L'édito de l'Alsace Une lourde responsabilité

Publié dans le panorama le Mercredi 30 janvier 2019 à 06:39:30

© L'alsace, Mercredi le 30 Janvier 2019
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L'édito de l'Alsace Une lourde responsabilité
 

 
Laurent Bodin

En démocratie, le devoir des hommes et des femmes qui gouvernent ou aspirent à accéder au pouvoir est d'assumer leurs responsabilités. En toutes circonstances et quelle que soit la complexité de la tâche. Que les autorités françaises réfléchissent au rapatriement des 130 ressortissants détenus en Syrie pour avoir combattu ou prêté allégeance au groupe État Islamique participe de cette responsabilité. Elle doit être saluée car l'actuel gouvernement n'a pas toujours voulu l'endosser. Et pourtant !

Les dirigeants du Rassemblement National, de Debout la France, mais aussi ceux du parti Les Républicains, s'opposent à ce retour, préférant enfouir sous le tapis cette question complexe du sort des djihadistes aux mains des Kurdes de Syrie. Mais c'est à la France de juger ceux de ses ressortissants qui ont combattu contre notre pays sous les ordres de Daech. Et c'est à la France de porter assistance aux enfants de ces djihadistes. Les terroristes sont responsables, pas leurs enfants.

Si le gouvernement a décidé de se saisir du problème, c'est parce que le désengagement des USA risque d'avoir pour conséquence que ces djihadistes français et leurs familles se retrouvent dans la nature. Le résultat pourrait être le même si, comme le réclament certains dirigeants de LR et l'extrême-droite, ils devaient être jugés sur place. Malgré l'avis de Donald Trump, la situation sur le terrain reste instable.

Décider de rapatrier ces 130 Français ne suffit cependant pas à régler le problème : comment neutraliser ceux qui voudraient accomplir leurs desseins meurtriers dans l'Hexagone ? Le sort réservé aux 50 adultes et aux enfants ne peut être identique. Les uns devront être jugés pour leurs actes. Les autres devront bénéficier d'un suivi social et judiciaire serré. Preuve que la lutte contre le terrorisme islamiste est une guerre, jamais la France, depuis la fin des conflits coloniaux, n'a été confrontée à une telle situation : devoir accueillir des enfants dont les parents ont combattu contre notre pays.