaux, depuis les inondations historiques des 23 et 24 décembre 1919 et du 12 janvier 1920 est « longue », indique Brice Martin, maître de conférences en géographie à l'université de Haute-Alsace.

Depuis un siècle, ces aménagements ont rendu les crues faibles et moyennes « inoffensives ». Il n'en reste pas moins que 80 % des communes alsaciennes sont concernées par les risques d'inondations (crue de rivières, remontées de nappe, coulées d'eau boueuses). Les départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin figurent parmi les vingt départements français les plus exposés, et le Haut-Rhin est le plus exposé des dix départements du Grand Est. Brice Martin précise par ailleurs que « dans l'ensemble des vallées vosgiennes, vallées de la Bruche et de la Moder comprises, le risque d'inondations majeures n'a pas diminué » depuis les événements de décembre 1919 et janvier 1920. Pourquoi ? La raison la plus évidente est que, parallèlement aux travaux de protection entrepris, l'urbanisation n'a cessé de grignoter sur des zones naturelles d'expansion des crues. « Partout, dans la vallée de la Doller, celle de la Thur, de Guebwiller, de Munster, etc., des prés ont été ouverts à la construction, des zones commerciales et artisanales y ont été aménagées », explique le chercheur.
Les barrages n'ont pas seulement un rôle de protection

Et puis, alors que dans les esprits les barrages servent d'abord à protéger des inondations, ce n'est pas toujours cette raison qui a motivé leur construction. C'est notamment le cas du barrage de Kruth-Wildenstein, dans la vallée de la Thur. Sur son site internet, le conseil départemental, propriétaire de l'ouvrage, construit de 1962 à 1964, indique qu'il a été édifié « pour soutenir les étiages de la Thur encore fortement industrialisée » dans les années 1960. Si le conseil départemental précise qu'« il a aussi une fonction de rétention des crues en hiver », et qu'il a été « fort utile lors des événements des 4 et 5 janvier 2018, permettant de réduire de 24 m³/s le débit de pointe de la crue de la Thur (25 %) »,

Brice Martin nuance cette fonction. « Le barrage a été construit pour soutenir le débit de la Thur en été. Le but est donc d'arriver à le remplir le plus rapidement possible pour qu'il soit au maximum à la fin de la saison hivernale. Ainsi, lors des dernières inondations majeures dans la région, comme en février 1990, il était quasi plein et n'a eu qu'un rôle limité. » Il précise par ailleurs qu'étant « placé en amont du bassin versant [à proximité de là où la Thur prend sa source, NDLR], l'ouvrage n'intercepte qu'une faible partie des eaux de ruissellement ».
Le risque n'est pas pris en compte dans sa globalité

Dans les vallées vosgiennes, la prise en compte du risque inondations est « très imparfaite ». Selon Brice Martin, « dans le Bas-Rhin, les plans de prévention des risques d'inondation (PPRi) sont récents et actualisés. Les études sont plus précises et crédibles du point de vue de la méthodologie et le risque est pris en compte de manière globale. Ce n'est pas le cas dans le Haut-Rhin. Les PPRi y sont plus anciens, la modélisation des crues de référence est à réviser, les affluents ne sont pas pris en compte et la cartographie manque de lisibilité. » Exemple concret dans la vallée de la Thur où le PPRi « minimise le risque inondations » car il « ne prend en compte que les débordements de la Thur. Tous les petits cours d'eau qui traversent les communes de la vallée et se jettent dans la Thur n'y sont pas intégrés », affirme le géographe. Il rappelle qu'« en décembre 1919 et janvier 1920, ce n'est pas seulement la Thur qui a débordé, mais l'ensemble des cours d'eau du secteur, comme le Steinbyruntz à Thann, qui a également débordé en 1947, 1983, 1990, 2001... ».

Idem dans la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines. Il n'y a pas encore de PPRi pour la Lièpvrette alors que le secteur a été l'un des plus touchés il y a un siècle. « Seize maisons ont été emportées à Sainte-Croix-aux-Mines », précise Brice Martin. On dispose d'un PPRi récent pour le Giessen dans lequel se jette la Lièpvrette, mais le Giessen est dans le Bas-Rhin, pas la Lièpvrette. La logique aurait voulu que tout le bassin du Giessen soit traité simultanément.
« Culture du risque »

Enfin, il y a dans les vallées vosgiennes - comme ailleurs dans la région - un déficit en matière de « culture du risque ». La population manque d'informations et de connaissances pour savoir quoi faire avant, pendant et après un phénomène majeur.

« En comparaison à d'autres régions, l'Alsace a vingt ans de retard en la matière », assure Brice Martin. Les raisons qui expliquent ce déficit sont multiples. Il y a d'abord la relative rareté des événements. « En Alsace, il ne s'est rien produit d'important à l'échelle régionale depuis 30 ans alors que dans le sud de la France, il y a tous les ans des alertes orange ou rouges pour des risques d'inondations. Cela contribue à développer sinon une culture, au moins une conscience du risque », note Brice Martin, qui précise que « dans la plupart des grandes villes, comme Montpellier, Nîmes, etc., les écoles et des structures associatives se sont emparées de la problématique et emmènent les jeunes sur le terrain pour leur montrer des repères de crues, leur expliquer comment vit une rivière, comment on s'en protège, etc. On réapprend à vivre avec la rivière. »

Le contexte historique particulier de la région explique également le retard en matière de culture du risque, selon le chercheur. « Le département du Haut-Rhin, très organisé en termes de gouvernance, a mené une politique technique volontariste, dans la lignée de l'approche "ingénieuriale" du XIXe siècle. On a fortement investi dans des aménagements et les infrastructures de protection. C'est très bien et plutôt efficace dans la mesure où ces travaux ont permis de faire disparaître les dommages causés par des crues faibles ou moyennes, mais cela ne veut pas dire que le risque a complètement disparu. Et à ce sujet, le message n'est pas clair, voire inexistant et paradoxal dans le contexte du changement climatique qui aggrave le risque de crue majeure... Il est urgent d'informer, d'éduquer et, surtout, de responsabiliser. »
Cécile FELLMANN LIRE Aussi en page 40

 

 
 

 

Assainissement : une miseaux normes désormais urgent

Publié dans le panorama le Dimanche 12 janvier 2020 à 08:21:43

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Assainissement : une mise aux normes désormais urgent

 
La station d'épuration de Horbourg-Wihr sera détruite avant la construction d'un nouvel ouvrage, opérationnel. Photos L'Alsace /Hervé KIELWASSER
« C'est un dossier historique », pose en préambule le maire de Horbourg-Wihr, Philippe Rogala. Un dossier complexe, techniquement parlant. Un dossier également financier, politique et environnemental. Colmar Agglomération, compétente en matière d'assainissement, y a consacré de nombreuses réunions.
«Dès 2008 -nous étions alors dans l'opposition- nous avons abordé ce dossier»

« Dès 2008 -nous étions alors dans l'opposition- nous avons abordé ce dossier, alerté la municipalité de l'époque sur le retard pris. Mais encore fallait-il trouver les moyens financiers pour engager des travaux ! », se souvient l'élu. Lorsque Philippe Rogala a remporté les élections en 2014, il a mis un point d'honneur, avec son équipe, à entamer une politique de rénovation des réseaux dès qu'une rue nécessitait un réaménagement en surface. « Il était hors de question de poser, comme par le passé, des rustines. Il fallait être beaucoup plus rationnel. On a commencé par les voiries les plus vétustes ». Les rues d'Anjou, de Bourgogne, de Provence, la rue du Château ou encore la place du Lustgarten ont ainsi été rénovées en profondeur.
Le «gros morceau», la station d'épuration

La mairie de Horbourg-Wihr a mis à disposition de Colmar Agglomération, fin 2019, le terrain de l'ancienne station d'épuration. Photo L'Alsace /Hervé KIELWASSER

La station d'épuration, totalement obsolète a été transformée en station de pompage afin de renvoyer les eaux vers la station d'épuration de Colmar. Photo L'Alsace /Hervé KIELWASSER

L'Agence de l'eau a fait pression pour que l'intercommunalité puisse rapidement « passer à l'acte » et rénover le site. Photo L'Alsace /Hervé KIELWASSER

La première phase des travaux consistera à réaménager la station de Horbourg-Wihr. Photo L'Alsace /Hervé KIELWASSER

Mais il reste toujours le « gros morceau », à savoir la station d'épuration située dans le quartier Wihr. Le constat réalisé depuis plusieurs années par l'Agence de l'eau, relayé par les récents rapports de Colmar Agglomération, est plutôt dramatique. En raison de la profondeur du réseau d'assainissement et de la hauteur de la nappe phréatique, la commune subit depuis longtemps des infiltrations d'eau claire parasite. « Au fil de l'extension de la commune, ces infiltrations ont augmenté jusqu'à un taux maximum de 2 500 % sur les zones les plus défavorables », relève le dernier rapport de Colmar Agglo. « Ces volumes saturent le réseau et génèrent de nombreux déversements de mélange eaux claires/eaux usées vers le milieu naturel ». L'agence parle de 1 695 000 m³ en 2016, soit 58 % de l'ensemble des déversements au niveau de l'intercommunalité !

