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Europe : panique démographique

Publié dans le panorama le Samedi 28 décembre 2019 à 06:33:27

© Dna, Samedi le 28 Décembre 2019
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Politique  L'Union européenne en proie au vieillissement et à la pénurie de main-d'oeuvre
Europe : panique démographique
Moins de bébés et plus de vieux, donc moins de travailleurs et plus d'immigrés : c'est le cocktail détonnant de l'Europe. La Croatie, qui prend la présidence de l'Union au 1er janvier, en illustre les risques économiques et politiques.
 

 
La présidente de la Croatie (et bientôt de l'UE), Kolinda Grabar-Kitarovic.
Le principal défi de la Croatie, qui prend ce 1er janvier la présidence de l'Union européenne ? Pas le tourisme, première richesse du pays. Non, c'est l'effondrement démographique qui menace « la survie de l'État et de la nation croates », alerte la présidente Kolinda Grabar-Kitarovic. Une menace démographique méconnue en France, qui pèse sur l'ensemble de l'Europe.
Quand un chanteur nationaliste perce en politique

L'équation croate est simple. D'un côté, les jeunes partent chercher du travail dans les pays plus riches de l'Union - près de 300 000 seraient partis en cinq ans. De l'autre, comme dans toute l'Europe, la natalité baisse et la population vieillit. Résultat : le nombre d'habitants a chuté en vingt ans de 4,6 millions à 4,1.

S'ajoute la pression des migrants aux frontières, point d'entrée dans l'Union européenne de la « route des Balkans ». Résultat politique de ce cocktail : la percée au premier tour de la présidentielle d'un candidat nationaliste et populiste, le chanteur Miroslav Skoro, qui promet de déployer l'armée contre les migrants.

La démographie constitue ainsi une cause essentielle des tensions politiques en Europe. Cette « peur d'une dépopulation mortifère est rarement exprimée », constatent Ivan Krastev et Stephen Holmes dans « Le moment illibéral » (Fayard). N'empêche : « Le virage illibéral en Europe centrale est profondément enraciné dans cet exode des populations, surtout d'individus jeunes. »
En Allemagne aussi

Cette « panique démographique » frappe également l'Europe de l'ouest. La riche et vieillissante Allemagne, qui fait face à une grave pénurie de main-d'oeuvre, vient d'adopter une loi facilitant l'immigration de travailleurs qualifiés non européens - plusieurs centaines de milliers, selon les besoins des entreprises allemandes. Mais la précédente vague de migration, en 2015, a généré l'entrée de l'extrême droite (AfD) au Bundestag.

En Espagne, on parle « d'hiver démographique » face au vieillissement de la population, aggravé par un fort exode des jeunes diplômés après la crise de 2008. Conséquences : ralentissement de la croissance économique et, là aussi, entrée de l'extrême droite au parlement. L'Espagne a « la démographie d'un pays à qui on a volé l'espérance », dénonce le parti Vox, promettant arrêt de l'immigration et soutien aux familles nombreuses...

La Croatie n'est ainsi que l'expression la plus aiguë d'une crise qui saisit toute l'Europe. Et qui ne fait que commencer...
Francis BROCHET

 

 
 

Une réforme universelle mais... au cas par cas

Publié dans le panorama le Samedi 28 décembre 2019 à 06:35:36

© Dna, Samedi le 28 Décembre 2019
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Social  Retraites
Une réforme universelle mais... au cas par cas
Policiers, routiers, et maintenant pilotes, hôtesses et stewards : au fur et à mesure de la contestation, la réforme pour une retraite dite « universelle » contient de plus en plus de spécificités. Quitte à devenir de moins en moins... universelle.
 

 
Le trafic ferroviaire restera « très perturbé » ce week-end.
« On a toujours dit qu'un système universel, ce n'est pas un système uniforme » : face à la contestation, Édouard Philippe et son gouvernement ont accepté plusieurs aménagements de la réforme des retraites. Tour d'horizon des concessions déjà faites par l'exécutif à différents corps de métier. Des concessions parfois insuffisantes pour calmer la colère.
SNCF et RATP

L'exécutif a repoussé l'entrée des cheminots dans le nouveau système, qui concernera les personnes nées à partir de 1985 pour les conducteurs au statut - contre 1975 pour une bonne partie de la population. À la RATP, un calcul des droits acquis fin 2024 sur les six derniers mois avec un coefficient avantageux est proposé et des discussions sur la pénibilité doivent avoir lieu. Ces propositions n'ont pas suffi à amadouer la majorité des syndicats, qui continuent la grève (lire ci-contre).
Transport aérien

Quatre syndicats d'hôtesses et stewards ont suspendu jeudi leur appel à faire grève à partir du 3 janvier après avoir obtenu des assurances sur le maintien de leur caisse autonome de retraite complémentaire pour les métiers aériens. Côté pilotes, le syndicat majoritaire SNPL a aussi levé vendredi son préavis de grève, pour les mêmes raisons.
Routiers

Le 16 décembre, les syndicats de routiers ont coordonné plusieurs actions sur tout le territoire, notamment pour défendre leur congé de fin d'activité. Ce dispositif sera maintenu, a affirmé le même jour la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne, en renvoyant à « des discussions avec les organisations patronales ».
Policiers

Alors que les gendarmes, pompiers, surveillants pénitentiaires ou contrôleurs aériens ont rapidement obtenu que soit confirmé leur droit à des départs anticipés à 57, voire 52 ans, au titre de leurs « fonctions dangereuses », les policiers se sont mobilisés pour obtenir des garanties de l'exécutif. Autre promesse obtenue : la bonification spéciale dite « du cinquième » ou « quinquennale », qui leur offre quatre trimestres de cotisation tous les cinq ans, sera « remplacée par une surcotisation du ministère de l'Intérieur ».
Enseignants

Face à une mobilisation d'ampleur dans l'éducation, le gouvernement a promis de revaloriser les salaires des enseignants, opposés au calcul de leur retraite sur l'ensemble de leur carrière, contre les six derniers mois actuellement. Les syndicats, qui manquent d'éléments concrets, seront cependant reçus par le ministre de l'Éducation nationale la semaine du 13 janvier.
Personnel soignant

En étendant aux fonctionnaires le « compte pénibilité », réservé aux salariés du privé, et en prenant mieux en compte le travail de nuit, 20 à 30 % des infirmières et aides-soignantes pourront partir avant 62 ans, et, au mieux, à 60 ans, assure l'exécutif. Mais plus à 57 ans.
Marins

Édouard Philippe a affirmé que la réforme « reconnaîtra les spécificités » des marins qui auront « les assurances qu'ils demandent » sur leur droit à un départ anticipé avant 62 ans.

