patrimoine Mulhouse : Le Musée de l'impression sur étoffes mobilise

Publié dans le panorama le Mercredi 12 juin 2019 à 06:04:49

© Dna, Mercredi le 12 Juin 2019
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patrimoine Mulhouse
patrimoine Mulhouse : Le Musée de l'impression sur étoffes mobilise
Joli succès vendredi pour la réunion publique organisée par Carole Ecoffet et Maryvonne Buckenmeyer, créatrices du collectif Sauvons le Mise. Les paroles fortes et les bonnes volontés se sont exprimées... en l'absence remarquée de représentants des collectivités et du président du musée.

 
La réunion publique sur l'avenir du Musée de l'impression sur étoffes (Mise) a attiré une centaine de personnes. Au micro, Christian Lehr, administrateur.
Il a fallu rajouter des chaises dans la belle salle de la Sim (Société industrielle de Mulhouse), à Mulhouse. L'appel lancé par Maryvonne Buckenmeyer et Carole Ecoffet, « simples citoyennes de l'agglomération », à l'origine du collectif Sauvons le Mise, créé en mars dernier, a été entendu : une centaine de personnes ont participé à la réunion organisée vendredi soir. À propos de ce musée confronté depuis un an à la plus grave crise de sa longue histoire (pillage en interne de ses collections, problème de gouvernance...), « il y avait un besoin de parole », a constaté Carole Ecoffet en ouverture de la réunion. Besoin pour des citoyens d'exprimer leur attachement à ce lieu, leurs inquiétudes, leurs questions. Qui en sont restées à ce stade, en l'absence remarquée de représentants de M2A (Mulhouse Alsace agglomération) et de la Ville de Mulhouse, ainsi que du président du musée, Pascal Bangratz, qui s'était excusé.
« Trouver les moyens »

rois représentants du conseil d'administration du Musée de l'impression sur étoffes étaient pourtant là, à commencer par Frédéric Guthmann, qui a retracé l'histoire de la Sim, du Mise et des liens qui les unissent. Il a fait remonter l'origine de la crise actuelle à la grande « restructuration du musée entre 1994 et 1997 », avec « des travaux sous-évalués, une crise financière, un plan social ». C'est dans « cette structure fragilisée », avec des financements publics en baisse que se sont déroulés les événements de 2018, mort du directeur et vols « au coeur même de la collection, le Sud (Service d'utilisation des documents) ».

Évidemment, on attendait le représentant du CA sur l'attitude de ce dernier face à la crise. « Soit on communique et on rompt le secret de l'instruction (toujours en cours), soit on se tait et l'opinion publique nous traite d'incurie », a résumé Frédéric Guthmann. [C'est la deuxième option, qui a d'abord été choisie]. Mais aujourd'hui, a-t-il fait valoir, « le CA s'est engagé dans un processus de refondation du musée, pour redresser d'ici deux à trois ans la situation financière et scientifique ».

Administrateur du Mise depuis six mois, appelé à la rescousse en décembre dernier, le chef d'entreprise Christian Lehr s'est montré nettement plus cash dans ses propos. « Bien sûr, a-t-il lancé, tout le monde veut savoir ce qui s'est passé, et avec quelles complicités. Mais si on sait ça demain, ça ne nous donnera pas les moyens de rebondir. Or, ce qui nous importe, c'est de sauver le Mise. » Un musée « qui est aujourd'hui plus proche de fermer ses portes, et où 30 personnes par jour seulement payent pour la visite », a-t-il déploré. Le besoin de compétences est incontestable, mais les embauches dans la situation actuelle sont impossibles, a-t-il encore argué. « Nous avons un conservateur identifié en vue, un directeur aussi, mais nous ne savons pas si nous aurons les moyens de les payer jusqu'à la fin de l'année. Il faut trouver les moyens d'aider le musée, aider à sa promotion. » Pour « remettre le Mise sur les rails », il a avancé trois pistes : « Soit on mise tout sur la pédagogie locale ; soit on essaie d'attirer les touristes, et je vois mal le Mise y arriver tout seul ; soit on fait rayonner Mulhouse à travers ce musée : pourquoi pas des boutiques du Mise dans tous les grands aéroports ? » Il a aussi invité les membres du collectif à se rapprocher de l'association des Amis du Mise, qui est représentée au CA.

Le débat s'est ensuite engagé avec la salle, entre interventions musclées (lire en encadré) et l'expression de bonnes volontés.
« Comme un incendie »

Parmi elles, celle du « textilien » Hervé François, créateur de la société Mitwill Textiles Europe, à Sausheim. « Ce qui est arrivé, c'est comme un incendie, maintenant il faut repartir de zéro. Il y a d'énormes possibilités autour de ce musée et pas de temps à perdre dans des conflits... » « Le monde du textile a changé, il faut faire appel aux jeunes », a-t-il lancé, après s'être étonné que les étudiants de la Hear, notamment, n'aient pas pu collaborer davantage avec le Mise. « Vous avez ici un trésor que vous pouvez utiliser pour recréer de l'attractivité économique. » Il n'était pas le seul à le penser...
Hélène POIZAT