La station d'épuration étant inopérante, il a fallu trouver une solution technique afin de remédier à ce problème. « Le bureau d'études Berest s'est penché sur le sujet et nous sommes désormais en phase de test ». Pressé par l'Agence de l'eau d'avancer rapidement sur ce dossier, Colmar Agglo a proposé un lourd programme de travaux qui doit courir sur une décennie et dont le coût global est évalué à quelque 9 millions d'euros HT. Quatre phases sont prévues, la première, en cours, concerne les études puis le réaménagement de la station d'épuration de Horbourg-Wihr.
Un mal pour un bien

« Oui, c'est un chantier d'ampleur », reconnaît Philippe Rogala. Il a d'ailleurs prévenu ses concitoyens, lors de deux réunions publiques, qu'il y aurait des travaux de façon continue durant plusieurs années. Un mal pour un bien, juge celui qui rappelle l'urgence de ce projet. « On ne pouvait plus attendre. C'était devenu incontournable et il fallait se lancer pour pouvoir obtenir une première subvention de l'Agence de l'eau » que le maire évalue à un million d'euros.
Nicolas ROQUEJEOFFRE PLUS WEB Voir notre diaporama sur www.lalsace.fr Il était hors de question de poser, comme par le passé, des rustines Philippe Rogala, maire de Horbourg-Wihr

 

 
 

 

Le Loisium sort de terre

Publié dans le panorama le Dimanche 12 janvier 2020 à 08:19:22

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Le Loisium sort de terre

 
Les travaux ont démarré sur le site du Loisium de Voegtlinshoffen. Photo L'Alsace /Vanessa MEYER
Plus d'une décennie après l'annonce officielle, le complexe hôtelier du Loisium vient d'entrer dans une phase concrète à Voegtlinshoffen, avec les premiers travaux de terrassement qui ont débuté en toute discrétion ces derniers jours. Le projet de quatre-étoiles au milieu des vignes, estimé à 25 millions d'euros et porté par les investisseurs autrichiens Nidetzky/Kraus-Winckler, a été retardé par un invraisemblable bras de fer juridique avec une association locale, Nartecs (Nature aménagement réfléchi territoire environnement culture sauvegardés).
Un bâtiment ultra-design dessiné par Steven Holl

Sur un terrain de 15 000m2, le Loisium abritera 100 chambres, avec spa, balnéo, restaurant, vinothèque, salles de conférences... Son ouverture verra la création d'une cinquantaine d'emplois. Situé à portée de vue de l'abbaye de Marbach en lisière de forêt, le Loisium dévoilera un bâtiment ultra-design. Il porte une signature illustre : l'architecte américain Steven Holl, une référence internationale qui a notamment dessiné les plans du musée d'art contemporain d'Helsinki ou ceux du controversé bâtiment Simmons Hall au MIT à Cambridge dans le Massachusetts.

La première pierre doit être posée ces prochaines semaines alors que ce projet d'hôtel haut de gamme, orienté autour des vins locaux, avait été porté à la connaissance du public en mai 2008. L'ouverture était espérée en 2010, au plus tard en 2011.

 

 
 

 

Manifestation contre la réforme des retraites à Strasbourg et Mulhouse Le front des opposants au projet résiste

Publié dans le panorama le Dimanche 12 janvier 2020 à 07:35:36

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Social  Manifestation contre la réforme des retraites à Strasbourg et Mulhouse
Le front des opposants au projet résiste
L'intersyndicale a déjà appelé à une nouvelle action mardi 14 janvier. Et le retrait provisoire de l'âge pivot, tombé un peu plus tôt dans l'après-midi, ne change rien. Les 1 300 personnes qui ont défilé ce samedi à Strasbourg et les 500 manifestants de Mulhouse, veulent l'abandon pur et simple du projet de réforme.

 
Pas de drapeaux de la CFDT et d'UNSA dans le cortège strasbourgeois.
Le front syndical anti-réforme CGT, FO, Solidaires, FSU ne désarme pas après la concession gouvernementale sur l'âge d'équilibre. La manifestation interprofessionnelle d'hier a réuni environ 1 300 manifestants : pas mal pour un samedi en période de soldes, et après la forte mobilisation de jeudi, estiment les organisateurs.
« On ne lâchera pas »

Cheminots, territoriaux, enseignants, professions libérales, aides maternelles, gilets jaunes : ils sont tous remontés contre le futur système de retraites. « Le gouvernement veut faire passer nos cotisations de 14 à 28 %. Cela représente une augmentation de 4 000 euros par an. Avec ça, je ferme mon cabinet », soupire Véronique, une infirmière libérale, venue manifester avec des collègues du collectif SOS retraite. « 38e jour de grève. Un record, et on ne lâchera pas », lance un cheminot, lors des prises de paroles place de la Gare. Jacky Wagner, secrétaire général de la CGT du Bas-Rhin, supervise, satisfait, le cortège qui s'étire rue du 22-Novembre : « Malgré tout ce qu'on entend, le mouvement de protestation ne faiblit pas. Cela veut dire que les gens ne veulent pas de ce projet ». Le responsable syndical s'agace de voir que « ce matin (samedi) à 9 h, la Confédération n'avait pas encore reçu les propositions du premier ministre ».

Les drapeaux orange de la CFDT (qui avait préféré la pétition à la manif en Alsace), comme les calicots bleus de l'UNSA, sont absents du cortège. Les syndicats réformistes sont suspendus aux annonces du premier ministre qui doivent intervenir. Cela vaut à la CFDT une volée de bois vert de la part du porte-parole de FO qui ironise sur « la pièce de théâtre » jouée par Laurent Berger et Edouard Philippe.
Un nouveau rendez-vous mardi

Le secteur privé est très discret dans le cortège. Les plus visibles sont les salariés de Punchpowerglide, amassés derrière leur banderole. « Les gens du privé sont tous concernés par la réforme. Mais s'ils sont peu présents, c'est parce que dans les grosses boîtes, ils sont tous virés avant 60 ans avec les plans de départ », raille un militant.

Avec la présence des partis de gauche (PCF, LFI, NPA) la politique et les municipales s'immiscent dans la mobilisation. Mathieu Cahn et Pernelle Richardot du PS défilent au côté des manifestants. Des manifestants qui « remettent une couche » sur la vitrine du local du candidat LREM Alain Fontanel, quai des Bateliers, déjà couverte d'autocollants lors de la mobilisation de jeudi. Un homme sera d'ailleurs interpellé par les policiers à la fin de la manifestation. Il est soupçonné d'avoir dégradé ce local, sur lequel des projectiles ont été lancés et des stickers collés. L'homme a été placé en garde à vue.

