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Le Zapping Je veux, tu veux, les voeux

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 06:00:03

© Dna, Samedi le 04 Janvier 2020
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Le Zapping
Je veux, tu veux, les voeux
 

 
Indépassables, les voeux ? Assurément, la période le démontre une fois de plus. Moment de partage, pour autant ? En filigrane des discours de nos chers élus, qu'ils soient prononcés de vive voix ou partagés sur les internets, notre dessinateur Phil croit lire une autre partition que celle exhortant à la solidarité et au vivre ensemble. En cette année électorale, la petite musique ne se chanterait pas sur l'air de « Vive les voeux » mais sur celui, plus martial, de « Je veux ». Et depuis quand, gouverner, c'est vouloir ?
Le macaron ne passe toujours pas

Ce ne sont pas des voeux mais un vrai panégyrique de Gilbert Meyer que signe Yves Hemedinger sur Facebook. Le texte louangeur à souhait, qui parle notamment de « l'excellent bilan du mandat qui se termine », ne convainc pas tous les internautes. Et notamment Sandrine - dont le commentaire a depuis été supprimé - qui demande au premier adjoint la suppression du macaron de stationnement pour les personnels de santé. Ce serait, dit-elle, « une action concrète en faveur des habitants de Colmar ». Une idée pour la prochaine profession de foi ?
Des voeux, de campagne

Alors que Serge Nicole, maire de Wintzenheim, n'a toujours pas annoncé ses intentions pour mars 2020, son possible opposant, Claude Klinger-Zind, poursuit sa campagne. Il vient de distribuer dans les boîtes aux lettres une carte de voeux où l'élu annonce la couleur. « Bien-être des habitants », « démocratie participative », « respect de l'environnement », le candidat développe déjà quelques idées pour les municipales et renvoie les électeurs vers son site où il a déjà dévoilé 15 de ses colistiers.
Retour vers le futur ?

Message lapidaire mais pas du tout sibyllin de Thierry Speitel-Gotz sur les réseaux sociaux le 1er janvier : « Pourquoi et comment ''défusionner'' des communes nouvelles ? ». Mais que peut bien avoir en tête l'ancien maire de Sigolsheim ? La fusion avec Kaysersberg et Kientzheim lui aurait-elle laissé un goût amer ? Vraiment ? Précisions dans les échanges qui suivent avec un internaute interloqué qui ne croit pas à un retour en arrière : « [Si, c'est] possible », « tout dépend de la volonté des habitants ». A une autre qui lui rappelle qu'elle n'était pas pour contrairement à lui, il répond : « Tout le monde peut se tromper ». Enfin, à un dernier qui écrit : « Depuis que le monde existe les hommes ne peuvent fusionner leurs ambitions personnelles », il commente : « Je vous l'accorde et c'est ma grande déception ». Plus grande encore que celle de ne pas avoir été élu maire de Kaysersberg-Vignoble ?

 

 
 

Je veux, tu veux, les voeux

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 05:59:34

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Je veux, tu veux, les voeux
 

 
Dessin Phil
Indépassables, les voeux ? Assurément, la période le démontre une fois de plus. Moment de partage, pour autant ? En filigrane des discours de nos chers élus, qu'ils soient prononcés de vive voix ou partagés sur les internets, notre dessinateur Phil croit lire une autre partition que celle exhortant à la solidarité et au vivre ensemble. En cette année électorale, la petite musique ne se chanterait pas sur l'air de « Vive les voeux » mais sur celui, plus martial, de « Je veux ». Et depuis quand, gouverner, c'est vouloir ?
Le macaron ne passe toujours pas

Ce ne sont pas des voeux mais un vrai panégyrique de Gilbert Meyer que signe Yves Hemedinger sur Facebook. Le texte louangeur à souhait, qui parle notamment de « l'excellent bilan du mandat qui se termine », ne convainc pas tous les internautes. Et notamment Sandrine - dont le commentaire a depuis été supprimé - qui demande au premier adjoint la suppression du macaron de stationnement pour les personnels de santé. Ce serait, dit-elle, « une action concrète en faveur des habitants de Colmar ». Une idée pour la prochaine profession de foi ?
Des voeux, de campagne

Alors que Serge Nicole, maire de Wintzenheim, n'a toujours pas annoncé ses intentions pour mars 2020, son possible opposant, Claude Klinger-Zind, poursuit sa campagne. Il vient de distribuer dans les boîtes aux lettres une carte de voeux où l'élu annonce la couleur. « Bien-être des habitants », « démocratie participative », « respect de l'environnement », le candidat développe déjà quelques idées pour les municipales et renvoie les électeurs vers son site où il a déjà dévoilé 15 de ses colistiers.
Retour vers le futur ?

Message lapidaire mais pas du tout sibyllin de Thierry Speitel-Gotz sur les réseaux sociaux le 1er janvier : « Pourquoi et comment ''défusionner'' des communes nouvelles ? ». Mais que peut bien avoir en tête l'ancien maire de Sigolsheim ? La fusion avec Kaysersberg et Kientzheim lui aurait-elle laissé un goût amer ? Vraiment ? Précisions dans les échanges qui suivent avec un internaute interloqué qui ne croit pas à un retour en arrière : « [Si, c'est] possible », « tout dépend de la volonté des habitants ». A une autre qui lui rappelle qu'elle n'était pas pour contrairement à lui, il répond : « Tout le monde peut se tromper ». Enfin, à un dernier qui écrit : « Depuis que le monde existe les hommes ne peuvent fusionner leurs ambitions personnelles », il commente : « Je vous l'accorde et c'est ma grande déception ». Plus grande encore que celle de ne pas avoir été élu maire de Kaysersberg-Vignoble ?

 

 
 

1 900 créations nettes d'emplois en Alsace en un an

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 06:33:25

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Économie  
1 900 créations nettes d'emplois en Alsace en un an
L'Urssaf a enregistré 1 900 créations nettes d'emplois en Alsace entre le troisième trimestre 2018 et le troisième trimestre 2019. Les deux départements restent moteurs dans le Grand Est.
 

 
En Alsace, les effectifs salariés sont toujours en progression, de 0,3 % sur un an, annonce l'Urssaf dans un communiqué publié vendredi matin. Cela représente au total près de 1 900 créations d'emplois nettes entre le troisième trimestre 2018 et le troisième trimestre 2019.

L'Alsace conserve donc son rôle de moteur dans le Grand Est puisqu'à l'échelle de la région, 2 560 postes ont été créés en un an (soit une progression de 0,2 %, comme au trimestre précédent). Ces hausses sont cependant moins marquées qu'au niveau national (+ 1,4 %).
Le plus d'emplois créés dans le Bas-Rhin

En affinant les données à l'échelle départementale, le Bas-Rhin est le département qui crée le plus d'emplois (+ 1 290 postes), suivi de la Meurthe-et-Moselle (+ 1 200 postes) et du Haut-Rhin (+ 610 postes), précise l'Urssaf.

Seul point noir : les effectifs intérimaires se replient toujours et le secteur perd ainsi 3 590 postes en un an (- 5,1 %) dans le Grand Est. La baisse atteint 7,6 % dans le Bas-Rhin et 6,2 % dans le Haut-Rhin.
La construction et l'hébergement-restauration en tête

Hors intérim, 6 150 postes ont donc été créés dans la région, entre le 3e  trimestre 2018 et le 3e trimestre 2019.

La construction (+ 2 110 postes et l'hébergement-restauration (+ 1 810 postes) figurent parmi les secteurs les plus dynamiques. C'est le cas aussi dans le Bas-Rhin où la construction a créé 830 postes (+3,2 %), devant l'hébergement-restauration (+3,2 soit 650 salariés supplémentaires). La tendance est la même dans le Haut-Rhin mais avec des progressions moins fortes : +0,6 % dans la construction et + 0,8 % pour l'hébergement-restauration.

À l'échelle du Grand Est, les « autres services » créent le plus d'effectifs en volume (+ 4 330 postes). En revanche, l'industrie et le commerce restent orientés à la baisse, avec respectivement - 1 890 (-150 dans le Bas-Rhin, - 210 postes dans le Haut-Rhin) et -210 postes (-160 dans le Haut-Rhin et -280 dans le Bas-Rhin).
La masse salariale augmente de 2,2 %

S'agissant de la conjoncture dans les zones d'emploi, les effectifs salariés progressent sur un an dans 19 zones d'emploi sur les 31 que compte la région Grand Est. Les évolutions varient de +0,1 % (Wissembourg et Remiremont) à + 2,2 % (Lunéville). En Alsace, les plus fortes progressions ont été enregistrées à Saint-Louis (+1,9 %) et Colmar (+1,7 %) devant Strasbourg (0,6), Sélestat (0,5 %) et Obernai-Molsheim (0,3 %). Les secteurs de Saverne, de Haguenau et de Mulhouse sont en revanche en recul de respectivement 1,2, 0,2 et 0,6 %

Parmi les zones les plus importantes en termes d'effectifs, celles de Strasbourg, Nancy, Metz, Reims, Troyes et Colmar cumulent un peu plus de 4 580 créations nettes.

Dans la région Grand Est, le salaire moyen par tête progresse de 2,1 % sur un an (2,2 % en Alsace), légèrement en deçà des 2,3 % d'évolution nationale. Quant à la masse salariale, elle augmente en rythme annuel de 2,3 % (2,2 % en Alsace), contre 3,7 % au niveau national.

 

 
 

2019, année de records de température

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 06:43:08

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MÉTÉOrologie  Bilan
2019, année de recordsde température
À l'exception de mai, les températures enregistrées en 2019 ont été largement supérieures à la normale. Jusqu'à établir deux nouveaux records absolus de température en juin et juillet à Strasbourg. Résumé en quatre saisons.
 

