Colmar « Ils nous pourrissent la vie »

Publié dans le panorama le Mercredi 15 mai 2019 à 06:06:35

© L'alsace, Mercredi le 15 Mai 2019
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Colmar « Ils nous pourrissent la vie »
 

 
Une réunion courtoise mais le ras-le-bol de certains habitants était largement palpable, lundi soir à la salle Saint-Léon de Colmar. Photos DNA/Nicolas Pinot
Ils squattent le parking, font des rodéos bruyants avec des motos non homologuées, fument la chicha dans le parc à proximité des enfants, se garent mal, insultent les riverains, rayent les voitures. « Jour et nuit ».

Une habitante du secteur de la rue d'Ostheim en pleure. « C'est un défilé permanent de jeunes qui nous pourrissent la vie. Nous ne sommes plus bien dans notre quartier ». D'autres résidents acquiescent. « L'église Saint-Léon est un point de deal », dit un homme. L'amertume est palpable et le maire Gilbert Meyer promet sans convaincre des « tournées spontanées » de la police municipale.

Heureusement pour lui, la commissaire de police de la ville était dans la salle, incognito avant de prendre la parole : « Nous avons peu d'effectifs. Deux patrouilles pour toute la ville. » Aussi invite-t-elle les riverains à faire remonter plus précisément les doléances auprès de la police nationale. « Nous aussi, nous pouvons harceler ces jeunes. Ecrivez-nous, déposez plainte pour les insultes ». Les habitants peuvent même les prendre en photo. « Sur la voie publique, c'est autorisé ». Le maire détend l'ambiance : « Les touristes chinois le font bien ! » Quant à la chicha, son usage est toléré. Tant qu'il y a du tabac dedans.
Un parking privé colonisé par les touristes

Autre souci, du côté de la tour du stade, route de Sélestat cette fois. Le parking de l'immeuble, ouvert à cause des quelques commerces et médecins implantés là, est utilisé par des usagers du centre-ville mais aussi des touristes « envoyés là par leurs guides ou même par le syndicat d'initiative, parce que c'est gratuit », se plaint une dame. De surcroît, ils jettent des déchets partout. « C'est l'enfer ». Le maire suggère que le syndic de l'immeuble émette un macaron, et que des avertissements soient apposés sur les essuie-glaces.

Stationnement encore, avec des camions sur les trottoirs de la route de Sélestat, des clients d'une sandwicherie qui « colonisent l'espace » et se garent sur les pistes cyclables au tout début de la même route de Sélestat. « Ils s'octroient tout et ne se poussent même pas quand on veut passer », s'offusque une dame. Plus loin, vers l'embranchement de la route de Strasbourg, deux commerces de bouche sont cernés de mégots et de déchets. Et personne ne fait rien. « Le commerçant doit demander un cendrier à la ville, et s'engager à le vider », rappelle Gilbert Meyer, qui annonce, suite à son arrêté anti-mégots « une centaine de contraventions par mois pour jets de mégots. C'est énorme ». Et ça coûte 68 EUR.

Un homme demande ce que va devenir la friche des anciens abattoirs rue d'Agen. « Le terrain a été proposé pour être occupé », répond le maire qui ne dira pas par qui. « Ça n'est pas une surface d'utilisation facile ».

Enfin, il a aussi été question d'éclairage public, ou de son absence sur le petit parking en face du centre de formation des apprentis (CFA). « La lumière attire les activités nocturnes, nous l'avons constaté en éclairant un autre parking près d'un lycée. Il y a des fois où il vaut mieux rester dans le noir », dit Gilbert Meyer. En revanche, de nuit la place Debussy est « éclairée comme s'il faisait jour », constate un riverain. « Nous avons commencé à diminuer l'éclairage dans certains quartiers de minuit à 5 h, mais il faut en laisser quelques-uns quand même ». Une réponse qui n'a éclairé personne.
Nicolas PINOT