Les opposants au projet de réforme des retraites ne désarment pas. L'intersyndicale a appelé à une nouvelle mobilisation mardi 14 janvier à 14 h, Place Kléber. Et pour les enseignants, un rassemblement devant le rectorat est prévu à 11 h.
À Mulhouse, plus de 500 dans le cortège

Alors que jeudi tout le monde était déjà dans la rue à Mulhouse (entre 2500 et 3000 manifestants), ce samedi, l'appel a été largement suivi et a même démenti les prévisions des organisateurs et des forces de l'ordre puisqu'au final ils étaient plus de 500 à battre le pavé dont un peu moins d'une centaine de gilets jaunes. Comme l'a d'ailleurs dit Colette, retraitée CGT présente dans le cortège, « nous n'attendons rien de la lettre de propositions d'Édouard Philippe qui doit être dévoilée ce samedi. Le projet de réforme on n'en veut pas... »

À noter que le cortège s'est arrêté un long moment devant le tribunal de grande instance de Mulhouse pour applaudir longuement les avocats présents dans le mouvement. Ces derniers seront d'ailleurs présents lundi matin (11 heures) pour manifester sur les marches du palais de justice...
I.N. ( A.C. pour Mulhouse)

 

 
 

 

L'« aile gauche » de Lara Million

Publié dans le panorama le Dimanche 12 janvier 2020 à 07:42:52

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politique Élections municipales
L'« aile gauche » de Lara Million
Soucieuse de bâtir une liste transpartisane, la candidate soutenue par La République en marche et Agir-La Droite constructive s'est aussi assurée du soutien de la section socialiste de Mulhouse, ainsi que de figures de gauche non encartées, tel le syndicaliste Jacques Rimeize, président de la Caf du Haut-Rhin.
 

 
Jacques Rimeize, Cléo Schweitzer et Alexandre Da Silva, ce samedi matin dans le local de campagne de Lara Million.
La dernière fois qu'on est passé au 5, rue des Bons-Enfants à Mulhouse, début décembre, le local de campagne de Lara Million était plein à craquer. Forcément : c'était soir d'inauguration officielle. Les lieux sont plus calmes ce samedi matin. Autour de la table, trois hôtes seulement, le temps d'une conférence de presse, disons... « thématique » : il s'agit d'illustrer la présence d'un « vrai pôle écologiste et de gauche » au sein de la future liste municipale de Lara Million, déjà soutenue pour l'heure par La République en marche, Agir-La Droite constructive et le Parti animaliste.

Sont donc présents Cléo Schweitzer (ex-première secrétaire fédérale du PS 68, élue municipale, communautaire et régionale, infirmière de profession), l'architecte Alexandre Da Silva (un temps membre du PS) et le syndicaliste Jacques Rimeize (secrétaire départemental de Force ouvrière et président de la Caisse d'allocations familiales du Haut-Rhin). Retenus par d'autres obligations, Carole Ecoffet, chercheuse au CNRS, au sein de l'Institut de science des matériaux de Mulhouse (IS2M) et Éric Alario (secrétaire de la section mulhousienne du PS) manquent en revanche à l'appel, mais ils sont solidaires de la démarche.
« Les socialistes mulhousiens soutiennentLara Million »

Cléo Schweitzer entre tout de suite dans le vif du sujet : « Les socialistes mulhousiens soutiennent Lara Million. Personnellement, je suis très heureuse d'être ici. Ce que nous construisons ensemble, c'est une véritable liste d'entente transpartisane, telle que j'espérais depuis longtemps qu'il puisse s'en monter une à Mulhouse. Nous partageons un réel souci de représenter diverses sensibilités. Et puis avec Lara, la co-construction, ce n'est pas juste un discours, ce sont des faits. »

« J'ai été approché par d'autres listes avant de me décider, confie pour sa part Alexandre Da Silva, mais il n'y a que chez Lara que j'ai perçu une réelle volonté de co-construire un projet pour Mulhouse, avec les bonnes personnes, compétentes, par-delà les clivages politiques. Les membres de la liste partagent une vraie qualité d'écoute, de respect de l'autre. On n'est pas toujours d'accord au début, mais on se parle, on élabore un projet commun, et on arrive finalement à une synthèse. Chez Loïc Minery [N.D.L.R. : tête de liste soutenu entre autres par EELV, le PCF et La France insoumise], au contraire, quand on veut discuter du programme, on vous répond que c'est secret ! »
« Ressouder le lienavec M2A »

« C'est ce côté pratico-pratique au service des Mulhousiens qui m'a amené à franchir le pas, opine enfin Jacques Rimeize, dont c'est la toute première participation à une élection municipale. Cela aurait pu être difficile, vu la diversité de notre équipe - chacun a ses spécificités, sa sensibilité... -, mais chacun s'avère capable de travailler avec l'autre. Quant à Lara, je la connais depuis trente ans, depuis qu'elle a commencé à travailler dans la même administration que moi... Je sais bien du coup comment elle travaille, en transversalité, toujours. Et puis il y a un autre facteur qui m'a décidé : il s'agit de ressouder le lien entre la ville centre et Mulhouse Alsace agglomération (M2A). Quand on sait l'ampleur des compétences en jeu - périscolaires, logement social, urbanisme... -, c'est vraiment essentiel. Or je crois modestement avoir quelques compétences dans ces domaines, pour faire en sorte que ça se passe mieux. » C'est dit... Reste à connaître aussi l'« aile droite » et pourquoi pas aussi l'« aile centriste » de la future liste. Si notre petit doigt est bien informé, l'ensemble sera dévoilé fin janvier.
Emmanuel DELAHAYE

 

 
 

 

Ils ont dit

Publié dans le panorama le Dimanche 12 janvier 2020 à 07:30:44

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Ils ont dit

Frédéric Bierry, président du Département du Bas-Rhin. « Pour faire repasser certaines routes à 90 km/h, ça a été une lutte pour faire évoluer les choses. Six axes sont concernés dans le Bas-Rhin, pour environ 50 km. Ces routes express, dont la RD1420, repasseront à 90. Je viendrai poser des panneaux, mais avec l'aide de nos services techniques, car, vous connaissez mon habileté pour le bricolage : avec moi, ça risque de se transformer en « vitesse limitée à 0,6 km/h ! ».« Le rond-point de Mutzig sera retravaillé. Je suis conscient des énormes problèmes et des bouchons que cela crée, parfois jusqu'à Mollkirch. On a observé la situation, avec des drones. Et on a décidé d'entamer des travaux, avec une voie qui sera un shunt. J'ai bon espoir que ces aménagements démarreront au cours de l'été, pour résoudre le tout ».

André Reichardt, sénateur du Bas-Rhin. « Je formule pour chacun des voeux de paix et de meilleur vivre ensemble ». « On essaie de faire des heureux, pas des gens plus heureux que d'autres ». « Je formule aussi un voeu collectif : retrouvons notre Alsace au plus vite ! ».

 

 
 

 

colmar Cérémonie en hommage au libérateur Il a rendu à la ville sa fierté et son honneur

Publié dans le panorama le Dimanche 12 janvier 2020 à 07:25:27

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colmar  Cérémonie en hommage au libérateur
Il a rendu à la ville sa fiertéet son honneur
Ce samedi matin, la cérémonie à la mémoire du maréchal Jean de Lattre de Tassigny, ancien commandant en chef de la 1 re armée française, disparu le 11 janvier 1952, s'est déroulée au mémorial du square Szendeffy à Colmar.

Tous les acteurs de cet hommage rendu au maréchal de Lattre de Tassigny.
Cet hommage est organisé chaque année par le Souvenir français de Colmar à la date anniversaire du décès du libérateur de Colmar. Une des missions du SF, en tant que gardien du drapeau de l'amicale de la 5e division blindée, de la mémoire et des traditions de Rhin et Danube. Plusieurs personnalités civiles et militaires étaient présentes, dont le conseiller départemental Yves Hemedinger, l'adjoint Maurice Brugger qui représentait le maire, les adjoints Cécile Siffert et Jean-Paul Sissler.

Dans son allocution, le président du SF Gilbert Dollé a souligné : « Aujourd'hui, nous sommes réunis entourés de treize drapeaux et fanions d'associations d'anciens combattants pour rendre hommage au maréchal de Lattre de Tassigny ; la présence d'élus, de présidents et membres d'associations patriotiques, marque leur attachement au devoir de mémoire ».

Une attribution de distinctions a mis à l'honneur trois membres du conseil du SF, avec la remise par le président Gilbert Dollé de l'insigne de la fonction de porte-drapeaux. Notamment à Joël Claudon pour 30 ans de fidélité et de 10 ans pour Jean-Bernard Péan et Christian Clairotte.