 

 
 

 

Repères
6 TGV sur 10 ce week-end, un tiers le 1er janvier
Le trafic ferroviaire restera « très perturbé » pour ce nouveau week-end de départs en vacances, avec en moyenne samedi et dimanche 6 TGV sur 10. Le groupe ferroviaire prévoit également la circulation de 3 TER sur 10 samedi, 4 TER sur 10 dimanche, et une moyenne sur le week-end de 3 Intercités sur 10.

Pour les jours suivants, « entre 45 % et 50 % » des TGV circuleront, en moyenne, lundi 30 et mardi 31 décembre. Seuls 35 % sont maintenus le 1er janvier, et 50 % seront en circulation le 2 janvier, a indiqué Pierre Matuchet, directeur production de Voyages SNCF. « Tous les trains qui sont réservables jusqu'au 2 janvier sont garantis », a-t-il précisé.

 

APL, le « boulet » de Macron

Publié dans le panorama le Samedi 28 décembre 2019 à 06:32:03

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Politique  Logement
APL, le « boulet » de Macron
La réforme des aides personnalisées au logement (APL) est à nouveau reportée pour des raisons « techniques », affirme le gouvernement. Mais le recul apparaît très politique sur un dossier qui a valu déjà bien des déboires à l'exécutif.
 

 
Le gouvernement préfère l'aide à la pierre à l'aide aux locataires...
Encore raté ! La réforme des aides personnalisées au logement (APL) est repoussée pour la quatrième fois en un an. Selon le ministre du Logement Julien Denormandie, elle s'appliquera au 1er avril.
« Pas remise en cause »

La réforme apparaît simple et logique : calculer cette aide, versée à six millions de ménages modestes, sur les revenus en temps réel, et non plus les revenus des années précédentes. Cette « contemporanéisation », en jargon techno, est rendue possible par le prélèvement à la source, qui saisit les revenus en temps réel. Il suffit alors de transmettre les données aux caisses d'allocations familiales gérant les APL...

Mais c'est plus compliqué qu'il n'y paraît : les critères de versement (taille de la famille, prise en compte du patrimoine...) et le calcul du montant (zone d'habitation, montant du loyer...) sont nombreux et complexes. Bref, ces difficultés justifieraient le nouveau report d'une réforme « qui n'est pas remise en cause », jure Julien Denormandie.
Les APL avant la défiscalisation Pinel ?

On peut cependant douter de l'excuse technique. Car les APL sont un sujet politiquement sensible depuis l'été 2017 : le gouvernement avait alors réduit de 5 euros le niveau des APL, juste au moment où il supprimait l'ISF. D'un côté, 400 millions d'euros économisés sur les Français les plus pauvres ; de l'autre, 3,2 milliards redonnés aux plus riches. « Sur les 5 euros d'APL, je sais, je le traîne comme un boulet », avouait récemment Emmanuel Macron.

La polémique n'aurait cette fois plus lieu d'être, s'agissant d'un ajustement technique. Sauf que la « contemporanéisation » dissimule aussi un tour de vis budgétaire. Mise en oeuvre au 1er janvier, la réforme aurait en effet permis d'économiser 1,2 milliard d'euros, réduisant le budget des APL à 12 milliards.

Nécessité budgétaire ? Sans doute. Mais dans le même temps, le gouvernement n'a donné aucune suite au rapport de la Cour des comptes dénonçant à nouveau les niches fiscales immobilières « Pinel », « Scellier » et autres « Duflot ». Or la quasi-totalité (85  %) des près de 2 milliards d'euros que coûtent à l'État ces dispositifs de défiscalisation bénéficie aux 10  % des ménages français les plus riches.

Et si Emmanuel Macron préférait éviter de se mettre un « boulet » supplémentaire ?
Francis BROCHET

 

 
 

« 2100 habitants pris en otage » sans médecin

Publié dans le panorama le Samedi 28 décembre 2019 à 06:05:14

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« 2100 habitants pris en otage » sans médecin
 

 
Denise Buhl ne décolère pas, après « une année d'âpres recherches d'un médecin en remplacement du Dr Christian Weyna, parti en qualité de médecin salarié le 1er juillet dernier » : « Les professionnels de santé et les trois maires des communes de Metzeral, Mittlach et Sondernach sont anéantis par la non-décision du conseil départemental de l'ordre des médecins du Haut-Rhin d'agréer un confrère. »

« Des tractations ont lieu depuis deux mois avec un médecin qui a émis le souhait de s'installer au groupe médical de Metzeral, rappelle la maire de la commune. Deux jeunes médecins adjoints non encore thésés venaient le seconder à compter de janvier 2020. Mais tout s'écroule le 18 décembre lorsque le conseil départemental de l'ordre renvoie la décision de titularisation du médecin à la Formation restreinte du Conseil régional de l'ordre des médecins. »

« Cela signifie qu'à ce jour, il n'y a plus de médecin au groupe médical de Metzeral, que les infirmiers n'ont plus de prescripteur, que la secrétaire sera licenciée, la pharmacie mise en difficulté et 2100 habitants des communes du fond de vallée pris en otage », résume l'élue, rappelant que « les autres médecins de la vallée se disent dans l'incapacité d'absorber la patientèle du groupe médical de Metzeral et refusent d'assurer cette surcharge. »

Mme Buhl dénonce « une situation ubuesque, alors que la France manque cruellement de médecins et qu'ici un médecin confirmé et deux jeunes médecins avaient jeté leur dévolu sur le groupe médical de Metzeral parce que l'environnement et la patientèle leur convenaient ». Et d'appeler le conseil de l'ordre à « ne pas laisser une population en déshérence ».

