Back to top

Salvini veut des élections très vite, le gouvernement vacille

Publié dans le panorama le Vendredi 09 août 2019 à 07:54:04

© L'alsace, Vendredi le 09 Aout 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

 

Salvini veut des élections très vite, le gouvernement vacille
 

 
L'opposition de droite et de gauche à la coalition populiste a appelé à une démission du chef du gouvernement Giuseppe Conte. Photo Vincenzo PINTO/AFP
Coup de tonnerre au sein du gouvernement italien. Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur italien et chef de la Ligue (extrême droite) a réclamé jeudi soir des élections anticipées le plus « rapidement » possible, menaçant de provoquer l'éclatement de la coalition au pouvoir. « Allons tout de suite au Parlement pour prendre acte qu'il n'y a plus de majorité [...] et restituons rapidement la parole aux électeurs », a-t-il exigé dans un communiqué. Il a également fait part de son souhait au président du Conseil Giuseppe Conte.
Quel a été le déclencheur de la crise ?

Lors du dernier vote parlementaire mercredi avant la pause estivale, le Mouvement 5 Étoiles (anti-système) de Luigi di Maio a voté contre le projet de ligne à grande vitesse Lyon-Turin, fermement soutenu par la Ligue de Matteo Salvini (extrême droite).

L'opposition de droite et de gauche à la coalition populiste a appelé à une démission du chef du gouvernement Giuseppe Conte, estimant qu'il n'y avait « plus de majorité » au Parlement.

Le très populaire Matteo Salvini, pointé du doigt comme instigateur de la crise, a laissé planer le doute sur ses intentions. Au lieu de démarrer en fanfare le tour des plages qu'il avait annoncé, il s'est enfermé avec M. Conte pour une longue discussion.

Le soir, lors d'un meeting à la station balnéaire de Sabaudia, il s'est contenté de lâcher : « Quelque chose s'est brisé dans la majorité ces derniers mois », alimentant les spéculations qui allaient déjà bon train sur un risque d'éclatement de la coalition. Illustration de ces tensions, le « spread » qui mesure l'écart entre les taux des dettes italiennes et allemandes (la référence) à 10 ans s'est creusé jeudi matin à 206 points, contre 199 la veille.
Que va-t-il se passer dans les prochains jours ?

Matteo Salvini va poursuivre son « beach tour », qui doit le voir enchaîner selfies, cocktails et kermesses politiques dans sept régions côtières, jusqu'à la Sicile dimanche. Jusqu'à ce jeudi, selon les médias italiens, il avait posé des conditions pour rester au sein de l'alliance : le départ de trois ministres et un nouveau pacte incluant la « flat tax », un impôt sur le revenu unique, et une plus grande autonomie des régions.

Parmi les trois ministres dans le collimateur du « Capitaine » : Danilo Toninelli (Transports et Infrastructures, M5S), qu'il accuse de bloquer « des dizaines et dizaines d'autres chantiers publics » en plus du Lyon-Turin. Il aurait aussi demandé la tête d'Elisabetta Trenta (Défense, proche du M5S), qui manque d'enthousiasme à ses yeux pour lutter contre les flux de migrants en Méditerranée. Giovanni Tria (Économie), plutôt proche de la Ligue mais jugé par M. Salvini trop frileux face à Bruxelles, est également sur la sellette.

Le patron de la Ligue avait assuré qu'il serait de retour à Rome lundi, « peut-être pour participer à quelques discussions », en soulignant que d'ici là, « beaucoup de choses » allaient se décider. Reste à savoir si, malgré son appel à des élections anticipées, ses conditions pour rester au sein de la coalition sont toujours d'actualité...
Quelles sont les possibilités ?

Si un profond remaniement ministériel avec une relance de l'alliance entre MM. Salvini et Di Maio reste possible, il est fortement compromis. Faute de quoi, le gouvernement Conte pourrait devoir démissionner, menant à trois hypothèses. Le scénario le plus probable désormais est la convocation d'élections anticipées, demandées par Matteo Salvini. Et selon les sondages actuels, la Ligue devrait en sortir largement victorieuse et gouverner quasi-seule, en s'alliant avec le petit parti Fratelli d'Italia (extrême droite).

La formation d'une nouvelle majorité parlementaire, qui pourrait inclure le M5S et la gauche, semble improbable compte tenu de l'affaiblissement de ces deux camps et de leur opposition affichée à une telle perspective.

Cependant, le président Sergio Mattarella insiste régulièrement sur la nécessité d'avoir un gouvernement en place à l'automne pour élaborer le budget, dont la première version doit être soumise à l'UE avant la fin septembre. Dans ce cas, le chef de l'État pourrait opter pour la mise en place d'un gouvernement technique et renvoyer la perspective d'élections à février ou mars.

 

 
 

 

L'entrée rapide des réfugiés sur le marché du travail

Publié dans le panorama le Vendredi 09 août 2019 à 07:54:16

© Dna, Vendredi le 09 Aout 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Allemagne  Intégration
L'entrée rapide des réfugiés sur le marché du travail
Une étude montre que l'intégration des réfugiés au marché du travail se passe plus vite que prévu. Si l'impact est positif dans les emplois les moins qualifiés, la moitié de ces travailleurs trouve aussi une place dans les emplois spécialisés.
 

 
Plongée au coeur d'une aciérie à Thuringe, en Allemagne de l'Est.
« Les Syriens et les Afghans atténuent la crise de l'apprentissage » : le titre barrait jeudi la une du quotidien Die Welt. 241 000 places d'apprentis (une entreprise sur trois) ne trouvent pas preneurs mais l'enrôlement des jeunes Orientaux limite un peu la « misère », en français dans le texte de l'article. Alors que les jeunes Allemands, de plus en plus attirés par les études supérieures, tournent le dos aux emplois manuels, le nombre de jeunes Syriens et Afghans en contrat d'apprentissage atteint désormais 13 500, soit 14,8 % du total. Chez les jeunes femmes, les effectifs ont quasiment doublé en une année, alors que le nombre de candidates recule globalement.
23 milliards par an dans la formation de la main-d'oeuvre

La secrétaire d'État chargée de l'intégration, Annette Widmann-Mauz, a salué dans Die Welt cette évolution « dans l'intérêt de la société » car « cette augmentation signifie aussi plus de contacts sociaux ». Un enjeu de poids dans un pays qui investit 23 milliards par an dans la formation de sa main-d'oeuvre. Hans-Peter Wollseifer, président de l'association des artisans allemands, souligne que « l'employeur et l'employé doivent savoir faire preuve de persévérance, car l'intégration par le travail est un processus complexe ».

