Hôpitaux : la fièvre risque de monter pendant l'été

Publié dans le panorama le Mercredi 12 juin 2019 à 05:53:56

© Dna, Mercredi le 12 Juin 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Social Conditions de travail
Hôpitaux : la fièvre risque de monter pendant l'été
Le mouvement de contestation, initié il y a trois mois par les services d'urgence en colère, pourrait durer si les annonces du gouvernement ne satisfont pas les revendications du personnel hospitalier qui était mobilisé mardi.
 

 
Les syndicats veulent « élever le rapport de force » face à la ministre de la Santé. Encouragés par la colère des services d'urgence, qui dure depuis trois mois et a poussé Agnès Buzyn à de premières concessions la semaine dernière, des personnels hospitaliers se sont mobilisés mardi, jour du vote de la loi Santé au Sénat.

À Paris, en fin de matinée, une centaine de manifestants s'est rassemblée devant le ministère, dont une majorité de militants CGT, FO et SUD. À leurs côtés se trouvaient des membres du collectif Inter-Urgences, à l'origine du mouvement parti de la capitale mi-mars et qui n'a cessé de s'étendre depuis, avec, selon le collectif, 95 services d'urgences en grève dimanche.
« Tant qu'on n'aura pas ce qu'on veut on n'arrêtera pas »

Reçus à Paris par le directeur adjoint de cabinet d'Agnès Buzyn, les représentants syndicaux n'ont pas caché leur déception. « Nous ne sommes pas entendus, il va falloir nous montrer plus agressifs, plus virulents », a affirmé l'urgentiste Christophe Prudhomme de la CGT-Santé après l'entretien. « Le mouvement de grève est illimité, tant qu'on n'aura pas ce qu'on veut on n'arrêtera pas », a ajouté Candice Laparge du collectif Inter-Urgences. Plusieurs actions ont également eu lieu en région.

Agnès Buzyn avait déjà tenté jeudi dernier, alors que plus de 200 urgentistes manifestaient à Paris, de désamorcer la crise en promettant une « stratégie d'ensemble » mêlant primes pour les personnels, crédits pour les travaux nécessaires et commande d'un rapport pour l'automne.

Des mesures aussitôt jugées « insuffisantes » par le collectif Inter-Urgences et les syndicats.

La ministre de la Santé avait de son côté défendu son action, qui « ne peut pas se réduire à ce (qu'elle a) annoncé la semaine dernière ». Et d'ajouter : « Les urgences payent lourdement tous les problèmes d'organisation » du système de santé et « il n'y a pas de mesures miracles qui permettraient d'éteindre le feu rapidement ».
Une réforme trop éloignée de l'urgence

La ministre a assuré que son projet de loi Santé vise notamment à « améliorer l'accueil en ville en amont » et à « ne pas laisser les urgences seules faire face à l'afflux de patients » dans les établissements.

Le texte, adopté fin mars par les députés, était soumis au vote des sénateurs mardi après-midi. Mais sur le terrain, cette réforme semble bien éloignée des préoccupations immédiates. Ces deux dernières semaines, le mouvement de grève a franchi un palier avec la recrudescence d'arrêts de travail pour échapper aux assignations.

Pour contenir cette poussée de fièvre, le directeur de l'AP-HP (hôpitaux de Paris), Martin Hirsch, a promis « des réponses fortes », à commencer par une hausse des effectifs de ses services d'urgence « parallèlement au nombre de patients », et ce « maintenant, en 2019 ».

Ces renforts se feront via « des embauches supplémentaires, on ne les prend(ra) pas dans certains hôpitaux », a-t-il affirmé sur France Info.