 

 
 

Appel à la grève chez Germanwings

Publié dans le panorama le Samedi 28 décembre 2019 à 06:37:59

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Transport aérien
Appel à la grève chez Germanwings
 

 
Le syndicat allemand des personnels de cabine Ufo a appelé les hôtesses de l'air et les stewards de la compagnie Germanwings, filiale de la Lufthansa, à une grève de trois jours. Le mouvement doit débuter lundi 30 décembre à 0 heure et se poursuivre pendant la Saint-Sylvestre et le jour de l'An jusqu'à minuit. Selon le syndicat, la direction de Germanwings ne donne « aux salariés aucune perspective claire sur l'avenir de son activité de transport aérien ».Cet appel est le dernier épisode d'une longue bataille pour de meilleurs salaires et conditions de travail dans la principale compagnie allemande.

 

 
 

5,3

Publié dans le panorama le Samedi 28 décembre 2019 à 06:08:36

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5,3
 

 
En mai, le ministre de l'Intérieur écrit à Gilbert Meyer au sujet du déficit d'effectifs au commissariat de Colmar. Il admet un manque dans l'encadrement : un gradé pour 5,3 personnels contre 3,2 pour la moyenne nationale ; trois officiers pour la circonscription contre neuf en moyenne. Mais il contrebalance avec les bons résultats du commissariat : baisse des cambriolages, des vols avec violence, des vols à la roulotte. Bref, les effectifs sont suffisants.

 

 
 

La rémunération des gardes flambe aux urgences de Mulhouse

Publié dans le panorama le Samedi 28 décembre 2019 à 06:19:28

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La rémunération des gardes flambe aux urgences de Mulhouse
 

 
À l'hôpital Émile-Muller, les rémunérations des urgentistes intérimaires pour des gardes de 24 heures s'envolent de nouveau, au moins jusqu'à début janvier. Photo L'Alsace /Jean-François FREY
2 200 EUR nets, logement, repas et frais de déplacement pris en charge. La rémunération proposée à des médecins intérimaires pour une garde de 24 heures aux urgences de l'hôpital Émile-Muller de Mulhouse, ce samedi 28 décembre, atteint un nouveau record. Les précédentes offres d'intérim médical culminaient à 2 000 EUR, pour des gardes du 19 décembre à début janvier.

La barre des 2 000 EUR avait été atteinte une première fois au mois d'août, lorsque les urgences avaient été amputées de plus des deux tiers de leur effectif médical, après une vague de démissions et de départs (lire L'Alsace des 3 et 20 août) et que, déjà, il s'était avéré difficile de combler les trous dans le planning.

2 200 EUR, c'est 1,4 fois le Smic mensuel brut. Et c'est beaucoup plus que ce que touche un titulaire pour une garde de 24 heures : une indemnité de sujétion de quelque 250 EUR pour le travail de nuit, qui s'ajoute à son salaire mensuel, de 4 130 à 7 500 EUR bruts, selon son échelon.
Une rémunération illégale

2 200 EUR nets pour 24 heures, c'est aussi illégal. Un décret et un arrêté signés, le 24 novembre 2017, par le ministère de l'Action et des comptes publics et celui des Solidarités et de la santé encadrent théoriquement les salaires de l'intérim médical depuis le 1er janvier 2018. Ils fixaient le plafond, pour une journée de travail de 24 heures, à 1 404 EUR bruts pour l'année 2018, 1 287 EUR en 2019 et 1 170 EUR à partir de 2020.

D'après les récentes offres de médecine d'urgence relayées par une société spécialisée dans l'intérim médical, la direction du GHRMSA (Groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud Alsace), dont dépend l'hôpital Émile-Muller, n'est pas la seule à ne pas respecter ce plafond. Mais elle est celle qui offre les plus importantes rémunérations.

Sollicitée, la direction du groupe - qui décide des rémunérations - n'a pas répondu à nos questions. Le sujet est sensible. L'Agence régionale de santé (ARS, autorité de tutelle de l'hôpital) et l'État tapent du poing sur la table depuis des semaines. Début septembre, le directeur général de l'ARS du Grand Est, Christophe Lannelongue, accusait certains urgentistes de travailler comme intérimaires par appât du gain (lire L'Alsace du 11 septembre).
La ministre en guerre contre les « mercenaires »

Le 9 septembre, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui présentait son plan de refondation des urgences, annonçait vouloir « lutter plus efficacement contre les dérives de l'intérim médical en renforçant son encadrement dans les hôpitaux et leurs services d'urgen-ce ».

Le 20 novembre, alors qu'elle dévoilait, un plan d'urgence pour l'hôpital, Agnès Buzyn a estimé que le recours à l'intérim était « nécessaire pour pallier des absences ou des pics d'activité », tout en dénonçant « dans certains cas », « de véritables mercenaires », contre lesquels elle s'est engagée à lutter, notamment par des campagnes de contrôle, « via les comptables publics ». « L'hôpital ne peut constituer une zone de non-droit dans laquelle certains acteurs imposeraient, par le chantage exercé sur la continuité des soins, leurs conditions tarifaires aux acteurs du système de santé », a ajouté la ministre, brandissant la menace d'une prochaine « mesure législative ».

Pour un médecin du GHRMSA, ces discours, « c'est de la com', de l'hypocrisie. Tout le monde sait que le décret n'est pas respecté, mais tout le monde ferme les yeux, parce que l'équation est simple : sans médecin, les services ferment. Regardez à Altkirch, les urgences ne peuvent vivre qu'avec des intérimaires. Sans intérimaires, la direction est obligée de les fermer temporairement [comme les 7, 8 et 9 septembre, les 5, 6 et 7 octobre, et les 9 et 10 novembre, NDLR]. »
Les hôpitaux feraient monter les enchères

Et pour ce médecin, ce ne sont pas les intérimaires qui font monter les enchères, « mais les établissements de santé, pour être sûrs d'avoir des médecins, parce que la tension est forte et la pénurie d'urgentistes nationale ». Selon les derniers chiffres de l'ARS du Grand Est, près de 25 % des postes de médecins urgentistes sont vacants dans la région.

