Le Brexit, c'est pour quand ?

Publié dans le panorama le Vendredi 15 mars 2019 à 06:44:59

© L'alsace, Vendredi le 15 Mars 2019
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Le Brexit, c'est pour quand ?
 

 
Chaude ambiance, hier, à la Chambre des Communes. Photo PRU/AFP
« Je suis surpris de voir à quel point tout ça se passe mal » : Donald Trump a une nouvelle fois, jeudi, clamé son mépris pour Theresa May.

Et la Première ministre britannique paraît s'en ficher comme de son premier tailleur, imperturbable sur son chemin de crête. Jouer la montre, retarder l'échéance, et ne laisser à la toute fin aux députés que le choix entre son accord et pas d'accord du tout, ce « no deal » qui les effraie.
Européennes obligatoires

Theresa May a ainsi fait voter jeudi par une large majorité (412 voix contre 202) le principe d'un report de la date limite du 29 mars. Mais cela changerait quoi ?

Rien, si les Communes adoptent la semaine prochaine le « deal » de Theresa May : il serait alors de quelques semaines seulement. Et les 27 ne pourraient le refuser jeudi, au Conseil européen, sauf à endosser la responsabilité d'un « no deal ».

Il en va autrement d'un report de plusieurs mois, qui serait entraîné par un nouveau vote négatif sur l'accord. S'il excède le 2 juillet, date de la première session du nouveau Parlement européen, il oblige le Royaume-Uni à participer aux élections européennes.

Déroute assurée pour les Conservateurs de May, sans doute aussi pour les Travaillistes de Corbyn, et autoroute vers le succès pour le Ukip nationaliste de Nigel Farage. Les sièges britanniques redistribués aux autres délégations leur seraient retirés, et la France repasserait ainsi de 79 à 74 eurodéputés.
Référendum rejeté

Un long délai ouvre la voie à des législatives ou un référendum. Mais aucune des deux options n'a aux Communes la majorité nécessaire à leur tenue, comme l'a confirmé le rejet d'un amendement réclamant un nouveau vote sur le Brexit.

Plus probable est le renversement de Theresa May, dont l'ancien conseiller politique Nick Thimoty disait hier qu'elle a « perdu l'aptitude à conduire son parti, son gouvernement, et le pays ». Les candidats se pressent, les partisans d'un Brexit dur partent favoris. Mais attention au séisme des Européennes...
« Ne fantasmons pas ! »

Un report de longue durée ferait une victime, l'économie. C'est dans « un nuage d'incertitude » que le ministre des Finances a présenté mercredi son budget, tandis qu'un institut abaissait la prévision de croissance cette année de 1,6 % à 1,2 %.

Report, court ou long ? « Ne fantasmons pas », coupe Herbert de Saint Simon, président de l'Union Transport et Logistique de France (TLF). « Si la Grande-Bretagne sort le 30 mars, ou le 30 juin, ou plus tard, c'est pareil ! Ce qu'il y a à faire, il faudra bien le faire. »
Francis BROCHET