Politique Bruno Studer, député (LaREM) de Strasbourg-Schiltigheim Passer des préjugés aux opinions

Publié dans le panorama le Dimanche 03 février 2019 à 09:03:47

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Politique Bruno Studer, député (LaREM) de Strasbourg-Schiltigheim
Passer des préjugés aux opinions
Soucieux de l'avenir de la démocratie menacée par internet et les ingérences extérieures, le député strasbourgeois Bruno Studer (LaREM) cherche à conjurer l'enfermement des algorithmes par un débat suivi avec ses concitoyens.
 

 
Le député Bruno Studer (LaREM) de Strasbourg-Schiltigheim : « Nous ne serions pas arrivés à cette situation si nous n'avions pas fait d'erreurs. »
C'était une de ses promesses de campagne. La sienne, pas celle d'Emmanuel Macron. Rendre compte aux citoyens, tous les six mois, de son action de député de Strasbourg-Schiltigheim. Les rencontrer, tout simplement. Les sept réunions publiques que Bruno Studer a organisées en janvier ont rassemblé plus de 400 personnes. Une participation en nette hausse par rapport aux deux premiers cycles.
« Pas facile mais formidable »

Lancée avant le grand débat national, l'initiative rencontre aujourd'hui l'aspiration des citoyens à s'exprimer et renvoie les électeurs à la complexité de la décision démocratique.

« Les points de vue sont radicalement différents dans une réunion, mais l'intérêt de la démocratie représentative est de devoir trancher à un moment donné. Bon nombre de participants reconnaissent que ce n'est pas facile », explique Bruno Studer qui alterne explications, justifications et plaidoyers en partant du programme du président de la République.

Sur l'ISF, il rappelle la méthode et l'évaluation promise. Sur la CSG, il souligne les avancées du gouvernement. Il relève les mesures prises en matière de pouvoir d'achat des bas salaires. Il reconnaît l'absence de financement pour la dépendance.

Le président de la commission des affaires culturelles et de l'éducation entend « éviter les préjugés au profit des opinions ». « Effrayé » au début de sa campagne par les courbes ascendantes de l'abstention et du vote extrémiste, il veut voir dans cette crise et « ce moment d'une complexité inouïe » une « opportunité » pour « consolider pas après pas » une démocratie menacée par internet.

Rapporteur de loi contre la manipulation de l'information, Bruno Studer se demande comment la démocratie va évoluer avec internet. S'il n'a pas senti venir le mouvement des gilets jaunes à proprement parler, les infox (ou fake news) sur l'éducation sexuelle en maternelle l'ont fortement interpellé dès septembre. Son visage se fige encore aujourd'hui à l'évocation de ce souvenir.

« Il faut reprendre le contrôle », dit-il sans ambages, parce que « la démocratie est confrontée à l'enfermement algorithmique qui lui-même touche à la liberté de conscience. » Bruno Studer croit à la capacité de la France, et de l'Europe, de s'engager sur le terrain de la protection des données et des droits d'auteur, face aux géants du numérique. « Ce n'est pas facile mais c'est formidable », répète l'élu qui aspire à voir son pays regagner de l'optimisme.
« La tension dans la société existait déjà » en 2016

Le député de LaREM se réjouit de la bonne marche du grand débat national. « J'avais déjà l'impression de le faire », glisse-t-il en souhaitant que la démarche « ne s'arrête pas ». « Nous en avions besoin. Nous ne serions pas arrivés à cette situation si nous n'avions pas fait d'erreurs », concède le parlementaire. « Le dialogue est essentiel ; c'est l'humain qui va nous sauver. »

Quand Bruno Studer avait rendu compte de la grande marche à Emmanuel Macron, sur la scène du Palais des congrès de Strasbourg le 4 octobre 2016, « la guerre civile était la première inquiétude des Français ». « La tension dans la société existait déjà », dit-il. « Elle prend actuellement une forme très française mais ce sont au fond les démocraties qui sont touchées. »
Franck BUCHY