L'épopée de la 1re armée française et de son chef est désormais entrée dans l'histoire. Après le débarquement en Provence le 15 août 1944, l'armée B, baptisée 1re armée française le 25 septembre, était forte de 250 000 hommes provenant d'Afrique du Nord, d'Afrique noire du Liban et des îles. Ses initiatives stratégiques ont permis la prise de Toulon et Marseille en 13 jours.
« Son nom appartient à l'Histoire et sa légende au drapeau »

La remontée victorieuse de la vallée du Rhône et de la Saône en deux semaines avec l'engagement de 135 000 volontaires, patriotes des Forces françaises de l'intérieur, de jeunes Alsaciens réfugiés en Suisse et du groupe mobile d'Alsace, a permis d'arriver dans les Vosges et à Belfort. Pendant deux mois, de difficiles combats ont été menés dans la région des vignobles et des potasses pour libérer des villages en ruines. Le 2 février 1945, jour de son 56e anniversaire, le général, avec l'aide de plusieurs divisions américaines, a libéré la ville de Colmar. Fidèle à sa devise « ne jamais subir », il a rendu à la ville sa fierté et son honneur.

Le président du SF a poursuivi par la lecture de l'ordre du jour n° 1 de l'ancien ministre de la Défense Georges Bidault en date du 13 janvier 1952 : « Un héros est mort, il aura tout donné à la patrie, ses victoires, son fils et sa vie ; il laisse au pays sa gloire et à l'armée son exemple, son nom appartient à l'Histoire et sa légende au drapeau ».

Une gerbe a été déposée par le président du SF, accompagné de l'adjoint Maurice Brugger et de Guy Schlosser ancien de Rhin et Danube. La sonnerie aux morts et l'hymne national ont précédé le salut aux emblèmes par les autorités, clôturant la cérémonie.

 

 
 

 

Biesheim Gérard Hug repart pour un nouveau mandat

Publié dans le panorama le Dimanche 12 janvier 2020 à 07:44:27

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Biesheim  Cérémonie des voeux
Gérard Hug repart pour un nouveau mandat
Jeudi 9 janvier a eu lieu la cérémonie des voeux du maire de Biesheim, Gérard Hug.

 
Lors de ses voeux pour 2020, Gérard Hug a annoncé qu'il se représentait.
De nombreux invités étaient présents, dont les sénateurs Patricia Schillinger et René Danési, des conseillers régionaux et départementaux, le maire de Vieux-Brisach Oliver Rein, la gendarmerie de Neuf Brisach, le conseil municipal de jeunes, des élus de la commune ainsi que des communes avoisinantes et les responsables d'associations.

Gérard Hug a annoncé qu'il se représentait aux élections municipales en mars prochain, avec la quasi-totalité de l'équipe actuelle qui, comme lui, « trouve que 6 ans c'est long et court à la fois ! Nous avons quelques frustrations de n'avoir pas pu concrétiser tous nos projets ; c'est pourquoi je souhaite me mettre à la disposition de tous les Biesheimois pour construire avec eux le « Biesheim de demain », a-t-il déclaré.

Après un film réalisé par la télévision locale TLB retraçant les principaux évènements de 2019 à Biesheim, le maire a évoqué la crise des gilets jaunes, puis a précisé que la Ville de Biesheim a enregistré 20 naissances, 8 mariages, 5 pacs et 22 décès en 2019, et, qu'au 1er janvier 2020, elle compte 2 571 habitants.

Il a également rappelé, que malgré la mobilisation et la contestation des parents d'élèves et de la municipalité, la 4e classe de l'école maternelle a été fermée.

Concernant l'avenir: en août 2020 se poursuivront les festivités du 50e anniversaire du jumelage mais au Mas d'Agenais. Habitats de Haute Alsace a noué un partenariat avec les « Carrés de l'Habitat » qui s'implante au nord de la commune avec 16 logements répartis en quatre bâtiments. Un projet de développement est en cours au sud de la commune sur plus de 7 hectares, un aménagement foncier d'envergure. Le maire n'a pas manqué de remercier le Maquette-Club de Biesheim pour la belle restauration du modèle réduit de l'avion de Saint-Exupéry dans la salle du même nom.

 

 
 

 

Turckheim Cérémonie des voeux du maire

Publié dans le panorama le Dimanche 12 janvier 2020 à 07:41:42

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Turckheim  Cérémonie des voeux du maire
Une page se tourne
Vendredi, le maire Jean-Marie Balduf présentait ses voeux au personnel communal et aux bénévoles de Noël. Son premier adjoint, Benoît Schlussel, a profité de l'occasion pour faire sa déclaration officielle de candidature aux municipales.

 
La cérémonie a donné lieu à une remise de médailles en présence du député Jacques Cattin et du conseiller départemental Lucien Muller. Stéphane Kummerlé, jardinier de la ville, a reçu la médaille d'argent d'honneur régionale, départementale et communale. Camille Anneheim et Anne-Rose Haas, tous deux conseillers municipaux, ont reçu la médaille échelon vermeil. Romain Klee, président de l'association des jardins, s'est vu remettre la médaille associative.
Pour la première fois, les bénévoles de Noël étaient associés à cette cérémonie des voeux au personnel municipal. « Nos animations de Noël, qui mobilisent les services techniques de la ville, plusieurs associations et une trentaine de bénévoles, plaisent beaucoup à nos visiteurs de plus en plus nombreux, cite le maire. Le marché des lutins, imaginé, initié et mis en place par l'association Noël à Turckheim, avec le soutien financier de la ville, connaît un succès grandissant et une belle affluence ».

« Une page se tourne », celle « d'une année de travail et de collaboration entre élus et agents municipaux », mais aussi « la dernière page d'un chapitre de six ans, celui de l'actuel mandat électoral ». Fidèle à son image d'expert-comptable, le maire a glissé quelques chiffres lors de son allocution, « avec plus de 20 millions d'investissement au courant des deux derniers mandats », rappelant au passage les trois plus grands chantiers : l'aménagement de la zone de loisir du Baradé (tennis, espace rive droite,...), la rénovation du centre-ville, de la place de la république jusqu'à la place de la Paix, et le dernier avec l'achat de la friche Schwindenhammer. « Au cours de ces deux mandats, nous avons fait un bon travail d'équipe au service de l'intérêt général, et je tiens vivement à remercier tous ceux qui m'ont accompagné tout au long de ce chemin, qui ne fut pas un chemin de croix, mais un chemin de croissance », terminera le maire.

Avant de passer au moment de convivialité, le premier adjoint, Benoît Schlussel a pris la parole pour souligner les 49 années au service de la ville de Jean-Marie Balduf avec, depuis 1971, à l'âge de 26 ans, trois mandats de conseiller municipal suivis de trois mandats d'adjoint au maire puis deux mandats de maire. « Si votre engagement va se terminer, il faut que d'autres prennent la suite pour faire prospérer notre chère ville de Turckheim, continue le premier adjoint. Je fais partie de ces générations qui sont nées à Turckheim, qui n'ont jamais quitté leur ville. Vous savez combien mes engagements au sein des associations et dans le monde viticole, ont été et sont toujours très importants. Vous connaissez mon parcours au sein de la mairie, d'abord comme employé puis comme élu où j'ai côtoyé et collaboré avec quatre maires. Fort de toutes ces expériences et de ce vécu, je vous annonce donc que je suis décidé et surtout prêt à prendre le relais. Nous aurons à coeur de poursuivre la mutation de Turckheim et c'est avec une équipe fortement renouvelée que nous solliciterons vos suffrages ».

Les municipales sont sur les rails.
Nadia PUSSET.