Dans les grandes lignes, le marché du travail allemand rencontre du succès dans cette entreprise, selon une étude publiée cette semaine par l'institut de recherche sur l'emploi (IAB). 36 % des réfugiés en âge de travailler vivant en Allemagne depuis 2015 sont en situation d'emploi (formation, apprentissage, travail). « C'est bien plus rapide, un an environ, que ce que nous avions observé lors des précédentes migrations de masse », se réjouit Herbert Brücker. Le directeur du département migration à l'IAB détaille les domaines occupés par ces 400 000 personnes : « gastronomie, sécurité, nettoyage, bâtiment, soin à la personne ».

Une réelle surprise saute aux yeux à la lecture de l'étude : la moitié d'entre eux a aussi trouvé sa voie dans des emplois qualifiés ou spécialisés. « C'est un chiffre étonnamment élevé quand on se rappelle que seul un réfugié sur cinq déclarait un diplôme professionnel ou universitaire en arrivant ici », commente encore M. Brücker, « mais c'est dû au fait que dans certains pays, on n'apprend pas certains métiers à l'école, on apprend sur le tas. Garagiste en Syrie par exemple ». La part des migrants employés comme médecins ou chercheurs est inférieure à 8 %. Une intégration professionnelle accélérée d'autant plus surprenante que la barrière de la langue était plus élevée que pour les réfugiés des Balkans arrivés dans les années 90.
À Berlin, David PHILIPPOT

 

 
 

 

Comment adapter la navigation sur le Rhin au changement climatique ?

Publié dans le panorama le Vendredi 09 août 2019 à 08:00:56

© L'alsace, Vendredi le 09 Aout 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Comment adapter la navigation sur le Rhin au changement climatique ?
 

 
Pendant plusieurs mois en 2018, seules les barges transportant des marchandises en vrac, sec ou liquide, dont l'enfoncement est moins important, ont pu continuer à naviguer et à se croiser sur le Rhin, avec des chargements réduits. Archives DNA /Cédric JOUBERT
Les professionnels du transport fluvial ne sont pas près de l'oublier : de juillet à mi-décembre 2018, pour cause de sécheresse, le Rhin à courant libre, en aval de l'écluse d'Iffezheim, a connu une période d'étiage (basses eaux) anormalement précoce et longue. Vers la mi-octobre la diminution du tirant d'eau près de Sankt Goar, un endroit névralgique situé sur le cours moyen du Rhin, les avait même contraints à suspendre la navigation des automoteurs porte-conteneurs. Pendant plusieurs semai-nes, seules les barges transportant des marchandises en vrac, sec ou liquide, dont l'enfoncement est moins important, ont pu continuer à naviguer et à se croiser avec des chargements considérablement réduits.
« Pendant près de six mois, on n'a pas pu charger à plein nos bateaux »

Plusieurs secteurs économiques, notamment la chimie, les raffineries, la logistique, la production hydroélectrique et le tourisme, ont été lourdement affectés par cette situation : « Pendant près de six mois, on n'a pas pu charger à plein nos bateaux. Certains ne pouvaient emporter que 20 % de leur capacité. Les clients n'étaient pas satisfaits car les délais de livraison se trouvaient rallongés. On a reporté du fret sur les camions, mais les capacités disponibles se sont avérées limitées. Les commandes ayant diminué, on a dû mettre du personnel en chômage technique. Et pour finir, il y a eu un effet de latence d'un mois avant que nos clients ne reviennent vers le fluvial », a rappelé Guy Erat, directeur général de Danser France, entreprise spécialisée dans la logistique du conteneur, lors d'un colloque organisé, fin juin à Strasbourg, par le Consortium international pour le développement des voies navigables (CIDVN).

« Dans le domaine des céréales, des gravats et de la cellulose, ces difficultés ont entraîné des baisses d'activité allant jusqu'à 15 % du chiffre d'affaires », a complété Jean-Marc Rohlmann, président de l'Association des chargeurs et utilisateurs de transports d'Alsace (Acuta). « BASF estime à 250 millions d'euros le manque à gagner pour son site de Ludwigshafen où l'eau de refroidissement et les approvisionnements par le fleuve ont fait défaut », a souligné de son côté Gerhard Hamerling, un responsable du ministère de l'Économie et des Transports de Rhénanie-Palatinat.

Par ricochet, l'activité portuaire a également été touchée. À l'exemple du Port autonome de Strasbourg dont le trafic annuel pour 2018, tous modes de transport confondus, a chuté globalement de 26 % par rapport à l'année précédente, pour atteindre le plus bas niveau d'activité depuis 50 ans.
« Un mode durable auquel on ne peut renoncer »

Dans ces conditions, tous les acteurs s'accordent sur la nécessité de prendre des mesures pour garantir la navigabilité du Rhin : « Le transport fluvial est un mode de transport durable auquel on ne peut renoncer », a insisté le Suisse Rainer Füeg, secrétaire général de l'union européenne des CCI. « Les tonnages transportés annuellement sur le Rhin ne peuvent de toute façon être transférés intégralement sur la route et le rail. Il est donc indispensable de conserver une voie d'eau qui soit fiable en termes de délais et par là même, qui soit stable sur les prix », a-t-il expliqué.

Au regard de l'état d'urgence climatique, il n'est tout simplement pas possible de se passer des avantages du transport fluvial. « Un bateau automoteur de 90 m de long peut charger jusqu'à 3 000 tonnes, soit l'équivalent de 127 semi-remorques de 30 tonnes et de 66 wagons de marchandises de 58 tonnes... Rapporté à la tonne par kilomètre, c'est le mode le moins gourmand en énergie et aussi celui qui rejette le moins de CO2 ! », a calculé Philippe Trimaille, président du CIDVN.
Nécessité d'une action concertée transfrontalière

Pour les spécialistes, les stratégies et les solutions à mettre en place pour adapter la navigation rhénane au changement climatique relèvent nécessairement d'une action concertée associant l'ensemble des États riverains du fleuve. Après tout, « on a su le faire pour lutter contre les inondations en réalisant des polders qui en atténuent les impacts », a plaidé Raphaël Wisselmann, directeur territorial adjoint de Voies navigables de France (VNF) à Strasbourg, en précisant que la durée de l'étiage de 2018 - près de six mois - a été dépassée une dizaine de fois en deux cents ans, dont la dernière en 1971.

