diplomatie Aix-la-Chapelle : Un traité pour renforcer l'alliance franco-allemande

Publié dans le panorama le Mercredi 23 janvier 2019 à 05:36:48

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diplomatie Aix-la-Chapelle
diplomatie Aix-la-Chapelle : Un traité pour renforcer l'alliance franco-allemande
À Aix-la-Chapelle, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont signé un nouveau texte, 56 ans après le traité de l'Élysée, afin de promouvoir la coopération et l'intégration entre les deux pays.

 
Emmanuel Macron et Angela Merkel, lors de la signature du traité à Aix-la-Chapelle en Allemagne.
Rapprocher la France et l'Allemagne, tel est l'objectif d'Emmanuel Macron et Angela Merkel. Mardi, la chancelière allemande et le président français ont signé un nouveau traité à Aix-la-Chapelle (Allemagne) allant dans ce sens, 56 ans après la signature du traité de l'Élysée, entre Konrad Adenauer et Charles de Gaulle, qui a fondé l'amitié franco-allemande post-deuxième guerre mondiale.

« Nous actons notre convergence économique et sociale, le rapprochement progressif de nos sociétés, le rapprochement des régions transfrontalières, la création d'une dynamique nouvelle », a affirmé le président de la République. Le couple franco-allemand souhaite notamment accentuer la coopération militaire. Emmanuel Macron et Angela Merkel ont réaffirmé leur volonté de mettre en place une « armée européenne ». Avec pour chacun la volonté que leur pays respectif y joue un rôle moteur.

Avec le traité d'Aix-la-Chapelle, ils « se prêtent aide et assistance par tous les moyens dont ils disposent, y compris la force armée, en cas d'agression contre leur territoire ».
Un traité qui ne fait pas l'unanimité

Mais ce rapprochement franco-allemand ne fait pas l'unanimité. Mardi, les deux dirigeants ont été accueillis par les huées de quelques dizaines de personnes dont certaines étaient vêtues de gilets jaunes. Des cris « Merkel doit partir » et « Macron démission » ont également été entendus. Car des deux côtés du Rhin, le traité d'Aix-la-Chapelle est pointé du doigt, avec comme spectre principal, la perte de souveraineté. Ainsi les mouvements souverainistes de droite ou de gauche ont fustigé ce nouvel accord. En France, Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, a déjà annoncé son intention de saisir le Conseil constitutionnel.

« Ceux qui oublient la valeur de la réconciliation franco-allemande se rendent complices de crimes du passé, ceux qui caricaturent ou répandent le mensonge font mal aux peuples qu'ils prétendent défendre en faisant bégayer nos Histoires », a dénoncé Emmanuel Macron, faisant allusion aux « fake news » répandues des deux côtés de la frontière y compris par des politiques (lire notre édition de mardi).
Mise en place de 15 projets franco-allemands

Conscients que le traité n'est pas plébiscité, les deux dirigeants européens ont annoncé la mise en place de 15 projets à l'issue du traité, comme l'amélioration des liaisons ferroviaires, la reconversion du territoire de Fessenheim et surtout des formalités simplifiées. Comme le dit la ministre des Affaires européennes Nathalie Loiseau, « un fleuriste de Strasbourg doit pouvoir livrer à Kehl sans multiplier les démarches et une crèche doit pouvoir employer indifféremment des personnels français ou allemands ».

 

 
 

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Réactions
 

 
Brigitte Klinkert, présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin : « Le traité d'Aix-la-Chapelle répond à l'impérieux besoin d'une Europe de la proximité, de l'emploi et de la sécurité, en phase avec le quotidien vécu par nos concitoyens ».

Pour Jean Rottner, président de la Région Grand Est, « le traité d'Aix-la-Chapelle résonne de façon toute particulière dans notre région. [...] Nous devons dès à présent penser à faire de nos régions des espaces européens de proximité. »