grande région Politique : Moselle et Sarre demandent du lest à Paris et Berlin

Publié dans le panorama le Mercredi 15 mai 2019 à 05:43:29

© Dna, Mercredi le 15 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

grande région Politique
grande région Politique : Moselle et Sarre demandent du lest à Paris et Berlin
Le département de Moselle a reçu lundi à Metz le parlement de Sarre. Patrick Weiten et Stephan Toscani, les deux présidents, ont signé une résolution demandant à leurs États respectifs plus de liberté pour mieux coopérer à l'avenir.

 
Stephan Toscani, le président du parlement de Sarre (à gauche), a signé avec Patrick Weiten une résolution pour obtenir plus de liberté dans le développement des relations transfrontalières.
Pionniers de la relation franco-allemande, la Moselle et la Sarre veulent aller plus loin. Patrick Weiten et Stephan Toscani l'ont affirmé avec conviction jeudi à Metz en signant une résolution demandant à leurs capitales respectives « de nouvelles capacités d'intervention ». Les élus ont dressé un état des lieux de leurs projets sur le plurilinguisme, le développement de crèches transfrontalières, la coopération des services d'incendie et de secours ou les stratégies sur l'apprentissage de la langue du voisin. Mais il leur faut plus de latitude pour créer cette « communauté de destin ».

Car si la Sarre a déjà les coudées franches dans son État fédéral, pour Patrick Weiten, l'heure est venue de faire sauter le verrou de la centralisation : « Toutes les planètes sont alignées. Le traité d'Aix-la-Chapelle signé le 22 janvier par Angela Merkel et Emmanuel Macron prévoit de faciliter la vie aux territoires frontaliers en les dotant de compétences appropriées, de ressources dédiées et de procédures accélérées. Et par la création d'une collectivité alsacienne, Macron ouvre le droit à la différenciation pour les collectivités. »

D'où son ambition de faire de la Moselle le premier Eurodépartement. En lui obtenant de nouvelles compétences, pour le moins ambitieuses. La Moselle entend devenir chef de file, avec l'État français, de la coopération transfrontalière en siégeant au sein du futur comité franco-allemand. Elle veut aussi partager plusieurs compétences sur le plurilinguisme, le tourisme et l'attractivité territoriale ou la résorption des friches. Elle réclame la faculté de verser des aides directes aux commerçants, artisans, PME-PMI et exploitations agricoles.

Elle revendique, enfin, la possibilité de créer une agence d'insertion, d'instaurer une taxe transit poids lourds et de gérer les fonds européens sur son territoire.
Bémol de l'opposition

Favorable au principe, l'opposition socialiste y apporte tout de même son bémol. « Méfions-nous, il s'agit de ne pas rouvrir une boîte de Pandore qui mènerait, via un chamboulement des compétences, à de nouvelles guerres de territoires », prévient Dominique Gros. La seule voix dissonante face à une majorité qui trouve ce rapprochement normal. « Weiten signifie élargir en allemand », souligne avec humour le LR Denis Jacquat. « Et un village sarrois porte aussi mon nom », ajoute avec malice Patrick Weiten. Stephan Toscani n'a pas (encore) cet honneur en Moselle...
Philippe MARQUE