« La criminalité n'a pas baissé à Colmar ! »

Publié dans le panorama le Mercredi 15 mai 2019 à 06:04:57

© Dna, Mercredi le 15 Mai 2019
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COLMAR Police
« La criminalité n'a pas baissé à Colmar ! »
Pour le délégué régional de l'Union syndicale des magistrats, les bons chiffres colmariens révélés par le ministère de l'Intérieur ne reflètent pas la réalité.
 

 
Les chiffres du commissariat de Colmar affichés par le ministère de l'Intérieur ont fait un bond spectaculaire dans le positif (notre édition du 8 mai). Ils ont fait aussi bondir Jean-François Assal : « Je m'étonne de ces chiffres qui ne me paraissent pas refléter la réalité du terrain ».

Juge d'instruction à Colmar, il est directement confronté au manque d'effectifs chez les enquêteurs. Pour le délégué régional de l'Union syndicale des magistrats, les statistiques sont en trompe-l'oeil, spécialement celles concernant le nombre de dossiers par enquêteur : « C'est mathématique, moins de policiers égale moins de procédures », corrige le magistrat.

En réponse à un nouveau courrier du maire de Colmar alertant le ministre sur le manque d'effectifs dans sa ville, la place Beauvau a lâché des résultats très positifs : moins 20 % de cambriolages, moins 25 % de vols avec violence...

« La criminalité n'a pas baissé à Colmar », s'offusque le juge d'instruction. Colmar s'avère même « un hub de criminalité organisée », spécialement en matière de stupéfiants. La preuve, « on n'aurait pas saisi sept tonnes de cannabis dans le dossier Argent ».
« Zéro enquête financière »

Les cambriolages non plus ne baissent pas. Il en veut pour preuves les « vagues de cambriolages traitées par les gendarmes mais qui concernent aussi la circonscription de Colmar ».

Pour ce qui est des vols à Colmar, le magistrat de l'USM en impute beaucoup aux pickpockets : « Les victimes sont des touristes asiatiques qui ne déposent pas plainte ». Et puis, « les délais de traitement dissuadent les gens de porter plainte ».

Le délégué régional résume l'attitude du ministre : « C'est comme un conducteur sur l'autoroute aux yeux rivés sur les cadrans et qui ne regarde pas la route ». Il avance une autre équation : « Moins d'enquêteurs égale moins d'enquête ». Et avance ses chiffres : « Il y a actuellement à Colmar zéro enquête financière, tout simplement parce que les policiers n'en ont pas le temps ». Le magistrat évalue à un tiers, la perte d'effectifs depuis six ans dans la brigade de sûreté urbaine.

Autre effet mécanique visible du juge d'instruction : « Les délais de commission rogatoire ont plus que doublé ».
Ph.M.