Pour lui, la solution pour stopper les dérives de l'intérim médical, c'est « d'améliorer les conditions de travail, pour rendre l'hôpital public attractif et arriver à recruter des médecins ». Par trois fois depuis le début de l'année, le gouvernement a tenté de répondre au malaise de l'hôpital public. « Mais à chaque fois, la réponse est financière, alors qu'il faudrait une véritable réforme, rouvrir des lits d'hospitalisation pour avoir les moyens de travailler normalement et proprement, pour pouvoir donner une réponse médicale adaptée aux patients et ne pas les laisser rentrer chez eux quand on sait pertinemment que ce n'est pas ce qu'il faut faire. La vraie anomalie du système de santé, elle est là. »
Cécile FELLMANN

 

 
 

La rémunération des gardes flambe aux urgences de Mulhouse

Publié dans le panorama le Samedi 28 décembre 2019 à 06:20:02

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santé 2 200 euros les 24 heures
La rémunération des gardes flambe aux urgences de Mulhouse
La rémunération offerte aux médecins intérimaires pour une garde de 24 heures aux urgences de l'hôpital Émile-Muller, ce samedi 28 décembre, atteint un nouveau sommet : 2200 EUR nets. Du jamais vu dans le service, en crise depuis le mois d'avril.
 

 
2200 EUR nets, logement, repas et frais de déplacement pris en charge. La rémunération proposée à des médecins intérimaires pour une garde de 24 heures aux urgences de l'hôpital Émile-Muller de Mulhouse, ce samedi 28 décembre, atteint un nouveau record. Les précédentes offres d'intérim médical culminaient à 2000 EUR, pour des gardes du 19 décembre à début janvier.

La barre des 2000 EUR avait été atteinte une première fois au mois d'août, lorsque les urgences avaient été amputées de plus des deux tiers de leur effectif médical, après une vague de démissions et de départs (nos éditions des 3 et 20 août) et que, déjà, il s'était avéré difficile de combler les trous dans le planning.

2200 EUR, c'est 1,4 fois le Smic mensuel brut. Et c'est beaucoup plus que ce que touche un titulaire pour une garde de 24 heures : une indemnité de sujétion de quelque 250 EUR pour le travail de nuit, qui s'ajoute à son salaire mensuel, de 4130 à 7500 EUR bruts, selon son échelon.
Une rémunération illégale

2200 EUR nets pour 24 heures, c'est aussi illégal. Un décret et un arrêté signés le 24 novembre 2017, par le ministère de l'Action et des comptes publics et celui des Solidarités et de la santé, encadrent théoriquement les salaires de l'intérim médical depuis le 1er janvier 2018. Ils fixaient le plafond, pour une journée de travail de 24 heures, à 1404 EUR bruts pour l'année 2018, 1287 EUR en 2019 et 1170 EUR à partir de 2020.

D'après les récentes offres de médecine d'urgence relayées par une société spécialisée dans l'intérim médical, la direction du GHRMSA (Groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud Alsace), dont dépend l'hôpital Émile-Muller, n'est pas la seule à ne pas respecter ce plafond. Mais elle est celle qui offre les plus importantes rémunérations.

Sollicitée, la direction du groupe - qui décide des rémunérations - n'a pas répondu à nos questions. Le sujet est sensible. L'Agence régionale de santé (ARS, autorité de tutelle de l'hôpital) et l'État tapent du poing sur la table depuis des semaines. Début septembre, le directeur général de l'ARS Grand Est, Christophe Lannelongue, accusait certains urgentistes de travailler comme intérimaires par appât du gain (nos éditions du 11 septembre).
La ministre en guerre contre « les mercenaires »

Le 9 septembre, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui présentait son plan de refondation des urgences, annonçait vouloir « lutter plus efficacement contre les dérives de l'intérim médical en renforçant son encadrement dans les hôpitaux et leurs services d'urgence ».

Le 20 novembre, alors qu'elle dévoilait un plan d'urgence pour l'hôpital, Agnès Buzyn a estimé que le recours à l'intérim était « nécessaire pour pallier des absences ou des pics d'activité », tout en dénonçant « dans certains cas », « de véritables mercenaires », contre lesquels elle s'est engagée à lutter, notamment par des campagnes de contrôle, « via les comptables publics ». « L'hôpital ne peut constituer une zone de non-droit dans laquelle certains acteurs imposeraient, par le chantage exercé sur la continuité des soins, leurs conditions tarifaires aux acteurs du système de santé », a ajouté la ministre, brandissant la menace d'une prochaine « mesure législative ».

Pour un médecin du GHRMSA, ces discours, « c'est de la com', de l'hypocrisie. Tout le monde sait que le décret n'est pas respecté, mais tout le monde ferme les yeux, parce que l'équation est simple : sans médecin, les services ferment. Regardez à Altkirch, les urgences ne peuvent vivre qu'avec des intérimaires. Sans intérimaires, la direction est obligée de les fermer temporairement [comme les 7, 8 et 9 septembre, les 5, 6 et 7 octobre, et les 9 et 10 novembre, NDLR]. »
« Tout le monde ferme les yeux »

Et pour ce médecin, ce ne sont pas les intérimaires qui font monter les enchères, « mais les établissements de santé, pour être sûrs d'avoir des médecins, parce que la tension est forte et la pénurie d'urgentistes nationale ». Selon les derniers chiffres communiqués par l'ARS Grand Est, près de 25 % des postes de médecins urgentistes sont vacants dans la région.

Pour lui, la solution pour stopper les dérives de l'intérim médical, c'est « d'améliorer les conditions de travail, pour rendre l'hôpital public attractif et arriver à recruter des médecins ». Par trois fois depuis le début de l'année, le gouvernement a tenté de répondre au malaise de l'hôpital public.