Les acteurs allemands du transport fluvial ont en tout cas déjà pris le taureau par les cornes. Le ministre allemand des Transports Andreas Scheuer a présenté, début juillet, un plan d'actions pour assurer la navigabilité du Rhin en cas de basses eaux, qui prévoit notamment d'améliorer la prévision et la circulation de l'information, l'optimisation du tirant d'eau et l'utilisation de nouveaux types de bateaux.
Textes : Xavier THIERY

 

 
 

 

Découvrir la nature en deux langues

Publié dans le panorama le Vendredi 09 août 2019 à 08:01:28

© L'alsace, Vendredi le 09 Aout 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Découvrir la nature en deux langues
 

 
Les enfants découvrent notamment les différents oiseaux. Photo L'Alsace /Vincent VOEGTLIN
Sur les coups de 14 h, une clochette retentit dans la salle commune du centre Don Bosco, à Ferrette. « J'ai oublié d'en rapporter une, s'excuse presque Pierre Boehm. Du coup, on fait avec les moyens du bord », ajoute-t-il en désignant son portable et une enceinte connectée. Peu importe. C'est l'heure du rallye nature.

Pour la première fois depuis six ans, l'association Naturhena propose à une trentaine d'enfants une semaine au coeur de la nature, à Ferrette. Le séjour est traditionnellement ouvert à des enfants de 8 à 12 ans, originaires d'Alsace, mais aussi de Suisse et d'Allemagne. « Cette année, nous n'avons malheureusement aucun enfant suisse ou allemand parmi nous, déplore Pierre Boehm, le directeur de la colonie de vacances. Comme on ne l'a pas fait depuis longtemps, les contacts se perdent. »

Âgé de seulement 22 ans, le jeune homme est un habitué des séjours Naturhena : il en a fait une trentaine dans son enfance, souvent dirigés par Jean-Paul Ahr, aujourd'hui animateur. « C'est réjouissant de voir qu'il y a une relève qui apporte de nouvelles choses, mais en restant dans le même esprit pour les thématiques et le rapport à l'enfant », déclare-t-il, tout sourire.
Écorce de bouleauet papillon de nuit

Réunis en quatre petits groupes, les enfants passent d'ateliers en ateliers, pour tester leurs connaissances, et cultiver leur soif d'apprendre. Pendant sept jours, ils ont découvert la nature environnante. La proximité de la forêt et d'un grand pré est un formidable prétexte pour de longues promenades. Avec experts à l'appui.

Robert Niefergold leur a, par exemple, parlé des « arbres remarquables », tandis que Dominique Oesterle leur a transmis tout son savoir sur les fleurs. « C'est un moyen pour eux d'échanger avec des gens passionnés, qui auront des réponses à toutes leurs questions », explique Pierre Boehm.

Écorce de bouleau, cône d'épicéa, pomme de pin... Adam, 10 ans et demi, est devenu incollable. « Maintenant, j'arrive à repérer les branches où un chevreuil a frotté ses bois », se réjouit-il fièrement. Lucie, elle, préfère observer un papillon dans une boîte en plastique. « Il ne vit que la nuit, explique-t-elle du haut de ses 10 ans. Alors on le relâchera ce soir... »

À chacune de leurs découvertes, et malgré l'absence de germanophones, les six animateurs s'attachent à apprendre aux enfants les traductions allemandes. Même les kaplas sont bilingues ! « On n'est pas une colo linguistique, insiste cependant Pierre Boehm. Mais c'est une tradition qu'on aimerait beaucoup perpétuer. On espère que l'annonce de notre retour dépassera les frontières. »

À la fin du rallye, pas de médaille : le principe du séjour est d'aiguiser la curiosité des enfants. Et de les inciter à revenir, pour en apprendre toujours plus sur la flore et la faune alsaciennes.
Marie DEDEBAN

 

 
 

 

Un Veilleur EN son château (1/5) Soultzbach-les-Bains Le Laubeck ou l'éphémère demeure de Florence

Publié dans le panorama le Vendredi 09 août 2019 à 07:40:15

© Dna, Vendredi le 09 Aout 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Un Veilleur EN son château (1/5) Soultzbach-les-Bains
Le Laubeck ou l'éphémère demeure de Florence
« Un veilleur en son château » est une rubrique estivale à la découverte de sites castraux de la région colmarienne, mais également de leurs veilleurs. Ces bénévoles, recrutés par le Département, sont en quelque sorte des anges gardiens qui rendent compte de l'évolution d'un site.
 

 
Florence, veilleuse du château de Laubeck, et Olivier Marck ont présenté ce qu'il reste de l'édifice. Un grand travail d'enquête reste à faire pour imaginer à quoi il ressemblait au XIIIe siècle.
« Il devait être beau ce château pour qu'ils se battent pour l'avoir ! », s'émeut Florence, la veilleuse du château du Laubeck, ou plutôt ce qu'il en reste, à Soultzbach-les-Bains. « J'adore marcher, et la nature me ressource. Alors que je me rendais au château du Schrankenfels, j'ai vu ce petit panneau du Club Vosgien qui désignait celui du Laubeck à 600 mètres. Ça a aiguisé ma curiosité. » Ce qu'elle découvre est une ruine recouverte de végétation.
Protégé par la nature

À 758 mètres d'altitude, au sud de Soultzbach-les-Bains, l'accès aux ruines du Laubeck se mérite. Comptez 1 heure 30 de marche depuis le col du Firstplan. Une fois sur place, il faudra se méfier du sol piégeux. Les éboulis de pierres sont recouverts de mousse et de feuilles mortes, redoutables pour les chevilles. Il semblerait que la nature veuille préserver ce qu'il reste du château des chevaliers de Laubegasse. Même les tiques sont particulièrement voraces ! Elles ne croisent que rarement des êtres humains dans le secteur.

Il reste de nombreuses traces de ce qui devait être un château habité. « On distingue clairement le fossé. Soit c'est une faille naturelle, soit c'est la carrière qui a servi à extraire les pierres taillées du château », indique Olivier Marck, chargé de mission Patrimoine et Mémoire pour le conseil départemental du Haut-Rhin, et médiateur auprès des veilleurs de châteaux. S'il est aussi précautionneux, c'est qu'il reste très peu d'écrits sur l'édifice.

En contournant la butte, on découvre trois gros blocs de pierres agglomérées qui semblent être tombés du sommet. La partie arrondie indique qu'il pourrait s'agir des restes du donjon. Après une ascension périlleuse, on arrive à la base dudit donjon. Il n'en reste plus grand-chose, mais les caractéristiques sont les mêmes que les blocs tombés plus bas.
Il appartenaità la famille des chevaliers de Laubegasse

Si les morceaux du château du Laubeck sont à ce point disséminés, c'est que celui-ci a été détruit sur ordre de l'évêque de Strasbourg. Il appartenait à la famille des chevaliers de Laubegasse, attestés depuis le XIIe siècle. Entre 1283 et 1302, le chroniqueur de Colmar pour l'évêché note de nombreuses querelles familiales pour acquérir le château. Jusqu'à douze frères, soeurs et cousins revendiqueront l'édifice. Un affrontement entre l'évêque et les Laubegasse conduit à la mort de trois d'entre eux vers 1308. Lassé, l'évêque Jean de Dirphein détruit le château et enferme la famille Laubegasse dans les cachots une année durant. Ils renonceront à leur bien au profit de l'évêque pour 400 marcs d'argent.
Préserver ce qui subsiste

En tant que veilleuse de château, Florence n'a pas beaucoup de pouvoir. Son rôle est de surveiller la dégradation du site et de remonter ses observations à Olivier Marck. « J'ai envie de le faire connaître. Si on en parle, on aura peut-être des moyens d'agir », indique Florence. Dans un premier temps, il faudrait faire un relevé topographique du lieu qui aurait beaucoup de choses à raconter. Un travail de « nettoyage » du lieu permettrait également de mettre à jour de nouveaux éléments. Enfin, il faudrait consolider ce qu'il reste des murs d'enceinte et du donjon. Avis aux amateurs de vieilles pierres !
Dom POIRIER

 

 
 

 

Oyez, oyez !

