Back to top

Noël alsacien à New York : « Yes we can ! »

Publié dans le panorama le Dimanche 15 décembre 2019 à 10:42:51

© L'alsace, Dimanche le 15 Décembre 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Noël alsacien à New York : « Yes we can ! »
 

 
Un marché de Noël « made in Alsace » à Madison square, New York. DR
Depuis le 6 décembre et jusqu'au 22 décembre, un marché de Noël alsacien a été installé à New York, Madison square, non loin de Wall Street. Photo DNA /StrasTV

Trentes maisonnettes sont arrivées par containers aux Etats-Unis. Photo L'Alsace /DR

Ici, on paie exclusivement avec une carte de crédit. Photo L'Alsace /DR

L'Office de tourisme de Strasbourg, organisatrice de l'événement, a embauché des vendeurs américains pour commercialiser lse produits alsaciens. Photo L'Alsace /DR

Ce marché touche les New Yorkais, mais aussi les touristes américains et ceux du monde entier, très nombreux à cette période de l'année. Photo L'Alsace /DR

Il y a aussi une forte proportion de Français: ils sont 55 000 à vivre à New York, dont 3000 Alsaciens. Photo DNA /StrasTV

Ambiance nocturne et conviviale au marché de Noël alsacien de New York malgré la fermeture fixée à 19 h. Photo L'Alsace /DR

Selon les organisateurs, les Américains apprécient beaucoup le côté authentique du marché de Noël alsacien. Photo DNA /StrasTV

En voiture Simone!... Photo DNA /StrasTV

L'idée d'organiser un marché de Noël à New York remonte à plusieurs années. « On avait essayé en 2015, mais on n'avait pas réussi », indique le directeur de l'office de tourisme de Strasbourg, Patrice Geny. Trop lourd, trop cher. Cette fois, l'OT a demandé le soutien financier de la région qui l'a conditionné au fait que soient mis dans la boucle Colmar et Mulhouse : « unissez-vous et on mettra 1 pour 1 », a-t-elle répondu en substance. Strasbourg (la ville et l'eurométropole) a injecté 200 000 EUR, Colmar agglomération 50 000 EUR et Mulhouse (la ville, M2A, l'EuroAirport et l'office de tourisme), 75 000 EUR ; la région Grand Est a fait un chèque de 353 000 EUR. S'ajoutent 200 000 EUR de mécénat. « Le reste, on espère le dégager sur la vente de marchandises. » « Sans le collectif, l'événement n'aurait jamais eu lieu, insiste Fatiha Kritter de l'agence régionale du tourisme. Cela a été possible car on a tous des intérêts différents, mais convergents. Ça fait plus d'un an qu'on y travaille. »
Labyrinthe de normes

Mais « New York, c'est compliqué », selon Fatiha Kritter. La législation et les normes américaines sont un vrai casse-tête pour un Français. Les Alsaciens ont dû avoir recours à un « contractor », une espèce de maître d'oeuvre qui a tout géré. Ils ont aussi créé une société pour l'évènement qui leur a notamment servi à embaucher les vendeurs des stands (lire ci-dessous).

« Tous les produits devaient être détaillés dans leurs compositions », indique encore Fatiha Kritter. Et il y a eu des déconvenues : ainsi une artisane qui réalise des broderies en sucre sur pains d'épices n'a pas pu présenter un article du fait d'un colorant rouge interdit aux États-Unis. « Elle a dû changer la recette », poursuit Patrice Geny. L'alcool est aussi très réglementé sur la voie publique. « Ils nous ont demandé de barrièrer le bar avec un gardien qui doit veiller à ce que personne ne quitte la zone avec un verre en main. » Le foie gras, les Alsaciens y ont renoncé du fait de l'interdiction du produit en 2022 aux USA : « On craignait un bad buzz là-dessus, des manifestants spécistes... »

Le montage de l'opération prévoit que l'office de tourisme soit l'exportateur. « On a acheté toute la marchandise pour 150 000 EUR, on l'a envoyée dans un container et on vend avec une marge », explique le directeur. C'est ainsi que trente stands ont pris place à Madison square à quelques encablures de Wall Street dans une ambiance typique et un maître-mot : l'authenticité.
« Débordé par le succès »

Les Alsaciens ont joué la qualité, avec des poteries de Betschdorf ou Soufflenheim, les confitures de Nicole, les pains d'épices de Mireille Oster..., et le régionalisme avec tartes flambées ou vin blanc chaud (à 10 dollars le verre quand même, soit environ 9 EUR). Pas prévu au programme, le champagne s'est retrouvé de la partie « car on nous a dit qu'on ne pouvait pas faire un événement français sans lui ! »

« On a vraiment voulu axer sur nos traditions et promouvoir l'artisanat local », insiste, enthousiaste, Jean-Claude Eicher, maire de Pulversheim et vice-président de M2A en charge du tourisme, qui a fait le déplacement. Il raconte ces acheteurs se précipitant sur les petits coeurs en tissu de Noël, se déplaçant avec une planchette et une tarte flambée fumante au milieu du marché, se faisant photographier derrière les panneaux à l'effigie des Alsaciens-Alsaciennes en costume traditionnel. Avec ses collègues, il espère des retombées dès l'année prochaine : « On ne cherche pas à les faire venir sur nos marchés de Noël. Ce qu'on veut, c'est leur vendre toute l'année sur notre territoire, notre terroir, nos musées... »

« On est débordé par le succès. On a triplé les commandes par rapport aux marchés de Tokyo et Moscou et on est déjà en rupture de stock pour plusieurs produits. La boule de sapin de Noël de Betschdorf à 60 dollars, ça part ! Et en plus, les gens nous disent que ce n'est pas cher. »

Pour l'anecdote, Patrice Geny raconte qu'ils ont fait faire spécialement pour ce marché une tenue de saint Nicolas en velours pourpre. Ce personnage a déambulé dans le marché avec le Père Noël : « On veut démontrer que le Père Noël est une invention et que le vrai, c'est saint Nicolas. »
Un dossier d'Annick WOEHL avec Élise GUILLOTEAU PLUS WEB Nos vidéo et diaporama sur www.lalsace.fr

 

 
 

 

MArche de noel a new york - Des exposants aux anges

Publié dans le panorama le Dimanche 15 décembre 2019 à 10:35:39

© L'alsace, Dimanche le 15 Décembre 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

MArche de noel a new york - Des exposants aux anges
 

 
Parmi les stands du marché de Noël à New York, celui de Mathias Peter qui propose aux New-Yorkais de goûter la tarte flambée. DR
Parmi les exposants du marché de Noël à New York, on trouve Mireille Oster de Strasbourg qui a fait le déplacement pour superviser le montage de son stand de pains d'épices. « Je voulais briefer les équipes de vendeurs sur le produit. Qu'ils puissent expliquer aux gens comment ça se déguste, avec quoi: le foie gras, les fromages bleus, en crumble... Ils ont demandé le nom des ingrédients en français: girofle, cannelle... pour pouvoir les utiliser sur le stand et ainsi avoir la touche française ! » Manifestement, les pains d'épices ont plu puisque le stock de 800 kg était déjà épuisé le 11 décembre. « C'est génial, les gens sont complètement fous. On a fait partir 380 kg supplémentaires. » Mireille Oster assure déjà ressentir le bénéfice dans sa boutique à Strasbourg : « Ils ont fait de gros efforts sur la promotion. On a eu M6, France 2, Alsace 20, France bleu Alsace... »
Des Flammekueche sur Madison square

Mathias Peter vit à New York depuis 2006. Ce Strasbourgeois de 37 ans tenait deux restaurants dont un baptisé « La tarte flambée » ; établissements qu'il a vendus il y a peu. Pour le marché de Noël new-yorkais et pour un projet de reconversion, il a acheté un four à bois « un vrai, avec des flammes qui reviennent sur le dessus de la tarte » que lui a fabriqué Khalid Lahouaoui de Wittisheim. Il propose des tartes flambées à 16 euros pièce. Il a son cabanon, son four posé à côté et une équipe pour l'aider : sa femme Amandine, une partie de son ancienne équipe et son copain de toujours Damien Frey, un Alsacien lui aussi, qui tient le restaurant « La cigogne » à Brooklyn. « Il fait froid à New York, les gens s'arrêtent chez nous se réchauffer. Et puis, la tarte flambée, personne peut ne pas aimer ! Souvent les gens nous disent qu'ils ont un grand-père qui a été en Alsace, dans tel ou tel petit village. Ils sont contents de goûter un plat de là-bas, ça les rapproche de leurs ancêtres. »
L'Alsace sur leur « to do list »

Pas de Noël alsacien, sans chants de Noël ! L'organisateur a sollicité les Comparses, un duo de musiciens bénévoles qui se produit habituellement à l'Écomusée d'Alsace. Suzanne Klein et Jacques Hund ont donc embarqué pour New York avec dans leurs bagages, une quinzaine de recueils de chants en français, allemand et anglais. « On nous avait demandé d'essayer de faire chanter les gens. Et ça a super bien fonctionné ! » Au top, on trouve Les anges dans nos campagnes et Il est né le divin enfant, sans compter les traditionnels Jingle bells et We wish you a merry christmas. Les Comparses ont assuré quatre interventions d'une heure et demie les 6 et 8 décembre. « Les Américains aiment beaucoup ce qu'ils appellent l'authentique, ça leur évoque le Noël traditionnel qu'ils ne connaissent pas chez eux. »