« Mais à chaque fois, la réponse est financière, alors qu'il faudrait une véritable réforme, rouvrir des lits d'hospitalisation pour avoir les moyens de travailler normalement et proprement, pour pouvoir donner une réponse médicale adaptée aux patients et ne pas les laisser rentrer chez eux quand on sait pertinemment que ce n'est pas ce qu'il faut faire. La vraie anomalie du système de santé, elle est là. »
Cécile FELLMANN

 

 
 

Mulhouse Une année très active

Publié dans le panorama le Samedi 28 décembre 2019 à 06:25:56

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Une année très active
Selon les mots du président Philippe Aubert, l'année 2019 a été très active pour le Conseil de développement qui compte à son actif quelque 16 modes d'action, dont certains se poursuivront d'ailleurs en 2020.
 

 
La Cité de l'Auto, un des fleurons des musées mulhousiens au coeur de la stratégie de tourisme culturel.
Ainsi, en 2019, outre l'avis sur la question de l'Habitat (lire par ailleurs), un autre avis a été rendu sur la question de l'attractivité touristique du territoire, travail qui se poursuivra d'ailleurs l'an prochain sur le point plus spécifique du tourisme culturel. Un groupe est dans la rédaction de l'avis sur « l'agriculture de demain » ; de même que le groupe « économie sociale et solidaire », ce qui fera donc au moins trois avis en 2020 ; alors que le groupe « environnement et santé » a de nombreux projets à décliner.

Le CDD a également tenu un atelier sur la sensibilisation des jeunes à la citoyenneté, avec un programme spécial au centre Lavoisier-Brustlein et l'association Sinclair, « pour penser à une société plus inclusive avec le monde du handicap ».

Un gros événement a été organisé pendant une journée à l'Aronde, à Riedisheim, sur la question de la résilience du territoire, par rapport à toutes les transitions, avec des ateliers et une soirée débat, qui a réuni entre 300 et 400 personnes.

Le groupe de travail « stress et environnement » du CDD a engagé une collaboration avec des étudiantes de l'école supérieure de praxis sociale sur la thématique « L'isolement de la personne âgée », débouchant sur plusieurs propositions : mise en place d'un système de coordination unique pour l'ensemble des structures en vue d'une centralisation des informations pour une coordination optimale ; la création d'un numéro unique d'appel pour s'informer sur l'ensemble des dispositifs et solutions existants, voire signaler des situations inquiétantes ; le développement du porte-à-porte, seule méthode de repérage efficace selon les étudiantes.

Onze membres du CDD participeront au conseil participatif sur le climat. Des membres participent aux ateliers-projets du conseil communautaire ; d'autres ont également participé aux journées de l'interrogation démocratiques à Kingersheim ; au Grand Débat national, à la demande de la Ville de Mulhouse ; à la réflexion sur le devenir des bains municipaux.

Le CDD a également engagé un programme de formation de ses membres en 2019, qui se poursuivra en 2020, avec une spécialisation sur le fonctionnement du conseil de développement. Enfin, annonce Philippe Aubert, « un groupe est en train de finaliser un projet audacieux sur les difficultés de la parentalité, les familles en devenir sur l'ensemble du territoire de m2A, pour aider les familles, en amont des problèmes qu'elles sont susceptibles de rencontrer ».

Enfin, lors de la dernière séance plénière, le CDD a créé un groupe sur la valorisation de la langue et de la culture régionale.

Philippe Aubert a également rappelé les incertitudes qui pèsent sur l'avenir des conseils de développement, avec l'avant-projet de loi qui ne devrait finalement les rendre obligatoires qu'à partir de 50 000 habitants (auparavant à partir de 20 000 habitants), avec pouvoir d'autosaisine et possibilité de rendre des avis sur le Projet de territoire, « grâce au lobbying de la coordination nationale des CDD et de la conférence régionale des CDD, avec appui des parlementaires, pour maintenir cette strate de démocratie participative qui coûte peu. »
M.M.

 

 
 

Carnaval 2020 : les festivités annulées

Publié dans le panorama le Samedi 28 décembre 2019 à 06:39:25

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Carnaval 2020 : les festivités annulées
 

 
Pas de grande cavalcade (comme ici en 2017), l'année prochaine dans les rues de Dessenheim. Archives L'Alsace/Christelle DIDIERJEAN
Les problèmes de sécurité de la salle polyvalente de Dessenheim ont eu raison du carnaval 2020. Lors de la réunion du conseil municipal du 12 décembre dernier, le maire Alexis Clur a annoncé qu'il ne délivrerait pas d'autorisation pour l'utilisation de la salle durant la manifestation.

Dans la foulée, l'ASL (association Sports et Loisirs) s'est réunie lundi 23 décembre et a préféré annuler purement et simplement le carnaval. « Nous aurions pu maintenir la cavalcade mais pas les deux bals, explique le président Jean-Claude Dirringer. Or, c'est un ensemble. Si l'un ne peut se faire, ce n'est plus le carnaval. »
Avis défavorables en 2015 et 2018

Le problème ne date pas d'hier. Dans le journal d'informations communales « Le coucou de Dessenheim » de décembre 2019, le maire rappelle que « la salle polyvalente de l'association Sports et Loisirs a donné lieu à deux avis défavorables émis par la commission de sécurité de l'arrondissement de Colmar Ribeauvillé en 2015 et 2018. »

Construite dans les années 70, la salle accuse son âge. En matière de sécurité, l'alarme incendie est trop vieille, et surtout il faut refaire tout le cloisonnement coupe-feu. S'y ajoutent d'autres problèmes de conformité (accès handicapés, amiante, etc.)

Le problème est que la salle appartient à l'ASL, qui en est gestionnaire, et que tous ces travaux représentent un coût important.