Publié dans le panorama le Vendredi 09 août 2019 à 07:40:40

© Dna, Vendredi le 09 Aout 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Oyez, oyez !
 

 
Pour devenir veilleur de châteaux, ou si vous possédez des documents anciens concernant les sites castraux du département, écrivez à Olivier Marck, chargé de mission Patrimoine et Mémoire pour le conseil départemental du Haut-Rhin à : veilleursdechateaux@haut-rhin.fr

 

 
 

 

Comment Jean-Philippe et Muriel vont devenir parents d'accueil

Publié dans le panorama le Vendredi 09 août 2019 à 08:02:30

© L'alsace, Vendredi le 09 Aout 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Comment Jean-Philippe et Muriel vont devenir parents d'accueil
 

 
Jean-Philippe, chauffeur routier, et Muriel, aide-soignante, vont devenir les parents d'accueil d'une jeune Autrichienne. Elle s'installera dans la chambre de leur fille Lysiane (au centre) qui vient tout juste de s'envoler pour les États-Unis. Photo DNA /Barbara GABEL
Accueillir une jeune lycéenne étrangère chez soi. C'est l'aventure que va vivre la famille Weibel de Wittersheim. Muriel et Jean-Philippe Weibel accueilleront bénévolement en septembre une Autrichienne qui vivra chez eux et étudiera à Haguenau. Dans le même temps, leur fille Lysiane, 16 ans, passera un an au Texas grâce à l'association AFS Vivre sans frontière, membre d'un réseau international qui se déploie dans une centaine de pays et permet à des jeunes de passer une année scolaire dans un pays étranger.

Le couple n'aurait jamais pensé héberger quelqu'un sous son toit pendant l'absence de leur fille. « Tout est allé très vite », témoigne Muriel. « En juin, nous avons rencontré des jeunes qui sont partis avec AFS pour partager leur expérience à Lysiane, mais également des familles de Walbourg qui venaient d'accueillir des jeunes étrangers. Ce sont ces rencontres qui nous ont donné envie de sauter le pas... »

La petite soeur de Lysiane se rend alors sur le site de l'AFS et consulte le profil de Maria, qui vit à Vienne, en attente d'une famille d'accueil en France. Elle le montre à ses parents : « Son profil a retenu notre attention. C'est une jeune fille du même âge que Lysiane qui a des hobbies simples. On a regardé d'autres profils, mais c'est elle qui nous avait conquis ! », se rappelle Jean-Philippe.
« On a hâte de la rencontrer ! »

Avant de partir aux États-Unis, Lysiane a fait de la place dans sa chambre pour que la jeune Autrichienne se sente comme chez elle. « Je lui ai même laissé des habits qu'elle pourra porter ! », se réjouit l'adolescente.

La jeune Autrichienne aura la possibilité de suivre sa famille d'accueil dans tous ses déplacements. La famille Weibel compte emmener Maria au théâtre et dans les marchés de Noël. « Notre inquiétude était d'être obligé de voyager. On nous a tout de suite rassurés en nous disant qu'il fallait simplement lui faire découvrir notre culture sans changer nos habitudes. » Muriel et Jean-Philippe espèrent que la jeune fille saura s'intégrer facilement malgré la barrière de la langue. « Le but est de lui parler en français, mais s'il y a des difficultés de compréhension on pourra utiliser l'allemand. »

Si Maria sera considérée comme un membre à part entière de la famille Weibel, elle ne « remplacera jamais Lysiane », insiste Jean-Philippe qui espère compenser le manque de sa fille par les activités avec la jeune Autrichienne. Maria intégrera sa classe de 1re au lycée Heinrich-Nessel le 9 septembre. « On a hâte de la rencontrer ! », s'impatientent ses futurs parents d'accueil.
Barbara GABEL

 

 
 

 

Amélie Kammerer, pédagogue de nature

Publié dans le panorama le Vendredi 09 août 2019 à 08:03:47

© L'alsace, Vendredi le 09 Aout 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Amélie Kammerer, pédagogue de nature
 

 
Amélie Kammerer dans le verger pédagogique du Luppachhof où elle a effectué son animation-test autour du futur rucher-école. Photo L'Alsace
S'estime-t-elle engagée à l'instar d'un certain nombre de jeunes lors des marches pour le climat ? Amélie Kammerer, 23 ans, répond, modeste et presque embarrassée : « Je ne me vois pas bouger les gens à l'international, mais j'espère être sur la bonne voie avec de petites actions comme manger bio... » Et comme « transmettre un savoir », l'éducation à l'environnement étant à ses yeux « un préalable » incontournable.

En stage jusqu'en juillet à la ferme pédagogique du Luppachhof à Bouxwiller, dans le Sundgau, dans le cadre d'un BTS de gestion et protection de la nature, elle a eu l'occasion d'en vérifier la portée. « Quand les parents disent lapinou pour le petit du lapin, un gentil surnom qu'on trouve dans les histoires, ou qu'ils croient que les coqs pondent des oeufs, comment voulez-vous que les enfants sachent ? », s'étonne-t-elle.
« Quoi de mieux qu'une ferme pédagogique ? »

Le Luppachhof, la jeune femme de Froeningen l'avait découvert petite, sans vraiment s'en souvenir. « Ma mère m'y avait emmenée, j'ai eu des flashs en faisant des animations avec les enfants, j'avais été marquée par la traite des chèvres. » Elle a « toujours été en contact avec la nature : on partait en randonnée avec les parents, on faisait beaucoup d'activités extérieures, du ski, du cheval... » Son oncle était agriculteur, ses grands-parents avaient une ferme, elle a grandi « entourée d'animaux ».

Titulaire d'un bac professionnel en accompagnement, soins et services à la personne, Amélie Kammerer s'imaginait « travailler avec des enfants » sans avoir tout à fait trouvé le chemin de sa vocation. Elle a envisagé un temps d'être monitrice d'équitation, « un milieu très fermé par l'argent et sexiste ». C'est lors d'études en diététique, dont elle est également revenue, qu'elle s'est intéressée à « l'origine des aliments ».