 
Jeux d'eau au parc de la Citadelle à Strasbourg, pendant un été 2019 brûlant.
« S'il fallait résumer en deux mots 2019 du point de vue météorologique : chaleur et chaleur », dit Christophe Mertz, météorologue à METEONEWS. 2019 a été la troisième année la plus chaude d'Alsace si l'on retient les écarts aux normales saisonnières.
Hiver : l'un des plus doux jamais observés en Alsace

Si le début de l'année 2019 a débuté par du froid et de la grisaille, février et mars se sont avérés particulièrement doux, avec un écart supérieur de 10° à 12 °C à la normale. Février 2019 est « le 2e mois de février le plus doux observé en Alsace après celui de 1990 en termes de températures maximales atteintes », précise Christophe Mertz. Le 28 février, le thermomètre indiquait 20,8 °C à Strasbourg.
Printemps : coup de froid remarquable en mai

Le printemps 2019 fut sec. Un coup de froid s'est abattu sur les plaines d'Alsace début mai. À Mulhouse, le thermomètre a perdu une dizaine de degrés en quatre heures au cours de l'après-midi du 4 mai. La neige est réapparu furtivement dans les plaines. En juin, les derniers jours du printemps ont annoncé la canicule. « Le mois de juin est le 2e mois le plus chaud dans le Bas-Rhin, juste après 2003 » explique C. Mertz.

Fin juin et fin juillet, l'Alsace a été frappée par deux épisodes caniculaires. À Strasbourg, le record absolu de chaleur a été battu coup sur coup. « Il s'agit d'un épisode inédit » insiste Christophe Mertz. Le 30 juin, le mercure atteignait 38,8 °C ; fin juillet, il est monté jusqu'à 38,9 °C. A l'approche de l'automne, les températures sont revenues à des normales de saison.
Automne : douceur et pluie

D'octobre à décembre, le temps fut doux mais pluvieux. Les fortes précipitations ont permis la reconstitution des nappes. Sur l'année, la pluviométrie moyenne de la région est légèrement déficitaire.

En octobre, la douceur a prolongé l'été indien. À Colmar, la température a atteint 26 °C le 13 octobre. Ce même-jour, on enregistrait 28 °C à Sélestat. En novembre, le retour aux températures de saison a toutefois permis la chute des premiers flocons de neige - qui n'ont guère tenu.

Et pour les semaines à venir, Christophe Mertz l'annonce : « Le temps sera semblable à celui de ces dernières semaines : malgré un léger redoux, pluie et grisaille seront au rendez-vous. »
Romain RAGOT

 

 
 

Le préfet Jean-Luc Marx sur le départ

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 06:15:07

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ADMINISTRATION
Le préfet Jean-Luc Marx sur le départ
 

 
Jean-Luc Marx.
Jean-Luc Marx, le préfet du Grand Est, de la zone de défense et de sécurité Est et du Bas-Rhin, s'apprête à quitter ses fonctions. On l'apprend dans le Journal officiel du 3 janvier : « Par décret du président de la République en date du 30 décembre 2019, M. Jean-Luc Marx, préfet, est admis, sur sa demande, à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er mars 2020 ».

Ce Lorrain, né le 14 septembre 1954 à Metz, qui a notamment étudié à Sciences Po Strasbourg, a effectué toute sa carrière dans l'administration préfectorale. Il a notamment été préfet du Lot, de l'Allier, de la Réunion et de Seine-et-Marne. Il avait été nommé à Strasbourg, l'un des postes les plus élevés de l'administration préfectorale, en juin 2017, après le départ de Stéphane Fratacci devenu directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.

Pour les habitants des deux départements du Rhin, Jean-Luc Marx restera celui qui a mis en évidence « le désir d'Alsace » qui s'est fait jour après la création du Grand Est. Son nom est attaché une fois pour toutes au rapport sur l'avenir institutionnel de l'Alsace que lui avait commandé le Premier ministre en 2018. Ce document, rendu public en août de la même année, a ouvert la voie à la loi Alsace qui se concrétisera le 1er janvier 2021 par la fusion des deux départements alsaciens au sein de la Collectivité européenne d'Alsace (CEA). Celle-ci disposera de nouvelles compétences.

Le nom de son successeur n'est pas encore connu.

 

 
 

Hommage aux maires en cette année électorale

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 06:12:40

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Hommage aux maires en cette année électorale
 

 
Le préfet du Haut-Rhin, Laurent Touvet (à gauche), a présenté ses voeux « en hommage aux maires du département », jeudi à Colmar. Photo L'Alsace /Hervé KIELWASSER
C'est la première fois, en trois ans et demi de présence à Colmar, que le préfet du Haut-Rhin, Laurent Touvet, a convié les élus locaux du département à la préfecture pour des voeux de Nouvel An. Des voeux qualifiés « d'hommage aux maires du département » en cette année de renouvellement des conseils municipaux et intercommunaux. L'occasion, surtout, pour le représentant de l'État, de leur annoncer qu'il ne répondrait à aucune de leur invitation à participer à des réceptions de Nouvel An, pas plus que les sous-préfets. « Cette abstention n'est pas le signe d'un désintérêt mais, au contraire, de respect. Cette compétition électorale doit être libre, égale et sincère. C'est pourquoi le préfet ne peut pas sembler afficher de préférence envers un candidat. C'est une des exigences de l'État, celle de la neutralité », a indiqué le haut fonctionnaire.
V. B.

 

 
 

Les avocats en grève la semaine prochaine

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 06:22:33

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Les avocats en grève la semaine prochaine
 

 
Les avocats du barreau de Saverne sont décidés à faire la grève à partir de lundi. Ils ne participeront à aucune audience du tribunal de grande instance de Saverne jusqu'au 10 janvier.  Photo archives DNA
Les avocats des barreaux de Mulhouse, Colmar, Strasbourg et Saverne ont décidé de suivre l'appel à la grève lancé par le Conseil national des barreaux, à partir du lundi 6 janvier, pour protester contre le projet de réforme des retraites porté par le gouvernement.
À Mulhouse

Le barreau de Mulhouse (220 avocats et une quarantaine d'avocats honoraires) avait « pris la décision dès le 16 décembre avec trois dates calées : le 17 décembre, le 6 janvier et le 3 février. Le durcissement du Conseil national des barreaux, avec la conférence des bâtonniers et le barreau de Paris, aboutit à cette grève d'une semaine que nous allons suivre. Lundi nous assurerons le service de renvoi des audiences et nous tiendrons une assemblée générale au tribunal de grande instance. Au cours de cette dernière, nous allons définir des modalités de cette grève : opération justice morte, actions ponctuelles... nous le déciderons démocratiquement à ce moment », précise la nouvelle bâtonnière, Marie-Laure Schott.
À Colmar

Réuni ce vendredi, le conseil de l'ordre a voté à l'unanimité la participation du barreau de Colmar à la semaine de grève du lundi 6 au dimanche 12 janvier. « Nous n'avons d'autre choix que de durcir le ton, puisque nous ne sommes pas entendus et continuons d'être écartés d'un processus d'information et de négociation digne de ce nom », a indiqué le bâtonnier Me Sacha Rebmann. Les avocats colmariens entendent ainsi défendre un régime de retraite créé en 1945 de manière autonome, équilibré, pérenne et solidaire, qui verse chaque année au titre de la solidarité entre 90 et 95 millions d'euros au régime général.

Des demandes de renvoi seront formulées la semaine prochaine pour toutes les audiences pénales, ainsi que pour toutes les audiences civiles, commerciales, prud'homales et administratives.
À Strasbourg

Les avocats de Strasbourg seront également en grève ce lundi. Ce qui se traduira par une demande de renvoi des dossiers programmés le jour même au sein des audiences correctionnelles du tribunal de grande instance. Le mouvement sera suivi d'un conseil de l'ordre extraordinaire afin de décider de la suite à donner au mouvement.
À Saverne

Réunis en assemblée générale jeudi, les trente membres du barreau savernois ont décidé de poursuivre la grève jusqu'au vendredi 10 janvier. « Notre régime de retraite ne coûte rien à la collectivité puisqu'il est excédentaire de plus de deux milliards d'euros », a expliqué Me Christophe Jautzy, bâtonnier à Saverne. Il déplore le projet du gouvernement de doubler les cotisations d'une majorité d'avocats, à 28 % pour les salaires situés en dessous de 42 000 EUR par an. « Bon nombre de cabinets vont se retrouver en difficulté », alerte Christophe Jautzy. Ce mouvement de grève pourra être reconduit au-delà du 10 janvier.

 
É. B., Cél.L., V.B., A.C.

 

 
 

Herrmann et Ries mettent la pression sur la procureure

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 06:07:13

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STRASBOURG  Après le réveillon agité
Herrmann et Ries mettent la pression sur la procureure
Le président de l'Eurométropole et le maire de Strasbourg demandent au parquet plus de fermeté pour les auteurs de la nuit de violences de Nouvel An.
 

 
Une famille constate les dégâts sur sa camionnette à Hautepierre dans la nuit de la Saint-Sylvestre.
Robert Herrmann, président de l'Eurométropole, et Roland Ries, maire de Strasbourg, ont semble-t-il décidé de mettre la pression sur la procureure de la République de Strasbourg Yolande Renzi après les incidents de la nuit de la Saint-Sylvestre dans l'agglomération.

Un premier bilan fait état d'une quarantaine d'interpellations. Mais peu d'auteurs ont pour l'heure été identifiés et déférés devant la justice (voir en page 14). Robert Herrmann, qui est aussi adjoint à la sécurité de Strasbourg, estime que « la parole de la procureure de la République est très importante. Il serait bon qu'elle s'exprime sur cette violence. On aimerait savoir ce que dit la justice, ce qu'elle propose. On ne peut pas faire comme si elle n'était pas là. Je pense que cette parole n'est pas assez présente dans le débat ». Et d'ajouter : « Si le parquet ne prend pas conscience de ses responsabilités, ça ira de plus en plus mal. C'est dramatique ».
« Il y a une forme d'impunité »

Dans un communiqué publié vendredi après-midi, le maire de Strasbourg va plus loin : « Je solliciterai le Préfet de région et du département, M. Jean-Luc Marx, pour une réunion d'urgence en présence de Mme Yolande Renzi, Procureure de la République, afin d'examiner les solutions judiciaires qui peuvent être apportées à ces phénomènes qui ne font pas suffisamment l'objet de poursuites pénales. » Il confie en outre aux DNA : « Aujourd'hui, il y a une forme d'impunité quand on brûle une voiture. Donc il n'y a pas d'effet dissuasif, je souhaite qu'on parle de cela avec la procureure. Quand on dégrade le bien d'autrui, il doit y avoir une sanction ». « Si on veut éviter qu'on ait l'année prochaine 350 voitures brûlées, si on veut mettre un terme à cette compétition entre les quartiers, il faut qu'il y ait un minimum de sanctions concrètes, soit pour les jeunes, soit pour leurs parents ».

