SUD ALSACE Maternités de Thann et d'Altkirch et service des urgences d'Altkirch Agréments prolongés : un premier pas

Publié dans le panorama le Mercredi 30 janvier 2019 à 05:36:41

© Dna, Mercredi le 30 Janvier 2019
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SUD ALSACE Maternités de Thann et d'Altkirch et service des urgences d'Altkirch
SUD ALSACE Maternités de Thann et d'Altkirch et service des urgences d'Altkirch Agréments prolongés : un premier pas
Certifiée par le directeur de l'agence régionale de santé et révélée lundi soir par le député Jean-Luc Reitzer, la prolongation jusqu'à fin 2019 des autorisations d'activité pour les maternités de l'hôpital St-Jacques de Thann et de l'hôpital St-Morand d'Altkirch ainsi que pour les urgences d'Altkirch a suscité de nombreuses réactions.

 
Jeanne Stoltz-Nawrot, présidente de l'association pour la Renaissance des services hospitaliers thannois, lors de la mobilisation du 24 novembre à Thann.
L'association pour la REnaissance des services hospitaliers thannois (REST) a réagi hier après l'annonce faite par Christophe Lannelongue, directeur de l'agence régionale de santé (ARS). « L'association REST est très heureuse du sursis annoncé. [...] Cela est une preuve que la mobilisation du territoire paie, et que le front commun des élus et des citoyens peut peser dans le débat de l'aménagement de notre territoire ! L'agence régionale de santé a la sagesse d'entendre notre voix, il faut maintenant qu'elle compte avec nous pour construire ce que sera l'hôpital demain. Nous sommes très motivés pour participer à cette construction et bien sûr déterminés à construire un vrai hôpital de secteur et non de proximité au sens de la loi Buzyn qui est en gestation. »

« Nous sommes conscients que le contexte social ai pu jouer, ce qui aura probablement changé d'ici fin 2019 et donc nous redoublerons de vigilance. L'association reste mobilisée et plus que jamais déterminée à faire entendre la voix des territoires ruraux. »

« Nous demandons pour la population du Pays Thur-Doller : que l'agrément de la maternité thannoise, compétente et humaine, soit renouvelé par l'ARS jusqu'en 2023, conformément aux engagements pris ; que le groupement hospitalier régional Mulhouse Sud-Alsace (GHRMSA) recrute les personnels de santé permettant à l'hôpital de Thann de retrouver de réels services hospitaliers de proximité : urgences, maternité, chirurgie ; que la Ministre de la santé et des solidarités reconsidère sa politique quant à l'égal accès aux soins pour tous les citoyens, urbains ou ruraux ; que l'aspect humain, primordial dans le domaine de la santé, ne soit pas sacrifié sur l'autel comptable et financier par les technocrates. »
« Une première étape »pour le député

Le député Raphaël Schellenberger se félicite également de cette avancée : « Je me réjouis de la décision prise par l'ARS de suivre la demande du conseil de surveillance du GHRMSA d'octroyer un temps supplémentaire avant de prendre une décision sur le service de maternité de l'hôpital de Thann. C'est une première étape ! Dans les prochains jours, nous nous retrouverons avec Jean Rottner et les membres du conseil de surveillance pour poursuivre le travail. Il s'agit de mettre en place un vrai plan stratégique de mise à niveau des infrastructures de l'hôpital avec des investissements à réaliser, tant dans un matériel médical moderne que dans des bâtiments qui méritent d'être rénovés. Ces investissements devront accompagner un niveau de service global pour le territoire, pour tous les âges de la vie ! Donner naissance à Thann, en proximité et dans de bonnes conditions ne doit pas être une option ! »
Les maires demeurent mobilisés

Dans un communiqué commun, Romain Luttringer, Michel Sordi et Jean-Marie Michel, respectivement maire de Thann, Cernay et Bitschwiller-lès-Thann, communes sur le ban desquelles sont installés des établissements de santé, réaffirment leur détermination : « Lors du conseil de surveillance du GHRMSA d'hier soir (lundi : N.D.L.R.) le directeur général de l'agence régionale de santé Grand Est, Christophe Lannelongue a confirmé la prolongation des autorisations d'activité pour le service de la maternité de l'hôpital Saint-Jacques de Thann et pour le service des urgences et de la maternité du centre hospitalier d'Altkirch. Cette décision fait suite aux interventions du président du conseil de surveillance du GHRMSA, Jean Rottner, ainsi que des élus membres de ce même conseil, Michel Sordi, maire de Cernay, Romain Luttringer, maire de Thann, et Jean-Marie Michel, maire de Bitschwiller-lès-Thann. Ceux-ci avaient refusé de valider le contrat de performance prévu par l'ARS.»

«Cette décision fait suite également à la mobilisation du personnel du GHRMSA, des médecins généralistes, de l'ensemble des élus locaux, des habitants et de l'association REST. D'autre part, l'investissement dans ce dossier de M. le Préfet du Haut-Rhin [...] a permis d'aboutir à une nouvelle phase de concertation. [...] Nous restons mobilisés pour défendre notre hôpital et notre maternité. »
«Construire un projet cohérent»

Du côté sundgauvien, Nicolas Jander, maire d'Altkirch et conseiller départemental du canton d'Altkirch, indique : « C'est une bonne nouvelle pour l'hôpital d'Altkirch et pour tout le Sundgau. Il faut espérer que ce délai sera mis à profit pour construire, avec l'ensemble des acteurs du dossier (ARS, direction du GHRMSA, élus, agents de l'hôpital, professions médicales et paramédicales du Sundgau), un projet cohérent qui assure la pérennité de notre hôpital, lequel, faut-il le rappeler, profite à un bassin de vie de 70 000 habitants dans 108 communes en milieu rural. »

Patricia Schillinger, sénatrice du Haut-Rhin , salue « la décision de Christophe Lannelongue. [...] Si l'on peut se satisfaire de cette prolongation logique et nécessaire, je me réjouis aussi de la possibilité qui nous est donnée d'étendre les discussions pour trouver les solutions les plus confortables pour ces hôpitaux. Il nous faut aujourd'hui construire un véritable projet de territoire afin de perpétuer la présence hospitalière dans son ensemble.
«Favoriser l'installation de praticiens»

Nous constatons aussi que certains problèmes peuvent aussi résider dans le déficit du réseau de gynécologues et d'obstétriciens. Il faut ainsi favoriser l'installation de praticiens permanents ou à défaut, envisager la création d'une brigade de praticiens mobiles qui puisse intervenir sur les deux sites. Les réflexions devront aussi porter sur l'implantation des jeunes praticiens en territoires ruraux, afin de perpétuer la médecine de proximité et assurer la sécurité des patients. »

Pour sa part, le Dr Pierre Heitz, à la tête de la coordination des médecins généralistes et infirmières libérales du Sundgau, n'a pas souhaité faire de commentaire à chaud. Il appelait samedi dernier à une nouvelle manifestation à Altkirch dans un mois, avec si possible encore plus de monde «pour maintenir la pression»...
F.S., L.B. et N.B.-G.