Jean-Frédéric Hugel, directeur commercial de la maison viticole de Riquewihr, se déplace très souvent aux États-Unis. Son entreprise est mécène dans l'opération new-yorkaise et lui gère un bar dans le marché où il propose sept références uniquement au verre. « Malheureusement ! Mais un magasin juste en face commercialise nos produits. Un problème de licence, le "caviste" est très cher, pouvant aller jusqu'à un million de dollars dans le New Jersey ! », explique-t-il. Il propose un set dégustation à 20 dollars avec un riesling (le chouchou de la clientèle), un pinot gris, un gewurztraminer normal et un en vendanges tardives. « Il y a un monde fou, c'est assez impressionnant. C'est une très bonne vitrine pour l'Alsace. Les gens sont contents, ils nous disent souvent qu'ils vont venir chez nous, que c'est sur leur "to do list". »

 

 
 

 

Gilets jaunes et syndicats défilent ensemble

Publié dans le panorama le Dimanche 15 décembre 2019 à 10:41:32

© L'alsace, Dimanche le 15 Décembre 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Gilets jaunes et syndicats défilent ensemble
 

 
L'opposition à la réforme des retraites s'exprimait plus sur les banderoles que dans les slogans. Photo DNA /Jean-Christophe DORN
Avant la mobilisation interprofessionnelle de mardi 17 décembre, et après celle massive du 5 décembre (plus de 10 000 personnes), les opposants à la réforme des retraites continuent à occuper le terrain. Mais ce samedi, le résultat était modeste en dépit de la convergence des luttes. Ils étaient 250 manifestants seulement à défiler à Strasbourg entre Bourse et République, majoritairement des gilets jaunes. Les syndicats (CGT, FO, FSU, SNES FSU, SNUIPP) surtout étaient faiblement représentés.
« Le jaune domine »

« Aujourd'hui, le jaune domine », s'exclame un représentant du mouvement. En coulisses, un syndicaliste se félicite qu'ils (les gilets jaunes) soient venus grossir les rangs des manifestants. Des rangs assez clairsemés du côté des syndicats. « Les gens se sont réservés pour la grosse mobilisation de mardi », justifie cet autre militant.

Sur la pertinence de l'appel à manifester ce samedi, « l'intersyndicale a décidé de faire des manifestations tous les deux jours. Forcément, il n'y a pas toujours autant de monde », explique un peu contrarié Hervé Gourvitch, secrétaire adjoint de l'Union départementale FO du Bas-Rhin. « Et le samedi n'est pas un jour de grève [sauf au niveau du rail, NDLR]. »

Le cortège, emmené par les gilets jaunes, résonnait davantage de slogans anticapitalistes que de formules scandées contre la réforme des retraites. Une opposition qui s'exprimait plus sur les banderoles. Pourtant, parmi les manifestants croisés place de la Bourse avant le départ, on ne parlait que de l'âge pivot, de la durée de cotisations, de « l'arnaque » de Macron. « On ne veut plus de toi à 50 ans, et on te dit que tu dois travailler jusqu'à 64 ans. »

Le déroulement a connu un petit moment de tension lorsqu'une une partie des gilets jaunes a pris la tangente par rapport à l'itinéraire prévu et que le cortège s'est scindé en deux. Quelques tirs de pétards, quelques « aouh, aouh » face aux policiers ont émaillé la manifestation, mais il n'y a eu aucun heurt.

Les deux fractions se sont rejointes à hauteur des quais pour arriver ensemble place de la République. Lors de brèves prises de parole, le représentant des gilets jaunes et celui de l'intersyndicale ont donné rendez-vous mardi pour un « nouveau coup de semonce » au gouvernement, et appelé à poursuivre la grève.
I.N.

 

 
 

 

Jean-Paul Delevoye et ses très, très nombreux oublis

Publié dans le panorama le Dimanche 15 décembre 2019 à 10:30:10

© L'alsace, Dimanche le 15 Décembre 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Jean-Paul Delevoye et ses très, très nombreux oublis
 

 
Le haut-commissaire aux retraites, au coeur d'une polémique sur ses manquements à sa déclaration d'intérêts, n'a pas exclu de démissionner. Photo Thomas SAMSON/AFP
Ce n'est plus un, ni deux ou trois oublis, mais au moins treize omissions à la déclaration d'intérêts de Jean-Paul Delevoye que la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) devra examiner mercredi lors d'une procédure de contrôle. Sans attendre l'issue de ce rendez-vous, le procureur de Paris, Rémy Heitz, avait adressé vendredi un courrier à la HATVP pour s'enquérir des faits.

C'est que le dossier du haut-commissaire aux retraites délégué auprès de la ministre des Solidarités commence à être chargé, après les nouvelles révélations samedi du Monde sur la dizaine de nouveaux mandats non-déclarés.

« Quand je suis devenu haut-commissaire au gouvernement, j'ai été extrêmement attentif à ma déclaration de patrimoine, a expliqué Jean-Paul Delevoye dans un entretien accordé au Monde, samedi. J'avoue ne pas avoir porté la même attention à ma déclaration d'intérêts, sans doute parce que j'avais le sentiment de pas avoir de conflits d'intérêts et parce que j'étais obnubilé par ma déclaration de patrimoine. »
Relations fraîches avec Matignon

Les soucis de Jean-Paul Delevoye ont commencé en début de semaine quand il a été épinglé pour ne pas avoir mentionné dans sa déclaration sa fonction, depuis 2016, d'administrateur bénévole d'un institut de formation de la profession de l'assurance (Ifpass) mais aussi une fonction rémunérée dans le think thank Parallaxe.

Sur les treize mandats en tout de Jean-Paul Delevoye, onze étaient toujours actifs, contre trois seulement déclarés. Et ce n'est pas tout, le haut-commissaire a revu également dans sa nouvelle déclaration d'intérêts des traitements très largement à la hausse. Selon les calculs du Monde qui a pu consulter le document, les revenus en 2018 du haut-commissaire dépassaient les 12 000 euros mensuels net. La loi stipule pourtant bien que la fonction de ministre est incompatible avec tout autre mandat rémunéré.

Alors le ministre délégué a-t-il été seulement négligent à l'heure de rédiger sa déclaration d'intérêts ? « Quand je fais une erreur, je l'assume. J'ai suffisamment dit que personne n'était au-dessus des lois pour ne m'appliquer ce principe à moi-même. Cela dit, j'étais de bonne foi et me dis que cet épisode aurait peut-être pu être évité si quelqu'un m'avait mis en garde. J'aurais immédiatement rectifié ma situation. Les choses auraient été différentes si j'avais été alerté. C'est ce que je me dis quand je regarde le prix que je paye sur le plan personnel et politique aussi », a déclaré au Monde Jean-Paul Delevoye qui se dit prêt néanmoins à en tirer les conséquences.

Samedi dans Le Parisien, ce dernier avait reçu le soutien du Premier ministre : « Je pense que la bonne foi de Jean-Paul Delevoye est totale », a affirmé Édouard Philippe. Mais jusqu'à quand ?
O.M. avec N.M.

 

 
 

 

Tous derrière Gilbert ?

Publié dans le panorama le Dimanche 15 décembre 2019 à 10:17:39

© L'alsace, Dimanche le 15 Décembre 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Tous derrière Gilbert ?
 

 
Gilbert Meyer face à l'assistance de la fête de Noël des personnes âgées de Colmar au Parc des expositions ce samedi. Tous « Gilbertophiles » les aînés colmariens ? Pas si sûr ! Photos DNA /Laurent HABERSETZER
À les écouter d'une oreille, ils sont tous derrière lui, leur champion, le « fort en tout », « gestionnaire hors pair », « dévoué à sa ville », « fort en caractère », « en pleine forme », « qui vieillit bien »...

