Politique Région Grand Est : La gratuité provoque des transports...

Publié dans le panorama le Mercredi 23 janvier 2019 à 05:48:51

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Politique Région Grand Est
Politique Région Grand Est : La gratuité provoque des transports...
Gratuité du transport scolaire pour les primaires, allongement de la ligne entre Bâle et Strasbourg, accessibilité de la gare de Haguenau : le budget des transports du Grand Est a été approuvé après un débat sur la gratuité et le service public.

 
Les TER et les bus Grand Est circuleront sous une marque unique à partir de ce printemps.
Les transports et les mobilités sont le poids lourd du Grand Est : 884,4 millions. « Le premier budget après l'Ile-de-France », souligne le vice-président David Valence. La moitié est consacrée au ferroviaire. Pour marquer le coup, les TER et les bus scolaires et interurbains circuleront sous une marque unique au printemps.
« La gratuitén'existe pas »

L'harmonisation est aussi en route pour les tarifs scolaires et interurbains. Le transport sera gratuit pour les élèves du primaire sur l'ensemble de la région dès la rentrée prochaine, une nouveauté pour cinq départements (dont le Haut-Rhin en partie). Si la majorité entend harmoniser sur trois ans les tarifs pour les élèves du secondaire (autour de 90 euros par enfant), elle refuse le principe de la gratuité revendiqué par un amendement du PS, approuvé aussi par les Progressistes, le RN et les Patriotes.

« La gratuité n'existe pas, quelqu'un paie : si ce n'est pas l'usager, c'est le contribuable », explique David Valence. « La gratuité pour le primaire nous coûtera 7 millions. La gratuité pour les secondaires, c'est 40 millions supplémentaires, soit l'équivalent d'une centaine de trains par jour. »

Le socialiste Olivier Girardin regrette que la majorité ne « réponde pas à l'aspiration de faire des économies pour les budgets contraints des ménages » et à la nécessité « de faire prendre les transports collectifs ».

L'ouverture à la concurrence, qui sera précisée le 29 mars pour 10 % du réseau régional, et le « renforcement » de l'offre TER ne convainquent pas davantage l'opposition. Pour Marie-Hélène de Lacoste Lareymonie (RN), la région « abandonne les périphéries au profit des métropoles » et participe « à la dégradation du service public ». Par la voix de Pascal Bauche, les Patriotes « s'opposent à la mise en concurrence imposée par l'Union européenne ».

Mireille Gazin contre-attaque en annonçant « l'allongement [de la ligne] des TER entre Bâle et Strasbourg », et en prônant des « dessertes XXL ». Thibaut Duchêne défend pour sa part « les liaisons fines » et « la totale emprise de la politique des transports avec le terrain ».
« Maintenir sous perfusion des lignes »

« En la matière, il faut résonner aménagement du territoire et pas idéologie », réplique un David Valence très agacé. « Quand l'État n'y va pas, nous y allons pour maintenir sous perfusion des lignes », répète Jean Rottner.

Dans ce contexte, le PS et les Progressistes s'abstiennent sur le budget Transports, les Patriotes et le RN votent contre, le CNIP et la majorité votent pour.

La commande de 22 matériels ferroviaires transfrontaliers pour une mise en circulation à l'horizon 2025-2028 doit être « lancée cette année » en partenariat avec les Länder de Sarre, de Rhénanie-Palatinat et du Bade-Wurtemberg. Ces trains seront « homogènes » pour rouler en France et en Allemagne. Les négociations sont en cours avec le français Alstom « sur le montant global de la facture ».
Franck BUCHY

 

 
 

 

Tourisme, lycée 4.0, budget
? Le groupe Alsace et Territoires est intervenu entre autres sur le tourisme et l'économie. « L'extension de l'agence d'attractivité de l'Alsace au Grand Est est une mauvaise idée », relève André Reichardt, ancien président de AAA, en estimant que « la chasse à l'investisseur repose sur un ciblage très précis ». Pour le sénateur, « l'Alsace a besoin d'une agence de développement économique spécifique ». Catherine Vierling, elle, ne « comprend pas le jeu de poupées russes institutionnel » dans lequel « la marque Alsace relève de la région ».Un brin ironique, Rachel Thomas (Les Progressistes) remarque que le siège de l'agence régionale du tourisme Grand Est sera implanté à Colmar, « au centre de la région », et que « sa présidence autoproclamée est alsacienne ». Pressentie pour cette présidence, Marie-Reine Fischer relève qu'« il est impossible d'être efficace quand chacun travaille dans son coin ».

? Le lycée 4.0, c'est-à-dire le lycée numérique, continue de faire des vagues deux ans après son lancement par la région Grand Est. Si des améliorations ont été apportées, le dispositif suscite toujours des inquiétudes et des critiques sur les bancs de l'opposition.Laurent Gnaedig (RN) demande « un moratoire de cette expérimentation qui n'est pas aboutie ».« Après 18 mois chaotiques, votre discours a évolué », remarque le socialiste Bertrand Masson, qui « n'y comprend plus rien » : « Trois scénarios seraient à l'étude et vous parlez de généralisation à la rentrée 2019 ». « Il faut arrêter de se flageller. Sur les 111 lycées, on ne peut pas dire que c'est un fiasco, nous avons des retours positifs », répond la vice-présidente Christine Guillemy.

? Le budget primitif de la région Grand Est a été approuvé hier par la majorité régionale et le groupe Alsace et Territoires. Les socialistes, le Rassemblement national et les Patriotes ont voté contre. Les Progressistes et le CNIP se sont abstenus. Chez les non-inscrits, deux élus se sont abstenus (Baptiste Pierre et Grégory Stich), deux élues ont voté contre et une élue n'a pas pris part au vote.