Altkirch « Toubib or not toubib ? »

Publié dans le panorama le Dimanche 16 juin 2019 à 06:15:20

© Dna, Dimanche le 16 Juin 2019 
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Altkirch  Zoom 
« Toubib or not toubib ? »
 

 
Fermera, fermera pas ? Telle est la question (altkirchoise, et non pas shakespearienne) qui se pose à propos du service des urgences de l'hôpital Saint-Morand. « Toubib or not toubib », dira l'humoriste de service, car telle est évidemment « la question » !

Nul Sundgauvien, ou presque, n'ignore désormais que le service des urgences de l'hôpital d'Altkirch est, comme bon nombre de structures de ce type, menacé de fermeture. Lors d'une récente « réunion de concertations élargies des acteurs de santé locaux autour des évolutions de l'hôpital d'Altkirch » - en termes moins abscons, lors d'une « réunion de la dernière chance » - différentes hypothèses de travail pour le maintien ou la transformation du service des urgences ont été proposées.

Qui veut tuer son chien...

Rappelons que la fermeture brutale du service au 30 juin était à craindre, puisque le médecin urgentiste titulaire quittera ses fonctions au 1er juillet. Et là où le bât blesse, c'est qu'on ne se bouscule pas au portillon pour le remplacer. Bonne nouvelle néanmoins, le service restera ouvert jusqu'à la fin de l'année grâce à la venue d'un médecin urgentiste du centre de soins de Thann qui a accepté de prendre en charge ledit service jusqu'au 31 décembre, date à laquelle l'autorisation sera échue, et à partir de laquelle toutes les hypothèses peuvent être envisagées. Notamment celle de la transformation du service des urgences (ouvert 24h/24) en centre de soins non programmés, entendez en « urgences au rabais fermées la nuit ».

Le maire d'Altkirch, lucide, déclare avoir « fait le pari de participer à ces concertations », mais précise que « si l'on fermait le service ça n'aura pas servi à grand-chose ». Pour lui, « si l'on donne du temps au temps au service des urgences, on arrivera peut-être à susciter des vocations ». Le problème, c'est qu'à force de dire que le service va fermer, les médecins susceptibles de venir à Altkirch sont de moins en moins nombreux. On les comprend. Quel médecin spécialiste serait prêt à s'engager dans une carrière au sein d'un établissement moribond ? « Les candidats ne se déclarent pas », confirment les responsables du Groupe hospitalier de la région Mulhouse et Sud Alsace (GHRMAS) et ceux de l'Agence régionale de santé (ARS).

« Les restructurations de ce type découragent les patients, il y a une très forte baisse d'activité dans les services de l'hôpital Saint-Morand depuis plusieurs mois, et cela décourage les médecins potentiels », déplore pour sa part le député du secteur qui siège au conseil de surveillance du GHRMAS. Avant de conclure, sans manier la langue de bois : « j'ai l'impression d'avoir été roulé dans la farine ! » Avouons qu'il n'a pas tort et ne soyons pas dupes. Tout ceci ressemble étonnamment à l'histoire du serpent qui se mord la queue. « Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage », dit un dicton on ne peut plus d'actualité !
Bernard JURTH