«Gilbert Meyer est tout à fait apte à briguer un cinquième mandat », estime Jacques, 74 ans. « Il s'est toujours occupé à fond de sa ville. » Il serait même « jeune » : « Il a un mois de moins que moi ! », sourit un autre Gilbert. « En plus, c'est un bel homme, il faut lui laisser », glisse Nicole.
« Il y a un tempspour tout dans la vie »

Les aînés colmariens semblent heureux de vivre dans une ville où les transports en commun sont facilement accessibles, où ils se sentent gâtés à Noël, où le Ciné Pass Senior permet de voir des films à moindre coût, où les impôts sont moins élevés qu'à Mulhouse ou à Strasbourg, où l'architecture et les lumières de Noël attirent de nombreux touristes... Et heureux d'être les administrés d'un maire qui s'est entièrement consacré à sa ville. « Je regarde les conseils municipaux sur TV7, pas un de ses opposants ne lui arrive à la cheville », appuie Antoine, 75 ans. De leur point de vue, on peut avoir un âge avancé et être en forme, à condition de prendre soin de soi. À 82 ans, Maurice, qui a pratiqué la lutte gréco-romaine - « J'avais alors un corps de rêve, une magnifique musculature » -, parcourt 10 à 15 km à vélo tous les jours, ne fume ni ne boit et se couche tous les soirs à 19 h 30, estime que l'âge n'est pas un critère pertinent : « Du moment qu'il a toute sa tête ! » A 86 ans, Liliane elle-même ne se trouve pas trop vieille, et ne trouve, a fortiori, pas Gilbert trop vieux. « J'ai travaillé jusqu'à 73 ans et je me porte très bien, on peut donc très bien être maire à 78 ans », ajoute Marie-Élise. Yves apprécie le sens politique des aînés : « Au temps de De Gaulle, on avait des anciens, ils étaient raisonnables, on pouvait discuter. Aujourd'hui c'est zéro. Vous avez des petits jeunes qui ne comprennent rien à la politique. Un jour on vous dit blanc et l'autre noir. »

Liliane, 73 ans, et Yvonne, 82 ans, ont été bien contentes de partir à la retraite. Et Gilbert, ça ne lui fait pas envie ? Photo DNA /Laurent HABERSETZER

Plus circonspecte, Yvonne, 73 ans, pense que les Colmariens ne détiennent pas toutes les informations pour en juger : « Pour l'instant, ça a l'air d'aller, mais à cet âge-là, on peut décliner très vite. Il est légitime de se demander s'il parviendra à aller jusqu'au bout de son mandat. » Son amie Liliane, 73 ans, veuve depuis peu, estime qu'il y a « un temps pour tout dans la vie », soulignant qu'elle était très heureuse d'arriver à la retraite et aurait souhaité la partager davantage avec son mari défunt.

Et ça y est, les doutes commencent à pointer et les oppositions à se révéler. Si Marie-Marthe, 84 ans, a travaillé assez tard et dit qu'il est possible pour Gilbert Meyer de poursuivre sa carrière politique, elle admet qu'à 78 ans, on a moins de ressort, aussi bien du point de vue physique qu'intellectuel. « À cet âge-là, les caisses sont pleines, donc on ne peut plus rajouter grand-chose. Je ne dis pas qu'il sera un mauvais maire, mais il n'aura plus les mêmes ressources. Pour que ça marche, il faut qu'il soit bien entouré et qu'il puisse collaborer, ce qui n'est pas trop son fort d'après ce qu'on entend. » Inquiet, Jean, 77 ans, ne comprend pas que le maire prenne un tel risque : « Là, il partirait avec les honneurs. En continuant, il prend un risque. »

Denise, Jean-Paul, Anne-Laure et Pierre : « Gilbert Meyer a fait du bon travail, mais il est temps qu'il laisse la place. » Photo DNA /Laurent HABERSETZER

Et surgit le commentaire qui fâche, l'épine de la promesse non tenue : « Il y a quatre ans, il a dit qu'il ne se représenterait pas. Il faut qu'il laisse la place aux jeunes », lâche Gérard, 78 ans. Jean-Paul, 76 ans, déplore le nombre de mandats cumulés dans le temps par l'indéboulonnable maire. Anne-Laure, 78 ans, regrette qu'il ne laisse que trop peu la parole aux autres - « Tout le monde a besoin d'une opposition » -, tandis que Gérard, 76 ans, n'a pas apprécié la morgue de l'édile dans les réunions de quartier : « Il rabaisse les gens, je n'aime pas ça. »

Une Colmarienne de 85 ans, « amoureuse de sa ville », se montre émue de se retrouver parmi les siens, « les autres cheveux gris » avec lesquels elle partage « cette double culture française et allemande qui nous a enrichis. » « Ce genre d'assemblée est pour moi une consolation dans ma vieillesse. » Peu politique dans ses propos, elle porte un regard attendri sur l'homme public, regrettant pour Gilbert Meyer qu'il ne ressente pas le besoin de mettre un terme à sa carrière politique afin de profiter des années qui lui restent en famille, avec son fils et ses petits-enfants. « À partir d'un certain âge, il est important d'opérer un retour sur soi-même, sur ses enfants, sa vie passée, sa culture. »
Véronique BERKANI et Marie-Lise PERRIN PLUS WEB Voir également notre vidéo sur www.lalsace.fr

 

 
 

 

municipales dans le florival: Des incertitudes persistent

Publié dans le panorama le Dimanche 15 décembre 2019 à 10:22:40

© L'alsace, Dimanche le 15 Décembre 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

municipales dans le florival: Des incertitudes persistent
 

 
Tour d'horizon des maires actuellement en fonction sur le territoire de la Communauté de communes de la Région de Guebwiller et leur intention concernant les prochaines élections municipales. En bordeau, ceux qui arrêtent, en orange ceux qui hésitent et en vert ceux qui briguent un nouveau mandat. Carte L'Alsace /Audrey NOWAZYK
Ils repartent
Dès le mois de mai, certains maires ont fait connaître leur souhait de poursuivre le travail qu'ils ont engagé au sein de leurs communes. C'est le cas d'André Welty (Bergholtz-Zell), qui a été élu à la faveur d'élections partielles en décembre 2018. Il se représentera donc aux côtés de son équipe. Marc Jung (Issenheim), par ailleurs président de la Communauté de communes de la région de Guebwiller, ne cache pas son envie de briguer un nouveau mandat de maire. L'information est connue et confirmée de longue date. Marcello Rotolo (Soultz), le dauphin de Denis Meyer, a entamé ses fonctions de maire lors de ce mandat, l'ancien premier magistrat ayant souhaité lui céder la place afin de le préparer à cette fonction. Les prémices de sa campagne sont déjà visibles.

? Francis Kleitz (Guebwiller).- Après une longue hésitation et après avoir consulté son équipe, le maire de Guebwiller a décidé de se représenter pour les municipales. « J'ai l'impression que c'était plus évident pour les autres que pour moi », sourit le premier magistrat. « Il s'agit d'une fonction qui occupe beaucoup de mon temps et j'ai dû faire de nombreux renoncements pour m'y consacrer. » Francis Kleitz affirme qu'à quelques exceptions près, une majorité de son équipe le suivra dans cette nouvelle campagne. « Mais pour l'instant, la liste n'est pas bouclée », précise-t-il. Si le maire de la capitale du Florival a pris cette décision, c'est notamment pour « concrétiser les nombreux projets engagés », à l'instar de la requalification des friches, des actions pour le logement ou encore l'Action Coeur de Ville, pour revitaliser la cité.

? Guy Habecker (Jungholtz).- L'élu était hésitant au mois de mai. Il attendait notamment de connaître les intentions des membres de son équipe. Finalement, six d'entre eux souhaitent arrêter. Le maire se représentera donc aux suffrages de ses administrés. « Nous devons notamment travailler sur la sécurisation de la traversée du village, sur les bassins de rétention, mais aussi sur l'avenir de nos écoles », souligne le premier magistrat.

? Jean-Jacques Fischer (Lautenbach-Zell).- L'actuel premier magistrat, élu en 2017, admet vouloir se présenter aux suffrages des électeurs. En mai, il attendait de connaître le nombre de conseillers qui le suivraient dans cette décision. « Pris par le temps, je n'ai pas encore eu le temps de faire le tour de mon équipe. Je vais me pencher sur le sujet très rapidement. Il faudrait que les choses soient bouclées d'ici mi-décembre ». Étonnant, mais vrai, le maire déclare que même s'il n'a eu vent d'aucune rumeur sur le sujet, il aimerait qu'une autre liste se monte dans son village. « Cela permettrait aux gens de ne pas voter pas défaut », évoque-t-il.

? Alain Furstenberger (Rimbach).- Le maire souhaite continuer à s'investir pour sa commune. « Le prochain mandat aura pour but de maintenir les finances à flot, sans grand chantier à l'ordre du jour », mentionne-t-il. Il lui reste encore à trouver quelques bonnes volontés.

? Roland Martin (Wuenheim).- Il annonce clairement qu'il est candidat pour les municipales de 2020. « Mais comme dans toutes les communes rurales, je suis confronté à une difficulté : trouver des candidats pour constituer une liste. » Il va donc commencer à démarcher les forces vives du village en espérant trouver des bonnes volontés pour l'épauler dans la réalisation des projets qu'il veut encore voir aboutir, à l'instar du RPI (regroupement intercommunal pédagogique).

? Maurice Kech (Linthal).- Au mois de mai, le maire de Linthal n'avait pas encore pris sa décision. C'est désormais chose faite. Il se représentera aux côtés de son équipe actuelle, à l'exception de quelques membres qui ont décidé de passer la main. « Nous avons encore des travaux à terminer et nous planchons déjà sur de nouveaux projets », mentionne-t-il. Mais il n'en dira pas plus.

