Mulhouse Un audit pour le Musée de l'impression sur étoffes

Publié dans le panorama le Vendredi 15 mars 2019 à 06:04:46

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Mulhouse Un audit pour le Musée de l'impression sur étoffes
 

 
Le conseil d'administration du Mise avait laissé sans suite une première demande d'audit formulée en décembre dernier par M2A, semble-t-il par manque de fonds. Photo L'Alsace/Hélène Poizat
Retrait des oeuvres prêtées par le musée Yves Saint-Laurent et par la créatrice de mode agnès b., profondes difficultés financières, sous-effectif chronique du personnel (par ailleurs sérieusement éprouvé)... Onze mois après la mort dramatique de son directeur Éric Bellargent et la découverte du pillage de ses collections, la situation au Musée de l'impression sur étoffes à Mulhouse (Mise) reste des plus préoccupantes (cf. nos éditions du 9 mars dernier) - au point que le sujet s'est naturellement imposé aux élus mulhousiens, réunis hier après-midi en séance publique au Parc-Expo.
« Jeter les basesd'un nouveau départ »

Dès lundi dernier, l'élue d'opposition Cléo Schweitzer (PS) a d'ailleurs fait connaître son intention de soumettre une motion au vote du conseil municipal. Extrait de son texte : « L'assemblée des élus mulhousiens souhaite : que toute la lumière soit faite sur les vols répétés et importants qui ont impacté les différents fonds du musée ; que l'ensemble du fonctionnement de ce musée soit analysé afin d'identifier toutes les problématiques qui entravent désormais son bon fonctionnement ; qu'un audit indépendant permette au plus vite de jeter les bases d'un nouveau départ pour ce joyau du patrimoine mulhousien. »

Hélas pour elle, plutôt que de débattre de sa motion, la majorité préfère prendre solennellement position, dès l'ouverture de la séance, par la voix du maire Michèle Lutz : « La situation du Mise est préoccupante et c'est avec une attention constante que le président de Mulhouse Alsace agglomération (M2A) Fabian Jordan et moi-même suivons ce dossier d'une grande complexité. » Le maire cède alors la parole à son premier adjoint Jean Rottner : « Le Mise possède le label "Musée de France", ce qui impose de la rigueur dans la gestion des collections et ce qui n'est pas le cas à l'heure actuelle. Il appartiendra à la justice de déterminer les responsabilités dans les vols qui ont été commis. Nous ne sommes pas là, nous, responsables politiques, pour mener l'enquête. Un audit budgétaire et financier, ainsi qu'un récolement des collections, vont en revanche être menés dans un délai d'un mois, en accord avec M2A et la Direction régionale des affaires culturelles, afin de bien comprendre la situation [Ndlr : la décision de cet audit, financièrement pris en charge par M2A, a été acceptée mardi dernier par le conseil d'administration du Mise ; en décembre dernier, il avait laissé sans suite une demande identique de M2A, semble-t-il par manque de fonds]. Il s'agit aussi de réfléchir le plus rapidement possible à l'avenir de cette structure, mais il n'est pas possible de trancher dès aujourd'hui, compte tenu des éléments dont nous disposons. »

Cléo Schweitzer revient à la charge : « Notre motion va tout à fait dans le sens de ce que vous dites , M. Rottner. Je plaide pour la maintenir. » Sur le moment, la décision est renvoyée à la fin de séance. Vers 16 h 30, l'assemblée, unanime, tombe finalement d'accord sur une motion remaniée à la marge par rapport à la « version Schweitzer ». L'essentiel, de toute façon, est ailleurs : le Mise est loin d'être tiré d'affaire.
Emmanuel DELAHAYE