gilets jaunes- De la contestation à la construction

Publié dans le panorama le Dimanche 03 février 2019 à 08:52:58

© L'alsace, Dimanche le 03 Février 2019
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gilets jaunes- De la contestation à la construction
 

 
Une quarantaine de gilets jaunes, venus de plusieurs sites du Haut-Rhin et du Territoire de Belfort, ont participé à la première réunion départementale de formation sur le RIC. Photo L'Alsace/R.G.
« Nous ne pouvons pas nous contenter de manifester. Nous devons avancer dans le mouvement et construire », explique Stéphane. Le gilet jaune du Pont d'Aspach, à Burnhaupt-le-Haut, a pris en charge l'organisation de réunions sur le RIC (référendum d'initiative citoyenne), dont la première a eu lieu mercredi à Diefmatten. Elle a réuni une quarantaine de personnes, pour la plupart des gilets jaunes des sites haut-rhinois (Burnhaupt-le-Haut, Carspach, Saint-Louis, Ottmarsheim-Chalampé, Soultz, Volgelsheim), mais aussi du Territoire de Belfort, ainsi que quelques citoyens intéressés. Le but affiché : développer les moyens d'action pour obtenir l'instauration du RIC.
Des formations pour promouvoir le RIC

Derrière les revendications sur le pouvoir d'achat qui fédèrent les manifestants en jaune, figure en bonne place le RIC, identifié par les gilets jaunes comme une pièce maîtresse pour rééquilibrer le pouvoir au profit des citoyens. « Beaucoup de gens ne se rendent pas compte de ce qu'est le RIC ou doutent de leur capacité à récrire la loi, explique Anthony, juriste du mouvement des gilets jaunes, du site d'Ottmarsheim. L e RIC est un instrument de démocratie directe qui fonctionne en démocratie représentative. »

Les gilets jaunes du Pont d'Aspach ont donc composé un programme de formation, dont le Gaulois présente le déroulé : « Nous formons des petits groupes de gilets jaunes. Lorsque ces derniers seront prêts, ils auront pour responsabilité d'organiser et d'animer des réunions d'information pour la population et des ateliers constituants dans tous les cantons du département. »
Les élus sollicités pour des salles de réunion

En point de mire également, les maires des communes haut-rhinoises, que les gilets jaunes espèrent réunir prochainement pour leur présenter leur démarche et obtenir d'eux le prêt de salles pour y organiser ces rencontres.

Véronique Sengler, maire de Burnhaupt-le-Bas et vice-présidente du PETR (Pôle d'équilibre territorial et rural) du Pays Thur Doller, s'est déplacée au QG du Pont d'Aspach pour annoncer qu'elle était disposée à prêter une salle, dans la mesure où les gilets jaunes présentent les garanties d'une organisation sérieuse.

La rencontre de mercredi constituait l'étape introductive du programme de formation. La séance était organisée à la manière d'un cours participatif.

Après que les participants ont livré leurs représentations initiales sur le RIC, Anthony et Patrice Weigel, professeur d'histoire-géographie, gilet jaune du QG de Carspach et membre de l'association Article 3 (selon laquelle une simple modification de l'article 3 de la Constitution permettrait l'instauration du RIC) ont démêlé le vrai du faux, puis répondu aux questions. Par groupes, les gilets jaunes ont ensuite travaillé pour identifier quel RIC est le plus approprié à chacune de leurs revendications, en exploitant des outils pédagogiques conçus dans des QG de toute la France.
Un cahier de doléances pour tous au QG

Le projet d'éducation populaire qui prend forme entre les mains des gilets jaunes est le fruit des rencontres et des échanges de ces derniers mois, aux ronds-points et dans les manifestations. Des Belfortains, qui ont déjà organisé des réunions de ce type sur le RIC, ont apporté leurs retours d'expérience.

La tenue d'un cahier de doléances au QG s'inscrit dans la même volonté des gilets jaunes de prendre leur destin en main. Déçus par la forme que ces recueils prennent dans les communes - « des feuilles A4 vierges », déplore le Gaulois - et méfiants quant à la réelle remontée des revendications, les gilets jaunes invitent les citoyens à remplir leur cahier de doléance, qui sera à leur disposition à partir de demain lundi, tous les jours de 10 h à 19 h.

La semaine à venir, les premières déclinaisons locales du grand débat national se tiendront dans le Pays Thur Doller (lire page 24), organisées par le conseil de développement du PETR. Les gilets jaunes sont dubitatifs : « On ira et on verra, on prendra ensuite une décision commune sur la suite à donner », conclut le Gaulois.
Romain GASCON PLUS WEB Voir nos vidéos sur www.lalsace.fr