? Angélique Muller (Rimbach-Zell).- Au mois de mai, l'élu évoquait « une décision difficile à prendre ». Elle a finalement tranché. Angélique Muller briguera un nouveau mandat, avec une équipe très peu renouvelée (trois partants). « Nous avons commencé de lourds travaux d'assainissement et d'eaux pluviales. Nous souhaitons également réaliser une salle multifonction. Je me voyais mal lâcher les choses en cours de route. » La première magistrate, avant de se prononcer, a consulté son époux, conseiller municipal. « Si je repartais, lui aussi, c'était le deal. » L'élue souligne par ailleurs qu'elle est fière de son conseil municipal, qui travaille sans tensions, « même si tout le monde n'est pas toujours d'accord ».
Ils réservent leur décision

? Patrice Fluck (Merxheim).- Le maire recherche désespérément un successeur au sein de son équipe. Mais des hésitations persistent chez les uns et les autres. « Nous en discutons régulièrement entre nous, mais pour l'instant, personne ne saute le pas. Je pense que les choses vont se préciser en janvier », souligne-t-il. Et d'évoquer à demi-mot qu'une solution intermédiaire pourrait voir le jour, avec un début de mandat assumé par lui-même, avant de passer le relais à un successeur qui aura fait ses armes à ses côtés.

? Joseph Weissbart (Hartmannswiller).- Depuis le mois de mai, les choses n'ont pas beaucoup évolué du côté de Hartmannswiller. « Seuls quatre membres de l'actuel conseil municipal sont partants pour un nouveau mandat », mentionne le maire. Ce dernier considère qu'il a encore un peu de temps devant lui pour démarcher des villageois. Il l'assure, il se positionnera de manière plus définitive mi-décembre.

? Jean-Paul Diringer (Soultzmatt-Wintzfelden).- L'élu persiste et signe. Au mois de mai, il insistait sur le fait qu'en 36 ans de mandat, il s'est toujours déclaré à l'occasion de la cérémonie des voeux. « C'est à ce moment-là et à aucun autre, que je ferai part de ma décision à mes administrés. » Difficile de faire déroger le maire à la règle qu'il s'est fixée.
Ils arrêtent

? Nella Wagner (Bergholtz).- Elle ne souhaite plus porter l'écharpe tricolore. Reste à trouver un candidat prêt à constituer une liste au sein du village.

? Fernand Doll (Buhl).- Après deux mandats de maire, il ne se représentera pas à l'horizon 2020. Sa décision est prise. La bataille devrait donc se livrer entre Yves Coquelle (issu de l'actuelle majorité) et Francis Kohler (le leader de l'opposition).

? Christine Maranzana (Lautenbach-Schweighouse).- Par ailleurs vice-présidente de la CCRG, elle a déjà fait savoir son intention de ne pas constituer une liste pour les prochaines municipales.

? René Gross (Murbach).- Le maire a informé son équipe qu'« près quatre mandats et 25 années » dans le siège de maire, il a décidé d'arrêter. Son problème : « Personne ne souhaite reprendre le flambeau au sein de l'actuel conseil municipal. » En revanche, il concède avoir entendu des rumeurs circuler dans le village. Une liste serait en train de se constituer. Pour le premier magistrat, sa décision signe « la fin d'un chapitre. Mais j'espère qu'un autre chapitre s'ouvrira avec quelqu'un d'autre ».

? Jean-Marie Reymann (Raedersheim).- Il considère qu'il est aujourd'hui temps pour lui de prendre un peu de repos. « Je suis entré au conseil municipal en 1983, puis je suis devenu adjoint, et enfin maire ». Une dernière fonction qu'il a occupée pendant 25 années. « Ce n'est pas une question d'âge. Je voudrais juste avoir le temps de donner un coup de main à mon fils sur son exploitation agricole et retrouver le plaisir de travailler la terre ». Le maire annonce qu'un groupe de l'actuel conseil municipal souhaite poursuivre le travail, aven en tête le conseiller municipal Jean-Pierre Pelletier. Il est encore dans l'attente de réponses et certains conseillers municipaux et adjoints pour savoir s'ils le suivront dans ce mandat « par intérim ». « La liste, qui est quasiment complète, comprendra beaucoup de jeunes impliqués dans la vie associative. Je vais tenter de les former pour que l'un d'entre eux prenne la suite », explique le candidat, âgé de 70 ans.

? Alain Grappe (Orschwihr).- C'est un secret de polichinelle, Alain Grappe ne souhaite pas se représenter. « Lors du dernier conseil municipal de septembre, nous avons acté que neuf membres de l'équipe actuelle allaient se lancer. Je peux également dire que la liste est complète », annonce le maire. Reste à savoir qui en prendra la tête. Il semblerait que ce soit Marie-Josée Staender, adjointe. En ce qui concerne son mandat de conseiller départemental, l'élu avait envisagé d'y mettre fin. « J'attends de voir l'évolution de la collectivité européenne d'Alsace. Si je peux continuer à travailler sur des projets, je resterai. Si c'est uniquement pour faire acte de présence, je quitterai mes fonctions. »
Audrey NOWAZYK PLUS WEB Voir notre carte interactive sur notre site Internet

 

 
 

 

muinicipales vignobles colmar : On repart, on arrête, on réfléchit encore...

Publié dans le panorama le Dimanche 15 décembre 2019 à 10:24:02

© L'alsace, Dimanche le 15 Décembre 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

muinicipales vignobles colmar : On repart, on arrête, on réfléchit encore...
 

 
Jean-Marie Muller, maire de Lapoutroie, a pris sa décision... Archives L'Alsace /Christelle DIDIERJEAN
Ceux qui restent

? Ammerschwihr.-Patrick Reinstettel a réfléchi « longtemps », dit-il avant de prendre une décision : il briguera un second mandat en mars prochain. Il a été élu pour la première fois maire en 2014, sans passer par la case conseiller ou adjoint. Chargé d'opération au conseil départemental, Patrick Reinstettel, 59 ans, connaît bien les rouages administratifs des collectivités. Sa liste est complète et renouvelée à hauteur de 50 %. Il occupe par ailleurs les fonctions de vice-président de la comcom de la vallée de Kaysersberg, chargé des travaux et de la piscine.

? Le Bonhomme. -. Le maire Jean-François Bottinelli, 65 ans, souhaite se représenter pour un second mandat d'élu. Il est entré au conseil municipal en 1989.

? Labaroche. - Le maire sortant Bernard Ruffio est candidat à sa propre succession. Il a été élu pour la première fois en 2001 en tant que conseiller municipal puis maire en 2014. Le conseil est composé de 19 élus dont cinq d'entre eux - plutôt cinq d'entre elles - ne veulent plus repartir. Le maire souhaite concrétiser lors de sa prochaine mandature de nouveaux projets : une résidence senior, une maison médicale et une supérette. La micro-crèche est prête à accueillir ses premiers « usagers » : une dizaine d'enfants à partir de l'an prochain.

? Lapoutroie. - Jean-Marie Muller, 65 ans, est partant pour un 3e mandat de maire de Lapoutroie. La décision a été prise, en concertation avec le conseil municipal qui compte 19 élus. Parmi eux, dix élus souhaitent poursuivre l'aventure. Jean-Marie Muller a fait son entrée au conseil en 1983, sous l'ère Haenel. En 2001, il devient le premier magistrat de la commune. « Il y a encore des projets importants à finir et à lancer », souligne le maire. Le chantier de la mairie/médiathèque est lancé. Le prochain mandat d'une équipe renouvelé à 50 % sera consacré aussi à l'aménagement de la place de la mairie et la création d'une maison médicale. Jean-Marie Muller veut aussi mettre en oeuvre « une nouvelle gouvernance » en impliquant davantage les citoyens dans la vie de la cité avec l'ambition de « faire bouillonner les choses ».

? Fréland. - Jean-Louis Barlier « pense se représenter très probablement » aux prochaines municipales. Le maire de Fréland pourrait donc briguer un 5e mandat de maire. Il est entré comme conseiller municipal en 1989. Il est maire de la commune depuis 1995.

? Orbey. - Le maire sortant, Guy Jacquey est candidat à sa propre succession. Il l'a annoncé en conseil municipal en septembre. Il brigue ainsi un 5e mandat, le 3e en tant que maire. Le conseil orbelais compte 29 élus. « Ma liste est quasiment complète », indique Guy Jacquey. Elle devrait être renouvelée à hauteur de 50 %.
Ceux qui passent la main

? Kaysersberg-Vignoble. - Pascal Lohr, maire de Kaysersberg-Vignoble (Kaysersberg, Kientzheim, Sigolsheim), avait annoncé au printemps qu'il ne briguerait pas de second mandat en 2020. Il n'aurait pas changé d'avis, assure son entourage politiquer et pour l'heure, rien d'officiel n'a filtré sur la personnalité qui prendra la tête de candidats et de candidates issu(e)s (ou pas) de la liste sortante. « Une liste se constitue sans Pascal Lohr », concède un membre de l'équipe en place jusqu'à l'élection du nouveau maire, après le second tour du 22 mars. Dans les rangs de l'équipe sortante, le mot d'ordre serait : « Attendons fin janvier... » pour sortir du bois. Alain Thurlings n'a pas attendu pour déclarer sa candidature officiellement. Sa liste « Dynamique nouvelle » est déjà en campagne.