Lors de la réunion du conseil municipal de mai dernier, Jean-Claude Dirringer avait présenté le dossier aux élus. Le coût de la mise en conformité était estimé à 483 000 EUR, le plus urgent étant le cloisonnement coupe-feu, environ 200 000 EUR.
Les travaux devaient commencer avant la fin 2019

Pour financer les travaux, la commune s'est engagée à verser une subvention de 100 000 EUR dès le début des travaux. Le Département en alloue 190 000, dont 50 % dès le début des travaux, et 50 % sur présentation des factures. La Région abondera sur présentation des factures.

« Le permis de construire et l'autorisation de travaux ont été délivrés le 27 mars 2019, rappelle le maire, assortis d'un échéancier fixé en lien avec le Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) qui imposait une 1re phase de travaux avant fin 2019. En cas de non-réalisation des travaux, les conséquences peuvent conduire jusqu'à la fermeture totale de l'établissement. »

Aucuns travaux n'ayant débuté, le maire a donc « tiré les conséquences ».
Les autres manifestations maintenues

Jean-Paul Dirringer justifie l'absence des travaux par « la montagne que représentent les dossiers à mener. Nous avons commencé à travailler sur les travaux, mais des aléas divers ont retardé le dossier. Nous n'avons pas encore pu lancer l'appel d'offres. »

Sans doute aussi l'ASL avait-elle espéré que la situation bancale actuelle - ouverture malgré les avis défavorables - continuerait encore. Ce qui cette fois n'a pas été le cas.

Cela dit, le maire a choisi de ménager la chèvre et le chou : seules les manifestations liées au carnaval sont interdites dans la salle. « Quelque 1 000 personnes y viennent, dont des enfants et des personnes âgées, on boit de l'alcool ; c'était trop risqué. »

En revanche, les fêtes de plus petite ampleur et les manifestations sportives peuvent toujours s'y dérouler : basket, gymnastique, danse et quilles.
Reprise par la commune dans six mois

Une autre donnée entre en ligne de compte : selon les clauses signées lors de sa réalisation, la salle polyvalente deviendra propriété de la commune en juin prochain... Et donc héritera des travaux à mener.

L'ASL va-t-elle quand même commencer les travaux - et l'investissement qui va avec - avant ce délai, ou va-t-elle laisser la situation en l'état jusqu'à sa reprise par la commune ? Jean-Claude Dirringer assure être « incapable de savoir comment les choses vont évoluer ». L'ASL doit se réunir en janvier.
Jean Marc LALEVÉE, Claude DIRRINGER, Françoise MARISSAL

 

 
 

Un hôtel d'entreprises pour abriter les artisans

Publié dans le panorama le Samedi 28 décembre 2019 à 06:24:10

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Un hôtel d'entreprises pour abriter les artisans
 

 
La première pierre du futur hôtel d'entreprises de la zone d'activité du Florival a été posée lundi. Photo L'Alsace /Audrey NOWAZYK
La zone d'activités du Florival, implantée à Soultz, verra prochainement un hôtel d'entreprises sortir de terre. Cette nouvelle offre permettra à des artisans et des TPE (très petites entreprises) de pouvoir s'installer hors des murs de leur domicile. « Les artisans sont souvent isolés », regrette-t-il. Sept cellules, de 150 m² chacune, seront proposées soit à la vente, soit à la location. « Sur le territoire de la communauté de communes de la région de Guebwiller [CCRG], près de 1 000 artisans sont répertoriés », rappelle Eric Rothenflug, l'un des investisseurs du projet. Et d'ajouter : « Les travaux débuteront en janvier et la livraison du chantier devrait se faire à la fin de l'été 2020. »

Pour le président de la CCRG, Marc Jung, la création de cet hôtel d'entreprises « tombe à pic ». « De nombreux artisans cherchent à s'installer sur notre territoire », affirme-t-il. Il voit aussi dans ce projet une option qui s'offre aux chefs d'entreprise qui débutent, notamment ceux qui passent par la pépinière du Florival, située à quelques encablures du futur hôtel d'entreprises. « Certains n'ont pas la trésorerie nécessaire pour investir dans du foncier dès leur sortie de la pépinière », souligne-t-il. Il est ainsi persuadé que la nouvelle structure « va très vite se remplir ».
A. N. SE RENSEIGNER Pour louer ou acheter l'une des cellules de l'hôtel d'entreprises de la zone d'activités du Florival, contacter Eric Rothenflug au 06.80.67.03.86 ; courriel : rothenflugerix@gmail.com.

 

 
 

Quatre associations sous le même toit

Publié dans le panorama le Samedi 28 décembre 2019 à 06:21:29

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Quatre associations sous le même toit
 

 
Lors de l'ouverture au public de la Maison de la solidarité, Caritas a présenté avec ses bénévoles l'épicerie solidaire. Photos L'Alsace /S.V.
Caritas réseau Secours catholique, la Croix-Rouge, unité locale Wittelsheim-Cernay, Terre des hommes, association locale du Haut-Rhin, et les Restos du coeur, antenne de Wittelsheim, sont désormais les quatre associations caritatives oeuvrant dans la Maison de la solidarité de Wittelsheim, au 9, rue de Staffelfelden. Le public a été invité à les découvrir ce mois-ci lors de portes ouvertes.

Le premier magistrat Yves Goepfert et l'adjoint aux affaires sociales Jean-Marie Fenger, l'une des chevilles ouvrières du projet, ont bien souligné la volonté de la Ville d'offrir au public et aux personnes dans la précarité un lieu de convivialité. La Maison de la solidarité sera aussi pour eux un lieu où s'habiller à bas prix, se servir en nourriture à prix raisonnables, partager des expériences culinaires, faire ensemble du bricolage, un lieu où l'humain garde toute sa dignité et le respect qui lui est dû. C'est un lieu pour les personnes dans le besoin, souvent orientées par les travailleurs sociaux.

