assemblée des maires du haut-Rhin Stocamine pollue le débat

Publié dans le panorama le Dimanche 03 février 2019 à 08:47:34

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assemblée des maires du haut-Rhin
Stocamine pollue le débat
Intepellé par Antoine Homé, le préfet Laurent Touvet a dû faire le service après-vente de la décision de confiner les déchets de Stocamine, hier, devant les maires du Haut-Rhin.
 

 
Quelque 250 élus étaient rassemblés hier à Houssen pour l'assemblée générale de l'association des maires du Haut-Rhin.
Le préfet Laurent Touvet était venu porter la bonne parole de la « proximité » et de la « confiance », hier à Houssen, devant les maires du Haut-Rhin réunis en assemblée générale. Celle du grand débat national, à propos duquel les maires « ne peuvent rester à l'écart » . Celle des dotations de fonctionnement de l'État enfin « stabilisées ». Celle, enfin, de l'après-Fessenheim, avec un projet de territoire « qui permettra de recréer de la richesse dans la bande rhénane et de faire du Haut-Rhin un département bas carbone d'ici une vingtaine d'années ».

Mais l'échange avec les maires a rapidement été pollué par le dossier Stocamine. C'est Antoine Homé qui a mis sur le tapis la question qui fâche : la décision du ministre de la Transition écologique, le 21 janvier dernier, d'opter pour le confinement des déchets plutôt que l'extraction. « En ces temps de grand débat, nous avons été choqués par cette décision prise sans recevoir les élus locaux » , commente le maire de Wittenheim et vice-président de l'association des maires, persuadé que « seul le déstockage intégral garantit le respect du principe de précaution ».
Quel principede précaution ?

Et d'appeler le gouvernement à « réexaminer » cette option, « la seule qui vaille » : « Parce que les élus alsaciens ont le sens du respect et du dialogue, il ne faudrait pas qu'on se permette ici ce qu'on n'oserait pas ailleurs. » Applaudissements nourris.

Le préfet, qui avait déjà eu la lourde tâche de dévoiler - à huis clos - la décision ministérielle il y a quinze jours, s'est donc livré à une explication de texte détaillée, basée sur « plusieurs rapports qui disent à peu près la même chose ».

À l'entendre, les bouchons de confinement doivent isoler le plus longtemps possible les galeries où sont stockés les déchets de l'eau de la nappe. « Il y a une possibilité, dans un avenir entre 600 et 1000 ans, qu'une petite fraction de saumure polluée vienne à remonter jusqu'à la nappe » , reconnaît le préfet. Mais, précise-t-il, « 75 % des déchets qui restent au fond sont non solubles dans l'eau ». Pour le représentant de l'État, le risque de pollution serait donc « très faible », en raison de la dilution : « On parle d'1 m³ par an de saumure polluée contre 35 milliards de m³. »

Quid alors du rapport du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), qui juge l'extraction possible ? « Oui, mais avec des techniques entièrement nouvelles, des robots et des équipes trois fois plus nombreuses », relativise le préfet. Qui soulève aussi la question de la durée d'une éventuelle extraction : « Dans une dizaine d'années, on ne pourra plus travailler au fond. On risque d'être rattrapés par le temps et de ne pas pouvoir réaliser le confinement. »

À l'arrivée, le préfet assure que la « balance des risques » a conduit l'État à retenir le confinement, en retardant la fermeture des puits « pour permettre une durée accrue de surveillance ». « Nous sommes d'accord sur le principe de précaution mais n'en tirons pas les mêmes conclusions. » Pas sûr que cela suffise aux élus que François de Rugy recevra le 12 février.
Clément TONNOT