Pascal Lohr, maire de Kaysersberg-Vignoble, ne brigue pas de second mandat. Martine Schwartz prendra-t-elle la tête d'une liste ? Photo L'Alsace /Hervé Kielwasser
Les indécis

Nathalie Tantet Lorang, maire de Katzenthal, n'est pas certaine de vouloir continuer. Photo L'Alsace /Vanessa MEYER

? Katzenthal. - Nathalie Tantet-Lorang n'a pas encore pris sa décision. Elle était devenue maire début 2017, après deux démissions, celle de Nicole Tisserand courant 2015, puis celle de Claude Arnoux fin 2016.
Jean Daniel KIENTZ

 

 
 

 

municipales region ribeauville : Prêts pour un nouveau mandat

Publié dans le panorama le Dimanche 15 décembre 2019 à 10:24:59

© Dna, Dimanche le 15 Décembre 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Ribeauvillé et environs A trois mois des municipales
municipales region ribeauville : Prêts pour un nouveau mandat
Dans le secteur de Ribeauvillé, la majeure partie des maires brigueront un nouveau mandat lors des élections municipales des 15 et 22 mars 2020. Tour d'horizon des candidats à la réélection et des partants.
 

 
Après trois mandats de maire à Bergheim, Pierre Bihl (au micro) ne se représente plus. Jean-Louis Christ (à d.) et Umberto Stamile (à g.) repartent.
Ceux qui restent
? Aubure.- Marie-Paule Gay, maire depuis 2014, se porte à nouveau candidate, à la tête d'une équipe de onze personnes entièrement renouvelée.

? Bennwihr. - Patricia Hild a pris sa décision : elle brigue un second mandat, et indique que son équipe sera bien renouvelée. Deux projets lui tiennent à coeur en particulier : la poursuite du réaménagement de la mairie et la création d'une Mapa (Maison d'accueil pour personnes âgées).

? Guémar .- Umberto Stamile est partant pour un 3e mandat de maire. Conseiller municipal en 1995, il est passé adjoint six ans plus tard, puis premier magistrat en 2008. Sur quinze membres du conseil municipal, onze élus se représentent. Président de la communauté de communes Pays de Ribeauvillé, il compte bien continuer à exercer cette fonction.

? Hunawihr.- En 2001, Gabriel Siegrist est entré dans l'assemblée municipale comme 1er adjoint. Maire depuis 2008, il conduira une nouvelle liste en 2020. La réflexion est en cours.

? Mittelwihr.- « Ma motivation est super intacte. Cela se passe très bien et je repars ». Il sera accompagné de onze sortants sur quinze. Alain Kleindienst termine son premier mandat de maire après avoir été adjoint de 2008 à 2014.

? Niedermorschwihr.- Daniel Bernard l'a annoncé de ses voeux 2019. Élu municipal depuis une trentaine d'années dont plusieurs fois adjoint aux finances, il souhaite entamer un deuxième mandat en guise de premier magistrat. Il se présente en compagnie de onze sortants sur quinze, dont ses quatre adjoints.

? Ostheim .- Bernard Kempf, maire depuis 2014, a décidé de repartir lui aussi. Il a intégré l'assemblée municipale en 1995 et a deux mandats d'adjoint à son actif, de 2001 à 2014. « Ma liste est constituée majoritairement de la plupart des membres actuels du conseil ». Quelques personnes ont souhaité ne plus siéger et sont remplacées par des personnes actives dans la commune. « D'ici à quelques mois, je serai libéré professionnellement et je pourrai me consacrer entièrement à mon mandat ».

Il trouvera en face de lui un de ses adjoints, Jean-Marc Burgel, dont la liste est en train de se finaliser.

? Ribeauvillé .- Le maire Jean-Louis Christ sollicite un 6e mandat municipal. Entré au conseil municipal en 1989, il devient adjoint en 1995 et est élu maire en 2001. Il est en train de réunir une équipe composée de « gens d'une grande diversité, qui ont une passion pour leur ville et, surtout, qui sont issus du monde associatif ». Un tiers du conseil municipal sera renouvelé.

? Saint-Hippolyte .- « Je continue ! » Claude Huber se positionne pour un 4e mandat de maire. Élu depuis 30 ans, il est conseiller municipal depuis 1989 avant d'être désigné adjoint en 1995. Sur sa liste, en cours de constitution, figurent neuf élus sortants (sur quinze). Une incertitude plane sur le statut électoral de sa commune. « Nous sommes dans l'attente des chiffres de la population car nous frisons la barre des 1 000 habitants. Aux dernières élections, nous étions plus de 1 000. Là, nous risquons d'être en dessous ». Si la commune a plus de 1 000 habitants, elle sera soumise au scrutin de liste. Sinon, libre cours au panachage.
Ceux qui passent la main

? Beblenheim. - Guy Wentzel, 69 ans l'an prochain, a rappelé à ses concitoyens au printemps qu'il ne briguerait pas de second mandat. « Je l'avais annoncé dès mon élection en 2014 », indique le maire. Il est entré au conseil en 2001 en tant que 1er adjoint au maire, une fonction retrouvée en 2008. Guy Wentzel explique sa décision par le respect d'un engagement pris publiquement dès 2014, des raisons familiales et la volonté de « laisser la place aux nouvelles générations ».

? Bergheim.- « Le moment est venu de tourner la page. Je suis, par ailleurs, bien pris au conseil départemental. Et la nouvelle communauté européenne va bien nous occuper ». Pierre Bihl raccroche après deux mandats d'adjoint et trois de maire. C'est sa 2e adjointe, Élisabeth Schneider, qui propose de lui succéder. « Ma liste est en phase de finalisation avec une majorité d'anciens élus ». Son engagement municipal date des années qu'elle a passées à Turckheim. Elle l'a réitéré à Bergheim : conseillère municipale en 2008, elle est adjointe depuis 2014.

? Illhaeusern.- « J'estime avoir donné pas mal à la collectivité ». Élu au conseil municipal durant 25 ans, maire depuis 19 ans, Bernard Herzog respecte sa parole. « J'ai annoncé au début de ce mandat que ce serait le dernier ». Un de ses anciens adjoints a formé une liste. Jean-Claude Hirn a effectué quatre mandats comme adjoint, de 1989 à 2014 (les deux derniers comme 1er adjoint), avant d'interrompre son activité d'élu. Sa liste comprend cinq conseillers sortants sur quinze.

? Rorschwihr.- Dominique Schaeffer en est convaincu : « Il ne faudrait pas faire plus de trois mandats. Il faut laisser la place à d'autres ». Il est entré au conseil en tant qu'adjoint en 2001, a poursuivi comme tel en 2008. Trois ans plus tard, il accède au poste de maire suite à la démission d'Olivier Stocky et est réélu en 2014. Il quitte la mairie serein. « Cela a été une très bonne expérience, je n'ai pas de regrets ». Comme lui, cinq élus s'arrêtent. « Pour les six autres, j'ai entendu dire qu'une liste est en cours. Je ne veux pas m'en occuper, je les laisse faire ».

? Thannenkirch.- « A 76 ans, je veux consacrer du temps à mon épouse ». Dominique-Ernest Carette passe le flambeau. « En 2014, je n'avais pas été candidat au poste de maire. Personne ne voulait l'être ». L'équipe s'était présentée sans tête de liste. Finalement, il consent à assumer la fonction, mais renonce à son indemnité. « Je suis élu pour servir la République », a-t-il dit à ses colistiers.

? Zellenberg.- « Je ne me représente pas sauf s'il y a danger pour le village ». Après un mandat au poste de maire, Jean-Claude Caspard cède sa place. « La grande déception vient des grandes administrations qui ne vous soutiennent pas. On se bat souvent contre des moulins à vent ». L'élu garde cependant un bon souvenir de ces six ans. « Ce travail m'a forgé et j'ai essayé de le faire au mieux ». Entré au conseil municipal en 2001 et d'emblée 1er adjoint, il n'est plus candidat en 2008, mais forme une liste en 2014.
Les indécis

? Riquewihr. - Daniel Klack hésite, compte tenu de sa profession de viticulteur, très prenante, à se représenter. Il souligne toutefois qu'une majorité d'élus du conseil pourrait le suivre au cas où il se représenterait pour un second mandat de maire. De nombreux projets « structurants » sont dans les tuyaux qui concernent le patrimoine bâti de la commune.

? Rodern.- Le maire Robert Sprolewitz n'a pas encore effectué son choix.
Michelle FREUDENREICHet Jean Daniel KIENTZ

 

 
 

 

SAPEURS-POMPIERS Le capitaine Boris Delanotte sur le départ Initiales BD

Publié dans le panorama le Dimanche 15 décembre 2019 à 10:15:09

© Dna, Dimanche le 15 Décembre 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

SAPEURS-POMPIERS Le capitaine Boris Delanotte sur le départ
Initiales BD
Le capitaine des sapeurs-pompiers Boris Delanotte lâche l'Ill pour l'île. Après 18 ans à Colmar, il prend le commandement du centre de Saint-Pierre-d'Oléron.
 

