Environnement Les scientifiques du monde entier se réunissent cette semaine à Paris : La biodiversité menacée

Publié dans le panorama le Lundi 29 avril 2019 à 05:42:19

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Environnement Les scientifiques du monde entier se réunissent cette semaine à Paris
Environnement Les scientifiques du monde entier se réunissent cette semaine à Paris : La biodiversité menacée
Jusqu'à un million d'espèces pourraient disparaître dans les prochaines décennies, selon l'Onu. Les spécialistes appellent les États à se mobiliser face à cette nouvelle « extinction de masse ».

 
Pour la troisième année consécutive, la deuxième plus vaste colonie de manchots empereurs au monde a perdu tous ses poussins en Antarctique.
Nous sommes à l'aube d'un basculement dramatique. Entre 500 000 et un million d'espèces pourraient disparaître de la surface de la planète dans les prochaines décennies, sur les 8 millions recensées aujourd'hui à l'échelle du globe.

C'est le constat alarmant d'un rapport de l'Onu que les scientifiques du monde entier vont examiner à partir de ce lundi à Paris.

L'IPBES - l'équivalent du Giec (groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) pour la biodiversité - se réunit toute la semaine pour dresser le premier état des lieux du vivant (plantes, animaux, insectes) depuis 15 ans.

Le rapport pointe « une accélération rapide imminente du taux d'extinction des espèces ». Un rythme qui fait dire aux spécialistes que nous sommes à la veille d'une sixième « extinction de masse » à l'échelle de la planète (lire ci-contre).

Avec des conséquences en cascade. Le déclin des insectes entraîne aussi celui de leurs prédateurs : oiseaux, hérissons, lézards, amphibiens, qui protégeaient les cultures en éliminant limaces et chenilles. En moins de 30 ans, la chute des insectes en Europe (-80 %) a contribué à faire disparaître plus de 400 millions d'oiseaux.
Les amphibiens en péril

Grenouilles et autres amphibiens sont les plus menacés. Autre milieu en péril, les récifs coralliens protègent les côtes de l'érosion et nourrissent les poissons, abritant 30 % des espèces marines.

Cette sixième extinction est la première causée par l'activité de l'Homme. Les raisons de la disparition des espèces sont multiples. L'agriculture et la progression de l'urbanisation grignotent sur l'habitat des animaux et des insectes. La surexploitation des ressources épuise la nature, comme dans le cas de la surpêche par exemple. Le changement climatique, la pollution et l'introduction d'espèces invasives sont autant d'éléments supplémentaires qui fragilisent les milieux naturels.
Grande accélération

Face à cette grande accélération de la destruction sur Terre, les scientifiques vont tenter de faire réagir les États. Comme leurs homologues du climat l'ont fait avec le dernier rapport du Giec à l'automne. La conférence de l'IPBES enverra un message fort au G7 de l'environnement, qui se réunit les 5 et 6 mai à Metz. Avant les prochaines négociations internationales sur la biodiversité, à Pékin en 2020 pour la COP15 Biodiversité. Si l'argument de préservation de la nature ne suffit pas, ils mettront en avant des raisons économiques. Des experts plaident pour évaluer les « services » rendus gratuitement par la biodiversité. Des économistes les ont estimés à 125 000 milliards de dollars annuels, soit une fois et demie le Produit intérieur brut mondial, liés à l'apport des ressources naturelles à l'économie mondiale (pollinisation, pêche...)
Élodie BÉCU