altkirch - « Un véritable projetpour notre territoire »

Publié dans le panorama le Dimanche 27 janvier 2019 à 06:15:34

© L'alsace, Dimanche le 27 Janvier 2019
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altkirch - « Un véritable projetpour notre territoire »
 

 
De nombreux élus ont pris part à la manifestation. Ici, le président du Pays du Sundgau François Eichholtzer, le sénateur René Danési, le conseiller régional Laurent Wendlinger, le conseiller général du canton de Masevaux Rémy With, le président de la comcom Sud-Alsace Largue, le député Jean-Luc Reitzer et le maire d'Altkirch et conseiller général du canton, Nicolas Jander, aux côtés de la syndicaliste coordinatrice du mouvement, Rachel Gerola. Photos L'Alsace/Laurence Behr
Premier élu à prendre la parole, Nicolas Jander, maire d'Altkirch et conseiller départemental du canton : « L'hôpital qui se transforme en Ehpad, nous ne le voulons pas ! Le président de la République (huées) a déclaré hier, "l'argent qu'on met dans un hôpital, ce n'est pas de la dépense publique, c'est un investissement". En totale contradiction avec ces paroles, l'ARS cherche à faire des économies en fermant les urgences et la maternité d'Altkirch. Elle parle de restructuration des soins, ce n'est pas parce que nous sommes des ruraux que nous ne comprenons pas que cela veut dire en réalité fermeture.

« Garantir une égalité pour tous les Sundgauviens dans l'accès aux soins »

L'ARS avance l'argument de la sécurité des patients mais on ne sait pas sur quelles statistiques elle s'appuie. On est prié de la croire sur parole [...], or, les accidents, ça arrive aussi dans les grands CHU [...]. Ce que nous voulons, ce n'est pas que rien ne change. Ce que nous demandons, c'est de donner du temps à une véritable concertation, pour construire avec tous, l'ARS, la direction du GHRMSA, les agents de l'hôpital, les médecins libéraux, les infirmières, l'ensemble des professions médicales et paramédicales du Sundgau sans oublier les sapeurs-pompiers, un véritable projet pour notre territoire pour garantir une égalité pour tous les Sundgauviens dans l'accès aux soins. Je suis certain qu'ensemble nous y arriverons. »
« L'hôpital d'Altkirch accueille toutesles urgencesà l'exceptiondes polytraumatisés »

Chahuté, sifflé et hué par les gilets jaunes au début de son intervention, le député Jean-Luc Reitzer, vice-président du conseil de surveillance du GHRMSA, le groupement hospitalier de la région Mulhouse Sud-Alsace, a terminé son discours sous une salve d'applaudissements... et a retourné à son avantage la situation, aidé par les acclamations des manifestants.

Il a rappelé les réalisations lors de ses trente--cinq ans de présidence du conseil d'administration de l'hôpital Saint-Morand : la construction d'une maison de retraite, une unité Alzheimer, la reconstruction de l'Ehpad, un nouveau site avec quatre salles d'opération, et un scanner. « Ce ne sont pas des paroles, ce sont des actes accomplis. [...]. Nous disposons aussi à Altkirch d'un personnel médical de qualité qui conjugue capacité professionnelle et humaniste de proximité. »

Les nouvelles menaces qui pèsent sur l'hôpital sont aggravées « parce que nous avons, malheureusement, et c'est la responsabilité de tous les gouvernements passés, un problème de démographie médicale, donc nous n'avons plus la possibilité de recruter des médecins ». « Au service des urgences, on nous reproche de n'avoir qu'un seul médecin titulaire, que le fonctionnement repose essentiellement sur des intérimaires qui coûtent cher. C'est vrai, ce sont 1287 EUR par jour par médecin intérimaire. Aujourd'hui, si l'ensemble des personnels étaient titulaires ça coûterait, à quelques milliers d'euros près, la même chose que ce que coûtent les intérimaires. L'argument financier qu'on nous oppose ne tient pas. L'hôpital accueille toutes les urgences à l'exception des polytraumatisés. L'établissement est équipé d'un plateau technique moderne, d'un scanner, d'une radiologie disponible 24h/24, d'une unité de soins continue, d'un anesthésiste et d'une équipe paramédicale 24h/24. Si les urgences ferment, il n'y aura plus aucun médecin dans l'établissement à partir de 23 h-24h. Plus grave, le médecin des urgences serait pratiquement le seul disponible la nuit dans tout le Sundgau. L'hôpital est aussi le relais de toutes les EHPAD. »

Il cite l'accident grave survenu sur la RD 419 dimanche dernier. « Si la victime a pu être sauvée, c'est parce que l'hôpital dispose d'une réserve de sang. Si elle avait dû aller à Mulhouse, elle serait vraisemblablement décédée. »

La fermeture des urgences aurait aussi des répercussions sur les gendarmes, qui devront aller à Mulhouse pour les gardes à vue, les prélèvements sanguins, les pompiers, les ambulanciers, et la maison du Roggenberg assure l'élu.
Toutes les conditionsde sécurité sont assurées pourla maternité

La maternité n'est pas épargnée par les critiques : « On nous reproche un taux de fuite de 60 % des femmes qui devraient accoucher à Altkirch et qui vont ailleurs. On nous dit c'est la population du Sundgau qui a condamné votre hôpital. Ce taux de fuite, ce n'est pas pour des raisons de sécurité, mais parce que nous ne disposons pas de réseaux de gynécologique obstétricien suffisamment forts dans l'arrondissement. Les gynécologues de Mulhouse et Belfort orientent les femmes pour qu'elles accouchent à Mulhouse et Belfort. D'autres vont aussi dans le privé, au Diaconat. Nous avons un gynécologue obstétricien sur place en astreinte opérationnelle exclusive tous les jours de l'année, 24h/24. Un anesthésiste-réanimateur sur place et d'astreinte opérationnelle permanente avec un délai d'arrivée compatible avec l'impératif de sécurité. Un pédiatre présent dans l'établissement ou disponible, c'est un peu notre faiblesse à Altkirch, mais il est disponible 24h/24 avec un délai d'arrivée compatible avec l'impératif de sécurité. Toutes les conditions de sécurité sont assurées pour la maternité. Une convention est signée pour les accouchements à risques, avec un transfert immédiat à Mulhouse. »
N.B.-G. et L.B.