Mulhouse Gros bug pour Spinali Design, en redressement judiciaire

Publié dans le panorama le Mercredi 30 janvier 2019 à 06:05:20

© L'alsace, Mercredi le 30 Janvier 2019
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Mulhouse Gros bug pour Spinali Design, en redressement judiciaire
 

 
Marie et Romain Spinali dans le showroom de Spinali Design : « Nous allons rebondir », promettent-ils. Photo L'Alsace/Thierry Gachon
Depuis une audience tenue le 17 octobre dernier devant la chambre commerciale du tribunal de grande instance de Mulhouse, la start-up mulhousienne Spinali Design est en redressement judiciaire. Confrontés à un besoin de trésorerie de 200 000 EUR, pour un chiffre d'affaires d'environ 230 000 EUR, en 2017 comme en 2018, les créateurs de l'entreprise, Romain et Marie Spinali, ont été contraints à cette procédure afin de mettre en place un étalement de la dette, laquelle s'élèverait à 200 000 EUR.

Créée en 2015, Spinali Design, qui emploie aujourd'hui cinq personnes, après avoir compté neuf salariés en 2017, a connu un démarrage fulgurant. La start-up est mondialement connue à travers l'invention du maillot de bain connecté. Grâce à une puce intégrée au maillot et un capteur solaire, la personne qui le porte est informée, en fonction de l'intensité solaire, du moment où il est nécessaire de ressortir la crème solaire. Après une collection de vêtements connectés (jeans, robes...) haut de gamme, Spinali Design s'est lancé dans un projet de pansement connecté en lien avec l'Inserm. Un projet aujourd'hui ralenti par cette procédure de redressement judiciaire que Romain Spinali refuse de vivre comme un échec. « C'est simplement une inquiétude qui nous oblige à nous restructurer. Il y a deux options : soit on rebondit, soit on se lamente. On va rebondir », indique-t-il.
Entreprise innovante100 % mulhousienne

Du maillot de bain au pansement connecté, Spinali a fait évoluer son modèle économique, passant, en moins de quatre ans, d'un marché textile de niche au domaine de la santé connectée dont personne ne connaît les limites. « C'est le principe d'une start-up mais nous sommes allés très vite. Il y a quatre ans, quand nous avons lancé le maillot connecté, les gens n'avaient pas conscience qu'ils étaient prêts à accepter un transfert de responsabilité à leur smartphone. Nous avons défriché, avancé et c'est au moment où nous avons trouvé une cible prometteuse dans la santé connectée et que nous sommes rentables sur le textile connecté que surviennent ces difficultés », explique Romain Spinali qui dit avoir investi, avec Marie, 700 000 EUR de fonds propres, soit toutes les économies familiales. « Il existe des raisons pertinentes à nos difficultés. Quand on est innovant, il faut avoir des interlocuteurs visionnaires. Or, pour des raisons obscures, nous n'avons jamais obtenu de subvention alors que nous sommes une entreprise innovante. Peut-être est-ce parce que nous travaillons à la fois dans le textile, l'électronique, la santé, les datasciences... Nous sommes en dehors des cadres préétablis. Nous avons bousculé le système », note encore Romain Spinali pour qui « les gains annuels de 70 000 à 90 000 EUR vont permettre de payer les dettes ».

Rappelant que les produits Spinali Design sont « made in Mulhouse », Romain Spinali souhaite installer les ateliers de confection textile dans l'ancien magasin Lidl de la rue des Machines à Mulhouse. Ainsi donc, même en manque de soutiens locaux, le couple n'a pas l'intention de quitter Mulhouse. « Nous sommes une société qui n'a pas calibré son investissement initial. Nous avons une notoriété internationale mais sommes un nain économique. Notre situation pose la question de la création d'une start-up en province, qui plus est dans une ville moyenne comme Mulhouse. »

Avec un bureau à Bâle et à Paris, Spinali Design veut désormais aller chercher ailleurs ces investisseurs qui lui manquent localement. La prochaine audience devant la chambre commerciale est prévue le 13 mars prochain.
Laurent BODIN