 
Le capitaine Boris Delanotte a choisi la tenue civile pour son départ du SDIS 68, ici à côté du lieutenant-colonel Georges Thill, chef du groupement nord et de Brigitte Klinkert, présidente du CASDIS 68.
Il dit sobrement : « Il était temps de partir ». Donc le capitaine Delanotte part. Après 18 ans de services au service départemental d'incendie et de secours du Haut-Rhin, il s'en va prendre le commandement du centre de secours de Saint-Pierre-d'Oléron, sur l'île du même nom en Charentes Maritimes.

Une « remise en cause courageuse », saluée par le colonel Thill. Le commandant du groupement Nord au SDIS 68 décrit un « officier solide, rassurant, efficace ». Présidente du conseil d'administration du SDIS, la présidente du conseil départemental du Haut-Rhin salue son « engagement, dévouement et sa maîtrise opérationnelle ».

Breveté niveau 4 dans la spécialisation feu de forêt, Boris Delanotte a participé à une demi-douzaine de campagnes dans le sud de la France, figurant souvent parmi les renforts alsaciens à destination des départements méridionaux. Il a même dispensé des formations dans cette thématique, notamment au Mexique.
De nombreuses interventions dans l'associatif

Le Limougeaud avait posé ses valises d'étudiant à Colmar en 1992. Il y a trouvé un métier et une épouse, Karine, qui lui a donné trois enfants. Le capitaine Delanotte part avec le sentiment du devoir accompli et le souvenir de lourdes interventions comme l'incendie de la rue de Madrid à Colmar, à l'automne 2006, où une jeune locataire avait perdu la vie.

Féru de BD, Boris Delanotte s'était investi dans une association colmarienne, installant un festival de bandes dessinées au Koïfhus. Il était aussi membre du Colmar Maquettes Club et coureur de marathon. À Oléron, il va trouver une île boisée et un effectif d'une cinquantaine de sapeurs-pompiers dont une dizaine de professionnels.

Le capitaine Joël Didierjean lui succède à la tête de la compagnie 1 au SDIS, qui s'étend de Metzeral à Sainte-Marie-aux-Mines.
Ph.M.

 

 
 

 

La mémoire fait le mur

Publié dans le panorama le Dimanche 15 décembre 2019 à 10:22:07

© L'alsace, Dimanche le 15 Décembre 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

La mémoire fait le mur
 

 
Il s'agit avant tout d'attirer le regard sur les Archives départementales et tout ce qu'elles peuvent apporter aux citoyens, surtout aux plus jeunes. Et en effet, impossible de rater la vaste fresque de 150 m² en cours de création lorsqu'on emprunte la rue de la Première-Armée-Française sur laquelle donne le mur du bâtiment sis au sein de la cité administrative de la rue Fleischhauer.
Une « boîte temporelle » sera ouverte en 2079

Depuis mardi, Maxime Ivanez et Stom500 s'activent sur le mur autour du thème « mémoire et histoire », une première collaboration très suivie puisque de nombreux collégiens assistent tour à tour à la réalisation de la fresque. « La culture ne s'hérite pas, mais se conquiert », rappelait le directeur des archives, Jean-Luc Eichenlaub, paraphrasant André Malraux « qui était justement ministre de la Culture lorsque le bâtiment a été inauguré, en 1959 ».

Jeudi matin, les élèves des classes de Lucie Schwartz, professeure d'arts plastiques et de Virginie Siramis, professeure d'éducation physique et sportive au collège Pfeffel de Colmar ont pu découvrir comment on donne vie aux murs gris en présence de Bernadette Groff, vice-présidente du conseil départemental en charge de la culture et du patrimoine.

En parallèle, le service des Archives départementales expose en ses murs du mobilier d'époque et des documents liés à la construction du bâtiment. Comme la fresque, ils seront visibles jusqu'à la fin du mois de février et les visiteurs peuvent laisser leurs contributions sous forme de missives ou de dessins placés dans une « boîte temporelle » qui sera ouverte en 2079.

En attendant, si la Ville le permet, la fresque sera peut-être visible plus longtemps que prévu. Elle entremêle avec éclat les univers des deux artistes : Maxime Ivanez contemple l'environnement, s'inspire beaucoup du paysage et de l'architecture qui l'entoure, s'imprégnant « de détails, de couleurs » qui lui permettent de « réinventer et composer les éléments grâce au trait ». Stom500 cultive quant à lui un univers délirant et plein d'humour « nourri par l'énergie euphorique des cartoons » avec une prédilection pour les thèmes animaliers.

Sur le mur de la cité administrative, c'est bien un volatile jouasse à l'idée de pénétrer l'intérieur du bâtiment via une fenêtre ouverte qui symbolise l'ouverture d'esprit et le ravissement que les 29 kilomètres linéaires de documents conservés par les archives peuvent susciter...
Nicolas PINOT Y ALLER Archives départementales, 3 rue Fleischhauer à Colmar. Ouvert du mardi au vendredi de 9 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h. Tél. : 03.89.21.97.00. www.archives.haut-rhin.fr

 

 
 

 

Derrière le « paradis tricolore » de Hansi

Publié dans le panorama le Dimanche 15 décembre 2019 à 10:40:49

© L'alsace, Dimanche le 15 Décembre 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Derrière le « paradis tricolore » de Hansi
 

 
Expulsion d'Allemands « indésirables » de l'autre côté du Rhin (du côté de Neuf-Brisach) au lendemain la guerre de 14-18. Collection Jean Checinski
Avec le recul du temps, l'Histoire qui est racontée est toujours plus simple que celle qui fut vécue. Et vue depuis « la France de l'Intérieur », l'histoire de l'Alsace est infiniment moins complexe qu'elle ne l'est réellement. Depuis Paris, elle est émouvante et claire comme un livre d'images pour enfants. Plus précisément comme des dessins de Hansi contant la terrible Première Guerre mondiale et son heureux dénouement : les Français reviennent en Alsace en novembre 1918, ils sont accueillis par une marée de drapeaux tricolores et tout le monde, entre Vosges et Rhin, est bien aise quand le retour de la Province perdue à la France est acté par le Traité de Versailles, le 28 juin 1919. Le livre est refermé, on peut faire de beaux rêves...
Fin de la guerre, début de l'incertitude

Mais, pour qui s'y intéresse vraiment, l'histoire de l'Alsace est par nature réfractaire au simplisme. Elle ne peut être traitée sérieusement que dans la nuance. Or, l'oncle Hansi était un formidable artiste, c'est indéniable, mais la nuance n'était sans doute pas la matière qu'il maîtrisait le mieux. « Son talent était remarquable et pernicieux, car il ne donnait pas l'avis de tous les Alsaciens », juge aujourd'hui Claude Muller, directeur de l'Institut d'histoire d'Alsace et professeur à l'université de Strasbourg.

À la demande du service départemental de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) du Haut-Rhin, l'historien a proposé dernièrement une conférence sur ce passage de l'Allemagne à la France à la fin de la Première guerre. Et particulièrement sur les sept mois oubliés qui ont séparé l'Armistice du Traité, il y a désormais un peu plus d'un siècle. Oubliés, sans doute, parce que le silence est parfois bien pratique...

L'universitaire a voulu proposer une histoire « non patriotique », qui va au-delà de Hansi et s'efforce d'écarter tout manichéisme, de quelque bord soit-il. Hansi, donc, rappelle Claude Muller, c'est l'illustrateur du « paradis tricolore ». Celui-ci a eu un territoire et une époque : c'était entre 1914 et 1918 dans la « petite Alsace française », ces quelque 90 communes des secteurs de Masevaux, Thann, Saint-Amarin et Dannemarie, reprises par les Français au début de la guerre et gardées par eux jusqu'à sa fin.

Ce devait être « un laboratoire de ce que la France allait faire en Alsace après la victoire ». Ce fut une vitrine de la propagande : « Tous les quinze jours, une personnalité politique ou militaire venait dans ce territoire. On prévenait la population à 7 h et quand la personnalité était là, à 10 h, on avait pavoisé et sorti les costumes d'Alsaciennes, on chantait La Marseillaise et Sambre et Meuse, on distribuait les légions d'honneur... »
« La honte de l'Alsace »

Dans le même temps, dans l'Alsace allemande, soit la quasi-totalité de la région, la population découvrait les restrictions de liberté. Toléré jusqu'en 14, le français était banni, parce que c'était la langue d'ennemi. D'ailleurs, rappelle utilement Claude Muller, « durant la Grande Guerre, 95 % des Alsaciens en état de combattre ont porté l'uniforme allemand ; seuls 5 % se sont engagés dans l'armée française ». Dès 1915, parce que la hiérarchie s'en méfiait, ces Alsaciens du Kaiser ont été envoyés sur le front russe plutôt que sur le front français.