 

 
 

 

Bretten : Plus d'un siècle de présence au conseil municipal

Publié dans le panorama le Dimanche 12 janvier 2020 à 07:57:17

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Plus d'un siècle de présence au conseil municipal

Paul Cordonnier, 90 ans et 61 années au conseil municipal de Bretten, a été décoré de la médaille régionale, départementale et communale, échelon vermeil, remise par Rémy With, 1er vice-président du conseil départemental. Photo L'Alsace /Mireille COMPARON
« Nous vous remercions tous pour vos actions, votre dévouement, votre disponibilité, vos conseils avisés, votre gentillesse, votre savoir-faire et savoir-être. Que cette générosité et ces savoirs restent encore de longues années avec nous ! »

Pascal Pflanzer, maire de Bretten, les membres du conseil ainsi que Rémy With, 1er vice-président du conseil départemental, ont tenu dernièrement à honorer Robert Rumelhard, 70 ans, conseiller municipal depuis mars 1977, et Paul Cordonnier, 90 ans, ancien conseiller municipal de 1953 à 2013. Pascal Pflanzer a dressé le portrait des mis à l'honneur, ne tarissant pas d'éloges à leur égard.
« Robert connaît le ban communal aussi bien que sa chambre à coucher »

« Robert, c'est quarante-trois ans de présence continue au sein du conseil municipal. C'est la preuve de son implication pour la commune et de l'importance qu'il lui porte. » Outre son rôle actif de conseiller, n'hésitant pas à retrousser ses manches dans les travaux d'entretien de la commune et à l'écoute des habitants, Robert siège également à l'association foncière pour la gestion des chemins ruraux. « Il connaît le ban communal aussi bien que sa chambre à coucher, nos spécimens plus que centenaires, apportant ses connaissances et son orientation afin de préserver la forêt pour les générations futures. »
« Paul est précurseurde la défensede notre paysage »

Quant à Paul Cordonnier, il totalise soixante et une années de présence au service de sa commune, soit dix mandats, commençant son rôle à 23 ans ! Il a été membre des commissions des travaux, d'appel d'offres, des impôts directs, de la révision des listes électorales, du Syndicat mixte pour l'aménagement et la renaturation du bassin-versant de la Largue (Smarl) et du Syndicat intercommunal pour la gestion forestière de la région d'Altkirch (Sigfra). « Il voue une passion aux arbres de la forêt qu'il connaît par coeur. Il est un précurseur de la défense de notre paysage, bien avant le fameux Grenelle de l'environnement. Le cadre de vie et le bien-être des habitants ont toujours été sa priorité. Toujours présent pour effectuer des travaux communaux, toujours disponible et combattant jusqu'au dernier moment, Paul est un modèle pour la jeunesse ! ».

Après les félicitations toutes particulières de Rémy With aux deux récipiendaires, un sympathique verre de l'amitié a clos la cérémonie.
Mireille COMPARON

 

 
 

 

Wolfgantzen Cérémonie des voeux Une dernière pour le maire

Publié dans le panorama le Dimanche 12 janvier 2020 à 07:21:21

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Wolfgantzen  Cérémonie des voeux
Une dernière pour le maire
La cérémonie des voeux avait un goût particulier pour François Koeberlé. C'était en effet la dernière qu'il présidait en tant que maire de la commune.
 

 
Au centre, le maire et son épouse Patricia après la remise de la médaille de l'Assemblée nationale.
Le premier magistrat accueillait vendredi soir dans la salle polyvalente les autorités civiles et militaires du canton, les élus des communes voisines, les représentants des associations locales, les nouveaux habitants du village ainsi que les plus anciens.

Après une première partie dédiée à son sentiment sur l'état du pays après la crise des gilets jaunes et les grèves actuelles, le découpage des nouvelles régions, le futur rôle de la communauté de communes du Pays Rhin-Brisach, il a retracé les événements marquants de la vie du village parmi lesquels : l'aménagement de deux nouveaux lotissements, la rénovation des écoles primaires et de la salle polyvalente, l'implantation de 30 logements publics au centre bourg, l'ouverture prochaine d'un cabinet de kinésithérapeutes.

Ce bilan concernait aussi les douze dernières années car comme il l'avait laissé entendre, après un mandat de conseiller et deux mandats en tant que maire, il ne se représentera pas pour un nouveau mandat.
Hommage à une équipe soudée

C'était l'occasion pour lui de remercier les membres du conseil, les employés communaux qui ont oeuvré à ses côtés : « Tout ce travail n'aurait pu être fourni sans une équipe soudée. Je crois pouvoir dire que j'ai eu la chance de travailler durant mes deux mandats avec des conseillers qui n'avaient qu'une volonté, toujours oeuvrer de manière constructive pour la collectivité. »

Il a ensuite annoncé que son premier adjoint Jean Louis Herbaut pourrait poursuivre le travail commencé car il conduira une liste aux prochaines élections.

Il a salué également la mémoire des conseillers disparus pendant leur mandat, Mireille Kienlé et Pascal Hoffert ainsi que celle de l'adjoint honoraire Gilbert Dahinden et de Léon Loechleiter, disparu il y a quelques jours.

Avant la partie conviviale de la soirée, le député Eric Straumann lui a remis la médaille de l'Assemblée nationale.

 

 
 

 

Saint-Louis Voeux du maire « Nous avons franchi un nouveau palier »

Publié dans le panorama le Dimanche 12 janvier 2020 à 07:40:17

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Saint-Louis  Voeux du maire
« Nous avons franchi un nouveau palier »
Le maire de Saint-Louis, Jean-Marie Zoellé, a présenté ses voeux, vendredi, lors d'une réception du Nouvel an organisée au Forum. Sans trop évoquer les projets à venir - devoir de réserve oblige en cette année électorale - il a fait le bilan des actions réalisées et mis en avant l'attractivité de la ville.

 
Pour Jean-Marie Zoellé, « Saint-Louis offre les services d'une grande ville : offre commerciale, de service, de santé, culturelle, accessibilité au coeur de l'agglomération trinationale de Bâle... »
Une cinquantaine de spots, cinq écrans géants, quatre caméras, des travellings, des gros plans, des vidéos, de la musique. La Ville de Saint-Louis avait mis le paquet pour les voeux de son maire, Jean-Marie Zoellé, seul candidat déclaré à sa propre succession pour l'instant dans la Cité des Lys. Devant 1200 personnes, ce show à l'américaine a démarré en musique, avec la prestation de l'Orchestre d'accordéons de Saint-Louis, dirigé par Robert Colombo. Les musiciens ont offert un medley aux spectateurs avant que le maire prenne la parole. Devoir de réserve oblige en cette année électorale, Jean-Marie Zoellé ne s'est pas attardé sur le programme de la liste qu'il conduit lors des municipales de mars prochain, mais a plutôt fait le bilan des actions menées durant l'année écoulée, « une année 2019 durant laquelle nous avons franchi un nouveau palier », estime l'élu.
Dynamisme économique

Le maire de Saint-Louis a axé son discours autour de quatre grands thèmes : « Ma ville se développe et grandit », « Ma ville verte et en mouvement », « Ma ville agréable à vivre » et « Ma ville se souvient et construit son futur ». Chaque thématique était illustrée par un clip vidéo, avec les témoignages de quatre personnes qui vivent, travaillent ou étudient à Saint-Louis : deux étudiantes en école de commerce et deux chefs d'entreprise.

Premier grand chapitre, et pas des moindres, l'habitat et le développement de la ville. Le maire a rappelé les nombreux chantiers en cours, au centre-ville surtout, et qui devraient, à terme, augmenter significativement le nombre d'habitants à Saint-Louis. La ville pourrait en effet passer de 22 000 à 25 000 habitants grâce aux 1200 logements programmés. Sachant qu'en plus « de nouvelles perspectives » seront offertes à la municipalité d'ici peu avec le déménagement de Sterling à Hésingue, le long de la RD105, qui laissera vacant deux sites importants d'une surface totale de six hectares en coeur de ville. Multiparc du château d'eau, EuroEastpark, futur pôle des services publics, nouvelles zone commerciale et zone sportive et de loisirs contribuent également à renforcer l'attractivité de la commune.
100 nouvelles caméras d'ici 2021

Le volet environnemental a ensuite été abordé, le maire revenant sur l'aboutissement récent du projet « 2020 arbres pour 2020 », l'obtention du label Cap Cit'érgie, le développement des trames vertes, le reboisement, les rénovations BBC dans plusieurs bâtiments comme le conservatoire ou l'école Sarrasin, le passage en LED de l'éclairage public ou encore l'installation de panneaux photovoltaïques. Au chapitre mobilité, Jean-Marie Zoellé s'est réjoui du maillage cyclable actuel et du renforcement à venir du réseau de pistes cyclables. Il a également annoncé que des négociations étaient en cours pour la création de bornes de location de vélos au niveau transfrontalier.