Le chiffre des véhicules brûlés ou endommagés dans la nuit du nouvel an se situerait désormais autour de 300 selon les estimations et en dehors de statistiques officielles. Ce n'est pas loin des niveaux enregistrés au début des années 2000. À cette époque, une vive passe d'armes avait opposé le procureur de l'époque, Edmond Stenger, et le préfet à qui il reprochait des interpellations insuffisantes. Aujourd'hui, il semble que les politiques mettent la pression sur la justice.
Olivier CLAUDON

 

 
 

Herrmann interpelle la procureure

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 06:06:49

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STRASBOURG Après les violences de la Saint-Sylvestre
Herrmann interpelle la procureure
Le président de l'Eurométropole et adjoint à la sécurité de Strasbourg, Robert Herrmann, estime que la procureure de la République ne s'exprime pas assez sur les violences du réveillon. Il réclame par ailleurs une interdiction de la vente et de la production de pétards.
 

 
Robert Herrmann, le maire de Strasbourg Roland Ries, le préfet Jean-Luc Marx et la Directrice départementale de la sécurité publique Annie Brégal au poste de commandement opérationnel interservices lors de la tournée du dispositif de police pour la soirée du réveillon de Nouvel An.
Les courriers vont partir dans les prochains jours. Robert Herrmann, qui alertait - à la veille d'un réveillon très agité - sur l'incongruité des ventes de certains pétards autorisées d'un côté du Rhin et interdites en France, estime qu'il faudrait tout simplement interdire la vente et la production de pétards.

« Je vais interpeller les députés pour un travail législatif sur ce sujet, mais aussi le groupe franco-allemand du traité d'Aix-la-Chapelle », explique l'adjoint à la sécurité de Strasbourg après une nuit du réveillon d'une telle intensité qu'elle a contribué à faire bondir les taux de pollution aux particules en raison des pétards, feux d'artifice et voitures brûlées. « Je pense qu'il faut travailler sur l'interdiction de la vente et de la production de pétards. Il y a une tradition je veux bien, c'était festif, mais là, ça devient n'importe quoi. Tout cela est inutile, ça coûte cher à la collectivité et à la santé des individus. Je pense que cela n'a plus d'intérêt. Le goût de la fête est amer. »
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Près de 300 voitures ont été incendiées dans les quartiers strasbourgeois en une soirée, la ville renouant ainsi avec les grandes heures des réveillons de Nouvel An des années 1990-2000. Et, déjà, ce débat a chassé celui qui portait sur le marché de Noël. Alors se pose la question de savoir ce qu'il faudrait proposer pour remplacer les pétards et éviter les scènes ahurissantes de dizaines de voitures brûlées, appartenant la plupart à des foyers modestes.
« Ceux qui veulenten découdre... »

À Paris, un feu d'artifice est organisé. « Oui, mais ça n'empêche pas les voitures de brûler, répond Robert Herrmann. Paris fait une superbe fête car cela participe de la question de la réputation internationale. Strasbourg pourrait avoir cette ambition, en lien avec l'image de capitale européenne. Ça pourrait être une idée, mais avec le climat, ici... Un gros brouillard ou de la pluie, et c'est par terre. Ce qui pourrait avoir un sens, c'est de réfléchir à des événements alternatifs dans les quartiers. »

Car derrière la question des pétards, il y a celle des voitures brûlées. Et celle-ci a pu avoir deux aspects différents, selon le moment de la soirée ou le lieu. Un côté entretenu par une compétition entre quartiers via les réseaux sociaux, et un autre, bien différent, qui relève de la volonté d'affrontement avec les forces de l'ordre. « Il faut traiter de plus d'égalité dans les quartiers, dit encore l'adjoint socialiste. Il y a quand même 40 à 45 % de chômage chez les jeunes. Nous vivons dans une société qui est en perte de valeurs et de règles, une société qui fabrique des richesses, mais mal réparties. »

Pour résumer, selon Robert Herrmann, il faudrait plus d'égalité, des animations... Mais pas seulement. « Il faut relancer des animations pour renouer avec la dimension festive, dit-il. Et pour ceux qui veulent en découdre avec les forces de l'ordre, il faut les confronter au réel. Celui qui veut en découdre avec la loi doit avoir affaire à la police et la justice. » À ce sujet, le président de l'Eurométropole estime que la procureure de la République de Strasbourg Yolande Renzi ne s'exprime pas assez sur le sujet des violences du nouvel an. « Je trouve que la parole de la procureure de la République est très importante. Il serait bon qu'elle s'exprime sur cette violence. On aimerait savoir ce que dit la justice, ce qu'elle propose. On ne peut pas faire comme si elle n'était pas là. Je pense que cette parole n'est pas assez présente dans le débat »

Une voiture éteinte par les pompiers dans le quartier du Port du Rhin en début de soirée, le 31 décembre. Photo DNA /Cédric JOUBERT

Des propos qui interviennent au moment des premières poursuites. Malgré une quarantaine d'interpellations pendant la nuit du Nouvel An, la salle des comparutions immédiates est restée fermée en ce 2 janvier en l'absence de déferrement. Le parquet a choisi de classer sans suite certains dossiers, estimant que les faits étaient « insuffisamment caractérisés ». D'autres font l'objet d'une poursuite d'enquête. « Aujourd'hui, notre parole ne suffit plus », relève un policier de terrain. « Le vrai travail d'enquête va démarrer maintenant avec notamment l'exploitation des caméras. »

De même, le parquet des mineurs a demandé que soient diligentées des investigations supplémentaires concernant les adolescents soupçonnés d'avoir commis des dégradations au cours de la nuit de la Saint-Sylvestre. « Des poursuites d'enquête sont envisagées dans beaucoup de dossiers. Il s'agit de garder du temps de garde à vue », a fait savoir le magistrat en charge du parquet des mineurs.

Des policiers de terrain, déjà fatigués par un enchaînement de nuits agitées, confient leur incompréhension face à l'absence de réponse judiciaire. « Si le parquet ne prend pas conscience de ses responsabilités, ça ira de plus en plus mal, s'inquiète Robert Herrmann. C'est dramatique. »

Ce vendredi, seuls deux jeunes hommes, interpellés pour des incendies de véhicules, doivent être jugés dans le cadre des comparutions immédiates.
Olivier CLAUDONavec G.L. et Cel.L.

 

 
 

Des pompiers pris dans un guet-apens : « Les individus étaient prêts à les lyncher »

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 06:15:31

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Des pompiers pris dans un guet-apens : « Les individus étaient prêts à les lyncher »
 

 
Pris dans un guet-apens dans le quartier de Cronenbourg, un camion a été caillassé. Deux pompiers ont été blessés.
Entre 200 et 300 voitures ont brûlé au cours de la nuit de la Saint-Sylvestre sur le territoire de l'Eurométropole de Strasbourg. Autant de situations dans lesquelles les pompiers se sont sentis en grand danger.

« Dès le début du mois de décembre, on a perçu l'accélération du nombre de feux avec déjà des caillassages à Hautepierre, au Port du Rhin, à l'Elsau », témoigne Cédric Hatzenberger, secrétaire général du syndicat Force ouvrière au sein du Service départemental d'incendie et de secours du Bas-Rhin. « On sentait une ambiance électrique qui laissait présager une nuit du Nouvel An de folie. D'autant que les pouvoirs publics semblaient complètement dépassés.»
Un barrage fait de poubelles en feu, de Caddie®...

Fin décembre, la direction du Service départemental d'incendie et de secours du Bas-Rhin et la préfecture ont convenu de mettre en place une procédure d'accompagnement des pompiers. « Dans les quartiers de Neuhof, Hautepierre et Cronenbourg, un point de regroupement a été fixé pour attendre la police avant de partir en intervention. » Ce dispositif, appliqué dans la nuit du 31 décembre, n'a pas empêché les guets-apens.

« À la cité nucléaire à Cronenbourg, un fourgon de la caserne Ouest s'est engagé vers la rue Augustin-Fresnel. Les pompiers se sont retrouvés devant un barrage fait de poubelles en feu, de Caddie®, de mobiliers divers et variés. Quand ils ont fait marche arrière, ils étaient bloqués par des voitures de l'autre côté. »

Le véhicule a foncé pour passer les obstacles. « C'est dans ce contexte qu'un jeune homme aurait été percuté par le camion », ne cache pas Cédric Hatzenberger. La victime aurait été « transportée à l'hôpital de Hautepierre par des copains » et souffrirait d'un traumatisme crânien, sans que ses jours ne soient en danger. « Sa famille a déposé plainte. » Une enquête de police est en cours.

« Dans la soirée, il y a eu des représailles, poursuit le pompier. Quand le fourgon suivant s'est engagé dans les rues Lavoisier et Augustin-Fresnel, il est tombé dans une embuscade, totalement orchestrée. La route s'est fermée. Plus d'une cinquantaine de jeunes ont sauté sur le véhicule à coups de mortiers, de barres de fer, de cailloux et mêmes d'échelles portatives. Leur but était de faire sortir le personnel. »
« Des pompiers qui refusent de retourner dans cette cité »

Toutes les vitres du fourgon pompe-tonne ont été brisées. « Un caillou a blessé le conducteur, nécessitant des points de suture au visage. Le projectile a ensuite fait un trou dans le casque du copilote qui souffre d'une commotion cérébrale. » Les pompiers de Cronenbourg ont pris la fuite en marche arrière.

« On n'est plus dans un caillassage d'amusement ou de défiance d'un service public. Si les individus avaient réussi leur coup, on aurait eu des morts parce qu'ils étaient prêts à les lyncher. Aujourd'hui, tout symbole de l'État, tout véhicule avec un gyrophare est visé.
« Un appel au secours au préfet »

Cédric Hatzenberger décrit « une profession traumatisée ». Une cellule d'accompagnement médico-psychologique a été mise en place au sein de la caserne Ouest. « Le conducteur du camion impliqué dans l'accident est en arrêt maladie. D'autres collègues ne vont pas bien du tout. J'ai vu des pompiers en larmes qui refusent de retourner dans cette cité. »

Et de lancer « un appel au secours au préfet face à une situation qui n'est absolument plus maîtrisée par la police dans les quartiers par manque de moyens humains ». Dans les nuits des 1er et 2 janvier, de nouvelles voitures y ont brûlé. À Cronenbourg, les pompiers continuent d'être systématiquement escortés par les forces de l'ordre.
Geneviève LECOINTRE

 

 
 

L'indépassable horizon de Gilbert M.