Vient donc l'Armistice. C'est la fin de la guerre, certes, mais le début d'une période incertaine. La fête est continuelle : jusqu'en 1920, on agite les drapeaux bleu-blanc-rouge, on habille les fillettes avec des coiffes, on embrasse les poilus... Bref, « on reproduit les manifestations du paradis tricolore ». Mais les troupes françaises ne sont pas seulement restées pour faire la fête : « Elles occupent militairement l'Alsace ! Et sont utilisées à l'occasion pour casser des grèves... »
« Le bal des revenants »

Les temps sont tumultueux. En novembre 1918, pendant quelques jours, l'Alsace devient « rouge » à la suite de la révolution socialiste des Soviets tandis que les députés régionalistes tentent de prendre le pouvoir. La nourriture manque, le français est à présent une langue obligatoire mais toujours étrangère pour beaucoup...

Et voici que s'ajoute au tableau ce que Claude Muller appelle « la honte de l'Alsace » : la façon dont les Allemands sont repoussés de l'autre côté du Rhin, avec des crachats, des lazzis et trente kilos de bagages. Alors, « ça pue la haine... » Or, il faut rappeler que pendant la période allemande, un mariage sur cinq était mixte (allemand/alsacien). Une vraie intégration s'était opérée.

Dernier élément que signale l'historien : « Le bal des revenants ». Ces revenants sont les optants ou fils d'optants de 1870, partis à Paris et qui retrouvent une région qu'ils croient toujours connaître, mais qui a évolué sans eux. Ils reviennent « pour prendre les postes ! » Mais il faudra du temps pour que ces revenants s'intègrent à leur tour...

Dans ce charivari, que pensent les Alsaciens ? On a oublié de les consulter, car les chefs et les notables, dans les fêtes et banquets, voyant s'agiter les drapeaux tricolores, ont toujours considéré que « le plébiscite était fait ». Si l'on lit des diaristes de l'époque, tels Charles Spindler ou Philippe Husser, on peut considérer, estime Claude Muller, qu'une large majorité de la population était pour l'Allemagne en 1914 (« Alors, les gens au pouvoir pensaient Schiller et non Voltaire ») et pour la France en 1918. L'histoire de l'Alsace est un éternel balancement... Mais il ne faut surtout pas s'en plaindre, conclut Claude Muller : « Malheureux les peuples heureux, car ils n'ont pas d'histoire ! »
Hervé de CHALENDAR EN SAVOIR PLUS Concernant cette période, on peut lire le numéro 77 des Saisons d'Alsace (automne 2018), 1918, le retour à la France, auquel Claude Muller a participé. Dans ce même numéro, l'historien Georges Bischoff entreprend plutôt de réhabiliter Hansi. En Alsace, rien n'est jamais catégorique...

 

 
 

 

Explosion de la ruede la Martre : 15 ans déjà

Publié dans le panorama le Dimanche 15 décembre 2019 à 10:20:19

© L'alsace, Dimanche le 15 Décembre 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Explosion de la ruede la Martre : 15 ans déjà
 

 
La cérémonie de commémoration de l'explosion de la rue de la Martre à Mulhouse s'est tenue devant la stèle où sont gravés les noms des victimes. Photo L'Alsace /Jean-François FREY
« Souvenons-nous... » Les mots sont empreints d'émotion. Jean-Pierre Moppert, l'infatigable président de l'AVMM, fait le récit, minute par minute, du drame qui s'est noué le soir du 26 décembre 2004. Il évoque cette scène de catastrophe, les secours, la cellule psychologique et rappelle le bilan définitif de cette explosion : 17 victimes et 15 blessés, deux personnes sont décédées par la suite. « C'est l'explosion la plus meurtrière de ces quarante dernières années. » Un peu plus tard, après les dépôts de gerbe et avant la minute de silence, il a donné le nom de chacune des victimes, des noms à jamais gravés dans le marbre de la stèle qui a été érigée à l'entrée de la rue de la Martre le 18 octobre 2008.

Fidèle au combat qu'il a décidé de mener au sein de l'association, Jean-Pierre Moppert a souligné que « malheureusement, le gaz tue encore et toujours et nous rappelle ce tragique événement ».

Depuis décembre 2004, d'autres drames se sont produits à Bondy, Niort, Bastia (2007), à Lyon (2008), à Aubergenville (2011), à Saint-Julien-lès-Metz, Reims, Witry-lès-Reims (2013), à Marseille, Rosny-sous-Bois (2014) et, plus récemment, le 13 janvier dernier, rue de Trévis à Paris avec quatre morts et une soixantaine de blessés. « Au total, nous dénombrons 28 morts et 201 blessés et cela malgré la sortie du décret pour l'éradication des fontes grises à la fin 2007. On trouve encore et toujours de la fonte grise. »
« Responsable mais pas coupable »

« Dès le moment où l'État permet les privatisations d'entreprises sensibles, surtout celles liées aux énergies, les actionnaires et investisseurs ne seront qu'attirés par l'appât du gain et cela au détriment des investissements et de la sécurité... Et on pourra continuer de sacrifier des vies sur l'autel du profit. Les sociétés ne risquent qu'une condamnation en tant que personne morale et une amende minime. Responsable mais pas coupable... la fameuse loi Fauchon [qui fixe une nouvelle définition des délits non intentionnels, NDLR] a été votée pour les prestataires et les élus locaux. Cette loi toujours d'actualité n'est malheureusement pas amendée par nos députés pour l'abroger ou au moins la modifier. »

Et le président de constater qu'il y a encore beaucoup trop d'incidents lors de travaux de chantiers. « Ce n'est pas toujours la faute des distributeurs, mais bien souvent le facteur humain en est la cause... l'AVMM se rend systématiquement sur les lieux des accidents. Restons vigilants. »

Pour sa part, la maire de Mulhouse, Michèle Lutz, a insisté sur l'importance de commémorer ce drame. « Tout le monde a dans le coin de sa tête un souvenir lié à cette nuit du 26 décembre 2004... Personne ne l'oubliera jamais. »
Alain CHEVAL

 

 
 

 

Le BTP se liguecontre le cancer

Publié dans le panorama le Dimanche 15 décembre 2019 à 10:20:44

© Dna, Dimanche le 15 Décembre 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Partenariat Haut-Rhin
Le BTP se liguecontre le cancer
La Ligue contre le cancer du Haut-Rhin et la Fédération du BTP (bâtiment et travaux publics) du Haut-Rhin ont signé une convention de partenariat.
 

 
La signature de cette convention de partenariat s'est tenue dans les locaux de la Fédération du BTP du Haut-Rhin, à Mulhouse
Celle-ci engage désormais les deux structures réciproquement dans une volonté d'aider et de soutenir les artisans et les chefs d'entreprise du BTP, ainsi que leurs salariés, face au cancer.

Que ce soit par des actions de prévention pour diminuer les facteurs de risques ou par des actions d'accompagnement et de soutien des personnes touchées par la maladie, la Ligue contre le cancer du Haut-Rhin proposera ses services et ses activités de bien-être aux adhérents de la Fédération du BTP du département.

Grâce à sa présence sur l'ensemble du territoire à travers la Maison de la Ligue à Colmar, l'Espace Ligue à Mulhouse et le Point Ligue à Folgensbourg, les services proposés seront ainsi accessibles à tous les salariés qui le souhaitent : activités de bien-être, soutien psychologique, aide sociale et financière, écoute...

De son côté, la Fédération du BTP du Haut-Rhin « ne se positionne pas en tant qu'énième organisme en charge de rappeler les règles de prévention, mais bien en tant que soutien à part entière des hommes et des femmes qui composent la communauté du bâtiment et qui peuvent se sentir parfois démunis face à la maladie. La Fédération entend ainsi répondre pleinement à sa vocation qui est celle d'assister et de trouver des solutions aux problématiques des entreprises du secteur ».
Bonne santé des salariéset des entreprises

De même, cette convention permettra de lutter contre les addictions qui augmentent les risques de cancer (tabac, alcool, nutrition, exposition au soleil...) par des actions de prévention dans les entreprises. L'enjeu est avant tout de réduire l'absentéisme et les arrêts de travail engendrés par la maladie et qui peuvent également être source de désorganisation, de retard de production et avoir un impact financier et économique.

« Veiller à la bonne santé des salariés, c'est aussi contribuer à la bonne santé des entreprises », souligne Étienne Barilley, président de la Fédération du BTP du Haut-Rhin. Concrètement, la Fédération s'engage à participer à la promotion des services de la Ligue contre le cancer du Haut-Rhin et à mobiliser les 8 500 salariés que représentent les 750 entreprises adhérentes par la sensibilisation au bénévolat et aux dons, nécessaires au fonctionnement des missions de la Ligue.

Cette convention portera symboliquement le nom suivant : « Le BTP se ligue contre le cancer dans le Haut-Rhin ». La signature de celle-ci est exclusive dans la mesure où le Haut-Rhin est le premier département français à mettre en place une telle action de partenariat et pourrait bien devenir une initiative pilote pour les autres départements.

La signature de la convention s'est tenue dans les locaux de la Fédération du BTP du Haut-Rhin, à Mulhouse, en présence d'Étienne Barilley, du Dr Bruno Audhuy, président de la Ligue contre le cancer du Haut-Rhin, de Michèle Lutz, maire de Mulhouse, de Laurent Riche, vice-président de M2A, et de Marc Schittly, conseiller départemental.

