Altkirch Hôpital Saint-Morand : les urgences et la maternité sur la sellette

Publié dans le panorama le Dimanche 27 janvier 2019 à 06:19:25

© Dna, Dimanche le 27 Janvier 2019
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Altkirch Hôpital Saint-Morand : les urgences et la maternité sur la sellette
« Une vision fantasmée de centralisme »
Un millier de personnes ont manifesté samedi matin au centre-ville d'Altkirch pour défendre le service des urgences et la maternité de l'hôpital Saint-Morand. Les généralistes sundgauviens dénoncent une « vision fantasmée de centralisme ».
 

 
Manifestation pour l'hôpital : un millier de personnes dans la rue à l'appel de l'intersyndicale du Groupement hospitalier régional Mulhouse-Sud Alsace et de la coordination des médecins généralistes et des infirmières du Sundgau.
« Il faut maintenir nos services de proximité. C'est vrai qu'on ne peut pas tout garder et nombre de services administratifs sont désormais rendus sur le net mais on ne peut pas tout vider non plus. L'hôpital, c'est un symbole, on touche à des gens ! », s'insurge ce couple venu de Fislis dans le Jura alsacien, à 30 minutes de la capitale du Sundgau et à 50 minutes de Mulhouse en voiture.
« La sécurité des patients commence par une prise en charge correcte en périphérie »

Il fait partie du millier de personnes, habitants du Sundgau, professionnels de la santé et élus, qui ont répondu samedi matin à l'appel à manifester de l'intersyndicale (CFDT, CFTC, CGT, FO, UNSA) du groupement hospitalier régional Mulhouse-Sud Alsace (GHRMSA) pour protester contre la fermeture programmée par l'Agence régionale de santé (ARS) du service des urgences et de la maternité du centre hospitalier Saint-Morand.

Une trentaine de gilets jaunes ayant leur QG à côté du rond-point de Carspach sont également venus « soutenir » le mouvement. Ils ont essuyé quelques mouvements de réprobation de la part de la foule lorsqu'ils ont hué le député et voulu interrompre un médecin qui s'exprimait, mais tout est rentré très rapidement dans l'ordre.

Rachel Gerola, porte-parole de l'intersyndicale, a une nouvelle fois dénoncé « les trajets trop longs jusqu'à Mulhouse, le risque de saturation des urgences, l'inégalité d'accès aux soins ou encore la dégradation du système de santé », demandant « le maintien des hôpitaux d'Altkirch et de Thann en l'état », en soulignant que « la fusion des établissements devait garantir le maintien de tous les services. »

Successivement, Nicolas Jander, maire d'Altkirch et conseiller départemental, et le député Jean-Luc Reitzer ont pris la parole, le premier pour mettre en évidence les contradictions du discours du président de la République avec les faits, le second pour rappeler les nombreuses batailles menées depuis plusieurs décennies pour maintenir et moderniser l'hôpital d'Altkirch, chose faite aujourd'hui. Sans oublier le problème crucial de la démographie médicale, c'est-à-dire l'absence de gynécologues-obstétriciens installés sur le territoire, qui explique le pourcentage de fuite des parturientes vers d'autres établissements que celui d'Altkirch.

Le Dr Pierre Heitz, généraliste installé à Oltingue, porte-parole des médecins libéraux et des infirmières du Sundgau, a annoncé « un désastre sanitaire ». « Cet hôpital, nous en avons absolument besoin ! » Et de dénoncer la position du Dr Jean Sengler, président de la commission médicale d'établissement du GHRMSA, qui « a une vision fantasmée de la prise en charge des populations fragiles dont nous, les gens, serons les victimes. La sécurité des patients commence par une prise en charge correcte en périphérie. »
Noëlle BLIND-GANDER