Bac : bras de fer entre Blanquer et les correcteurs

Publié dans le panorama le Jeudi 04 juillet 2019 à 05:56:32

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Éducation Examen
Bac : bras de fer entre Blanquer et les correcteurs
En grève contre la réforme Blanquer, certains correcteurs refusent de saisir les notes. Mais le ministre de l'Éducation a promis que tous les élèves auraient leurs résultats du bac ce vendredi.
 

 
Certains élèves, dont les notes n'auront pas été saisies, se verront attribuer leur note de contrôle continu, afin que tous aient leur résultat.
Le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer a assuré mercredi que « tous les élèves » auraient leurs résultats du baccalauréat vendredi comme prévu, malgré la grève de correcteurs, grâce à la prise en compte provisoire de notes du contrôle continu si les copies n'étaient pas rendues à temps.

Après avoir dans la journée évoqué le « risque » que certains candidats n'aient pas leurs résultats le jour J, il a finalement déclaré à BFM-TV que « tous » les auraient vendredi : « C'est mon devoir de garantir cela », a-t-il dit.
« Ça n'a aucun sens de prendre des notes de contrôle continu »

Depuis le début des épreuves le 17 juin, des correcteurs veulent contraindre le gouvernement à rouvrir des négociations sur la réforme du bac. Ils refusent de saisir les notes des candidats mais aussi, pour certains, de rendre les copies.

Dans le cas où des copies et donc des notes seraient encore manquantes jeudi soir, le ministre a détaillé une « solution technique » qui portera, selon lui, sur un « petit nombre de candidats ».

« On prendra la note de contrôle continu de l'année à titre provisoire vendredi » pour compléter la moyenne, a-t-il expliqué. « Comme ça, ceux qui doivent passer l'oral de rattrapage le sauront vendredi ».

« Si en début de semaine on a finalement la copie et que la note est meilleure, c'est celle-là qui sera prise en compte, sinon on garde la note de contrôle continu », a-t-il poursuivi.

Le ministre a estimé le nombre de copies manquantes mercredi à moins de 100 000 et jugé que, jeudi matin, ce serait « descendu en dessous de 50 000 ».

Le collectif « Bloquons Blanquer » avance, lui, le chiffre de 126 000 copies (sur un total de 4 millions de copies).

« C'est hallucinant, ça n'a aucun sens de prendre des notes de contrôle continu », a réagi Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU, le premier syndicat du secondaire. Selon elle, cette « solution » pose une série de questions : « Comment fait-on pour les élèves en candidat libre ? », interroge-t-elle par exemple.

Et elle présente le « risque d'envoyer des élèves au rattrapage alors qu'en fait ils ont une note correcte à l'examen final. Dire qu'ils prennent la meilleure note des deux, c'est s'exposer à des recours potentiels, car c'est discriminant entre les candidats ». « Tout cela montre que Jean-Michel Blanquer est aux abois », lance la syndicaliste.

Pour le ministre, des sanctions financières devraient avoir un effet « dissuasif » et inciter les professeurs récalcitrants à rendre leurs copies au plus vite : « Ils sont considérés comme grévistes à partir du jour où ils ont pris les copies, ça signifie un retrait de salaires de 10 à 15 jours. »

La plupart des profs grévistes assurent avoir corrigé les copies. Mais ils veulent que le gouvernement revienne sur sa réforme qu'ils jugent « précipitée », avec le risque de voir le bac, examen national, transformé en « un bac local ».

« Sur certains points, on peut encore discuter, ma porte est ouverte », a déclaré mercredi Jean-Michel Blanquer.