Ce bâtiment, réhabilité et rénové pendant dix-huit mois, s'étend sur 867 m². De quoi garantir de la place aux quatre associations ainsi qu'à l'épicerie solidaire, gérée par Caritas. Chaque association est ouverte selon des créneaux précis dans la semaine (lire par ailleurs).
Sonia VUILLEQUEZ

 

 
 

Un concert de Noël au profit de la rénovation de l'église

Publié dans le panorama le Samedi 28 décembre 2019 à 06:03:03

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Un concert de Noël au profit de la rénovation de l'église
 

 
Les musiciens de l'Harmonie fanfare de Bruebach lors de leur concert à Landser. Photo L'Alsace /Marie-Christine SCHULTZ
Le concert de Noël proposé dimanche 22 décembre par le conseil de fabrique de Landser et l'Arel (Association pour la restauration de l'église de Landser), qui accueillaient l'Harmonie fanfare de Bruebach, a rassemblé de très nombreux aficionados de cet ensemble prestigieux présidé par Daniel Bing.

C'est dans une église archi-comble - des bancs ont dû être rajoutés dans les travées - que la formation bruebachoise a, une nouvelle fois, fait preuve d'excellence dans un programme très varié.

Belle occasion, en cette fin d'après-midi pluvieuse, d'apprécier l'admirable interprétation des musiciens et d'apporter un soutien au financement des travaux de rénovation de l'édifice. Des travaux entrepris par la commune de Landser, le conseil de fabrique présidé par Mathieu Erhart et l'Arel.

Le maire et conseiller départemental Daniel Adrian a brièvement détaillé ces derniers qui font suite à la réalisation d'un nouveau parvis et portent sur la restauration de l'entrée de l'église.

Le concert en lui-même a été introduit et s'est clos par des airs de Noël. Au programme figuraient également de la musique militaire et des morceaux plus contemporains. L'harmonie a également présenté pour la première fois une oeuvre surprenante de Kurt Gable, Begegnung, qui associe, de manière très inhabituelle, la musique de big band aux sonorités du cor des Alpes. Placés au fond de l'église, trois musiciens, Denis Federspiel, le chef de l'Harmonie fanfare de Bruebach, Mathieu Rosenblatt et Angélique Kieffer ont été les interprètes de ce morceau composé pour l'instrument le plus long du monde. Le public a salué par une formidable ovation ce magistral concert.
M-C.S.

 

 
 

Oltingue Quatre promotions au centre de secours

Publié dans le panorama le Samedi 28 décembre 2019 à 06:06:54

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Oltingue  Sainte-Barbe
Quatre promotions au centre de secours
Dernièrement à l'occasion de la fête de la Sainte-Barbe célébrée au Centre de Secours à Oltingue, quatre gradés ont été promus au grade supérieur en présence de nombreuses personnalités du corps départemental des sapeurs-pompiers, du maire André Scherrer ainsi que des élus du Sundgau.
 

 
La Sainte-Barbe à Oltingue a été l'occasion de promouvoir les cadres du Centre de Secours : Une cérémonie très entourée par les élus du Sundgau qui renouvellent sans réserve leur soutien aux soldats du feu...
C'est une très belle cérémonie qui s'est déroulée place Saint-Martin, à l'ombre du clocher de l'église éponyme et sous la statue de Saint-Georges terrassant le dragon. Tout un symbole d'altruisme pour ces soldats du feu dont la mission quotidienne est de se mettre au service de la population.
Émotion pour un départ à la retraite

Rassemblé en un impeccable carré en ce soir solennel par le capitaine du centre de secours Christian Scherrer, l'ensemble des effectifs du centre a accueilli le drapeau et sa garde avant de procéder avec les officiels à la remise des galons, respectivement d'adjudant aux sergent-chefs Luc Stehlin, Christophe Deichtmann et Loïc Simon, de caporal-chef au caporal Quentin Ruestch. Le capitaine Christian Scherrer a ensuite convié les invités ainsi que la population venue assister nombreuse à cette soirée d'exception au vin d'honneur.
46 ans de service

Maires des environs et grands élus sundgauviens ont voulu marquer de leur présence cet événement mettant en valeur, non seulement les promus du jour mais également tous les sapeurs-pompiers volontaires du centre de secours, y compris les jeunes sapeurs-pompiers.

Après le temps solennel est venu celui des discours. À tout seigneur tout honneur, c'est le capitaine Christian Scherrer qui salua l'assemblée parmi laquelle se trouvaient le vice-président du conseil départemental et vice-président du SDIS Rémy With, la conseillère départementale Sabine Drexler, son homologue Nicolas Jander, le commandant Serge Ranger, chef adjoint de groupement, le capitaine Gilles Sery, chef de la Compagnie 6 et le colonel Roland Peter, auquel bien des hommages ont été rendus pour cause de départ à la retraite.

Ce denier a reçu autant d'éloges que de marques d'amitié tant de la part des élus que de tous les sapeurs-pompiers : « je m'en vais avec le sentiment du devoir accompli » a-t-il résumé. Ceci après 46 ans de bons et de loyaux services, ce qui n'est pas qu'une simple formule de circonstance mais bien plus authentiquement une reconnaissance unanime de ses pairs et de la grande famille des sapeurs-pompiers du département. Au sein de laquelle il avait débuté, au centre de première intervention de Hindlingen...
JJT

 

 
 

Wintzenheim Sol très mouvant

Publié dans le panorama le Samedi 28 décembre 2019 à 06:16:41

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Sol très mouvant
 

 
L'enquête publique révèle la large opposition au projet de zone d'activités. Archives DNA/Laurent Habersetzer
Décidément, le sol est très mouvant à Wintzenheim. En avril, les résultats de l'enquête publique sur la révision du PLU révèlent une très large opposition au projet de création d'une zone d'activités de 22 hectares le long de la rue du Tiefenbach. Habitants de Wintzenheim ou du secteur colmarien, syndicat viticole et autres structures, tous déplorent le fait que le projet prenne des terres agricoles. Du petit-lait pour l'association Tiefenbach environnement (ATE), qui s'est créée pour s'opposer au projet. Fin juin, le conseil municipal acceptera d'amender son projet ; de 22 hectares on passe à 6,6 hectares. Mais ce n'est qu'un répit. En septembre, ATE dépose un recours devant le tribunal administratif contre le vote, et surtout remet sur le tapis le très épineux dossier du terrain pollué au lindane. Ce qui mènera la commune, puis Colmar Agglomération à voter une motion pour réclamer à l'État la dépollution du site.