Du côté des services, deux projets de crèches privées devraient voir le jour prochainement, rue Henner et rue Pasteur. Et le projet de construction d'un pôle de santé de 2000 m² situé à l'arrière de la polyclinique des Trois frontières est sur les rails. Autre annonce : le déploiement de 100 caméras supplémentaires pour renforcer le dispositif de vidéoprotection. Jean-Marie Zoellé a également souligné le dynamisme associatif, culturel et sportif dont fait preuve la ville.
Le robot de l'ISL sur scène

Le dernier volet de son discours concernait le passé et l'avenir. Le devoir de mémoire, tout d'abord, avec les différentes commémorations de l'année écoulée (80e anniversaire de l'évacuation, 75e anniversaire de la Libération...). Et le futur et l'innovation, avec la mise en valeur de l'ISL (Institut de recherches franco-allemand de Saint-Louis). Avec, en guest-star, le robot Stamina Patrol, qui est apparu sur scène, ce même robot qui avait défilé sur les Champs-Élysées le 14 juillet dernier, devant Emmanuel Macron et Angela Merkel notamment.

Le robot de l'ISL, invité de marque pour ces voeux. Photo L'Alsace / Christian Munch

Avant les traditionnels remerciements, Jean-Marie Zoellé a passé en revue les différents partenaires institutionnels, se montrant bien plus élogieux pour Saint-Louis agglomération, l'ETB et l'agglomération trinationale de Bâle ainsi que le conseil départemental que pour la Région Grand Est (« Nous attendons avec impatience, en tout cas en ce qui me concerne, la future collectivité européenne d'Alsace »), et surtout l'État (« Cette année, je m'abstiens de commenter le gouvernement, je ne tiens pas à gâcher notre soirée »). Avant de ponctuer son discours par un « Salü Binànder » dont il a le secret.
Sébastien SPITALERI

 

 
 

 

Bartenheim La mobilisation citoyenne, première victoire

Publié dans le panorama le Dimanche 12 janvier 2020 à 07:38:34

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Bartenheim Maison de santé pluridisciplinaire
La mobilisation citoyenne, première victoire
La réunion publique proposée par le collectif « Unis pour la MSP de Bartenheim » a rempli le foyer Saint-Georges. Un signe de soutien fort de la population pour que vive la Maison de santé pluridisciplinaire Galénus.

L'avenir de la maison de santé pluridisciplinaire Galénus à Bartenheim serait menacée si rien n'est fait.
Le foyer Saint-Georges, à Bartenheim ? Plein comme un oeuf. Plus de 150 personnes étaient réunies, ce vendredi soir, à l'appel du collectif « Unis pour la MSP de Bartenheim ». La réunion publique avait pour but de mobiliser les habitants de Bartenheim et des villages alentour pour venir en aide à la Maison de santé pluridisciplinaire de la commune.

Le collectif Unis pour la MSP de Bartenheim a distribué un questionnaire au public. Photo L'Alsace /Jean-Christophe MEYER

Pour ses leaders, Matthieu Schoch, Julie Merzisen et Sébastien Scholer, des jeunes de la commune, la mobilisation était déjà une victoire : « Cela montre que le sujet suscite de l'intérêt. » Dans la salle, on trouvait le maire Jacques Ginther, des représentants des médecins, des candidats des différentes listes en course pour les municipales... Et de nombreux patients inquiets.

Quel est le souci ? « Alors que la population augmente, le nombre de médecins diminue... La région frontalière connaît un manque de médecins. Dès 2015, une enquête de l'INSEE montrait que le sud de l'Alsace était un secteur défavorisé. » Avec le départ des médecins du pôle de santé de Huningue, la MSP a connu un important surcroît d'activité... À la clef, indiquent les membres du collectif, des soucis de gestion, une augmentation des charges (liée à des soucis techniques sur le bâtiment également).

Ajoutez à cela des loyers importants. D'où la volonté de certains paramédicaux de quitter la MSP pour s'installer ailleurs. Dans le même temps, deux cabinets sont toujours vides, aux mains du promoteur, qui ne trouve pas preneur... « La situation financière est intenable pour les médecins, avec le risque d'un dépôt de bilan dès mars 2020. »
Appel aux compétences

La réunion de vendredi soir a été l'occasion de lancer un appel aux compétences, a indiqué Julie Merzisen : techniques, pourw régler les soucis sur le bâtiment. Juridiques, pour revoir les contrats, les montages financiers. Le collectif souhaite aussi se transformer en association, ouvrir un compte bancaire et lancer un appel aux dons, « pour que demain la MSP soit encore ouverte, pour nos anciens, nos proches, nos enfants. »

Le collectif Unis pour la MSP de Bartenheim a organisé une réunion publique pour mobiliser patients et citoyens. Il envisage de se transformer en association pour pouvoir ouvrir un compte. Photo L'Alsace /Jean-Christophe MEYER

Objectif : trouver 40 000 euros. Avec « des opérations ponctuelles, des challenges, des concours, pour inviter la population à nous aider, des partenariats à créer, avec des associations, des commerçants (y compris dans les villages alentour). » Cela pour répondre à une situation d'urgence, donner un peu d'oxygène à la MSP, par exemple en prenant en charge le salaire d'une secrétaire.

Cela doit être « une solution temporaire ». Le collectif a ainsi distribué des questionnaires aux personnes présentes, informera les patients avec des tracts au sein même de la MSP, ira à la rencontre des maires des communes environnantes. En mars viendront les élections, avec un nouveau conseil. Et une solution politique durable.
Jean-Christophe MEYER

 

 
 

 

Niederentzen A proximité de l'autoroute Deux nouvelles aires de covoiturage

Publié dans le panorama le Dimanche 12 janvier 2020 à 08:01:03

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Niederentzen  A proximité de l'autoroute
Deux nouvelles aires de covoiturage
Une bonne nouvelle en ce début d'année : les automobilistes du secteur de Niederentzen constateront la mise en service de deux nouvelles aires de covoiturage au niveau de l'échangeur autoroutier, le long de la RD18bis, de part et d'autre de l'A35.
 

 
L'aire de stationnement côté Rouffach.
La première, côté Rouffach, comporte 31 places, la seconde, à proximité de Niederentzen, 20 places. Au total, 51 stationnements sont proposés.

Ces équipements, dont les travaux ont démarré le 18 novembre dernier, ont été mis en service le 19 décembre. L'implantation de panneaux de signalisation et le marquage au sol seront réalisés début 2020 et clôtureront ce chantier. D'ici là, la signalisation temporaire demeure installée et opérationnelle.
Un projet à conception et à finalité écologique

Ces aménagements ont été entièrement financés à hauteur de 150 000 EUR par le Département du Haut-Rhin. Ils répondent à un besoin avéré et facilitent le covoiturage, partie intégrante d'une politique promue par le Département en faveur de la mobilité durable et de la préservation de l'environnement.

Dans cette perspective écologique, afin d'éviter l'artificialisation et l'imperméabilisation des sols, ces parkings de covoiturage bénéficient de dalles drainantes.

Par ailleurs, les stationnements sont délimités par des pavés rouges sans aucun ajout de peinture.

 

 
 

 

Rififi dans le don de sang

Publié dans le panorama le Dimanche 12 janvier 2020 à 08:18:45

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SANTÉ Des associations de bénévoles "en guerre"
Rififi dans le don de sang
Le torchon brûle entre des donneurs bénévoles et l'Établissement français du sang (EFS), au point que des associations parlent de leur dissolution. En Alsace, région en pointe dans la collecte, les crispations se focalisent sur la baisse de 1,20 euro de subvention par collation, jugée indigeste.

