L'évacuation des Haut-Rhinois, il y a 80 ans

Publié dans le panorama le Vendredi 05 juillet 2019 à 05:35:44

© Dna, Vendredi le 05 Juillet 2019
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Commémoration  Place des Martyrs-de-la-Résistance
L'évacuation des Haut-Rhinois, il y a 80 ans
La place des Martyrs-de-la-Résistance de Colmar a servi de cadre, mardi soir, à la commémoration des 80 ans de l'évacuation des Haut-Rhinois sur leur terre d'accueil, le Lot-et-Garonne.
 

 
Les représentants des deux départements, une amitié indéfectible
En 1939, de nombreux habitants du département contraints à l'expulsion ont trouvé refuge dans le Lot-et-Garonne.

Démunis et désemparés, ils ont été confrontés, dès leur arrivée en gare de Marmande et d'Agen, à une vie d'exil faite de nouvelles habitudes, de mentalités et de coutumes différentes de celles de leur Alsace natale. Au fil du temps, des liens d'amitié se sont créés malgré les conditions de confort rudimentaires, notamment aux champs ou dans les ateliers.
« Nous avons trouvéles coeurset les portes ouvertes »

Dans le but de faire perdurer cette amitié et ces liens privilégiés noués aux heures les plus sombres, des rencontres entre élus des deux départements ont lieu régulièrement. Ce fut le cas, ce mardi, avec l'accueil d'une délégation du conseil départemental du Lot-et-Garonne, dont la présidente Sophie Borderie attendue le lendemain était représentée par le conseiller Pierre Cavani.

Dans son allocution, la présidente du conseil départemental du Haut-Rhin Brigitte Klinkert, entourée du maire Gilbert Meyer a rappelé : « Le 1er septembre 1939, la Seconde Guerre mondiale qui allait faire 60 millions de morts débutait ; depuis des semaines les Alsaciens, conscients du danger à l'est du Rhin, s'attendaient à voir s'abattre sur eux un déluge de fer et de feu. Ce même 1er septembre, le gouvernement français décréta l'évacuation de la population installée proche du Rhin vers d'autres territoires ; 49 000 Haut-Rhinois allaient prendre la route vers des départements du sud-ouest, dont le Lot -et-Garonne. Un long et pénible voyage, synonyme de tristesse et de mélancolie à l'idée de quitter leur chère Alsace. Durant 10 mois, des liens d'amitié et même des amours ont permis de nouer une relation particulière entre nos deux départements, unis à jamais par cette histoire ». Agathe, une jeune collégienne, a procédé à la lecture d'une lettre parmi d'autres, celle d'une jeune fille venant de Biesheim qui évoquait l'accueil et sa vie durant ces quelques mois où elle habitait le Mas-d'Agenais : « En arrivant, nous avons trouvé les coeurs et les portes ouvertes, été reçus par la population avec bienveillance, les habitants du Mas cherchent à soulager nos misères et nous les remercions de tout coeur ».

Le dépôt d'une gerbe par les élus a mis un terme à cette commémoration, suivie par l'interprétation de l'hymne européen et de la Marseillaise par une classe du collège Victor-Hugo, dirigée par Nicolas Husser.