Politique La consultation s'achève ce vendredi : Après le grand débat, le casse-tête

Publié dans le panorama le Vendredi 15 mars 2019 à 05:52:11

© Dna, Vendredi le 15 Mars 2019
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Politique La consultation s'achève ce vendredi
Politique La consultation s'achève ce vendredi : Après le grand débat, le casse-tête
15 janvier - 15 mars : aujourd'hui s'achève le grand débat mais le processus de concertation se poursuit avant une restitution en avril et l'annonce de mesures, sans doute avant l'été.

 
Le président au contact des Français, ici dans les Alpes de Haute-Provence : une image qui était devenue inhabituelle.
Le plus dur reste à faire. Comment ne pas créer de désillusion après le grand débat ? L'exercice inédit sous la Ve République a plutôt intéressé les Français. Il suscite une forte attente.
Un avant et un après

Lancé pour répondre à la crise des gilets jaunes, le grand débat a sans doute pacifié le climat dans le pays. Les manifestations continuent mais la mobilisation s'est considérablement affaiblie, ce qui ne signifie pas que le niveau de colère des Français a chuté dans les mêmes proportions. L'exécutif le sait. L'implication personnelle d'Emmanuel Macron dans le grand débat en est l'illustration. Quand l'Élysée et Matignon parlent de l'acte II du quinquennat, ils entérinent que le pays ne pourra plus être gouverné de façon aussi verticale qu'avant. Des changements sont obligatoires.
Fiscalité et dépenses publiques en tête

Sur les quelque 500 000 contributions laissées sur la plateforme du grand débat, la fiscalité et la dépense publique ont le plus mobilisé les contributeurs. Logique : la crise des gilets jaunes a été motivée par la hausse des taxes sur les carburants ; le ras-le-bol fiscal est en tête des sujets débattus par les Français.

Les Français ont aussi exprimé beaucoup d'idées sur la démocratie. Parmi celles-ci, une meilleure prise en compte du vote blanc (voir notre dossier du 4 mars), proposition beaucoup plus avancée que le référendum d'initiative partagée pourtant réclamé fortement par des gilets jaunes dans la rue. Les Français veulent aussi du changement dans leur représentation : le parlement actuel, dans sa formation et son fonctionnement, a sans doute vécu...
Arbitrages délicats

Comment baisser la pression fiscale et maintenir voire augmenter le niveau de services publics ? Quid du très symbolique impôt sur les grandes fortunes ? Les citoyens peuvent-ils être proches de leurs représentants si l'on diminue le nombre d'élus ? Le gouvernement devra répondre avec précision mais aussi s'interroger plus largement : comment répondre aux demandes des Français et ne pas renier le programme sur lequel Emmanuel Macron a été élu par 20 millions de votants ? C'est beaucoup plus de bulletins que de contributions au grand débat. Celui-ci est-il plus ou moins légitime que l'élection présidentielle ?

Les Français ont largement contribué mais c'est aussi le cas des élus locaux (lire par ailleurs) de plusieurs partis politiques, de syndicats, du conseil économique social et environnemental, de scientifiques, d'organisations professionnelles, d'associations... Comment prendre en compte toutes ces contributions sans décevoir ces corps intermédiaires ? Les ministères ont commencé à proposer des solutions depuis mi-février.
Les solutions envisagées

Elles sont nombreuses mais pas encore définitives et surtout elles seront annoncées de manière perlée. Certaines relèveront de la loi et prendront donc du temps : on ne réforme pas la fiscalité en trois jours. On ne décentralise pas davantage en trois semaines. Transformer les idées en actes prend du temps.

L'exécutif sait qu'il faudra des mesures fortes, qui symbolisent un changement dans le court terme. Remaniement d'ampleur ? Référendum ? « On ne sortira de ce grand débat qu'avec des décisions fortes », a promis Macron en janvier. On attend.
Nathalie MAURET