 

 
 

 

Les Robins de la Doller sont installés dans la vallée

Publié dans le panorama le Dimanche 15 décembre 2019 à 10:21:42

© L'alsace, Dimanche le 15 Décembre 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Les Robins de la Doller sont installés dans la vallée
 

 
Les Robins de la Doller comptent déjà une vingtaine de membres, dont dix jeunes qui s'entraînent le mercredi après-midi avec Christian Mourguet. Photo L'Alsace /J.-M.R.
Un club de tir à l'arc a ouvert à Kirchberg fin septembre, sous l'impulsion de Christian Mourguet, ancien président de la société de tir de Masevaux.
Une dizaine de jeuneset autant d'adultes

« Il y a dix ans, j'ai fait partie, durant un an, du club de tir à l'arc de Giromagny et cette idée m'était restée dans un coin de la tête », se rappelle le président. « Quand j'ai quitté le stand de tir, un contact avec un membre des Archers de La Roseraie, à Bitschwille- lès-Thann, m'a donné envie de reprendre l'arc. Mais comme il n'y avait pas de club dans la vallée de la Doller, j'ai décidé d'en créer un... »

Et pour commencer, Christian Mourguet a investi personnellement dans du matériel, trouvé une salle d'entraînement à la Maison de Pays de Wegscheid, et obtenu des promesses de subventions du syndicat intercommunal Kirchberg-Wegscheid, de la communauté de communes et du conseil départemental.

Actuellement, les rangs des archers sont déjà bien fournis, puisqu'ils comptent une dizaine de jeunes, et autant d'adultes. Les entraînements ont débuté le 13 novembre à la Maison de Pays et se déroulent le lundi, de 19 h à 21 h, pour les plus de 18 ans, et le mercredi, de 15 h à 17 h, pour les jeunes de 10 à 18 ans.
Une séance découverte gratuite

La première séance de découverte est gratuite suivie de trois séances d'essai à 10 EUR avec prêt de matériel et si l'on se décide à continuer, la cotisation annuelle est de 55 EUR. Renseignements auprès de Christian Mourguet au 06.02.30.73.24 ou mchk2709@gmail.com.
Jean-Marie RENOIR

 

 
 

 

Un appel aux dons pour sauver le château du Ramstein

Publié dans le panorama le Dimanche 15 décembre 2019 à 10:23:25

© L'alsace, Dimanche le 15 Décembre 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Un appel aux dons pour sauver le château du Ramstein
 

 
Le poids des années pèse sur la ruine du château du Ramstein à Scherwiller. Plus de sept siècles après sa construction, l'édifice classé au titre des monuments historiques en 1924 se trouve dans un état « d'urgence sanitaire » selon la Direction régionale des affaires culturelles (Drac).

Depuis 1983, année où la municipalité a pris un arrêté de fermeture au public, la ruine du château a continué à se dégrader : les chutes de pierre sont récurrentes et des fissures sont apparues, faisant craindre un effondrement. « On a déjà perdu un étage, à jamais, sur les vingt dernières années », rappelle le maire Olivier Sohler.

Sa situation est telle qu'aujourd'hui, malgré le formidable travail d'entretien accompli par les Veilleurs du Ramstein depuis dix ans (lire ci-dessous), des travaux d'ampleur s'avèrent nécessaires pour sauver la tour-logis, consolider les ruines et intervenir sur les fissures pour stabiliser le château.
Un coût de 700 000 euros pour envisager une réouverture au public

La municipalité de Scherwiller a décidé de financer l'ensemble des travaux pour un montant de 700 000 euros hors taxe, qui a pu faire grincer quelques dents à Scherwiller. « Mais l'objectif, c'est de pouvoir rouvrir le château au public, insiste le maire, et d'y organiser des actions pédagogiques et des animations, pourquoi pas en matière d'oenotourisme avec une dégustation là-haut... »

La commune viticole pourra compter sur plusieurs subventions émanant de la Drac à hauteur de 40 % du montant, soit 280 000 euros, du Conseil départemental à hauteur de 100 000 euros et de la région Grand Est à hauteur « d'au moins 100 000 euros » selon le maire.

Il reste donc à charge la somme de 220 000 euros, dont la moitié pourrait être financée par l'intermédiaire de dons. C'est en tout cas le souhait de la municipalité, qui a signé en ce sens, ce samedi, une convention avec la Fondation du patrimoine qui soutient actuellement 80 projets en Alsace. « On tient beaucoup à notre patrimoine en Alsace, relève Jean-Paul Lerch, délégué départemental de la Fondation. On reçoit tous ces biens en héritage, à nous de les gérer et de les transmettre, en espérant que ceux qui nous suivront auront la même perspective. »

Le projet de consolidation du Ramstein bénéficie ainsi de la visibilité de la Fondation en apparaissant parmi les projets sur son site internet, « très visité », assure M. Lerch.
Plusieurs espèces protégées

Les travaux préparatoires viennent de débuter avec l'abattement d'arbres, pour permettre la création d'un chemin d'accès véhiculé au château afin d'y acheminer notamment le matériel, l'accès actuel n'étant que piéton. « A un moment, il était question de faire venir le matériel par hélicoptère, mais je vous laisse imaginer le surcoût », glisse le maire.

Le lancement du projet a longtemps été bloqué par la situation même du Ramstein, « seul château en Alsace, avec l'Ortenbourg, à se situer sur un biotope protégé », selon le maire. Plusieurs espèces protégées se trouvent actuellement sur le site, notamment la mélique de Transylvanie et la fraxinelle côté flore, le lézard vert et plusieurs oiseaux dont le faucon pèlerin et le hibou grand-duc côté faune. Un arrêté préfectoral de dérogation octroyé au mois de juin, après une étude d'impact, a permis de décanter les choses. « Il a fallu déployer beaucoup d'efforts et multiplier les réunions pour en arriver là », confie Olivier Sohler. Cet arrêté s'accompagne toutefois de mesures compensatoires.
Le gros des travaux au printemps et à l'été 2020

Les travaux sur site débuteront à la sortie de l'hiver par la mise en place d'un échafaudage. Lorsqu'il sera monté, des fouilles archéologiques sur le patrimoine bâti devraient se dérouler sur quinze jours. Les travaux de maçonnerie s'étalonneront, si tout va bien, d'avril à l'automne afin de pouvoir démonter l'échafaudage avant l'hiver sous peine de poursuivre sa location jusqu'au printemps suivant, ce qui engendrerait un surcoût.
Florent ESTIVALS

 

 
 

 

La vallée de Saint-Amarin va-t-elle devenir un désert médical ?

Publié dans le panorama le Dimanche 15 décembre 2019 à 10:15:35

© L'alsace, Dimanche le 15 Décembre 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

La vallée de Saint-Amarin va-t-elle devenir un désert médical ?
 

 
Un infirmier au centre médical d'Oberbruck ausculte une patiente lors d'une téléconsultation en direct avec un médecin à Avignon. Archives L'Alsace /Thierry GACHON
Les warnings clignotaient déjà depuis quelques années dans la haute vallée de la Thur, ils sont aujourd'hui remplacés par des sirènes d'alarme.

En cause, le déclassement par l'Agence régionale de santé (administration de l'État en charge de l'organisation de la santé) de la vallée de Saint-Amarin. Celle-ci ne figure plus, pour l'ARS, parmi les zones déclarées en situation de désertification médicale. De quoi mettre en colère les médecins et des élus de la haute vallée qui connaissent bien la situation locale.
70 % des médecins ont plus de 60 ans

Les chiffres sont éloquents. 45 % des médecins du Haut-Rhin ont plus de 55 ans, dans la vallée ils sont 80 %. 22 % des médecins du Haut-Rhin ont plus de 60 ans, dans la vallée de Saint-Amarin le taux atteint 70 %.

C'est peu dire que les médecins généralistes, guettés par l'âge de la retraite, redoutent les effets de la diminution prévisible du nombre de praticiens sur la qualité et l'efficacité des soins et du suivi des patients d'un territoire auquel ils demeurent attachés.

Leur profession reste avant tout une mission de santé publique, martèlent-ils.
Une situation « inacceptable »

Quant aux élus, ils craignent de voir l'accès aux soins se dégrader sur le territoire et que celui-ci, déjà confronté à une saignée démographique, perde encore en attractivité : une spirale négative.

Une perspective inacceptable pour François Tacquard, président de la communauté de communes de la vallée de Saint-Amarin. L'élu défend un projet de groupement médical (lire ci-contre) porté par la communauté de communes, à même de convaincre de jeunes médecins de s'enraciner sur le territoire et de prendre le relais des futurs retraités (lire ci-dessous le témoignage du Dr Waeckel).

La situation est tout aussi inacceptable pour Annick Lutenbacher, conseillère départementale et maire de Fellering. Elle a fait part de ses interrogations à la présidente du conseil départemental, Brigitte Klinkert.

Celle-ci l'a assurée en retour du suivi par le Haut-Rhin du dossier déposé par la communauté de communes et les médecins de la vallée auprès de l'Agence régionale de santé. Des pressions qui ont porté leurs fruits (lire ci-contre).
Jean-Marie ZIPPER