« Quoi de mieux qu'une ferme pédagogique pour ça ? », s'est-elle dit, avant de se présenter, en 2017, pour un service civique au Luppachhof, qu'elle a « adoré », puis d'y revenir, l'été dernier, comme bénévole. Initiée aux rudiments de l'apiculture en cours de BTS, elle qui veut « tout découvrir » par elle-même a pu répondre à la demande de l'équipe de monter une animation autour d'un rucher-école.

« J'ai tout de suite accroché. Entendre des abeilles bourdonner, c'est impressionnant et ce n'est pas commun de s'occuper d'animaux qui piquent ! », admet l'étudiante qui met tout en oeuvre pour communiquer son enthousiasme à un jeune public. « Il faut amener les choses par étapes. Pour la traite des chèvres, j'encourage d'abord les enfants à les caresser. Mais des abeilles, on ne peut pas les approcher comme ça et s'ils connaissent peu la ferme, ils en savent encore moins sur les insectes... »

Aussi passe-t-elle par un support et une présentation ludiques, le tout fabriqué sur place par un collègue, pour expliquer les étapes de développement des abeilles, leurs métiers dans la ruche, leur rôle dans l'environnement. Sans oublier un atelier de fabrication du miel. « Ils pourront même repartir avec un petit pot à la maison », détaille-t-elle, feuilletant le cahier d'écolier dans lequel elle a consigné l'ensemble de son projet.
« Aller dans la nature,c'est du concret »

Pour Amélie Kammerer, « aller dans la nature, c'est du concret et, au-delà des articles de presse, le mieux est de rencontrer des gens qui savent démêler le vrai du faux ». Bientôt de retour à son lycée de Vic-en-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées, elle poursuivra son parcours dans ce sens, prévoyant de monter un projet étudiant « autour du low tech, des villages qui ne veulent plus dépendre du système, qui cherchent des alternatives, qui produisent leurs légumes, leur énergie... »

À se remémorer les bonshommes de neige de son enfance sundgauvienne, elle ne peut « que s'inquiéter » du réchauffement climatique. « Il faut agir maintenant ! Cela commence et on va y arriver, mais on ne peut pas forcer les gens, il faut les sensibiliser, les amener à réfléchir. »

Elle s'y efforce difficilement auprès de son grand-père, « qui a du mal à comprendre qu'il faut produire en étant plus responsable ». « Cette génération a eu accès à la technologie, nous on a déjà tout ça, comprend-elle. Il ne s'agit pas de revenir au Moyen Âge, mais d'inclure le respect de la planète, en ayant recours à l'énergie solaire, par exemple. »

En ce qui la concerne, elle y est prête. Elle espère approfondir sa formation en licence professionnelle de médiation scientifique et éducation à l'environnement, et travailler dans le domaine de l'animation nature. Avec son compagnon, elle se verrait bien ouvrir « une structure d'animation ou une ferme pédagogique » dans le Sud, « manger ce qu'on récolte et produit, protéger la nature ». Naturellement convaincue que « ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières »...
Textes : Catherine CHENCINERPhotos : Thierry GACHON LIRE Le cinquième voletdans L'Alsace du samedi 10 août :Colin Wagner, guidé par « une urgence vitale ». PLUS WEB Notre vidéo sur le site internet : www.lalsace.fr

 

 
 

 

ferrette - Nouveaux locaux inaugurés

Publié dans le panorama le Vendredi 09 août 2019 à 07:45:39

© L'alsace, Vendredi le 09 Aout 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

ferrette - Nouveaux locaux inaugurés
 

 
François Cohendet, maire de Ferrette et président de l'Office de tourisme du Sundgau, devant les nouveaux locaux ferrettois. DR
Nous avons eu l'occasion d'expliquer les raisons qui ont amené mi-novembre 2018 au déménagement de l'office de tourisme de l'ancien bâtiment de l'ex com com du Jura alsacien, vers le centre-ville de Ferrette, au 1a, rue de la Première-Armée.

Le 26 juillet dernier est venu le temps pour le maire de Ferrette et président de l'office de tourisme du Sundgau, François Cohendet, de remercier officiellement l'ensemble des acteurs qui ont participé, d'une manière ou d'une autre, à la conduite de l'opération.

La réussite, car c'en est une indéniablement, ne serait-ce que par l'union des édiles autour du projet, a été saluée tour à tour par l'hôte d'honneur en la personne d'Alphonse Hartmann, ancien conseiller général d'Altkirch, chargé de l'économie et du tourisme, et du président du PETR du Pays du Sundgau, François Eichholtzer.
Une vocation touristique évidente

C'est face à un parterre d'élus sundgauviens venus de tout l'arrondissement, depuis le maire de Winkel, Grégory Kugler, en passant par Germain Goepfert, maire de Luemschwiller ou encore Paul Mumbach, maire de Dannemarie, ainsi que les responsables, animatrices et membres de l'OT, que François Cohendet a tenu son discours empreint de reconnaissance envers les soutiens indispensables à la réalisation de ce projet entrant dans le développement « écotouristique » dont Ferrette a une évidente vocation.

« Ce nouvel espace rend plus lisible l'offre touristique et il est, en plus, un des éléments de réorganisation du centre bourg », a souligné le maire qui a vivement remercié les bénévoles « qui ont mis la main à la pâte lors du déménagement », les agents communaux ainsi que les animateurs et animatrices de l'OT.

À charge pour eux d'animer cet espace d'information et de promotion de la région.

Prenant le contre-pied de certains discours, François Cohendet a affirmé : « Non le Sundgau n'est pas un désert culturel ni artistique. Notre Sundgau peut avancer ses atouts et pour n'en citer que quelques-uns, son patrimoine, ses offres de circuits de randonnées, et toutes ses festivités locales organisées à longueur d'année. Le Sundgau est dynamique malgré ce que l'on peut en dire ».

Il a ensuite tenu à rendre un hommage fort appuyé à Alphonse Hartmann : « C'est un grand honneur que de recevoir celui qui fut le premier à vouloir développer le tourisme dans le Sundgau.

Pour le président du PETR François Eichholtzer, il faut appréhender le tourisme comme « une rencontre » entre deux cultures ; notion dans laquelle « il faut savoir transmettre l'identité d'un terroir au travers de ses spécificités. Le Sundgau est un terroir pas évident qu'il faut savoir décoder. »

Puis recentrant son intervention, en guise de clin d'oeil sans autre malice, François Eichholtzer a évoqué l'histoire locale justifiant le renforcement de l'OT : « Bien sûr il y a Altkirch, mais historiquement la capitale du Sundgau c'est Ferrette. » En termes élégants comme la chose fut dite ! Il est vrai que dans l'assistance se trouvait l'adjointe à la culture d'Altkirch Estelle Miranda, également vice-présidente de l'office de tourisme du Sundgau.
« Réserve d'Indiens » ?