 
Quelque 160 000 dons sont totalisés chaque année en Alsace.
À Lingolsheim, le président de l'amicale des donneurs de sang n'y va pas par quatre chemins : au programme, la dissolution de ce groupement réunissant périodiquement, depuis 2008, jusqu'à une centaine de donneurs. Une mesure d'une radicalité qui étonne, dans une région où la démarche de donner son sang est traditionnellement bien établie. Quelque 160 000 dons sont totalisés dans l'année dans les deux départements.

Motif de la mutinerie : l'EFS a décidé de ramener sa contribution à la collation servie à chaque donneur à 3 euros. Soit 1,20 euro de moins. Additionné à des consignes renforcées en matière d'hygiène, ce tour de ceinture est vécu rudement par certains donneurs, au-delà peut-être de la motivation d'économie à l'origine de cette baisse.

« Des gens se déplacent, attendent une heure, donnent leur sang gratuitement et il faudrait les priver d'un petit repas sympa, regrette Patrick Munch, à la tête de l'association de Lingolsheim. Sans compter que les bénévoles gérant ces séances sont sommés de répondre à toute une liste de contraintes, comme nettoyer le sol avant de servir à manger, mettre des calots, etc. Mais nous sommes les seuls de toute la chaîne du sang à ne pas être payés, quand même. »
Une fronde particulière

L'EFS doit faire face en Alsace à une fronde toute particulière. Si les dirigeants des grandes unions fédérales ont tenté de faire de la pédagogie dans les associations de donneurs (DNA du 4 décembre), la diminution de la participation financière à la collation reste un motif de discorde dans plusieurs foyers de contestation.

Elle y est vécue comme un manque de reconnaissance de l'engagement des bénévoles. Une forme de déni de l'esprit de convivialité qui s'est invité de longue date aux collectes, lorsqu'il s'agit de passer à table.

L'Alsace est particulièrement touchée en France, puisque le tarif national institué entraîne une baisse des subventions de l'EFS, contrairement à d'autres régions. Même si la décision a été largement approuvée au niveau national par les instances fédérales régionales, du côté des salles polyvalentes où l'on donne son sang, la pilule est amère.
250 euros la poche

Christian Gachet, patron de l'EFS dans le Grand Est, a pu en prendre conscience lors d'une réunion du côté de Saverne. Le ton était très virulent. Lui-même a beau invoquer l'éthique désintéressée qui doit prévaloir dans le don de sang, le partenariat d'égal à égal entre son établissement et les associations ou les réalités financières : certains donneurs ont décidé carrément de « faire la guerre » à l'EFS pour lutter contre la perte de 1,20 euro par collation.

Ce qui désole au plus haut point l'organisme public de collecte, de traitement et de distribution du sang : « Il ne faudrait pas oublier que nous sommes associés pour le bénéfice des malades, et non pour un éventuel profit de l'EFS, qui parvient tout juste à équilibrer ses comptes avec les tarifs conventionnés qu'on lui fixe. »
« Pathétiques et sournois »

L'allusion répond à des calculs circulant dans les cercles de bénévoles, sur la base d'un tarif de 250 euros la poche de sang vendue aux hôpitaux. Ainsi, du côté de Harskirchen, le président de l'Entente rappelle que 73 dons par séance représentent une recette potentielle de plus de 18 000 euros à la vente, pour un remboursement actuel à l'amicale d'environ 300 euros.

Qualifiant les arguments de l'EFS de « pathétiques et sournois », Gilbert Reeb a diffusé une lettre ouverte dans laquelle il assure qu'il ne reviendra pas « aux casse-croûte » et que « si la réduction est maintenue, nous n'assurerons aucun service ni aucune collecte ».

Impossible, insiste-t-il, pour la dizaine de bénévoles impliqués dans l'organisation des collectes de ne plus chouchouter les donneurs. Et de citer dans cet esprit « les pizzas avec de la pâte maison, Jacky et le président à la cuisson, Alfred à la découpe »...

Le coup de sang, à tout le moins, interpelle le directeur de l'EFS Grand Est. Si, pour l'instant, aucune baisse des volumes recueillis n'est vraiment palpable, la menace ne peut le laisser insensible, alors que les appels à participer aux collectes se multiplient à certains moments cruciaux de l'année.

« Nous ne faisons pas de bénéfices, insiste l'EFS, les recettes couvrent tout juste les frais de collecte, de personnel, de traitement biologique du sang et de distribution dans les hôpitaux. Nous sommes même déficitaires sur le plasma livré pour fractionnement en produits sanguins dérivés ! »

Surtout, l'établissement voudrait en revenir aux principes de bénévolat, d'anonymat et de gratuité du don : « L'éthique commande de ne pas offrir quoi que ce soit qui pourrait ressembler à un avantage, en échange du don. »

D'où une réduction de la voilure et des remboursements, qui dépasserait dès lors les seules économies réalisées sur une enveloppe de 2,3 millions d'euros versés par an aux amicales françaises. « Le don de sang est un geste de conviction », dit l'EFS.

« Cette décision de diminution des frais et très mal ressentie chez nous, répond-on à Harskirchen. Il faut rester réaliste : tous ne donnent pas leur sang pour des raisons humanitaires, tous non plus ne viennent pas pour le repas. Il y a les deux. »
La cuisine et la propreté

La difficulté de trouver un terrain d'entente en est augmentée. Christian Gachet joue la modération et le dialogue : il ira au-devant des associations les plus déterminées à en découdre. L'enjeu l'impose. La filière est vitale pour un système hospitalier en demande croissante de produits sanguins : « J'essaie de ne lâcher personne».

Dans un contexte où les associations connaissent un vieillissement de leurs fidèles, il va falloir trouver les mots pour ne pas susciter des départs de plus en plus ardus à combler. Or, même le rappel des règles d'hygiène lors des repas, venu pourtant de contrôles effectués sur l'EFS lui-même, apparaît comme « vexatoire », dans les clubs habitués à tenir la cuisine.

Les donneurs viennent, rétorque-t-on à Lingolsheim, pour « notre convivialité et nos repas qualitatifs préparés sur place avec beaucoup d'amour et de propreté ».

Avant d'en revenir au fond du sujet, puisque la dissolution est annoncée. Le président Patrick Munch renonce, mais pas sans une dernière recommandation : « Je vous demande une chose, faites-le pour les malades, n'arrêtez pas de donner votre sang... Ils ont besoin de vous».
Didier ROSE

 

 
 

 

JUSTICE Des TGI aux TJ

Publié dans le panorama le Dimanche 12 janvier 2020 à 08:20:06

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JUSTICE
Des TGI aux TJ : quatre tribunaux judiciaires en Alsace
Depuis le 1er janvier, les tribunaux de grande instance (TGI) ont absorbé les tribunaux d'instance sous l'appellation de « tribunaux judiciaires ». En Alsace, les sept tribunaux d'instance situés dans des communes extérieures au siège des ex-TGI deviennent des « tribunaux de proximité ».
 

 
La nouvelle plaque a été apposée sur la façade du palais de justice de Strasbourg.
La garde des Sceaux Nicole Belloubet voulait simplifier le système judiciaire, le rendre plus lisible, en instaurant « une porte d'entrée unique à la justice ». En vigueur au 1er janvier 2020, la loi du 23 janvier 2019 relative à la réforme de la justice a bouleversé l'organisation judiciaire qui prévalait depuis 1958. Exit les 164 tribunaux de grande instance (TGI) et les 285 tribunaux d'instance (TI) répartis sur tout le territoire, bienvenue aux « tribunaux judiciaires ».
Les syndicats: « Une réforme essentiellement budgétaire »

En Alsace, les quatre TGI (Strasbourg, Saverne, Colmar, Mulhouse) fusionnent avec les quatre TI implantés dans ces communes pour devenir des tribunaux judiciaires (TJ). Les sept autres TI répartis dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin perdent leur autonomie et se muent en chambres détachées des tribunaux judiciaires, sous le titre de tribunaux de proximité (TP).

Concrètement, Schiltigheim, Illkirch-Graffenstaden et Haguenau deviennent des chambres détachées du TJ de Strasbourg. Idem pour Molsheim avec le TJ de Saverne, Sélestat et Guebwiller avec le TJ de Colmar, Thann avec le TJ de Mulhouse.

