Doller Débats et réflexions pour 2019

Publié dans le panorama le Mardi 22 janvier 2019 à 06:35:12

© L'alsace, Mardi le 22 Janvier 2019
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Doller Débats et réflexions pour 2019
 

 
Laurent Lerch, président de la communauté de communes, a présenté ses voeux entouré de ses vice-présidents. Photo L'Alsace/I.B.
La cérémonie des voeux de la communauté de communes de la vallée de la Doller et du Soultzbach a eu lieu vendredi soir au Cosec de Masevaux-Niederbruck, en présence du sous-préfet Daniel Merignargues, du sénateur René Danesi, du député Raphaël Schellenberger, du vice-président de la Région Jean-Paul Omeyer, de Rémy With, 1er vice-président du conseil départemental, des conseillers départementaux, de Fabienne Orlandi, conseillère départementale, de nombreux maires de la vallée et des élus, sans oublier les représentants des forces vives civiles et militaires.

Une cérémonie qui s'est déroulée dans un climat serein au sens figuré comme au sens propre : contrairement aux années précédentes, la météo était calme, sans neige ni inondations...
Hommage à Roger Gaugler

En préambule, le président de la comcom Laurent Lerch a rendu hommage à un homme disparu en 2018 « qui a beaucoup compté pour notre territoire et notre communauté de communes » : son prédécesseur, Roger Gaugler.

Puis il a évoqué « les événements récents de notre pays qui nous font parfois nous demander s'il ne devient pas fou. Quand on commémore la fin de l'une des plus grandes boucheries de notre histoire et que dans le même mois on profane le symbole du sacrifice de nos soldats, on est en droit de se demander ce qui ne tourne pas rond [...]. Je me dis parfois que si les uns et les autres sortaient du "j'ai droit à tout et je le veux tout de suite" notre pays ne s'en porterait pas plus mal ».

Puis il a poursuivi : « Surmonter les individualités et penser avant tout à l'amélioration de notre collectivité, de notre communauté de vie et de nos communes, voilà le sens de notre action et des réalisations de la communauté de communes en 2018. »
« Faire la balance entre l'intérêt collectif et la charge fiscale »

Laurent Lerch a cité en exemple un problème soulevé en début d'année par les entreprises de la zone industrielle de la Doller : l'insuffisance du réseau électrique. La comcom a alors eu le choix entre laisser les entreprises régler seules ce problème, au risque de voir certaines d'entre elles partir, ou impliquer l'argent du contribuable. Au nom de l'avenir du territoire et de sa vitalité économique, c'est la deuxième option qui a été retenue. Un million d'euros a été mobilisé « et l'État nous a suivis à hauteur de 450 000 EUR ».

La fibre optique a également été installée. Résultat : « N on seulement les entreprises ont pu rester mais certaines ont d'ores et déjà investi plusieurs millions d'euros et créé de nouveaux emplois. Il en va de même pour tout projet public : il faut faire la balance entre l'intérêt collectif et la charge fiscale. » Laurent Lerch a ainsi plaidé pour un territoire offrant aux habitants « des services de qualité, des commerces et des entreprises ».

Pour ce faire, les chantiers ne manquent pas mais peu se concrétiseront en 2019, qui sera plutôt une année de réflexion et de montage des dossiers. Ce sera le cas pour la gendarmerie de Burnhaupt-le-Haut, un projet qui prend plus de temps que prévu. Mais l'agrément de la Gendarmerie nationale et le référentiel des normes pour ce type de bâtiment sont arrivés. Le coût va être évalué et le lancement des travaux préparé « si nous pouvons nous le permettre financièrement ». La gendarmerie sera sans nul doute au menu des voeux de 2020...

Autre chantier en préparation : celui de la construction d'un accueil de loisirs sans hébergement à Burnhaupt-le-Bas, la capacité de l'actuel étant insuffisante. Là aussi, les travaux ne démarreront qu'en 2020.
Un délai de réflexion supplémentaire pour le PLUI

Autre dossier important : celui de l'urbanisme, avec l'élaboration d'un PLUI (Plan local d'urbanisme intercommunal). « J'ai proposé au conseil communautaire de remettre l'ouvrage sur le métier car il essentiel que chacun approuve les règles de ce document. Nous avons donc recruté une chargée de mission et nous retournons dans les communes afin de travailler au plus près avec les élus. »

Autre projet dans lequel la communauté de communes sera amenée à s'impliquer : l'extension de l'Ehpad du Castel Blanc, à Masevaux-Niederbruck, un investissement à hauteur de quatre millions d'euros.

2019 sera donc une année de réflexions, mais aussi de débats : « Nous avons engagé une grande réflexion sur l'avenir de nos compétences : Quel est l'échelon le plus pertinent ? Communal ou communautaire ? Les deux premiers thèmes qui ont émergé sont la voirie et les écoles primaires. Nous avons décidé d'étudier la faisabilité de ces transferts [...]. Nous aborderons également les questions de la ressource en eau. »
Quelle mobilité pour les habitants ?

Autre gros sujet de débat à venir : la mobilité. Un sujet d'actualité et sur lequel « nous sommes de plus en plus interpellés par nos habitants », mais qui peut vite « se transformer en gouffre financier pour les petites collectivités comme la nôtre. Nous devons à nos habitants de chercher des solutions avec les associations ou collectifs qui voudront s'intéresser au sujet. »

Puis après avoir souhaité à tous une bonne année, Laurent Lerch a passé la parole aux personnalités. Elles ont été six à se succéder au micro : François Horny, président du Pays Thur Doller, Rémy With, qui a annoncé que le Département débourserait douze millions d'euros en trois ans au profit des territoires et financerait certains équipements de proximité. Il a été suivi de Jean-Paul Omeyer qui a évoqué l'acquisition prochaine, par la Région, de TER hybrides et l'arrivée de la fibre jusqu'à la dernière maison en 2023, ainsi qu'une aide pour les jeunes travailleurs désireux d'acheter un premier véhicule.

Après les interventions de Raphaël Schellenberger (voir encadré), René Danesi et Daniel Merignargues, tout le monde s'est retrouvé autour d'un buffet préparé par les producteurs de la vallée.
Isabelle BOLLÈNE

Plaidant pour le maintien de la centrale de Fessenheim, Raphaël Schellenberger a évoqué à l'appui de sa démonstration un événement passé quasiment inaperçu : le 10 janvier, l'Europe est passé à un cheveu d'un black-out (coupure d'électricité générale) en raison d'une insuffisance d'énergie. Pour l'éviter, plusieurs grosses usines parmi les plus énergivores ont dû stopper ou réduire leur activité en urgence. Le problème, provenant d'un déséquilibre entre l'offre et la demande au niveau européen, n'est pas venu de la France. Selon le député, il aurait été dû notamment à l'arrêt des éoliennes en Allemagne ce jour-là, faute de vent. « Il faut pouvoir produire du courant de façon non aléatoire pour faire tenir le réseau, a-t-il alerté. Or quatre centrales vont fermer dans le bassin rhénan : Fessenheim en France, une en Suisse et deux centrales à charbon en Allemagne. »