Alphonse Hartmann, invité à conclure l'inauguration, a évoqué les combats menés à Colmar auprès de ses collègues du Département pour corriger leur vision erronée de ce Sundgau toujours considéré comme « une réserve d'Indiens. » Une négligence qui avait pour effet d'obliger les élus sundgauviens « à se battre pour obtenir une subvention ».

La force de caractère monolithique que l'on reconnaît à Alphonse Hartmann a eu raison des récalcitrants. Une force en l'occurrence secondée par celle de François Cohendet à qui Alphonse Hartmann a également adressé un vif remerciement pour son engagement à développer ce secteur économique au travers, entre autres, de cet office de tourisme flambant neuf.

« François s'est battu ! Il a participé au moins à une quarantaine de réunions. » Pour un résultat à la hauteur des efforts salué sans aucune réserve ce vendredi soir de fête à Ferrette.
JJT

 

 
 

 

Le Sundgau ne vend pas son bois à l'Asie

Publié dans le panorama le Vendredi 09 août 2019 à 07:46:24

© Dna, Vendredi le 09 Aout 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Economie Exploitation forestière
Le Sundgau ne vend pas son bois à l'Asie
Non le Sundgau ne négocie pas ses coupes de bois à l'Asie, et à la Chine en particulier. Mais ce qui est vrai pour le sud du département ne l'est pas forcément pour le reste du Haut-Rhin. C'est ce qu'explique Cédric Ficht, directeur de l'agence ONF de Mulhouse.
 

 
Le bois sundgauvien est vendu à des acheteurs traditionnels dans les Vosges et en Franche-Comté.
Contrairement à des informations « informelles » qui font la conversation aux terrasses des rares bistrots encore ouverts dans le Sundgau, le bois du secteur sundgauvien ne part pas en Asie !

Le secteur couvert par l'agence ONF de Mulhouse est vaste il va de Rouffach au Jura alsacien. C'est dire la diversité des situations en matière de commercialisation des coupes de bois qui dépendent des espèces d'arbres poussant selon les secteurs géographiques ou la géologie des terrains. L'éventail des espèces va des résineux en montagne aux feuillus à plus basse altitude.
«L'export est un épiphénomène»

« Au sujet du Sundgau, l'export est un épiphénomène, indique Cédric Ficht. A notre connaissance et pour ce qui concerne l'ONF qui s'occupe des ventes publiques, il n'existe pas d'export. La forêt est principalement constituée de feuillus, chênes, frênes, hêtres. Nous sommes toujours dans un accord cadre, et depuis plusieurs années, signé avec nos acheteurs traditionnels, c'est-à-dire la Société forestière docelloise dans les Vosges et l'entreprise Piguet située en Franche-Comté. »
Ventes publiques, ventes privées

Une nuance toutefois dans cette explication de la part du directeur de l'ONF, remettant l'arbre au milieu de la forêt : « il se peut que certains propriétaires privés aient vendu des coupes de bois à des négociants mandatés pour les acquérir et ensuite les expédier en Asie. »

L'ONF a installé un système visant à réserver la vente labellisée de chênes aux habituels acheteurs. Cédric Ficht s'en explique : « lors d'une adjudication et lors du premier tour, seuls les transformateurs locaux (les négociants cités plus haut compris) peuvent soumissionner. Il y a uniquement les invendus qui peuvent être achetés au second tour par d'autres négociants. C'est donc dans ces lots adjugés lors du second tour qu'il peut y en avoir à destination du marché asiatique. »

Les forêts de résineux comme les forêts de feuillus ne sont pas au meilleur de leur forme. Les hêtres dépérissent à cause de la canicule, les résineux subissent pire sort (cf. DNA du 12.04.2019 et du 22.05.2019). Malgré ces avanies, le marché du bois perdure et la demande ne tarit pas.

Pour ce qui concerne l'agence ONF de Mulhouse, la demande la plus problématique et à laquelle l'organisme veut répondre, émane des scieries du sud-ouest de la France dont le besoin de bois de façonnage est pressant. Cependant, il y a un problème à résoudre : « le coût du transport par train reste très élevé», relève Cédric Ficht.
Des débouchés dans le sud-ouest, des difficultés pour le transport

Paradoxalement, les exportations de résineux vers la Chine sont nettement moins onéreuses : « le bois pour l'Asie est transporté par bateaux. Ils arrivent dans nos ports et repartent habituellement à vide (mais quels produits manufacturiers aurions-nous à leur vendre ? ndlr). Les containers sont alors chargés de bois». Le transport dans ce cas ne coûte rien à l'acheteur.

L'espoir demeure d'arriver à une solution pour ce qui concerne le sud-ouest : « nous sommes en train de trouver un mode de financement d'aide au transport », précise le directeur de l'ONF.

Quant aux forêts de sapins vosgiennes et au regard de l'étendue des dégâts, le marché asiatique est la dernière possibilité de les commercialiser : « si nous n'avions pas l'ouverture de ce marché, dans quelques années les sapins dépéris pourriraient et seraient invendables. «
JJT

 

 
 

 

geiswasser - Une première fleur pour le village

Publié dans le panorama le Vendredi 09 août 2019 à 07:44:47

© L'alsace, Vendredi le 09 Aout 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

geiswasser - Une première fleur pour le village
 

 
Le fleurissement, le travail d'une équipe, de g. à d. : Isabelle Folliguet, Delphine Meyer, Philippe Folliguet, Marlène Geber et Betty Muller. Photo L'Alsace /Sylvie SIEBER
C'est fin 2016 que la commune de Geiswasser a décidé de se lancer dans l'aventure. Après avoir appliqué les conseils de Pierre Bihl, président délégué du jury départemental du fleurissement, la première récompense n'a pas tardé : un 2e prix départemental dès 2017 dans la catégorie des villages de 301 à 1 000 habitants, suivi d'un 1er prix en 2018. Les efforts menés, notamment en 2018, ont porté leurs fruits : Geiswasser est l'une des trois communes haut-rhinoises à avoir obtenu sa première fleur, suite au passage du jury régional le 22 juillet.
Un budget de 10 000 EUR pour le fleurissement en 2018

Si Betty Muller, maire de la commune depuis 2014 et conseillère départementale, n'est pas peu fière de cette distinction, elle insiste tout particulièrement sur « le travail d'équipe » qui a permis d'obtenir cette première fleur. Cette équipe, c'est la commission embellissement, composée de six conseillers municipaux (dont elle fait partie) et les deux agents communaux, Marlène Geber et Philippe Folliguet, qui veillent à l'entretien des espaces communaux. La commission s'est chargée des plantations le 18 mai. Certaines plantes proviennent de l'hivernage et le désherbage est manuel. Betty Muller n'oublie pas le travail réalisé par sa secrétaire de mairie, Delphine Meyer, qui a assuré la mise en page du livret présenté au jury lors de son passage.

