Grand débat : comment participer

Publié dans le panorama le Mardi 22 janvier 2019 à 05:22:01

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Politique Une semaine après le lancement de la consultation nationale
Grand débat : comment participer
Avec plus de 670 réunions publiques et l'ouverture de la plateforme en ligne, le gouvernement espère un maximum de contributions au grand débat national. Mais qui participera ? Comment seront récupérées les remontées ? Le flou demeure.
 

 
À l'heure où nous mettions cette édition, sous presse, la rubrique « contributions en ligne » du site internet du grand débat national n'était pas encore en ligne. Près d'une semaine après le lancement par le Président Macron, la plateforme doit recueillir les contributions des citoyens jusqu'au 15 mars sur « granddebat.fr ». « Elles seront prises en compte par le gouvernement pour lui permettre d'orienter sa politique », a promis le président.
Facile pour s'inscrire et anonymat possible

Pour contribuer en ligne, il suffit de créer un compte. Un pseudonyme, une adresse mail, un code postal suffisent mais il faut préciser son statut : citoyen, élu, organisation à but non lucratif ou à but lucratif. L'anonymat est donc possible.

Les questions posées sont déjà présentes à la fin des fiches de présentation des quatre thèmes du grand débat : la transition écologique, la fiscalité et les dépenses publiques, la démocratie et la citoyenneté, l'organisation de l'État et des services publics. Chacun peut par exemple détailler comment il imagine une fiscalité plus juste.
Gilets jaunes et jeunes s'investiront-ils ?

Le gouvernement mise sur le site internet pour faciliter la participation du plus grand nombre. À commencer par les gilets jaunes. Après la dixième journée d'action samedi qui a mobilisé 85 000 personnes dans toute la France, leur présence dans le débat reste en suspens. Ceux qui défilaient samedi en rejettent le principe, réclamant démissions et référendums.

Autre interrogation à la lumière des premiers débats : la très faible participation des jeunes. Et à l'inverse une présence significative de seniors et de personnes impliquées dans des associations locales, type parents d'élèves, comités de quartiers qui ont tendance à monopoliser la parole.

Le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation, Gabriel Attal, appelle d'ailleurs « les jeunes de France à s'emparer de ce débat ». À l'aise sur le numérique, ils sont attendus. Viendront-ils avec leurs revendications propres, entre autres sur le baccalauréat, l'orientation et l'entrée à l'université ?
La restitution, point de conflit

Des maires qui ont assisté aux premiers débats (sans les animer) s'inquiétaient aussi de la présence de groupes militants bien organisés et très déterminés sur des questions d'environnement et surtout de société. Une banderole identique à celle de gilets jaunes demandant des comptes aux hommes politiques a été déployée lors de la marche annuelle contre l'avortement à Paris.

La participation reste encore incertaine, une semaine après le lancement. Sous le contrôle des cinq garants désignés, à partir du 1er mars, des conférences citoyennes régionales seront organisées, associant des Français tirés au sort dans chaque région à des représentants d'organisations professionnelles, syndicales, associatives. Elles seront chargées de faire les synthèses de l'ensemble des débats.

Les représentants des élus locaux ont contesté ce lundi au Sénat cette idée rappelant en résumé : « Nous sommes aussi les représentants du peuple ». Ils approuvent le principe du débat, ils n'entendent pas recevoir les coups à la place du gouvernement en l'organisant. Mais ils entendent, à la fin, faire valoir les droits de la démocratie représentative, leur légitimité sortie des urnes et remettre la mairie au centre de la République.
Justine BENOIT