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 05:58:33

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Nouvel an  Cérémonie des voeux
L'indépassable horizon de Gilbert M.
Depuis 25 ans qu'il navigue dans les eaux tumultueuses de la politique, le maire de Colmar sait comme personne présenter son bon profil. En 2020, plus que jamais, le professeur Gilbert se devait de délivrer un 20/20 à l'élève Meyer. Cours magistral devant 600 invités, hier soir au parc-expo.
 

 
Les voeux de Gilbert Meyer : un cours magistral dans l'amphi du parc-expo de Colmar ce vendredi 3 janvier.
Janvier, mois de la sobriété. C'est tendance, paraît-il. Style classique, très classique, pour Gilbert Meyer. Pas d'effets de manche, tout en retenue, tout dans le contenu. Et cette scansion qui lui est propre. Le cours est long, une heure et demie. Interminable pour certains, qui piquent du nez. De futurs redoublants, assurément.

« Le terrain d'entente n'est pas toujours l'aboutissement d'un chemin rectiligne », dit Gilbert Meyer. L'aphorisme est censé condenser la pensée neuve du maire de Colmar, celle qui doit le guider vers un 5e mandat. Réputé autoritaire, Meyer renvoie l'accusation à d'autres. Non, lui sait que certains dossiers méritent une « approche délicate » et « supposent parfois des compromis ». Principal visé (et principal absent) : le préfet Laurent Touvet (lire par ailleurs). Visiblement, l'affront fait à Wuenheim n'est pas passé (*). «La comparaison était totalement hors sujet », tranche le maire.

Les bons élèves venus des établissements voisins sont salués. Première de la classe, Brigitte Klinkert, étudiante à la Collectivité européenne d'Alsace, reçoit les félicitations du juré : « Mme la présidente, votre (sic !) collectivité est la synthèse même de la querelle opposant les anciens aux modernes ». Remerciements variés par la suite, mais aussi rappel de la hiérarchie « gilbertienne ». Sujet : la répartition des contributions communales au Service départemental d'incendie et de secours. « Merci de m'avoir écouté [afin d'obtenir des modalités de calcul] avec une meilleure équité ». L'ordre est (r) établi.

La Région Grand Est obtient des encouragements inédits pour son action dans le domaine économique, essentiellement. Plus fort encore : critiquer la Région (et le Département), bref, le « millefeuille territorial », relèverait désormais de la « démagogie ». C'est un pas en avant.

Rayon notation, Colmar Agglo est hors concours. Normal, son président et le maire de Colmar ne font qu'un. On passe de l'un à l'autre sans parfois s'en rendre compte. Des bienfaits de l'apprentissage horizontal...
Leçon de chiffres, leçon de lettres

Retour au concret. Leçon de chiffres, évidemment, par le professeur ès finances. Sûr de son bilan, l'édile colmarien déroule calmement ses dominantes : endettement en forte baisse, investissement et autofinancement en forte hausse. Incontestable et incontesté. Il y est question de « performance », d'« exploit », de « presque miracle ». En un mot comme en cent, de Gilbert Meyer. Ce numéro-là, le premier magistrat a beau l'avoir déjà donné mille fois, il y prend visiblement toujours autant de plaisir. Et cela fait toujours son effet, surtout sur les collègues qui gèrent des collectivités moins à l'aise.

Chiffres et classement, le maire en est fondu. Surtout ceux qui flattent son action. Sourire en coin : « Le Point a classé Colmar 11e ville la plus attractive de France. Ce n'est pas moi qui le dis, je l'ai lu... ». Et quand les fameux chiffres ne vont pas dans le sens attendu : hop ! Un tour de passe-passe. « 70 158 Colmariens. C'est un nombre inférieur à celui communiqué il y a un an. Il faut y voir là les effets pervers de la méthode de recensement par sondage portant sur un échantillon tiré au hasard [...] ». Si la forme prête à sourire, on ne jugera pas sur le fond : il n'est pas impossible que le maire ait raison.

Leçon de lettres, enfin. Gilbert Meyer rappelle à ses « amis journalistes » son attachement à leur rôle dans la vie démocratique et le débat public. Il les invite toutefois à « se prémunir des dangers des réseaux sociaux [...] où chacun se forge la représentation du monde qui lui convient ». Sage conseil, s'il en est.

Lettres encore pour - enfin on y arrive -- parler des élections à venir : « Quel que soit le choix des Colmariens, il sera le bon, car selon le mot d'Euripide, ''aucun de nous ne sait ce que nous savons tous ensemble''». Quelques pistes toutefois, à propos de ce savoir-ensemble : « Un chef d'équipe doit élever la ligne d'horizon à 5/10 ans, permettant aux citoyens de lever les yeux et de voir toujours quelque chose au loin ».
Mathieu PFEFFER * Il y a quelques semaines à Wuenheim, devant les maires du Haut-Rhin, le préfet avait évoqué, sans la nommer, cette commune capable de construire un parking en dix-huit mois mais incapable d'aménager une aire de grand passage des gens du voyage. Comprendre Colmar.

* Il y a quelques semaines à Wuenheim, devant les maires du Haut-Rhin, le préfet avait évoqué, sans la nommer, cette commune capable de construire un parking en dix-huit mois mais incapable d'aménager une aire de grand passage des gens du voyage. Comprendre Colmar.

 
 

L'indépassable horizon de Gilbert M.

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 05:57:40

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L'indépassable horizon de Gilbert M.
 

 
Les voeux de Gilbert Meyer : un cours magistral dans l'amphi du parc-expo de Colmar ce vendredi 3 janvier. Photos L'Alsace /Hervé KIELWASSER
Janvier, mois de la sobriété. C'est tendance, paraît-il. Style classique, très classique, pour Gilbert Meyer. Pas d'effets de manche, tout en retenue, tout dans le contenu. Et cette scansion qui lui est propre. Le cours est long, une heure et demie. Interminable pour certains, qui piquent du nez. De futurs redoublants, assurément.

« Le terrain d'entente n'est pas toujours l'aboutissement d'un chemin rectiligne », dit Gilbert Meyer. L'aphorisme est censé condenser la pensée neuve du maire de Colmar, celle qui doit le guider vers un 5e mandat. Réputé autoritaire, Meyer renvoie l'accusation à d'autres. Non, lui sait que certains dossiers méritent une « approche délicate » et « supposent parfois des compromis ». Principal visé (et principal absent) : le préfet Laurent Touvet (lire par ailleurs). Visiblement, l'affront fait à Wuenheim n'est pas passé (*). «La comparaison était totalement hors sujet », tranche le maire.

Les bons élèves venus des établissements voisins sont salués. Première de la classe, Brigitte Klinkert, étudiante à la Collectivité européenne d'Alsace, reçoit les félicitations du juré : « Mme la présidente, votre (sic !) collectivité est la synthèse même de la querelle opposant les anciens aux modernes ». Remerciements variés par la suite, mais aussi rappel de la hiérarchie « gilbertienne ». Sujet : la répartition des contributions communales au Service départemental d'incendie et de secours. « Merci de m'avoir écouté [afin d'obtenir des modalités de calcul] avec une meilleure équité ». L'ordre est (r) établi.

La Région Grand Est obtient des encouragements inédits pour son action dans le domaine économique, essentiellement. Plus fort encore : critiquer la Région (et le Département), bref, le « millefeuille territorial », relèverait désormais de la « démagogie ». C'est un pas en avant.

Rayon notation, Colmar Agglo est hors concours. Normal, son président et le maire de Colmar ne font qu'un. On passe de l'un à l'autre sans parfois s'en rendre compte. Des bienfaits de l'apprentissage horizontal...
Leçon de chiffres, leçon de lettres

Retour au concret. Leçon de chiffres, évidemment, par le professeur ès finances. Sûr de son bilan, l'édile colmarien déroule calmement ses dominantes : endettement en forte baisse, investissement et autofinancement en forte hausse. Incontestable et incontesté. Il y est question de « performance », d'« exploit », de « presque miracle ». En un mot comme en cent, de Gilbert Meyer. Ce numéro-là, le premier magistrat a beau l'avoir déjà donné mille fois, il y prend visiblement toujours autant de plaisir. Et cela fait toujours son effet, surtout sur les collègues qui gèrent des collectivités moins à l'aise.

Chiffres et classement, le maire en est fondu. Surtout ceux qui flattent son action. Sourire en coin : « Le Point a classé Colmar 11e ville la plus attractive de France. Ce n'est pas moi qui le dis, je l'ai lu... ». Et quand les fameux chiffres ne vont pas dans le sens attendu : hop ! Un tour de passe-passe. « 70 158 Colmariens. C'est un nombre inférieur à celui communiqué il y a un an. Il faut y voir là les effets pervers de la méthode de recensement par sondage portant sur un échantillon tiré au hasard [...] ». Si la forme prête à sourire, on ne jugera pas sur le fond : il n'est pas impossible que le maire ait raison.

Leçon de lettres, enfin. Gilbert Meyer rappelle à ses « amis journalistes » son attachement à leur rôle dans la vie démocratique et le débat public. Il les invite toutefois à « se prémunir des dangers des réseaux sociaux [...] où chacun se forge la représentation du monde qui lui convient ». Sage conseil, s'il en est.

Lettres encore pour - enfin on y arrive -- parler des élections à venir : « Quel que soit le choix des Colmariens, il sera le bon, car selon le mot d'Euripide, ''aucun de nous ne sait ce que nous savons tous ensemble''». Quelques pistes toutefois, à propos de ce savoir-ensemble : « Un chef d'équipe doit élever la ligne d'horizon à 5/10 ans, permettant aux citoyens de lever les yeux et de voir toujours quelque chose au loin ».
Mathieu PFEFFER * Il y a quelques semaines à Wuenheim, devant les maires du Haut-Rhin, le préfet avait évoqué, sans la nommer, cette commune capable de construire un parking en dix-huit mois mais incapable d'aménager une aire de grand passage des gens du voyage. Comprendre Colmar.

