Aux Invalides, l'hommage aux « soldats hors norme »

Publié dans le panorama le Mercredi 15 mai 2019 à 05:44:07

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Armée Cérémonie
Aux Invalides, l'hommage aux « soldats hors norme »
Solennité, solidarité et émotion ce mardi lors de la cérémonie pour les commandos marine Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, tombés dans l'assaut pour libérer deux otages au Sahel.
 

 
Les camarades de Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello au sein du commando Hubert les ont accompagnés.
Un treillis kaki, un béret vert, un foulard sable pour préserver leur anonymat. Et peut-être dissimuler les larmes.

Les frères d'armes de Cédric de Pierrepont, 33 ans, et d'Alain Bertoncello 28 ans, tués la semaine dernière au Burkina Faso lors d'une intervention pour libérer deux otages français, ont accompagné les cercueils tout au long de l'hommage national rendu hier aux Invalides, à Paris. Ces camarades du commando Hubert, si souvent cantonnés dans l'ombre des interventions armées, dans la nécessaire discrétion de leurs missions, se trouvent soudainement projetés en pleine lumière. Loin, bien loin de leurs théâtres périlleux d'opérations.

« Ces officiers mariniers étaient des soldats hors norme comme peu d'armées dans le monde peuvent en compter », souligne le président Emmanuel Macron, rappelant la « nécessité » de cette mission, lors d'une cérémonie rassemblant dans la cour des Invalides la grande famille de la Marine. « Celui qui meurt au combat, dans l'accomplissement de son devoir, a rempli sa destinée. Ce n'est pas un sacrifice... Une nation n'est libre et forte que d'avoir des héros dont elle doit se montrer digne, en s'élevant à leur hauteur et en restant soudée », proclame le chef des armées.
Des sanglots et des binious du Bagad

Avant de remettre, à titre posthume, la Légion d'honneur, et d'élever au grade de premier maître ces deux membres défunts des Forces spéciales, le chef de l'État, accompagné de son épouse, s'entretient longuement avec les familles des deux défunts. D'inconsolables sanglots troublent la solennité des lieux. Au son des binious du Bagad de Lann-Bihoué, une vague d'émotions submerge les rangs.

« Je ressens une profonde tristesse et en même temps, c'est leur mission », retient Jean-Yves, premier maître à l'État-major de la Marine, « ils ont fait ce qu'on leur a demandé malheureusement en payant le prix fort ». L'heure n'est pas à la polémique, explique l'officier en poste à Paris, mais à « la solidarité au sein d'une famille qui perd deux des siens ».

D'autres, après la cérémonie, se montrent plus sévères. Claude Giboulot, responsable de la section Est de l'amicale nationale des fusiliers marins commandos, béret vert sur la tête, essuie ses larmes. « C'est très choquant, ce qui s'est passé. Les deux otages ont été inconscients au départ du danger, mais on peut les pardonner, et, de toute façon, notre mission passe au dessus », assène-t-il. Cet ancien combattant, venu de Beaune, salue « le très beau discours de Macron, qui remet une dose de patriotisme chez les Français ».

Chez les compagnons d'armes du commando Hubert, seuls les yeux trahissent la tristesse. Mais sous le masque, la voix perce pour un dernier salut, repris en choeur par l'assemblée : le bien nommé chant militaire « Loin de chez nous en Afrique » Comme une évidence.
Aux Invalides, Xavier FRERE Les obsèques civiles d'Alain Bertoncello auront lieu samedi chez lui en Haute-Savoie, près d'Annecy. Celles de Cédric de Pierrepont auront lieu cet après-midi en l'église de Larmor-Plage (Morbihan).

Les obsèques civiles d'Alain Bertoncello auront lieu samedi chez lui en Haute-Savoie, près d'Annecy. Celles de Cédric de Pierrepont auront lieu cet après-midi en l'église de Larmor-Plage (Morbihan).