MULHOUSE Conseil municipal : Le marronnier de la majorité

Publié dans le panorama le Vendredi 15 mars 2019 à 06:12:02

© Dna, Vendredi le 15 Mars 2019
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Conseil municipal
MULHOUSE Conseil municipal : Le marronnier de la majorité
Au conseil municipal de Mulhouse, le vote de mise à jour des indemnités de fonction devient une habitude... C'était au tour de Denis Rambaud, ce jeudi, de se voir signifier son éviction de la majorité.

 
Au fond de la salle, des manifestants qui souhaitaient débattre des transports gratuits et de la gratuité du parking de l'hôpital se sont finalement assis dans le calme. Au premier plan, Emmanuelle Suarez qui a intégré la majorité ; alors qu'au deuxième plan, Fatima Jenn et Denis Rambaud ont eux rejoint les bancs de l'opposition...
Il espérait ouvrir la séance sur son cas, mais Denis Rambaud a dû attendre la fin du déroulement de l'ordre du jour, avant le vote en bloc des délibérations non débattues, pour pouvoir prendre la parole... C'est que ce point n'était pas à l'ordre du jour initial, « vous avez pourtant trouvé le temps de modifier le site web de la ville me concernant », a-t-il lancé...

La situation était connue en effet (DNA des 2 et 6 mars), et « votre décision était prise depuis le 25 février », souligne l'élu qui annonce prendre la parole, « trois quarts d'heure, pour trente ans de mandat, ça ne sera pas trop ». Pour lui, « ces chicayas politiques ne sont pas à la hauteur des défis que nous devons collectivement relever ».

Denis Rambaud rappelle ses « trente années de présence continue dans l'exécutif municipal », qui se terminent « sans qu'aucun reproche sur mes qualités d'engagement, de force de proposition, de réalisations concrètes », ne puisse être fait. Et de relire sa déclaration de la séance précédente qui a mis le feu aux poudres, parlant de l'apaisement nécessaire entre Mulhouse et m2A dont il est vice-président, « la petite phrase d'Alain [Couchot] est de trop »... Un « prétexte », selon lui, à sa convocation chez le procureur Couchot qui l'a exclu de la majorité.

Pour Michèle Lutz, « 30 d'engagement municipal, ce n'est pas rien [...] Je ne le nie pas et je souhaite par cette occasion le reconnaître et le dire publiquement. [...] Cependant, vos attaques régulières, souvent en public mais hélas très rarement en face-à-face, les dénigrements à l'extérieur, imposaient une clarification ».

Et le maire de considérer qu'« il n'y a rien de choquant à ne plus être en accord au sein d'un groupe. Cela arrive dans tous les groupes. Certains partent, d'autres arrivent. Mulhouse n'a rien de singulier en ce sens quand je regarde la situation des autres grandes villes. Rien de bien nouveau non plus quand on se souvient les mouvements dans la majorité en 2007 ou 2013, années préélectorales ».

Denis Rambaud le lui avait lancé quelques minutes auparavant : « vous ouvrez avec vos proches, élus ou non, la campagne municipale bien en avance. J'oeuvrerai à rendre la parole que vous avez confisquée aux Mulhousiens. Rendez-vous en mars 2020. »

Au moment du vote pour la mise à jour des indemnités, outre l'opposition qui n'a pas pris part au vote, Annette Bour, Jean-Pierre Walter et Lara Million s'abstiennent alors que Michèle Striffler vote contre, « au risque de se faire exclure, car Denis Rambaud ne le mérite pas et que cette décision prive la ville d'un vice-président à l'agglo ».
Michèle MARCHETTI