 

 
 

Colmar meyer L'État, c'est lui !

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 06:00:58

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L'État, c'est lui !
 

 
Il est déjà loin le temps de Noël. Celui où, tout sourire, le maire Gilbert Meyer et le préfet Laurent Touvet, d'une même main assurée et décontractée tiraient sur une cordelette, illuminant ainsi les marchés colmariens. C'était le 22 novembre. Il y a à peine plus d'un mois, il y a une décennie déjà... Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts de la Petite Venise : le maire a refait acte de candidature, le préfet s'est mis en retrait de la campagne invoquant « une des exigences de l'État, celle de la neutralité ». D'où son absence hier soir, comme à toutes les cérémonies municipales à venir.

Voilà qui ne manque pas d'irriter le premier magistrat local : « Personnellement, je le regrette beaucoup. C'est la première fois en 25 ans que le représentant de l'État s'absente. C'est dommage. En quoi [sa présence] aurait pu changer le cours des choses quant aux élections à venir ? C'était toujours pour moi l'occasion de dire en quoi il a pu aider et en quoi l'administration centrale peut encore simplifier. » Voilà comment -en un seul paragraphe- dire au plus haut personnage de l'État dans le département que : son influence sur la vie démocratique est quasi nulle ; toutefois, certaines de ses actions méritent d'être relevées (certaines...) ; enfin, les pistes d'amélioration sont nombreuses, d'ailleurs, voici comment procéder, etc. Bref, une leçon de choses inversée dans le plus pur style « gilbertien ». Le préfet ne manquera pas de savourer.

Sur le sujet, le maire conclut : « En tant que républicain, je me permets d'estimer que cette absence auprès des forces vives peut être diversement appréciée. » Traduction -approximative- sans le vernis diplomatique de rigueur : haro sur le préfet ! Ne nous y trompons pas : au-delà de la personne même de Laurent Touvet, c'est bien l'État, cible facile s'il en est, qui est visé. Derrière une fine couche de pommade passée à la hâte (plan de rénovation de la cité administrative, signes de bonne volonté divers), le pouvoir régalien et la centralisation sont questionnés, pour ne pas dire mis en accusation. La politique de l'emploi ? « Trop longtemps, uniquement pilotée par l'État et les partenaires sociaux ». La suppression de la taxe d'habitation ? « Le gouvernement a prévu de déshabiller Pierre pour habiller Paul ». L'aire de grand passage à réaliser par Colmar Agglo ? « Tant que cette question relevait de l'État, le dossier n'a pas bougé d'un pouce ! Aujourd'hui, il n'avancerait pas assez vite. »

Pas la peine d'en rajouter, le ton est donné. Ah, si, cette dernière sentence, peut-être : « La France, ce n'est pas seulement l'État. Ce sont aussi et surtout des Français qui ne supportent plus ce qui les paralyse ». On serait tenté d'ajouter : et Colmar, c'est aussi et surtout un maire qui rappelle qu'ici le patron s'appelle Gilbert Meyer ! Un patron qui, chercherait-il à faire sortir le préfet Touvet de sa réserve républicaine, ne s'y prendrait pas autrement. À suivre...
M.PF.

 

 
 

Tristan Denéchaud : « On reste sur sa faim »

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 06:02:07

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Tristan Denéchaud : « On reste sur sa faim »
 

 
Tristan Denéchaud, candidat Modem.
Que retenez-vous du discours de Gilbert Meyer ?

Tristan Denéchaud (candidat Modem) : C'était un discours de directeur des finances, pas de maire. Une heure 25 c'est presque la durée d'un film, sur la décentralisation, la fiscalité, les problèmes des collectivités. C'est intéressant en soi, mais ça ne donne aucune perspective sur Colmar. Les projets présentés sont les projets de l'État comme la prison, ou privé comme le palace. On reste sur sa faim. C'est un discours de fin de mandat, avec beaucoup d'autosatisfaction. Et sur la forme, c'est d'une longueur extrême.

Le développement du tourisme, dont il se félicite, est devenu un sujet clivant à Colmar. Quelle est votre position ?

T.D. : On attend toujours les résultats d'une étude. Nous, on ne veut pas plus de visiteurs, mais plus de diversité. On veut limiter le tourisme de masse, ces gens qui viennent en bus et restent deux heures. On veut un tourisme plus qualitatif. Varier les provenances, les revenus, les générations, avec davantage de jeunes couples. Cela fait partie de l'attractivité dont le maire a parlé. Le projet d'hôtel haut de gamme va dans le bon sens, mais c'est un projet privé. Y a-t-il vraiment une politique touristique concertée avec les communes voisines, avec l'Alsace ? On est en pilotage automatique. On ouvre les portes et on laisse faire.
V.F.

 

 
 

Frédéric Hilbert : « Mauvais bilan écologique »

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 06:02:25

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Frédéric Hilbert : « Mauvais bilan écologique »
 

 
Frédéric Hilbert, candidat les Verts.
L'an dernier, vous aviez noté que Gilbert Meyer n'avait pas parlé d'écologie. Cette année, il l'a fait, êtes-vous satisfait ?

Frédéric Hilbert (candidat Les Verts) : Effectivement, il a commencé son discours avec le réchauffement climatique et il l'a encore évoqué plus tard. Mais le reste du discours n'a pas changé. Il se satisfait de ce que la Ville ou l'agglomération fait en matière de développement durable, mais son bilan n'est pas bon, les émissions de gaz à effet de serre augmentent à nouveau depuis 2014. Si on veut parler de réchauffement climatique, il ne faut pas le juxtaposer à un discours qui existe depuis longtemps, il faut changer le discours global. Le réchauffement climatique est une préoccupation majeure de l'électorat, mais c'est un discours électoral auquel on a assisté ce soir.

Un point à retenir dans ce discours ?

F.H. L'absence des associations caritatives. Il a parlé des associations culturelles, celles qui ont fêté Nouvel An avec la subvention de la Ville, par exemple. Mais sur des grosses associations telles qu'Espoir, Caritas ou d'autres, qui font un travail au quotidien auprès des nombreux Colmariens qui sont démunis, pas un mot. Et c'est quelque chose de récurrent depuis longtemps. Il dit tellement de choses, il faut regarder ce qu'il ne dit pas.
V.F.

 

 
 

Stéphanie Villemin : « pas de vision »

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 06:02:48

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Stéphanie Villemin : « pas de vision »
 

 
Stéphanie Villemin, candidate LaREM.
Que retenez-vous du discours de Gilbert Meyer ?

Stéphanie Villemin (candidate LaREM) : C'était un long discours basé sur l'autosatisfaction. Et quand c'est trop long, on s'y perd. Je n'ai pas vu de vision, de projection. Peu de projets évoqués. On était plutôt tourné vers le passé.

Je ne veux pas être dans une position d'opposante affirmant que tout ce qui a été fait est mauvais, pas du tout. Il y a de belles choses qui ont été faites. On a des outils de qualité à Colmar. Mais ce soir Gilbert Meyer était dans le passé et non dans l'avenir.

Vous avez l'investiture de LaREM face à un maire sortant qui, dans son discours, soutient l'action gouvernementale. Qu'est ce qui vous démarque ?

S. V. : C'est vrai, Gilbert Meyer a fait allusion à l'opération Coeur de Ville par exemple.

Je ne peux que me féliciter qu'il approuve la politique gouvernementale dans ses grands axes. Mais un projet municipal n'est pas un projet national.

On n'aura certainement pas ni le même projet, ni la même équipe, ni la même vision. Je défends cette nouvelle façon de faire les choses, apportées par LaREM, qui consiste à faire entrer du pragmatisme, des personnes avec des compétences venant de la société civile au niveau local. Ce sont des valeurs importantes pour moi.
V.F.

 

 
 

CHSCT : « On a toujours cherché à nous freiner »

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 06:35:43

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CHSCT : « On a toujours cherché à nous freiner »
 

 
La dernière visite du CHSCT en date, prévue le 10 décembre, au lycée des métiers Stoessel de Mulhouse, « suite des remontées inquiétantes de la part des personnels », à la fois sur des questions de gestion d'équipe et sur l'état de vétusté du gymnase, a été reportée au troisième trimestre. Archives L'Alsace /Hervé KIELWASSER
Les représentants des personnels de l'Éducation nationale (FSU, Sgen-CFDT, Unsa) ont refusé de siéger au CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) qui devait se tenir le 19 décembre dans le Haut-Rhin. Comme leurs collègues du Bas-Rhin (L'Alsace du 4 octobre), les élus se sentent « muselés ».

L'instance, qui avait voté un programme de cinq visites dans des établissements cette année, n'a pu encore en effectuer aucune. « Nous ne savons pas quand elles deviendront réalité », souligne Christophe Ansel, pour la FSU 68. La dernière en date, prévue le 10 décembre, au lycée des métiers Stoessel de Mulhouse, « suite des remontées inquiétantes de la part des personnels », à la fois sur des questions de gestion d'équipe et sur l'état de vétusté du gymnase, a été reportée au troisième trimestre, de manière « unilatérale » par l'administration. Une autre visite envisagée au lycée Blaise-Pascal de Colmar n'est pas davantage d'actualité.

« L'Éducation nationale affirme qu'elle traite les problèmes, dans ce cas pourquoi ne sommes-nous pas informés ? Aurait-elle quelque chose à cacher ? », interroge la FSU 68. « On a toujours cherché à nous freiner », ajoute le syndicat, pour lequel les préconisations du CHSCT sont trop rarement respectées, les ressources et les consignes insuffisamment diffusées, notamment aux chefs d'établisse-ment qui ne font pas systémati-quement remonter les fiches des registres santé sécurité au travail.
« Les conditions de travail des personnels peuvent être difficiles dans le département »

L'académie de Strasbourg a pourtant été parmi les six expérimentatrices d'un protocole sur les risques psychosociaux (L'Alsace du 13 janvier 2019). « Dans les faits, six personnes ont été formées à cette méthodologie qui a été réellement mise en oeuvre trois fois... pour 27 000 agents ! C'est de la poudre aux yeux », se désole l'élu. En dehors d'une rencontre au rectorat de Strasbourg il y a quelques semaines, les CHSCT de l'académie sont conviés à un séminaire le 29 janvier. « Tout est arrêté, c'est le prétexte. Or les conditions de travail des personnels peuvent être difficiles dans le département, en particulier à Mulhouse où il y a de la misère sociale. »
C. C.