 

 
 

Turckheim Il y a 75 ans, le dernier Noël de guerre dans la cité du Brand

Publié dans le panorama le Samedi 28 décembre 2019 à 06:17:35

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Turckheim Histoire
Il y a 75 ans, le dernier Noëlde guerre dans la cité du Brand
Cette page d'histoire repose sur les témoignages recueillis par la Société d'histoire Wickram, présidée par Benoît Schlussel. Elle relate le Noël 1944, particulièrement terrifiant pour la population de Turckheim qui vivait réfugiée dans les caves depuis le 11 décembre.
 

 
Le Noël 1944 a été particulièrement terrifiant pour les habitants de Turckheim.
Le premier souci était le ravitaillement de la population. Depuis le 11 décembre, l'approvisionnement en denrées alimentaires était suspendu et les stocks diminuaient. Il fallut beaucoup de sollicitations auprès de la Wehrmacht pour obtenir une livraison de pains et de farine.
Cinq tonnes de pain ont été offerts à titre exceptionnelet unique à la population

C'est le lieutenant-colonel Gyaco, Kampf commando de Turckheim, installé dans la villa Schwindenhammer route d'Ingersheim, qui a donné l'ordre à l'état-major de la 16e Volksgrenadier-division de ravitailler les civils en pain.

Ainsi le 22 décembre, malgré des tirs incessants, des volontaires se sont rendus à Colmar dans la boulangerie des armées pour chercher 2 500 miches de pain.

Sachant qu'une miche pèse près de 2,5 kg, c'est plus de cinq tonnes de pain qui ont été offertes à titre exceptionnel et unique à la population. Ces miches ont été stockées dans la salle de réception de l'hôpital et la distribution a débuté le dimanche 24 décembre.

Cette distribution a été complétée pour chaque habitant de 100 g de beurre, 125 g de sucre, 100 g de margarine et environ cinq cigarettes, don fait à la population de Turckheim par le Gauleiter Wagner.

Au cours de l'après-midi du 24 décembre, plusieurs offices religieux sont célébrés dans les caves rue des Bénédictins, dans les salles de la papeterie Scherb et dans la cave du presbytère (l'actuel musée mémorial des combats de la poche de Colmar) où le curé Kohler s'était réservé un emplacement pour lire les messes.
« Malgré la gravité de l'heure, les coeurs avaient trouvéle moyen d'afficherla joie chrétienne »

Au 46 rue des Vignerons, c'est un aumônier allemand qui est célébrant mais l'office a dû être interrompu suite à l'explosion d'un obus endommageant sérieusement l'immeuble.

Un témoin raconte : « Malgré la gravité de l'heure, les coeurs avaient trouvé le moyen d'afficher la joie chrétienne. Dans une cave le sapin était garni, dans une autre cave ce furent des chants de Noël chantés en choeur sous les bruits du canon. »

Vers 19 h, le commandant ordonne l'évacuation de la population de Turckheim en raison de la présence de nombreux chars américains basés à Ingersheim. Fallait-il vraiment que près de 2 500 personnes soient sans gîte le soir de Noël ?

Des pourparlers sont alors engagés par la municipalité pour retarder cette évacuation. Une reconnaissance vers Ingersheim est ordonnée malgré les tirs nourris de l'artillerie. Sur place, on constate que des renforts allemands arrivent sans discontinuer et que l'avancée des Américains est stoppée. L'évacuation de Turckheim ne revêt plus d'un caractère d'urgence.

La nuit de Noël est particulièrement perturbée par l'explosion de nombreux obus causant de gros dégâts sur plusieurs immeubles. L'église est atteinte par un obus qui traverse la nef et explose dans l'allée latérale droite à la hauteur du clocher, le plafond est en partie effondré. La maison Rubrecht au 95 rue des Vignerons est touchée côté Est par trois obus de 210 mm.
Une explosion secoue le presbytère

Un membre de la famille raconte : « La porte d'entrée de la cave s'est effondrée et mon grand-père ainsi qu'une vieille voisine étaient enfermés sous les gravats, toutes les issues étant fermées. Quand il y a eu un peu de répit, les plus courageux ont constaté les dégâts. Ils ont dégagé le grand-père et la voisine, très choqués mais pas blessés. Après un bon schnaps, ils ont vite repris des couleurs, c'étaient des durs, ces anciens. »

Dans le faubourg, la grange de la propriété Staehle, route de Wintzenheim, est fortement endommagée et un poteau électrique est également arraché. Le lundi 25 décembre très tôt une explosion secoue le presbytère (actuellement le musée). Un obus de 210 mm éclate au coin de la rue du Conseil à la hauteur de la cave où sont réfugiées plus de 80 personnes. Heureusement que les fondations sont solides mais le souffle de l'impact fait tomber le crépi et le plâtre.
Le colonel ordonne l'annulation de la demande de réquisition

Durant toute la nuit de Noël et le lendemain, il neige en abondance. L'hiver 1944 a été très rigoureux avec des températures négatives et de la neige jusqu'à 60 cm..

À 8 h, jour de Noël, se présente en mairie un officier SS et dix hommes aux fins d'exécuter la réquisition de 150 hommes pour terminer les barrages anti chars.

Le maire Gisie raconte : « Un sursis est accordé jusqu'à 13 h. Il fallait coûte que coûte continuer les pourparlers pour éviter cette obligation. Une délégation s'est rendue au poste de commandement du colonel, situé rue des Vignerons avec quelques bonnes bouteilles des vins du Brand et du schnaps. »

Après quelques verres et beaucoup de persévérance, le colonel ordonne l'annulation de la demande de réquisition. Pendant ce temps la distribution de pain se poursuit. Une miche de pain pour chaque famille : un vrai cadeau de Noël !

Ainsi s'est déroulé Noël il y a tout juste 75 ans, mais Turckheim n'est toujours pas libérée. Les habitants passeront encore six semaines dans les caves, dans l'angoisse, la peur et le froid avant la Libération le 4 février 1945.