En 2018, la commune a alloué un budget de plus de 10 000 EUR au fleurissement, pour l'achat d'un groupe d'arrosage, de jardinières à réserve d'eau, de supports et de barrières. Cette année encore 1 000 EUR ont été alloués au fleurissement. Dans le même ordre d'idée, diverses démarches ont été entreprises : plantation de vergers, d'arbres d'ornement, installation d'un hôtel à insectes et de bacs de plantes aromatiques et création d'un carré biodiversité. Cette première fleur offre ainsi un attrait supplémentaire à ce petit village doté d'un camping. Madame le maire ne cache pas sa joie de voir les touristes de passage s'arrêter pour prendre des photos.

À noter que la commune organise également un marché aux fleurs au printemps et que de leur côté les habitants sont nombreux à fleurir leurs propriétés - depuis longtemps comme le souligne Marlène Geber. En traversant Geiswasser, on peut admirer de magnifiques jardins qui n'ont pu que conforter la commune dans sa démarche d'obtention du label village fleuri.
Sylvie SIEBER

 

 
 

 

La renaissance du Caveau d'Eguisheim

Publié dans le panorama le Vendredi 09 août 2019 à 07:58:42

© L'alsace, Vendredi le 09 Aout 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

La renaissance du Caveau d'Eguisheim
 

 
Bertrand et Florence Gelly au comptoir de la partie brasserie. À gauche, le pressoir entouré des mange-debout. Photos DNA /Nicolas PINOT
Le restaurant à la cuisine traditionnelle a servi ses premiers repas vendredi soir dernier.

Les nouveaux occupants des lieux n'ont pas l'intention d'aller à contre-courant de l'histoire. « Notre but est de respecter l'esprit premier. Léon Beyer avait créé ce restaurant pour promouvoir les vins d'Alsace. Nous voulons perpétuer cette ambition. »
Portes closes depuis huit ans

Bertrand Gelly se désolait de voir ce haut-lieu de la gastronomie portes closes. Il était fermé depuis huit ans suite au départ du chef étoilé Jean-Christophe Perrin, parti créer L'Altévic, à Hattstatt.

Avec son épouse Florence, il a décidé d'acheter le Caveau de la place du Château Saint-Léon à la société de propagande des vins d'Eguisheim.

Le couple a également acquis la maison attenante, inoccupée depuis vingt ans afin de donner plus d'ampleur au restaurant. « Nous avons vécu deux ans d'une dure gestation. Il y en a eu, des nuits blanches... »
« Nous avons sorti des maisons 250 tonnes de gravats »

« Nous avons percé sept ouvertures pour relier les deux bâtiments ! Nous avons tout détruit, du sol au plafond » Bertrand Gelly ne souhaite pas communiquer de chiffres, mais évoque, sans surprise, « un très gros investissement ». Tout le système électrique est neuf. « Nous avons sorti des maisons 250 tonnes de gravats et dix tonnes de bois ».

Le défi consistait à insuffler un air neuf à des maisons de vignerons style Renaissance datant du XVIIe siècle. Le pari est réussi. Les éléments d'architecture anciens font bon ménage avec les ajouts contemporains.

Pour ce chantier d'une belle envergure, Bertrand et Florence Gelly ont fait appel à l'architecte colmarien Serge Santo Piazzon. C'est le maître d'oeuvre Pierre Boeppler qui a piloté le chantier où se sont affairées une vingtaine d'entreprises, toutes locales.
Des briques du XIIIe siècle et des poutres de 1 400

Dès l'entrée du restaurant, l'oeil se porte sur l'impressionnant comptoir de bar en bois clair et étain. « Il a été réalisé par les Etains de Lyon qui sont venus le souder sur place ». En face, des mange-debout entourent un élégant pressoir. Et au fond, le four dédié aux tartes flambées. Les trois salles de restaurant plus la brasserie offrent 120 couverts. Des amis restaurateurs retraités, Jean Helschger (Le Caveau du Vigneron, à Turckheim), Jean-Pierre Egert (Le Valet de Coeur, à Ribeauvillé), se sont mués en décorateurs. « Ils ont créé une Stube avec des planches récupérées ici. Le bois a bien 500 ans. »

Ambiance clair-obscur dans la cave à vins et son vieux pressoir. Photo DNA /Nicolas Pinot

Aux murs, des briques du XIIIe siècle et au plafond, des poutres de 1 400. « J'ai récupéré des chaises et des tables chez des particuliers, de Saint-Louis à Saint-Avold. »

Bertrand Gelly a même dédié une table au viticulteur Jean-Luc Freudenreich qui était actionnaire de la société des vins d'Eguisheim. « C'est grâce à lui que j'ai pu avoir ce Caveau ».

À l'étage, a pris place la cuisine où officie le chef Alexandre Niggel. « Il était mon premier cuisinier il y a une vingtaine d'années, au Heuhaus. » Heuhaus qui est fermé depuis le dimanche 28 juillet et qui, en attendant de trouver preneur, est à louer. À côté, une salle privée pour rencontre de groupes a vue sur le château comme sur la cuisine.
Un blason où figure le pape Léon IX

Pour accéder au sous-sol du Caveau, l'on emprunte le tout nouvel escalier en grès des Vosges, remplaçant l'ancien, en bois. Ici ont été aménagés les vestiaires et toilettes du personnel. L'on y trouve aussi un bureau, l'espace de la plonge, quatre chambres froides et une pièce contenant les moteurs de refroidissement, une réserve sèche, une autre pour les vins. « Nous avons refait toutes les fondations. » Les murs ont été abattus et l'on passe dans le sous-sol de la maison attenante. La cave à vins où trône un antique pressoir se dévoile dans une ambiance clair-obscur. Puis, ce sont les toilettes destinées aux clients.

Pour accompagner l'événement, Florence, avec l'aide du bijoutier Jean Riedweg, a imaginé un blason où figure le pape Léon IX et que l'on retrouve sur les portes vitrées, les verres à bière, les ronds de serviette...