 

 
 

Autour des sites Seveso, l'urbanisation se poursuit

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 06:20:52

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Autour des sites Seveso, l'urbanisation se poursuit
 

 
Régulièrement, des péniches approvisionnent les cuves de Wallach Énergies et Bolloré Energy. Ces infrastructures se trouvent à moins d'une centaine de mètres des habitations les plus proches. Archives L'Alsace
Il fait déjà rêver maires et promoteurs. Le projet d'écoquartier porté par l'agglomération mulhousienne, ainsi que les villes d'Illzach, Riedisheim et Rixheim, a tout pour séduire : 1200 logements, un lycée international, une ferme urbaine, une nouvelle gare SNCF - même si deux sont souhaitées -, la mise en place de navettes fluviales entre le tram mulhousien et l'usine PSA...

S'il s'agit d'un projet sur le long terme qui, dans sa globalité, ne devrait pas voir le jour avant quinze ou vingt ans, l'écoquartier revêt un aspect de plus en plus concret au fil des réunions. Lors de sa déclaration de candidature aux élections municipales début décembre, le maire de Riedisheim Hubert Nemett imaginait même que, dans sa ville, « en 2022, les choses surgissent de terre ».

Le site choisi, à l'Île Napoléon, en bordure du canal du Rhône-au-Rhin, face au port et à la zone industrielle, représente une surface d'une cinquantaine d'hectares. Il est placé dans une zone en partie délaissée depuis plusieurs années et sa limite sud-ouest se trouve à quelques mètres seulement de deux sites classés Seveso seuil bas : Bolloré Energy et Wallach Énergies. Deux sites qui, au total, stockent plus de 4 000 m3 d'hydrocarbures, ainsi que 500 tonnes de houille et coke à Bolloré Energy. Ce dernier a d'ailleurs été la source de plusieurs pollutions des sols, en 1986 et au début des années 2000. L'entrepôt de Wallach Énergies a, quant à lui, fait l'objet d'un arrêté de mise en demeure relatif à la sécurité du site, en 2015.

La zone de construction de l'écoquartier se trouve également à moins de 1 km de l'Entrepôt pétrolier de Mulhouse (EPM), site classé Seveso seuil haut, et à seulement quelques encablures des infrastructures de déchargement fluvial des hydrocarbures, où accostent 350 bateaux par an pour l'approvisionnement du dépôt.
Les recommandationsde la préfecture

Et pourtant, le 8 novembre 2012, la préfecture adressait un « porter à connaissance » à propos des risques technologiques relatifs à la présence de ces trois sites : Bolloré Energy, Wallach Énergies ainsi que les installations fluviales de déchargement de l'EPM. Ce document, qui définit les zones d'exposition aux risques technologiques, détermine également les endroits où l'urbanisation est interdite ou à éviter. S'il indique que toute construction est prohibée dans certaines zones qui figurent dans le projet d'écoquartier, il y est aussi mentionné que « les dommages aux biens et aux personnes ne peuvent toutefois être exclus au-delà des périmètres définis. Il convient donc d'être vigilant et prudent sur les projets situés en limite de zone d'exposition aux risques et d'en éloigner autant que possible les projets importants ou sensibles. »

Peut-on considérer un tel projet comme « important » ou « sensible » ? Sans doute. « Nous n'allons évidemment pas construire l'écoquartier dans les zones classées ! », assure Philippe Wolf, adjoint au maire de Rixheim en charge de l'urbanisme. « S'il y a une catastrophe, nous l'avons vu avec Rouen, toute l'agglomération sera touchée. Nous devons y être attentifs, mais ça ne doit pas empêcher le projet de voir le jour. »

« Il va falloir que l'on invente une forme de cohabitation. L'objectif est de permettre l'accès aux berges, d'apporter une vision nouvelle, d'en faire un lieu de vie », souligne Jean-Luc Schildknecht, maire d'Illzach et vice-président de l'agglomération (M2A), également impliquée dans le projet.

« Tout ce qui est situé en dehors du plan de prévention des risques technologiques (PPRT) relève du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune. Développer l'urbanisation juste à la limite du PPRT montre bien qu'il n'y a pas une culture du risque pour les prendre en compte hors du zonage », note Éliane Propeck-Zimmermann, spécialiste de l'analyse géographique des situations à risque et professeure à l'université de Strasbourg. « On pourrait, par exem-ple, réfléchir à des activités plus ou moins compatibles, notamment dans le secteur de la transition énergétique : panneaux solaires, stockage de matériaux, etc. »
« Engager au plus vite une concertation »

Au sein des conseils municipaux, le projet semble plutôt bien accueilli sur le fond, même si des dissensions subsistent sur la forme. « Je suis favorable à des évolutions de l'urbanisme maîtrisées et dans une logique de développement durable », souligne Loïc Richard, conseiller municipal d'opposition à Riedisheim. « Pour moi, c'est la zone la plus évidente. Elle n'est pas dynamique et n'a pas été sélectionnée par M2A comme une zone d'activité en devenir. Elle s'est éteinte. Ce qui paraîtrait urgent, c'est, compte tenu des risques, d'engager au plus vite une concertation avec les riverains, les exploitants et les différentes sensibilités au sein du conseil. »

Les principales réserves émanent du groupe d'opposition Riedisheim-Partageons nos valeurs (UDI), représenté par Simone Wachs-Niemerich. Elle a notamment demandé, lors du conseil municipal du 24 octobre, à ce que « le "porter à connaissance risques technologiques" soit pris en compte prioritairement dans la faisabilité du projet, avant d'engager des dépenses et des travaux supplémentaires ».

Il faut dire aussi que les trois communes arrivent à cours de place. « D'un côté, nous avons les contreforts du Jura et, d'un autre côté, la forêt de la Hardt et des terres agricoles. Nous avons décidé de ne pas y toucher. Ce qu'il nous reste, à Rixheim, ce sont des friches », rappelle Philippe Wolf. La ville est d'autant plus intéressée par cette zone à aménager qu'elle est en déficit d'environ 400 logements sociaux. « Nous avons perdu le droit de préemption au profit de la préfecture », déplore-t-il. « Dans ce projet, nous serions sur du 30 % de logement social. C'est la dernière zone où nous pouvons envisager un grand projet. »
Un dossier de Pablo GUIMBRETIÈRE PLUS WEB Nos diaporama, cartes interactives et documents sur www.lalsace.fr

 

 
 

Mulhouse Objectif printemps 2020pour le « Climbing center »

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 06:34:18

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Mulhouse  Escalade
Objectif printemps 2020pour le « Climbing center »
 

 
Le Climbing center CMC68 en chantier à Mulhouse.
Comme ont pu le constater les partenaires et représentants des collectivités qui ont soutenu le projet à l'occasion d'une visite de chantier du « Climbing center » de Mulhouse organisée mi-décembre, les travaux se poursuivent à bon rythme.

La structure monumentale, située au coeur de la friche DMC, qui semble défier la cheminée voisine, est désormais habillée d'un noir mat et coiffée d'une « casquette » destinée à protéger des éléments les grimpeurs s'attaquant à la « face sud » : le mur extérieur. « L'ouverture des voies » est programmée pour février, avec en ligne de mire l'objectif déjà annoncé : une ouverture au printemps 2020.

Le site sera alors accessible à tous, des scolaires aux sportifs de haut niveau, a souligné le porteur du projet, Bruce Coll. « Nous avons déjà concrétisé des premiers contacts avec l'équipe olympique belge, qui nous a rendu visite et se réjouit de pouvoir bientôt profiter de nos installations. Ceci est la preuve que nous rayonnons déjà à plusieurs centaines de kilomètres de Mulhouse », a-t-il souligné.

 

 
 

Arrêt du réacteur n° 2

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 06:17:56

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Arrêt du réacteur n° 2
 

 
Ce vendredi à midi, l'unité de production n° 2 de la centrale nucléaire de Fessenheim a été déconnectée temporairement du réseau électrique national « pour réaliser une opération de maintenance sur un matériel situé dans la partie non nucléaire des installations », précise EDF sur son site internet. « Le réacteur a été conduit dans un état permettant de réaliser cette intervention », ajoute l'opérateur, qui annonce que l'unité de production sera reconnectée au réseau électrique « dès que le matériel sera de nouveau pleinement opérationnel ». En attendant, « l'unité de production n° 1 est en fonctionnement et à la disposition du réseau électrique national ».

 

 
 

Horbourg-Wihr L'année commence dans l'harmonie

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 05:58:09

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Horbourg-Wihr  Concert du Nouvel An
L'année commence dans l'harmonie
En ce premier jour de l'an, la salle Kastler a été, comme chaque année, prise d'assaut par les amateurs de musique pour le traditionnel concert du Nouvel An de l'Argentovaria. En plus des quelque 650 personnes qui avaient réservé, une bonne cinquantaine est venue au petit bonheur et s'est réfugiée sur les gradins.
 

 
L'harmonie Argentovaria sous la direction de Philippe Boegler.
Parmi les officiels on notait la présence de Philippe Rogala, le maire, plusieurs adjoints et membres du conseil municipal, Brigitte Klinkert, présidente du conseil départemental, Eric Straumann, député, des maires voisins et de nombreux représentants d'autres associations, dont les deux chorales et le groupe vocal de la commune.

Dans son allocution, Frédéric Galmiche, le président de l'harmonie n'a pas manqué de souligner combien le soutien de la municipalité était précieux pour l'organisation de cette manifestation.

Philippe Boegler a dirigé avec maestria ses 43 musiciens. Pour la première partie ce sont 5 titres très divers qui ont été proposés. Après Spanish Flea, Crossroads et The story of King Arthur, l'harmonie a interprété Conradiana d'Ennio Morricone. L'occasion pour Valentin Corrado, le ténor, d'exprimer la puissance de sa voix.

Pour clôre cette partie, place au jazz avec Tribute de Dixie où 4 jeunes musiciens se sont distingués, Lisa Meyer au saxophone, Thierry Gantz à la clarinette, Fabien Renger à la trompette et Nicolas Ley au trombone.

