Sébastien Lecornu : « Redonner des libertés locales aux maires »

Publié dans le panorama le Vendredi 05 juillet 2019 à 06:00:28

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Sébastien Lecornu : « Redonner des libertés locales aux maires »
 

 
Sébastien Lecornu était en visite à Vesoul jeudi. Photo L'Est Républicain/David HANISCH
Sébastien Lecornu a choisi Vesoul (Haute-Saône) pour dévoiler de larges pans de son projet de loi « Engagement et proximité ». Il présentera son texte le 17 juillet. Un certain nombre de mesures concrètes, issues du grand débat national, sont évoquées.
Il y a une inquiétude par rapport à la « crise des vocations » pour les prochaines municipales...

« Il y a une double lame, la crise de l'engagement générale et un sentiment qu'ont les maires d'être dépossédés de leur capacité à agir et peut-être un niveau d'exigence parfois bienvenu mais peut-être aussi relevant d'un « consumérisme » municipal. Un certain nombre de lois sont venues également rompre les équilibres. Je redoute en réalité la fracture territoriale. Dans les endroits où la vie est plus douce, la crise de l'engagement se fera moins sentir. C'est dans les communes où l'on a le plus besoin du maire où cette crise sera de plus en plus aiguë ».
Votre projet de loi répond-ilà toutes ces inquiétudes ?

« Il faut redonner des libertés locales au maire dans la manière de s'occuper de sa mairie et de l'autre en donnant quelques conditions claires de l'exercice du mandat ».
Les délais sont serrés jusqu'au mois de mars...

« Le diagnostic est connu. Il faudra une certaine discipline parlementaire ».
On ne touche pas au cumuldes mandats ?

« Ce n'est pas prévu par le gouvernement. Mais je n'ignore pas que certains parlementaires voudront amener ce débat dans l'hémicycle ».
Vous proposez un droità la formation pour les élus....

« C'est très important surtout dans les petites communes. Il est essentiel que les élus d'un village de 600 habitants sachent de quoi on parle en matière d'assainissement ou de finances publiques. C'est aussi, dans mon esprit, une façon de préparer l'après-mandat car il y a une vie après la mairie ».
On va donc vers un véritable statut des élus ?

« Les élus locaux ne veulent pas d'un statut, ils ne veulent pas devenir des agents de la fonction publique. J'ai été maire, je n'ai pas de difficulté à le ressentir. Mais la vie quotidienne d'un maire a changé. La prise en charge des frais de garde pour les enfants ou encore les élus en situation de handicap ou une prise en charge des frais d'avocat pour les litiges relevant de leur mandat sont des mesures de solidarité que nous souhaitons mettre en place. La question du statut de l'élu s'est heurtée à de nombreux échecs parce qu'on avait pris l'habitude de penser à leur place ».
Certains élus se sentent aussi dépossédés par l'intercommunalité...

« Il y a une question d'esprit. Les lois de 1992 ou de 1999 n'ont créé aucun drame. Mais 20 ans plus tard, la loi NOTRe (loi portant nouvelle organisation territoriale de la République, NDLR) est passée par là. On a été frappé de gigantisme lors du dernier mandat, on a voulu tout plus gros, les grands cantons, les grandes régions. Notre texte a pour but de restaurer l'idée que l'intercommunalité est au service de la commune et non pas l'inverse. Il faut repartir de la cellule communale pour irriguer l'organisation territoriale de la République. Notre idée est de redonner du pouvoir au maire en renforçant par exemple ses pouvoirs de police.
Propos recueillis par Didier FOHR