Dix jours après l'entrée en application d'une réforme qui a suscité de vives critiques de la part des magistrats et des avocats, difficile d'en mesurer l'impact sur les justiciables et le personnel judiciaire.

« Il s'agit d'une réforme essentiellement budgétaire, visant à reverser dans le pot commun les juges d'instance et leur greffe pour plus de souplesse et pour faire ainsi des économies d'échelle, estime Véronique Kretz, juge des contentieux de la protection à Haguenau et membre du Syndicat de la magistrature. Dès lors, en période de pénurie d'effectifs, comme c'est souvent le cas dans les tribunaux, le risque est grand de privilégier les contentieux jugés prioritaires (pénal, affaires familiales) au détriment du contentieux relevant de la justice de proximité, qui souffre par ailleurs d'une certaine invisibilité médiatique, encore plus lorsque ces tribunaux sont situés en dehors des grands centres urbains. »

« La réforme constitue une refonte d'envergure et implique des changements dans notre pratique qui doivent être intégrés, explique la bâtonnière de l'ordre des avocats de Strasbourg, Christina Kruger. La profession va les absorber, on est en train d'y travailler. »

Au niveau des compétences, le juge des contentieux de la protection continuera à exercer les fonctions de juge des tutelles et à traiter du contentieux des expulsions, du surendettement ou encore des crédits à la consommation. Certains s'inquiètent d'un risque de dévitalisation des plus petites juridictions et d'un accès plus restreint au juge, avec en ligne de mire le spectre de fermetures pures et simples.
La crainte que des sitessoient à terme fermés

« Pour des populations fragiles, le lien de confiance avec le juge est essentiel et la mutualisation des contentieux dans des tribunaux anonymes et coupés des territoires risque de les dissuader de faire appel à la justice, avertit Véronique Kretz. D'autant plus qu'une frange importante de cette population n'a pas d'accès aux outils numériques et ne peut que difficilement se déplacer. »

La Chancellerie a toujours assuré qu'aucun site ne serait supprimé.
Antoine BONIN

 

 
 

 

Benoît André veut ouvrir grand les portes

Publié dans le panorama le Dimanche 12 janvier 2020 à 08:29:51

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Benoît André veut ouvrir grand les portes

 
Benoît André, nouveau directeur La Filature, dans son bureau mulhousien. Photo L'Alsace/Thierry GACHON
On avait appris en juillet dernier sa nomination : c'est Benoît André qui a été choisi pour prendre la direction du vaisseau amiral culturel de Mulhouse, Monica Guillouet-Gélys ayant pris sa retraite en janvier 2020, après huit années de présence mulhousienne.
Presque le Grand Est

Âgé de 50 ans, Benoît André est né à Besançon, « berceau de ma famille paternelle et j'ai grandi à Lyon, berceau de ma famille maternelle ». Le nouveau directeur de la Filature connaissait peu la région. « J'avais été une seule fois à Mulhouse dans le cadre d'un voyage familial, à 14 ou 15 ans. » En revanche, c'est la Filature déjà qui l'a fait revenir, « pour voir des spectacles depuis son ouverture, et très régulièrement en 2019, pour ma candidature ».
Bifurcation

« Je ne m'étais pas destiné au départ à travailler dans la culture. Je pratiquais l'équitation à haut niveau, je faisais de la compétition et je voulais être vétérinaire. » C'est une expérience de la scène qui le fait changer radicalement de voie. « Embarqué par un ami, je me suis retrouvé comme figurant à l'opéra, Aïda de Verdi, spectacle d'ouverture des Nuits de Fourvière. Un moment déclencheur. J'ai découvert cet univers, j'ai été séduit. »

Benoît André, qui était déjà mélomane grâce à l'éducation familiale et très ouvert à l'art en général, abandonne sa prépa « véto » et s'inscrit dans une filière de formation de communication dans le milieu culturel.
Les années d'apprentissage

Au cours de ce cursus bac + 5 mené de 1987 à 1993, il a l'opportunité de travailler pour l'Orchestre national de Lyon, pour la Biennale de la danse de Lyon...

En avril 1999, après d'autres missions diverses, il rejoint le festival Octobre en Normandie. Il occupe plusieurs fonctions, suit l'évolution de la structure sous l'impulsion de Bernard Faivre d'Arcier avec la création en 2005 de l'établissement public de coopération culturelle Arts 276. Ce rendez-vous pluridisciplinaire qui s'étale sur un mois dans quelque 40 lieux et 30 communes devient un événement phare rassemblant près de 50 000 spectateurs. « C'est un élément important de mon parcours, parce qu'il s'inscrit totalement dans la notion de partenariat, avec des spectacles dans des lieux très divers. »
Expérience parisienne

En 2011, il arrive au théâtre de Chaillot avec une double casquette, secrétaire général et conseiller à la programmation. « Une expérience porteuse dans une institution parisienne emblématique. »

Durant cette même période, le théâtre de Chaillot renforce son identité liée à la danse. Benoît André commence à réfléchir à la suite.

« J'avais déjà la Filature en ligne de mire. C'est un très bel établissement dont la réputation n'est plus à faire, un lieu emblématique de la décentralisation culturelle en France. » Quand il apprend il y a trois ans déjà que Monica Guillouet-Gélys ne prolongerait pas sa mission au-delà de 2019, il y pense... vraiment.
Une évidence

« En réfléchissant, je constate que c'est une évidence. » Outre son expérience dans des institutions culturelles très diverses qui lui permet de prétendre à diriger l'une des plus grosses scènes nationales de France, Benoît André voit des similitudes. « La Filature, comme Chaillot, comporte trois salles de même importance, une grande de 1000 places, une moyenne de quelque 400 places et une petite de 100 places. C'est un équipement où on peut développer les mêmes types de projets. »
Différences motivantes

En revanche, les différences entre Chaillot et la scène nationale de Mulhouse sont autant... de motivations : « La Filature abrite d'autres institutions comme l'Orchestre symphonique de Mulhouse, le Ballet et l'Opéra, avec qui je souhaite développer les collaborations. »

Benoît André se réjouit de la présence de la médiathèque et de la galerie, « ouvert quasiment quotidiennement et qui offre un potentiel extraordinaire ».
Dans l'esprit du Centquatre

Le nouveau directeur a l'ambition de faire de la Filature un lieu animé, y compris la journée. Il a plusieurs idées, réfléchit à des activités possibles sur la mezzanine, « pourquoi ne pas l'ouvrir à certaines associations ? », à un aménagement du hall pour le rendre plus attrayant « en créant par exemple un endroit où on peut se connecter, accéder à des écrans pour s'informer... ».

Benoît André songe à un « tiers lieu », « un endroit où on peut s'enrichir en rencontrant des gens, s'informer, un peu dans l'esprit de ce qui existe au Centquatre... »

Il constate aussi de la convergence de l'arrivée de nouvelles personnes à la tête de plusieurs institutions culturelles de la ville et de la région, OSM, Ballet du Rhin, conservatoire de Mulhouse, OPS... « Il y a une vraie volonté de faire des choses ensemble, il faut se rencontrer sur les contenus. »
Vagamondes, Scènes d'automne...

La 8e édition des Vagamondes s'ouvre ce mardi 14 janvier. Qu'adviendra-t-il de ce festival en 2021 ? « Il y a aura une transition dans la douceur. Je veux garder un temps fort à ce moment de l'année, je souhaite l'ouvrir au-delà des cultures du sud, élargir la notion de frontière géographique et symbolique, aux frontières générationnelles, de genre, sociales... Pour l'édition 2021, je compte faire le tour de la Méditerranée et je projette d'inviter le chorégraphe Olivier Dubois qui a travaillé avec des danseurs de rue au Caire. »

Scènes d'automne ? « Le soutien à la création des compagnies qui vivent sur le territoire fait partie des missions de la scène nationale. »

Le nouveau directeur s'attellera à d'autres dossiers comme le rayonnement de la nouvelle « classe prépa » de la Filature ouverte à des jeunes issus de la diversité qui peut être un support pour mieux faire connaître tous les métiers du spectacle, le développement du transfrontalier, des pistes pour la salle de cinéma Jean Besse sous-exploitée ou l'avènement d'un hypothétique restaurant...
Frédérique MEICHLER