Dans la 2e partie, des films ont été mis à l'honneur, Highlights from Mary Poppins, Avengers ou encore Highlights from Ratatouille que Philippe Boegler a dirigé avec une toque sur la tête. Après un extrait de la comédie musicale Les misérables, le concert a pris fin avec une polka viennoise de Johann Strauss fils. Il y a eu bien sûr plusieurs rappels et les musiciens n'ont pas boudé leur plaisir pour prolonger ce moment. Frédéric Galmiche l'avait bien dit en citant Henri de Monterlhant : « On peut éprouver une telle joie à faire plaisir à quelqu'un qu'on ait envie de le remercier. »
A venir : Concert du printemps le 9 mai au Ried Brun et le 30 mai au théâtre de Ste-Marie-aux-Mines.

A venir : Concert du printemps le 9 mai au Ried Brun et le 30 mai au théâtre de Ste-Marie-aux-Mines.

 
 

Thierry Gross, le roi de la galette dans le Haut-Rhin

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 06:09:05

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Thierry Gross, le roi de la galette dans le Haut-Rhin
 

 
Chaque année, une nouvelle collection de fèves s'invite dans les galettes. En 2020, chez Thierry Gross, ce seront les bouchons de champagne. Photo L'Alsace /Audrey NOWAZYK

Chaque année, une nouvelle collection de fèves s'invite dans les galettes. En 2020, chez Thierry Gross, ce seront les bouchons de champagne. Photo L'Alsace /Audrey NOWAZYK

Pour sa première participation au concours de la meilleure galette aux amandes du Haut-Rhin, Thierry Gross a visé le «Graal» et l'a atteint. Poussé par son pâtissier, Thomas Mascha, un adepte des concours, Thierry Gross ne regrette pas son investissement, qui est déjà récompensé, au-delà du titre, par des retombées sur son commerce. « D'habitude, nous sortons environ 1 000 galettes des fourneaux. Cette année, nous devrions avoisiner les 2 000 », mentionne-t-il. Le téléphone sonne, les clients, habitués des lieux ou non, franchissent déjà le pas de la porte pour passer commande. Thierry Gross devrait par ailleurs être sollicité pour la galette de certaines institutions telles la préfecture ou encore le conseil départemental, sans compter sur nombre d'associations.

Depuis 32 ans qu'il pratique son métier, il en a réalisé des galettes. Mais jamais il n'a osé ou pris le temps de participer à un concours. Sa toute première expérience en la matière est toute fraîche. « Cet été, nous avons concouru pour le kougelhopf d'or, mais nous sommes rentrés à la boutique bredouilles », sourit-il. Un « échec » qui ne l'a pas empêché de renouveler l'expérience avec sa galette. Cette fois, c'est avec un titre qu'il est rentré à la maison.
« La galette, c'est une tradition, il faut la respecter »

Mais ce n'est parce qu'il a remporté un beau diplôme et une jolie coupe que Thierry Gross a dérogé à sa règle. « Chez nous, la galette n'est en vente qu'à compter du 31 décembre », insiste-t-il. Pour le boulanger-pâtissier, seule la recette traditionnelle de la galette des rois, c'est-à-dire à la frangipane, est reine dans les vitrines. « Je ne suis pas adepte des versions revisitées. La galette, c'est une tradition, il faut la respecter », martèle-t-il.
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« Pour le concours, nous avons enchaîné les essais jusqu'à trouver le décor, la couleur, le goût et la texture qui nous semblaient les plus proches de notre vision d'une bonne et belle galette », explique le boulanger-pâtissier. Mais sa recette, Thierry Gross tient à la garder secrète. Il concède tout de même à révéler une astuce : le temps ! « Trois jours sont nécessaires pour réaliser une pâte feuilletée inversée. C'est indispensable pour que la pâte ne rétrécisse pas. »
Le retour de la fève « Happy Sex »

Le boulanger-pâtissier rappelle tout de même qu'il est une étape à ne pas omettre, celle de la fève. Après avoir déposé la frangipane sur les disques de pâte feuilletée, il est temps de placer délicatement la surprise tant convoitée, toujours vers l'extérieur. Chaque année, ce sont d'ailleurs de nouvelles collections de fèves qui font leur apparition dans les galettes de la maison Gross. « En 2020, c'est la thématique des bouchons de champagne qui sera déclinée », dévoile Thierry Gross. Et d'ajouter : « Nous reconduirons par ailleurs la collection "Happy Sex", pour un public averti, qui avait fait le buzz l'année dernière. »

Le secret d'une galette réussie, selon Thierry Gross : le temps ! Photo L'Alsace /Audrey NOWAZYK

La boulangerie-pâtisserie prévoit de doubler ses ventes cette année. Photo L'Alsace /Audrey NOWAZYK

C'est sous l'impulsion de son pâtissier, Thomas Mascha, que Thierry Gross s'est lancé dans le concours. Une bonne initiative puisqu'ils remportent le titre de la meilleure galette aux amandes 2020. Photo L'Alsace

L'esthétique, le goût, la texture sont passés à la loupe par les jurés du concours. Photo L'Alsace /Audrey NOWAZYK

Chaque année, une nouvelle collection de fèves s'invite dans les galettes. En 2020, chez Thierry Gross, ce seront les bouchons de champagne. Photo L'Alsace /Audrey NOWAZYK

Elles avaient fait le buzz l'an dernier, les fèves "Happy Sex" font leur retour. Pour une Épiphanie entre amis, ou quand les enfants sont couchés. Photo L'Alsace /Audrey NOWAZYK

La prochaine étape, pour le vainqueur haut-rhinois, se déroulera le 6 janvier. « Tous les médaillés d'or des départements qui composent la région Grand Est se réuniront à Schiltigheim pour présenter leurs galettes », explique Thierry Gross. Et de détailler : « Le matin, les jurés procéderont à la dégustation et l'après-midi, ils annonceront le palmarès. » Reste à savoir lequel des jurés tombera sur la fève...
Audrey NOWAZYK Y ALLER Boulangerie-pâtisserie Gross, 23 rue de la République à Guebwiller, 03.89.76.19.63. PLUS WEB Voir notre diaporama et notre vidéo sur notre site Internet

 

 
 

saint louis Élisabeth Grava, une élue au plus proche du terrain

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 06:10:25

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Saint-Louis  Disparition
Élisabeth Grava, une élue au plus proche du terrain
Avec le décès d'Élisabeth Grava, ce 1er janvier, Saint-Louis perd une adjointe discrète, efficace, dévouée.
 

 
Élisabeth Grava est décédée le 1er janvier 2020. Élue conseillère municipale en 1989, adjointe au maire en 1995, elle avait été réélue en 2014 aux côtés du maire Jean-Marie Zoellé. Elle était notamment chargée de nombreuses questions sociales.
Élisabeth Grava, adjointe au maire de Saint-Louis, est décédée ce 1er janvier. Elle avait 73 ans. Elle était entrée au conseil municipal en 1989. Elle avait été sollicitée par Jean Ueberschlag, alors maire de la ville, pour sa très bonne connaissance de Saint-Louis et de ses habitants. Elle a été élue adjointe au maire en 1995. En 2014, Élisabeth Grava avait été réélue aux côtés de Jean-Marie Zoellé. Elle était chargée des affaires démographiques, de l'accueil des nouveaux arrivants, des aînés et du logement (logement social, relations avec les bailleurs sociaux).

« Élisabeth Grava a été élevée par des parents qui lui ont transmis leurs valeurs chrétiennes. De sa mère, elle a hérité le sens de la compassion, du dévouement. De son père, le sens du devoir et de l'engagement », indique Jean-Marie Zoellé. Son père, Christian Schmidt, a été le pasteur de Saint-Louis de 1951 à 1970 - puis le président de l'Église réformée d'Alsace et de Lorraine, de 1970 à 1982. Sa mère, Marthe Schmidt, s'est occupée d'une grande fratrie dont Élisabeth était l'aînée.
« Une grande efficacité et une grande générosité »

Et le maire de Saint-Louis de poursuivre : « Nous nous sommes retrouvés dans la même équipe en 1989. Nous avons fait le chemin ensemble, jusqu'à ce premier janvier. Nous savions que nous pouvions compter l'un sur l'autre. » Élisabeth Grava était chargée de nombreuses questions sociales. Pour les aînés, elle organisait les grands anniversaires, les fêtes de Noël, auxquelles elle a encore participé en décembre, alors qu'elle était déjà affaiblie.

Elle connaissait tout le monde : via le service des affaires démographiques, elle suivait les familles, les naissances, les mariages, les décès... « Elle travaillait toujours dans la discrétion, avec une grande efficacité, une grande générosité. Jamais elle ne revendiquait quelque chose, elle ne donnait jamais de leçon, elle agissait. Elle avait aussi le sens de l'écoute, elle pouvait se mettre à côté d'une personne âgée à Blanche de Castille, en lui prenant la main simplement », se rappelle Jean-Marie Zoellé.
30 ans de dévouement

Elle s'investissait auprès des gens qui en avaient besoin : elle siégeait à la commission d'attribution des logements sociaux, représentait le maire au sein d'associations comme l'Apalib (aide à domicile pour les personnes âgées ou dépendantes), était présente au sein de nombreuses structures dans le domaine social comme le CCAS. Ceux qui avaient besoin d'aide trouvaient en elle une oreille attentive : ils osaient aller vers elle pour se confier.

Et Jean-Marie Zoellé de résumer : « C'était une femme exceptionnelle dans son engagement. Une personne remarquable, dévouée, durant 30 ans ! » En novembre dernier encore, elle avait tenu à assister à une cérémonie au cours de laquelle le préfet du Haut-Rhin lui a remis la médaille d'honneur régionale, départementale et communale de vermeil, pour 30 années de mandat. « C'était une Ludovicienne, qui a grandi ici. Pour elle, le bien vivre ensemble, notre leitmotiv à Saint-Louis, c'était du concret, au quotidien, sur le terrain. »

Elle est restée fidèle à son poste. « Elle voulait assumer ses fonctions d'élue et d'adjointe au maire, jusqu'au bout », souligne Jean-Marie Zoellé. Au bout du combat contre la maladie, Élisabeth Grava est donc partie, ce mercredi 1er janvier. Elle a rejoint son époux, Camillo Grava, décédé il y a deux ans. Elle laisse trois enfants, cinq petits-enfants. L'Alsace présente ses condoléances sincères à la famille de la défunte. Un culte d'adieu est programmé ce lundi 6 janvier à 15 h, au temple de Saint-Louis.
J.-C. M.

