Face à la phobie scolaire, le désarroi

Publié dans le panorama le Lundi 15 avril 2019 à 05:55:38

© Dna, Lundi le 15 Avril 2019
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SOCIÉTÉ Le phénomène comporte de nombreux mystères
Face à la phobie scolaire, le désarroi
Le « refus scolaire anxieux » est un mal mystérieux qui concerne environ 1 % des élèves français. Encore mal expliquée, cette phobie touche en majorité les adolescents. Explications et témoignage de Louise, 14 ans.
 

 
« L'angoisse concerne surtout les adolescents, avec un pic entre la quatrième et la seconde », analyse Odile Mandagaran, présidente de l'Association Phobie Scolaire.
La phobie scolaire, angoisse irrationnelle massive d'aller à l'école, est une pathologie encore mal connue. Pour mieux comprendre ses mécanismes et le parcours de soin des familles qui y sont confrontées, l'Inserm a lancé en 2018 une vaste enquête.

Combien d'enfants sont touchés ? Le phénomène est-il en augmentation ? Quels médecins contactent les parents ? Dans quels délais sont-ils reçus ? Quel est le coût, pris en charge ou non par la sécurité sociale, du suivi médical des enfants ? Autant de questions auxquelles tente de répondre le questionnaire rempli par environ 2 000 familles, et dont les résultats seront rendus publics à la rentrée prochaine.
«Une peur massive, irrationnelle»

« La phobie scolaire est une peur massive, irrationnelle, d'aller à l'école. Elle se cristallise sur l'école, mais les causes peuvent être multifactorielles », explique Laelia Benoit, pédopsychiatre et chercheuse à l'Inserm. D'autres diagnostics peuvent être associés : une dépression, des problèmes familiaux ou de la précocité. « La phobie scolaire peut-être liée à l'école, mais aussi à l'environnement de l'enfant. Tout est entremêlé », poursuit la jeune femme qui conduit l'enquête. Démêler les fils de l'angoisse est donc un travail complexe, et long. « Sortir de la phobie scolaire peut prendre du temps », explique Laelia Benoit. « Il faut d'abord retrouver confiance en soi, et ensuite reprendre le chemin de l'école par des petites étapes, en se fixant des petits défis réalisables. Une des clés est de ne pas reprendre tout de suite à 100 %, mais pas à pas ».
« Chaque enfant est différent»

Par exemple, en reprenant une matière à la fois. Et en acceptant qu'il peut y avoir des rechutes. « Chaque enfant est différent. Plusieurs solutions existent en fonction des parcours : revenir quelques heures au collège, privilégier les cours à domicile ou mettre en place un dispositif dans un établissement permettant un parcours soin-études », explique la pédopsychiatre.

Seul fil rouge : s'adapter au rythme de l'enfant tout en l'incitant à sortir de sa peur, lui offrir de la souplesse et du temps. Pour qu'il puisse se réconcilier avec lui-même, et avec l'école.