C'est elle aussi qui a réalisé la mise en pages et écrit les textes de la très originale carte des vins.
Michelle FREUDENREICH Y ALLER Le Caveau d'Eguisheim, 38 place du Château Saint-Léon, Eguisheim. Tél. 03.89.41.85.72. SURFER Site Internet : www.caveau-eguisheim.fr - Contact e-mail : contact@caveau-eguisheim.fr. Page Facebook : «Caveau d'Eguisheim»

 

 
 

 

Philippe Pfisterer, 50e président du Rotary

Publié dans le panorama le Vendredi 09 août 2019 à 07:43:58

© L'alsace, Vendredi le 09 Aout 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

Philippe Pfisterer,

50e président du Rotary

 

Passation de présidence entre Nicolas Beaulieu (à d. et Philippe Pfisterer). Photo DNA

Le président sortant Nicolas Beaulieu a salué les membres du club et leurs épouses ainsi que Madame Paule Ossola, représentant le club Inner Wheel de Colmar. Il rappela les buts du Rotary International, club service, et le thème de l'année rotarienne qui s'achève « Soyons l'inspiration ».

Bientôt le cinquentenaire du club

Il fit un rapide compte rendu des actions, de leur organisation, de leur rapport financier et de l'affectation de la totalité des recettes et des cotisations des membres. C'est ainsi que l'année 2018/2019 fut riche en actions : achèvement des travaux de retenues d'eau en Inde, action « une femme, une Rose » ; Espoir en Tête, Marche gourmande de Hunawihr, rencontre avec le club contact de Kaiserslautern, fête des vendanges, remises de chèques à l'association « Espoir », à l'association des ruchers de Ribeauvillé, et, aide à l'Ehpad de Ribeauvillé. Egalement, l'organisation de plusieurs conférences, concerts et visites de musées, de villes, et de jardins de montagne.

Nicolas Beaulieu a aussi transmis le collier de président pour une année à Philippe Pfisterer. Bien connu dans le milieu artistique et culturel tant au niveau local, que national et international, Philippe Pfisterer fut pendant trois décennies le directeur du conseil départemental pour la Musique et la Culture de Haute-Alsace et le président-fondateur du Groupement d'employeurs de l'enseignement musical.

À la retraite depuis 2015, il est toujours le directeur artistique du Festival franco-allemand du Printemps Rhénan, et le président de l'association pour la Promotion des activités culturelles transfrontalières.

Il détailla les actions à venir, et notamment l'organisation des festivités du cinquantenaire de la création du club, qui se dérouleront les 14 et 15 septembre à Ribeauvillé avec l'organisation d'un grand concert des « Rhinwagges » qui se déroulera à la salle du Parc à Ribeauvillé en septembre 2020.

Enfin il rendit hommage aux anciens membres du club, au doyen d'âge Pierre Girny, et remercia le président Beaulieu pour le travail accompli pendant son année de présidence.

 

 

 

 

Martial REHEISSER

Directeur de la Communication

Auprès du Cabinet de la Présidente

 

Tel. : 03 89 30 60 70

Port. : 06 30 52 37 63

Email : reheisser@haut-rhin.fr

   

 

Un final en beauté

Publié dans le panorama le Vendredi 09 août 2019 à 07:41:14

© Dna, Vendredi le 09 Aout 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Rouffach  Festival Musicalta
Un final en beauté
On est au bout. Le festival Musicalta se terminera ce soir en beauté, avec la prestation de l'orchestre et du choeur de l'académie à 20 h à l'église de Rouffach.
 

 
Maude Georges sera à la baguette ce soir, pour le concert final de Musicalta 2019.
Après Florent Mayet pour la première session, c'est une autre habituée de Musicalta qui dirigera la soirée : Maude Georges.

Maude Georges a découvert la richesse du choeur à la Maîtrise du conseil général de la Loire. Ayant expérimenté divers instruments et la direction de choeur pendant sa scolarité, elle a entamé en 2009 ses études à l'ENM de Villeurbanne en parallèle d'une licence de musicologie à l'université Lumière Lyon 2. Elle a profité d'une année d'Erasmus à Berlin pour faire plusieurs stages de direction auprès de choeurs amateurs et professionnels. De retour en France, elle a terminé un master de recherche en musicologie sur la musique à danser en France, et s'est perfectionnée à la Haute école de musique de Genève, notamment dans la classe de direction d'orchestre de Laurent Gay.

Elle est aujourd'hui directrice artistique et chef de choeur des Phonies Polies, de l'Ensemble Vocal de l'INSA et de De THOU Choeur (69).

Une bonne partie du concert de ce soir sera donc consacrée à la musique vocale, avec des oeuvres pour choeur de femmes, pour choeur d'hommes ou pour choeur mixte, de Johannes Brahms, Camille Saint-Saëns, Hector Berlioz... L'orchestre, pour sa part, se frottera à Camille Saint-Saëns (Le cygne), Charles Gounod (Ave Maria) et à un « Quiz à cordes », autour de thèmes de ballets célèbres.

La soirée devrait se terminer (et elle le fera), en apothéose avec l'Hymne à la joie de la neuvième symphonie de Ludwig van Beethoven, réunissant choeurs et orchestre.
Rouffach. Église Notre-Dame. Vendredi 9 août, à 20 h 30. Entrée libre, avec le soutien du conseil départemental.

Rouffach. Église Notre-Dame. Vendredi 9 août, à 20 h 30. Entrée libre, avec le soutien du conseil départemental.

 
 

 

Quand Jean-Pierre Mocky tournait en Alsace

Publié dans le panorama le Vendredi 09 août 2019 à 07:59:38

© L'alsace, Vendredi le 09 Aout 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Quand Jean-Pierre Mocky tournait en Alsace
 

 
Le cinéaste Jean-Pierre Mocky sur le tournage du téléfilm « Colère », ici sur le site de l'usine hydroélectrique du lac Noir, en juillet 2009. Archives L'Alsace /Dominique GUTEKUNST
Le cinéaste le plus prolixe de France, Jean-Pierre Mocky, qui vient de disparaître à l'âge de 90 ans, avait tourné à deux reprises en Alsace. Ce fut d'abord Agent trouble, à l'hiver 1987, sur les hauteurs d'Orbey et de Sélestat, autour du Haut-Koenigsbourg et à la Volerie des aigles. Le cinéaste employait pour la première fois une Catherine Deneuve méconnaissable sous sa perruque de cheveux roux bouclés et Richard Bohringer, tous deux excellents dans leurs personnages ambigus respectifs. Mocky semblait avoir flashé sur les bâtiments de l'ex-centrale hydroélectrique du lac Noir. Agent trouble constitue d'ailleurs un superbe document historique témoignant de l'existence d'un bâtiment industriel qu'EDF a fait le choix de détruire entièrement.

Au lac Noir, Mocky y était revenu deux décennies plus tard pour quelques scènes de Colère tournées devant la centrale, encore debout, en juillet 2009. Pour le besoin de ce téléfilm, il avait recruté à Sainte-Marie-aux-Mines de nombreux figurants, pour côtoyer les vedettes Dominique Pinon, Michèle Bernier, François Tourmakine et Michel Stobac.