L'activité des voyagistes plombée à cause... du soleil ?

Publié dans le panorama le Vendredi 15 mars 2019 à 06:27:33

© L'alsace, Vendredi le 15 Mars 2019
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L'activité des voyagistes plombée à cause... du soleil ?
 

 
Les géants du tourisme subissent surtout des changements structurels. Photo illustration Julio PELAEZ
Il y a quelques semaines, TUI, numéro un du voyage en Europe, a lourdement chuté en Bourse après avoir annoncé un creusement de ses pertes trimestrielles et l'abandon de ses objectifs de croissance.

Parmi les principales raisons avancées par le groupe allemand aux 27 millions de clients annuels : « l'impact d'un été inhabituellement et extraordinairement chaud en 2018 dans le nord de l'Europe, qui s'est traduit par une augmentation des réservations tardives et des marges plus faibles ».

Son rival Thomas Cook, dont les comptes ont basculé dans le rouge l'an dernier, déplore lui aussi, outre la livre faible et un moindre engouement pour l'Espagne, « la période prolongée de chaleur durant la saison clé de l'été ».

Les températures caniculaires de l'été dernier ont-elles joué à ce point sur les flux touristiques en Europe ? « Ça me paraît hautement improbable », juge pour sa part Alain Capestan, PDG de Comptoir des Voyages et directeur général de Voyageurs du Monde. Des retards dans les prises de réservations ? « Admettons. Mais que cela ait un impact sur les souhaits de voyager des gens, en termes de "je pars" ou "je ne pars pas", je n'y crois pas, du moins en France. Je ne vois pas une variation de climat suffisamment forte pour les faire renoncer. »
Le tourisme de masse, la vraie raison de la baisse ?

Alors, la météo, vraie raison ou faux prétexte à une perte d'activité des voyagistes ? « Les deux », estime Didier Arino, directeur du cabinet spécialisé Protourisme. « Ça y a contribué : les Anglais, Allemands et Néerlandais, quand il fait beau chez eux ou sur le littoral de la Manche, vont moins chercher le soleil ailleurs. Mais ce n'est pas la cause principale. Et ça permet de cacher des problèmes structurels, comme un marché atone ou le fait que les vacanciers réservent de plus en plus seuls leurs séjours. »

Didier Arino juge également que « TUI et Thomas Cook ne se sont pas adaptés à un modèle de tourisme de masse qui tend à changer, les jeunes vont par exemple moins au soleil et préfèrent les destinations urbaines même en été ».