Écoles : bientôt un contrat de confiance ?

Publié dans le panorama le Lundi 11 février 2019 à 05:11:49

© Dna, Lundi le 11 Février 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Education Projet de loi
Écoles : bientôt un contrat de confiance ?
L'Assemblée examine à partir de ce lundi le projet de loi « pour une école de la confiance ». Mais le premier grand texte sur l'école du quinquennat Macron crispe les syndicats et nourrit la critique des oppositions.
 

 
Le projet de loi prévoit entre autres une extension du champ des expérimentations pédagogiques.
Devoir d'exemplarité des enseignants, instruction obligatoire dès trois ans, rôle renforcé des surveillants... Le projet de loi « pour une école de la confiance » entend répondre à deux enjeux : « élever le niveau général des élèves » et promouvoir « la justice sociale ». Mais le premier grand texte de loi du ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, examiné à partir de ce lundi par les députés, suscite une forme de défiance chez plusieurs syndicats d'enseignants.

Le texte est contesté dès son premier article sur le devoir « d'exemplarité » des enseignants et le respect que doivent leur manifester en retour élèves et familles. Des enseignants y voient une volonté de « museler » leur liberté d'expression alors que des mouvements ont émergé fin 2018 sur les réseaux sociaux : les « stylos rouges » réclament un meilleur statut des enseignants et #PasDeVague dénonce les violences scolaires.
Pas de mesure contre les élèves violents

Or, cette thématique est absente du texte car le gouvernement a récemment repoussé son plan, faute d'arbitrage sur certains sujets controversés, notamment la suspension des allocations familiales pour certains parents d'élèves violents (mesure que LR et le RN vont réclamer dans l'hémicycle). Le ministre « assume » que le projet de loi « ne touche pas à tous les sujets ».

La mesure centrale du texte est l'âge obligatoire de l'instruction qui sera abaissé à trois ans au lieu de six actuellement. Cette disposition est « totalement symbolique », critiquent des élus LR. De fait, 98,9 % des 3-5 ans sont déjà scolarisés et « seuls » 26 000 enfants seront concernés par la mesure. La gauche reproche, elle, au gouvernement de vouloir ôter la mention de l'instruction obligatoire « pour les enfants des deux sexes, français et étrangers », incluse dans le Code de l'éducation. Le financement accompagnant cette mesure dans les maternelles privées sous contrat fait également l'objet de critiques à gauche comme à droite.
Des pions pour suppléerles profs absents ?

Autre pomme de discorde : les « missions d'enseignement » confiées aux assistants d'éducation (surveillants) dès leur deuxième année de licence, si ceux-ci préparent les concours au métier d'enseignant. Ce serait une manière de doper le pré-recrutement, fait valoir le ministre. Les syndicats et la gauche craignent que ces « pions » ne soient sollicités pour remplacer des enseignants absents.

La création du Conseil d'évaluation de l'école (CEE, censé remplacer le Conseil d'évaluation du système scolaire) pour jauger l'efficience des politiques éducatives, braque aussi les syndicats. Or, ceux-ci sont déjà mobilisés pour des hausses de salaires, l'arrêt des suppressions de postes et encore le retrait des réformes du baccalauréat, du lycée et de la plateforme d'orientation Parcoursup.