 

 
 

Munster Cela s'est passé un 4 janvier

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 06:14:43

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Munster  Histoire
Cela s'est passé un 4 janvier
 

 
1814 : Alors que, depuis 1813, l'invasion jetait des troubles à l'horizon, c'est le 4 janvier qu'un important détachement de Bavarois fit son entrée dans Munster. Aussitôt, une avalanche de réquisitions déferla sur le pays, tandis que le nouveau régime des Bourbons s'installa, prenant en mains l'administration civile de la préfecture, les maires et les adjoints des dix communes s'empressèrent de déposer aux pieds de Sa Majesté Louis XVIII l'hommage « de leur respect, de leur amour et de leur fidélité », à l'initiative de Frédéric Hartmann, fils d'André et commandant de la Garde Nationale.

1915 : (La première guerre mondiale à Munster). Toute la journée, tirs de canon. La population est invitée à ne pas sortir. On déplore de nombreux blessés quartier de l'Elm. Une grenade a gravement endommagé l'immeuble et le mobilier de M.Martin Amé.

1917 : (Première Guerre mondiale dans la vallée). Froid vif (-15°) bientôt suivi de chutes de neige qui gênaient considérablement les combattants.

1965 : Inauguration officielle en présence d'un représentant du préfet de l'école maternelle du Badischhof. Ce nouvel établissement scolaire comprend deux salles d'exercice, une salle de jeux, une salle de repos, la salle de propreté et la tisanerie. Ces classes ont été édifiées à l'usage des cités des Aulnes et de la route de Colmar, auxquelles se sont ajoutés au cours de l'année vingt-huit nouveaux logements H.L.M.
Sources : Archives de la Ville de Munster, annuaires de la société d'histoire.

Sources : Archives de la Ville de Munster, annuaires de la société d'histoire.

 
 

Quand les bombes pleuvent, il faut sauver le patrimoine

Publié dans le panorama le Samedi 04 janvier 2020 à 06:31:10

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HISTOIRE La protection des oeuvres d'art entre 1939 et 1945 en Alsace
Quand les bombes pleuvent, il faut sauver le patrimoine
Alors que l'Europe de 1939 s'embrase, l'Alsace évacue ses biens culturels. L'Occupant en obtient le retour progressif avant d'en organiser à son tour l'évacuation afin de les protéger des bombardements alliés. Un ouvrage raconte ce périlleux sauvetage patrimonial.
 

 
Les liasses d'archives de la Ville de Strasbourg sont déchargées dans la cour du château de Hautefort, en Dordogne.
« En novembre 1944, des soldats américains avaient pris possession du Haut-Koenigsbourg. Il faisait froid, et pour passer la nuit, ils n'avaient pas hésité à utiliser les tapisseries anciennes de Strasbourg, celles qu'on voit aujourd'hui à l'Hôtel de Ville et au Palais Rohan. Elles y avaient été entreposées afin de les protéger des bombardements de Strasbourg. Les soldats en avaient fait leurs matelas et leurs couvertures ! ».

Bernadette Schnitzler raconte la scène avec un effroi rétrospectif. L'effroi d'une ancienne conservatrice de musée, habituée à manipuler avec précaution les objets qui ont défié le temps. Le genre de préoccupation que n'avaient pas vraiment les fantassins de l'US Army qui allèrent jusqu'à fracturer, par curiosité, une caisse du musée Unterlinden.

« S'il y avait eu des traces de bivouac dans les espaces du château où étaient entreposées des oeuvres, en revanche celles-ci ont bien été sauvegardées », précise encore Bernadette Schnitzler qui signe Patrimoine en danger, passionnante synthèse sur l'évacuation et la protection des biens culturels en Alsace entre 1938 et 1945.
Des degrés d'urgence dans l'évacuation des oeuvres d'art

Peu avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, la question de la sauvegarde des biens culturels se posait avec une acuité jusque-là inégalée au regard de la puissance de destruction qu'allaient déployer les belligérants.

« La grande crainte, c'était les bombardements aériens, particulièrement destructeurs comme on le constatera durant la Guerre d'Espagne », explique Bernadette Schnitzler. Entre 1935 et 1938, des circulaires encadrent les mesures à prendre pour protéger le patrimoine dans toutes ses composantes. Les musées y figurent évidemment en bonne place. Comme tout ne peut être déplacé, les objets sont listés selon trois degrés d'urgence. Hans Haug, directeur des musées de Strasbourg, détermine une quarantaine d'oeuvres prioritaires pour le musée des beaux-arts.

Alors que s'accumulent de sombres nuages sur l'Europe, tout le petit monde des musées et collections publiques d'Alsace s'active. À Sélestat, la Bibliothèque Humaniste réclame à la ville, dès 1938, les 135 caisses nécessaires à une évacuation. À Saverne, après quelques hésitations, ce sera finalement à la chapelle Saint-Michel que les collections municipales traverseront, sans dommage, la guerre, tandis qu'à Haguenau l'abbé Georges Gromer, en charge du musée, des archives et de la bibliothèque, n'est pas très enthousiaste à l'idée de voir ces trésors quitter la région. « Laisser partir sur les routes et dans les trains de marchandises ces objets le plus souvent fragiles, sans avoir la garantie de les retrouver à l'issue d'une guerre incertaine n'était pas une chose facile à accepter », commente Bernadette Schnitzler.

Le retable d'Issenheim : durant la guerre, il avait été l'objet de toutes les sollicitudes de l'administration française comme des autorités allemandes. Photo DNA /Valérie FREUND

À Colmar, le retable d'Issenheim fait l'objet d'une attention particulière de la part de la Direction des beaux-arts, qui se rappelle combien sa restitution par l'Allemagne après la Première Guerre mondiale avait été laborieuse.

Lorsque la guerre éclate, le chef-d'oeuvre de Grünewald part pour le château de Lafarge, près de Limoges, où son convoyeur refuse d'abandonner son précieux chargement tant le lieu est inadapté pour conserver en toute sécurité des panneaux en bois. Il sera finalement évacué, avec d'autres oeuvres d'Unterlinden au château de Hautefort, en Dordogne, où avaient été installées les collections des Musées de Strasbourg.

À Mulhouse, « de nombreuses familles, tels les Engel-Dollfus, Mieg, Koechlin, confient, comme cela avait été le cas à Strasbourg, leurs biens les plus précieux au conservateur du musée historique qui les met en caisses, même si elles ne quitteront finalement la ville qu'en mai 1943. En revanche, le musée des beaux-arts ne prit aucune mesure particulière et sera durement touché en juin 1940, lors de l'arrivée des troupes allemandes. Il y aura des destructions et du pillage », indique encore Bernadette Schnitzler. Par ailleurs, Haug, dont l'énergie déployée a été phénoménale, assura la protection des principaux biens mobiliers des églises du Bas-Rhin dans les caves du palais Rohan.
La seconde évacuation de 1943/1944

Après la défaite de juin 40, puis l'annexion de fait de l'Alsace, l'Occupant réclame le retour de tout ce patrimoine. Un directeur général, Kurt Martin, est nommé à la tête des musées d'Alsace et du Pays de Bade.

Une première mission est menée qui porte sur les collections de Strasbourg, Colmar, Sélestat, Rouffach et Mulhouse. « Toutes ces villes avaient décidé de faire revenir leurs oeuvres et archives en même temps que les populations civiles qui avaient été évacuées », indique Bernadette Schnitzler.

Ce sont ainsi 18 wagons, d'environ 10 tonnes en moyenne, qui sont à décharger à la gare de Strasbourg en octobre 1940. Pour le Haut-Rhin, Unterlinden assure la redistribution des oeuvres des musées de Guebwiller, Thann et Mulhouse.

Quant au retable d'Issenheim, son retour est célébré par la presse régionale tandis que Jean-Jacques Waltz (Hansi), son conservateur, craint de le voir saisi par les Allemands au profit du futur Führermuseum qu'Hitler rêve de monter à Linz.

Mais la menace des bombardements alliés coupe court à toutes les supputations : le retable est installé dans l'urgence au Haut-Koenigsbourg, tout comme les principales oeuvres d'Unterlinden ainsi que les manuscrits et incunables de la Bibliothèque Humaniste de Sélestat.

Car les mêmes causes provoquant les mêmes effets, l'administration allemande est à son tour confrontée au problème de la sauvegarde de ce patrimoine exposé à la destruction alors que s'intensifient les bombardements alliés. Ce sera « la seconde évacuation » qui, elle aussi, permit de sauvegarder l'intégrité des grandes collections publiques alsaciennes.

Entre 1943 et 1944, les oeuvres d'art ont donc à nouveau la bougeotte. « Le plus grand nombre fut dispersé dans différents châteaux des Vosges et de la campagne alsacienne », note quatre ans plus tard l'infatigable Haug.

Le bombardement du 11 août 1944, qui touche en partie la cathédrale et le palais Rohan, accentue encore la pression et pose la question de la sauvegarde des vitraux, jusque-là entreposés dans la crypte romane et dans les caves du Grand Séminaire. Ils seront en partie évacués dans les salines de Heilbronn, dans le proche Bade-Wurtemberg, le 16 novembre 1944, quelques jours avant la libération de la ville - qui du coup bloque un dernier transfert de 80 caisses.

Quant aux 73 caisses évacuées, elles seront restituées en septembre 1945. Il avait fallu les récupérer dans le gigantesque dédale de galeries où étaient entreposées 20 000 caisses ! De quoi s'arracher les cheveux. Heureusement, Kurt Martin avait conservé le plan de répartition des oeuvres. Il facilitera ainsi la tâche des fameux "Monuments Men" chargés d'en assurer la sauvegarde et la restitution dans le sillage des armées alliées.
Serge HARTMANN Patrimoine en danger !, collection Recherches et documents, de la Société Savante d'Alsace, 235 pages, 25 EUR. Disponible à la librairie Gutenberg à Strasbourg.

Patrimoine en danger !, collection Recherches et documents, de la Société Savante d'Alsace, 235 pages, 25 EUR. Disponible à la librairie Gutenberg à Strasbourg.